Apprentissage dès 14 ans : un dispositif qui a (déjà) fait ses preuves

Pendant longtemps, l’apprentissage a été considéré comme une « voie de garage ». On y mettait des jeunes qu’on ne savait pas orienter parce que leurs résultats scolaires ne leur permettaient pas d’intégrer le cursus classique : la fameuse seconde générale.

Beaucoup se sont donc retrouvés boulangers, charcutiers, coiffeuses ou esthéticiennes et beaucoup ont réussi.
Cette façon d’apprendre a permis et permet encore d’aborder l’école d’une façon différente. Exit les cours théoriques, un apprenti va, presque immédiatement, mettre en application en entreprise ce qu’il a appris en classe. L’apprentissage (ou alternance) c’est l’école de l’entreprise.

Aujourd’hui l’apprentissage est un vrai choix fait par les élèves. Ce système s’est démocratisé et séduit de plus en plus. Il est possible dorénavant de faire des grandes études en alternance. On peut obtenir un BAC+5 grâce cette formation. Beaucoup de grandes écoles proposent de suivre ce cursus (la Sorbonne et l’université de Dauphine par exemple).La réalité du marché du travail, montre que les entreprises cherchent des jeunes qui ont déjà acquis une expérience professionnelle. Certaines vont même jusqu’à créer des classes en partenariat avec des écoles. Évidemment, on n’apprend pas un métier en une ou deux années, mais les managers sont séduits par ces profils qui connaissent la vie en entreprise et qui sont très vite opérationnels.

Alors pourquoi vouloir supprimer une orientation en apprentissage dès 14 ans ? C’est bien ce qui a failli se passer le 15 mars dernier à l’Assemblée Nationale, lorsque la majorité des députés a voté l’abrogation de ce dispositif. Les Centres de formation d’apprentis (CFA) et les familles des élèves se sont battus et ont eu gain de cause. Les moins de 15 ans vont pouvoir avoir accès à un “parcours personnalisé” en alternance.Ce nouveau contrat va permettre à plus de 180 000 élèves en situation de décrochage scolaire de retrouver le goût de l’école et d’augmenter leurs chances d’obtenir leur diplôme.  (lire notre article)

En effet, d’après une étude récente de l’INSEE, l’apprentissage a un impact positif sur la réussite scolaire et l’obtention d’un diplôme pour les jeunes qui ont des difficultés à l’école.  Un jeune en alternance est tout à fait capable de sortir major de sa promotion et mieux encore, d’obtenir un titre reconnu dans sa profession.

C’est le cas de Viviane Magra, jeune femme de 18 ans qui fait sa formation en apprentissage et qui a remporté l’année dernière le titre de “Meilleure Jeune Boulangère de France”. (lire notre article)

L’essai de l’apprentissage a aussi été transformé par Benoît (confiseur) qui dirige aujourd’hui 31 personnes après avoir, lui aussi, commencé son apprentissage à 14 ans pour devenir chef pâtissier-confiseur.

Et par Eddy, artisan charpentier qui se fait un devoir d’accueillir et d’accompagner ses alternants. Pour lui l’apprentissage c’est « Instruire nos jeunes, leur donner les moyens d’être intelligents, leur transmettre de la culture : culture d’un métier, culture de l’entreprise, culture de l’autonomie. »

Ces expériences sont la parfaite illustration que l’on peut, dès 14 ans réussir un beau parcours scolaire et avoir un vie professionnelle épanouissante. Plus de huit jeunes sur dix accordent plus de valeur à cette formation qu’à un un diplôme général.

SOS Education

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