L’apprentissage, toujours considéré comme une voie de garage…

apprentissage_300x200Article AEF

[…] «  L’apprentissage : une voie insuffisamment considérée au sein du MEN

L’IGAENR Alain Plaud relate, jeudi 22 mai 2014, avoir constaté des attitudes « étonnantes » sur le terrain lors de la préparation de ce rapport sur les freins au développement de l’apprentissage. « Certains principaux de collège ont par exemple refusé de faire entrer des directeurs de CFA ou même des proviseurs de lycée professionnel qui venaient pour présenter les formations et les débouchés à l’issue d’un cursus en apprentissage ! Il n’est pas surprenant ensuite qu’on ait des difficultés à alimenter les flux de l’apprentissage ».

LA LUTTE CONTRE LE DÉCROCHAGE, « PRINCIPALE PRÉOCCUPATION » DU MEN

« La préoccupation principale du ministère de l’Éducation nationale est la lutte contre le décrochage scolaire et nous envisageons l’apprentissage comme l’un des moyens de limiter ce problème », explique de son côté Véronique Guéguen, cheffe (sic !) du bureau de la formation professionnelle initiale à la Dgesco, suscitant de vives réactions parmi la centaine de participants présents à la table ronde organisée le même jour sur les enjeux de la réforme de l’apprentissage. « Toutefois, nous ne voulons pas que l’apprentissage soit une voie de relégation. Il est par exemple très utile de montrer qu’on peut faire de l’apprentissage jusqu’au niveau master », complète-t-elle.

Le Snuep-FSU réaffirme son opposition au développement de l’apprentissage.

Dans un communiqué, le syndicat « dénonce » la circulaire de rentrée. « Les parcours et les publics mixés en lycée professionnel sont plébiscités et ‘ vendus’ au prétexte qu’ils amélioreraient les pratiques pédagogiques et sécuriseraient les parcours », indique-t-il. « Le ministère continue de doper la voie de l’apprentissage qui a pourtant fait la preuve de son inefficacité (coût, discriminations, ruptures de contrats, insertion professionnelle…) », juge-t-il.

La circulaire de préparation de la rentrée scolaire 2014 publiée par le ministère le 22 mai indique justement que « le développement de l’apprentissage doit être favorisé » et que « des parcours intégrant l’alternance et la formation sous statut scolaire, favorables à l’insertion professionnelle, sont à encourager ». Une mesure qui avait été évoquée par l’IGAENR dans un rapport récent sur la réforme de la voie professionnelle au lycée. Le ministère de l’Éducation nationale souhaite accueillir 20 000 apprentis supplémentaires en lycées d’ici 2017, en mobilisant « particulièrement » les lycées des métiers. Un objectif qui avait été fixé en octobre 2013 par le prédécesseur de Benoît Hamon rue de Grenelle, Vincent Peillon, à l’occasion de l’installation du Conseil national économie-emploi.

Le nouveau ministre de l’Éducation nationale a d’ailleurs annoncé récemment sa volonté de participer à la conférence sociale qui aura lieu les 7 et 8 juillet 2014. En outre, un poste de conseillère en charge de l’insertion professionnelle des jeunes a été créé dans son cabinet.

Par ailleurs, afin de faciliter la relance de l’apprentissage, il faudrait que l’État clarifie ses priorités en matière de niveau de formation à soutenir, estiment les inspecteurs généraux dans leur rapport. « C’est la nature même de l’apprentissage qui est en train de changer avec le basculement des effectifs des niveaux CAP/BEP vers l’enseignement supérieur », insiste Alain Plaud. « Cette évolution pose la question des finalités de cette voie de formation : veut-on mettre l’accent sur la qualification et l’insertion professionnelle pour les jeunes de niveaux IV et V, sachant que la valeur ajoutée en termes d’accès à l’emploi est très forte ? Ou plutôt favoriser la professionnalisation et l’adaptation à l’emploi pour les niveaux supérieurs, même si la plus-value en termes d’insertion est bien plus faible ? » […]

Article disponible sur le site de l’AEF, éditon abonnés. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *