À quand la fin des Sciences de l’Éducation ?

Les procès régulièrement intentés contre cette pseudo-science sont essentiellement le fait de professeurs de terrains. Cette levée de bouclier, aujourd’hui de plus en plus médiatique, n’empêche nullement les disciples de cette religion (car c’en est une) de sévir encore et toujours au sein des rectorats, des inspections régionales et des programmes officiels.
« L’enfant au centre du système », doit construire son propre savoir, dans une relation « maïeutique » entre l’apprenant et son « prof’ » qui lui permet d’accoucher d’un savoir finalement inné dans une illumination purement christique (un comble pour une idéologie largement inspirée du mouvement anarchique).
Pour résumer, fini le par-cœur, fini la relation verticale du maître qui sait et de l’élève qui reçoit. Position horizontale du professeur sans estrade, un parmi les autres, sans autorité, sans même parfois de savoir propre. L’enseignant, privé de l’aura et du prestige que devrait conférer son savoir et son statut de transmetteur devient le jouet de l’enfant roi (parfaitement bien montré par Pierre Richard dans ce film si visionnaire « le Jouet », sorti en 1976).

Pourtant si les établissements scolaires n’ont pas tous encore explosé, c’est grâce aux professeurs qui vivent une bonne partie du temps avec les élèves et ont récupéré l’autorité éducative le plus souvent délaissée par des parents dépassés et par une administration frileuse. Il ne faut donc pas s’étonner de la multiplication des « bavures » dans nos salles de classes (gifles, cris, rapports de force continuels, etc.). Il faut être particulièrement solide physiquement et mentalement pour assumer la charge d’enseignant. Les plus faibles sont piétinés. Impitoyablement. Les plus charismatiques survivent et obtiennent un calme relatif. Un enfant est un petit animal qui teste l’autorité de ses aînés. C’est ce qu’ont totalement oublié nos bonnes âmes des sciences de l’Éducation. Nous en subissons les conséquences. De plein fouet.

David Barbaud
professeur

15 réflexions sur “À quand la fin des Sciences de l’Éducation ?

  1. « sans même parfois de savoir propre »….
    Il ne faut pas exagérer…les nouveaux enseignants ont peut-être des défauts, ne savent pas enseigner etc…, mais ils ont un savoir puisqu’ils ont minimum BAC plus 3 ou 4 et maintenant un master…

    D’où dailleurs une certaine jalousie des plus anciens…

    Je fais partie de ces plus anciens, mais pas de ceux qui jalousent, je les admire au contraire de vouloir faire ce métier malgré toutes les critiques qu’ils vont subir, malgré les difficultés de plus en plus nombreuses du métier…et surtout malgré ceux qui croient savoir mieux que les professionnels…Et par les incultes, non ou peu diplômés…

    • Faudrait pas fantasmer sur le niveau actuel des Bac +4… Aujourd’hui il suffit presque de rester sur un banc (et encore). Les examens sont bidons. Sinon idéologiques. J’en ai fait les frais. Heureusement on peut encore choisir à peu près ses matières et en changer assez souvent… Si on est de bonne volonté, oui, on peut avoir un niveau « correct ». Mais laissez faire des paresseux…

    • Je note simplement une altération inquiétante de la culture générale, et même de l’orthographe chez mes collègues les plus jeunes, même si il ne faut pas évidemment généraliser.
      D’autre part en effet, si l’on excepte les reçus à l’agrégation, dont la solidité scientifique demeure remarquable, les jeunes certifiés n’ont pas vraiment le niveau que leurs ainés d’il y a encore une dizaine d’années possédaient.
      Cela dit en effet, je suis agréablement surpris par leur énergie et par ailleurs je pense sérieusement que seuls les professeurs entre 24/35 ans devraient faire cours en collège. Avant d’être usés.

      • Insinuez-vous que le niveau du capes a baissé?
        Comment pouvez-vous connaître le niveau des autres enseignants? En discutant à la cafeteria?
        Agrégé de veut pas dire meilleur prof.

        • Il n’y a pas de cafeteria au collège, juste une salle des profs et une antique machine à café.
          Ayant moi même bénéficié d’un capes en nette baisse d’exigence que mes aînés, je sais, en me tenant au courant des sujets, des corrigés et des résultats que le niveau du Capes en effet n’es plus vraiment le même. Quant à l’agrégation, ne vous en déplaise, Mariane, elle reste encore la marque de l’excellence scientifique dans chaque matière. Ceci dit, vous avez tout à fait raison, un agrégé peut faire un fort mauvais professeur et un maître auxiliaire (en voie de disparition) peut devenir un maître de pédagogie. Mais je confirme que le niveau ne serait ce que syntaxique de beaucoup de jeunes professeurs laisse quelque peu à désirer.

  2. N’allons nous pas vers une éducation via internet, avec des logiciels pour ce que l’on a envie d’apprendre.
    Et pour parfaire un contrôle personnalisé .

  3. Hi hi hi.

    C’est sûr que « David Barbaud, professeur », ça en impose pour parler de la violence scolaire.

    mais que diriez vous de « David Barbaud, PDG de l’école privée hors contrat SCOLARIA, que seuls les parents riches pourront payer », ça le fait moins …

    Hi hi hi.

  4. M. Marchenoir, outre que votre hilarité surjouée dénote un esprit quelque peu limité, vous aurez bien l’obligeance de me dire le rapport entre vos deux phrases.
    En effet, professeur depuis 20 ans dans le public, je suis bien placé pour parler de la violence scolaire et la dénoncer.
    Et c’est parceque je sais pertinemment que cette violence ne pourra être résolue dans un proche avenir, que j’ai l’intention de sauver ce qui peut l’être pour ceux qui voudront travailler sans cette ambiance délétère.
    Mon école sera toujours trop chère par rapport à la gratuité existante du public, qui ne l’est en fait pas tant que ca. mais vous rajoutez de l’eau au moulin de SOS quand celle-ci demande l’instauration du chèque éducation pour le choix individualisé de l’instruction.
    Enfin, quand on voit les sommes folles payées par les parents pour payer des cours annexes, les prix pratiqués par Scolaria sont au regard bien raisonnables.
    Ah ,un dernier mot, M Marchenoir, Que dites vous de cette anecdote vécue : la semaine dernière, dans mon collège public, des parents d’élèves ont privé de cantine un mois leur enfant. « nous n’avons pas de quoi la payer » se plaignaient ils….juste après s’être vantés auprès d’un professeur, photographie à l’appui, du magnifique mobile home acheté en bord de mer….
    On a la société qu’on mérite, M. Marchenoir. Je préfère qu’on investisse son argent dans une école comme la mienne plutôt que de le dilapider dans un consumérisme échevelé.

  5. Ah ! la basse attaque de « PDG d’école privée »…enseignante dans le public (pour manger, plus du tout par conviction), j’ai fini par inscrire mes enfants dans le privé, et je ne suis pas bien riche !! Je veux simplement qu’ils échappent aux diktats et à la connerie, n’ayons pas peur des mots, des socialo-pédago-démago que je suis obligée de fréquenter dans ma profession depuis quinze ans. Ils m’ont davantage usée que les gamins.

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