Jean-Michel Blanquer, l’école de la vie


Discussion autour de l’ouvrage L’école de la… par fondapol

Le 26 novembre 2014, Dominique Reynié[1], Camille Bedin[2], François Garçon[3]et Julien Gonzalez[4] débattaient avec Jean-Michel Blanquer sur son nouveau livre : L’école de la vie. Dominique Reynié commence par rappeler l’impossibilité de séparer le parcours de Jean-Michel Blanquer de l’école. Professeur de droit public, ancien recteur de l’académie de Guyane et de l’académie de Créteil, il est actuellement directeur général du groupe ESSEC. Ainsi son ouvrage a-t-il à la fois un aspect documenté et un caractère éminemment personnel. Cela permettant un éclairage sur des expériences très diverses dans le domaine de l’éducation.

Allant contre le sentiment de fatalité et le pessimisme qui entourent l’école, l’auteur, notamment à travers la polysémie du titre de son ouvrage, met en valeur la vitalité qui doit émaner du lieu d’apprentissage. En effet, même si le système est complexe, il est possible de faire preuve d’optimisme. Elément essentiel car seule l’éducation conduit à la liberté. Comme le rappel Kant : l’homme ne peut pas être homme s’il n’est pas entouré. L’enseignement constitue donc un thème central et bien que tous s’accordent pour le dire, ni les médias, ni les responsables politiques ne parviennent à en discuter de manière apaisée et sans faire preuve de clanisme. Jean-Michel Blanquer voit là la conséquence de nombreux travers du débat politique actuel. Effectivement, l’exigence de simplicité -voire de simplisme- et d’immédiateté est incompatible avec toute politique raisonnée de l’éducation. Aussi face à la superficialité des querelles et des clivages désuets entre « traditionalistes » et « progressistes », la mise en oeuvre d’expériences et d’initiatives dans le domaine de l’éducation permet-elle de lutter contre l’immobilisme.

Mais alors, comment identifier précisément les défauts de notre système éducatif ? En regardant ailleurs, répondrait à cette question François Garçon, ravi de l’obsession de « comparatisme » qui anime l’auteur de L’Ecole de la vie. Il est vrai que, éclairé par son expérience de terrain,  Jean-Michel Blanquer n’hésite pas à critiquer et proposer. Ainsi évoque-t-il les différents archaïsmes des syndicats enseignants, organisations éclatées, superficielles, souvent politisées et surtout dépourvues plus que jamais d’idéaux. C’est bien ce corset de règles anachroniques et de contraintes qui handicape l’Education française. L’école a besoin de plus de liberté dans l’initiative et dans la prise de responsabilité. En soulevant cette chape de plomb, en donnant plus d’autonomie aux établissements, en modifiant les modalités d’évolution de carrière des enseignants, nous parviendrons à redonner de la vie à notre système éducatif.

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Camille Bedin soulève alors un paradoxe, pourquoi l’enthousiasme et le dynamisme qui existent parfois au niveau local ne se traduisent-ils pas en des débats plus riches et des résultats sur le plan national ? La situation de l’éducation en France est très hétérogène souligne Jean-Michel Blanquer. Ainsi existent-ils des contrastes entre régions rurales qui se portent bien comme la Bretagne et d’autres en plus grande difficulté telles que la Normandie. De manière similaire, les banlieues ne peuvent pas être perçues comme un tout uniforme, la Seine-Saint-Denis possède par un exemple un taux d’accès à l’enseignement supérieur plus élevé que la moyenne nationale. Il n’existe donc pas de solution simple à cette problématique. Cependant, l’auteur distingue des leviers qui permettraient d’améliorer le système. Tout d’abord, il est nécessaire de consolider l’école primaire dont les résultats ont été positifs lors de la dernière décennie. Mais surtout, il est indispensable de mettre en oeuvre une véritable révolution du collège en accentuant la personnalisation des parcours scolaires, en créant des groupes de compétences, en développant les liens entre les disciplines, en valorisant les multiples formes d’excellence qui permettent de compenser les faiblesses en misant sur les qualités de chacun…

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2 réflexions sur “Jean-Michel Blanquer, l’école de la vie

  1. Je voudrais aborder une question qui me semble un préalable à toute action d’instruction des élèves .Il s’agit de maintenir dans les classes une attitude attentive de la part des élèves, par la mise en oeuvre de mesures sévères à l’encontre des élèves perturbateurs . Le problème actuellement ,c’est que les enseignants et les responsables d’établissements ne disposent d’aucun règlement de référence indiquant au niveau national les sanctions à appliquer selon les fautes commises . Le principe actuel est de dire que chaque faute doit être considérée dans son contexte » particulier » pour un élève « particulier » .Cela à l’évidence n’est pas satisfaisant . Je vous ai envoyé en juillet 2007 une proposition concernant la réalisation d’un « règlement de discipline  » inspiré de celui de la Défense qui fait largement preuve d’efficacité dans cette communauté.
    Ainsi , pour chaque faute ,une sanction est prévue (adaptable avec le sursis ) ce qui facilite grandement l’action des enseignants,et ce document étant connu de tous ,constitue une dissuasion vis à vis des élèves .

  2. Prof EPS à la retraite,formateur BAFA pendant 30 ans je suis d’accord avec l’idée que l’ on doit donner plus de liberté et de responsabilité à chaque établissement et aux parents pour choisir un établissement proche de leurs conceptions éducatives.. Il faut entièrement rénover la formation des enseignants….Car on enseigne ce que l’on est comme disait Carl Rodgers.. ou avec Socrate « Connais toi toi même etc … »
    D’autre part ayant mis en pratique les connaissances sur les neurosciences dans ma pédagogie ces dernières années nous avons de nouvelles connaissances sur les lois d’apprentissage qui aideraient beaucoup les jeunes enseignants.. .Avec un collectif d’éducateurs « quandletresefaitsavoir » nous avons donné au ministre des propositions concrètes pour  » l’école à venir ». La crise est un cadeau pour évoluer! Merci à vous. Eric Ollivier

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