B.A.-Bat au cœur de la forteresse (3)

B.A.-Bat se faufile dans les entrailles du ministère du Mammouth. Alors que l’animal endormi flotte dans une cuve, Super Pédago explique son plan au ministre : il capte les ondes intestino-psychique pour les diffuser partout, afin de répandre « L’Éducation nouvelle ». Mais c’est sans compter l’intervention de BA-Bat !

À lire aussi, les premier, second et quatrième volets de cette aventure.

Toute ressemblance avec Jean-Paul Brighelli serait purement fortuite.

7 réflexions sur “B.A.-Bat au cœur de la forteresse (3)

  1. Très bon « strip », Eric. Et combien d’actualité. Je sors d’un cours de sixième. Classe sans histoire, moyenne correcte à 12, très bonne tête de classe, vivante, intéressée et souvent dynamique. Mais ce matin la désillusion fut forte. Je fais étudier les Hebreux. Alors que les egyptiens et les peuples de la Mésopotamie ne sont pas bien loin (un mois au plus), je demande candidement quelles furent les deux grandes leçons précédentes. Incapables de me répondre. Ils avaient absolument tout oublié. Se rappelaient de Ramsès II oui, mais pas de l’Egypte. Se rappelaient du palmier dattier oui, mais pas de la Mésopotamie. Le détail mais pas l’essentiel. Car finalement c’est ainsi qu’ils ont été éduqués par le primaire. Acharnement sur des détails pris sans cohérence et jamais de cadre général, jamais de structure. « La libre auto cognation ». Après avoir commencé par le milieu naturel

  2. oops je continue

    Après avoir commencé par le milieu naturel en Palestine, je leur fais lire a phrase suivante de mon cours : « Les Hébreux durent défendre leur « terre promise » contre leurs voisins Philistins, Cananéens, mais aussi contre d’autres sémites restés nomades, tels par exemple les Araméens du Nord. La langue de ce peuple était parlée par tous les commerçants du Moyen-Orient et a été la langue du Christ ».
    Certes la phrase est complexe, aussi je m’attache aussitôt à en dégager le sens et je pose benoîtement la question suivante : « D’après cette phrase, quelle fut la langue du Christ ». Les réponses fusent : « Grec (!) », Hebreux, « Moyen Orient », « commerçant ». Je m’aperçois vite que le mot « langue’ ne passe pas, je parle alors de « langage » et j’entends comme réponse : « pêcheur » (j’ai parlé un peu plus haut des activités des Hébreux), mais rien à voir avec la question. .. Il a donc fallu que je fasse un cours de grammaire sur la nature et la fonction des mots. Je me suis senti si vide… Autre chose, je fais étudier la carte de la Palestine. Au sud la Judée, au centre la Samarie, au Nord la Galilée. Cette dernière est donc au contact des Araméens « du Nord ». Je demande donc dans quelle région le Christ (dont nous venons de parler de la langue natale) est-il né, Réponse spontanée des élèves : « la Judée »…. Aucune réflexion, aucune temps de méditation. Seule la réponse spontanée, pavlovienne, compte à leurs yeux. Et c’est en primaire qu’ils ont pris ce pli abominable. « Mieux vaut répondre quelque chose même faux que rien, vous apprendrez de vos erreurs » leur serine-t-on dans les petites classes. Et nous apprenons donc à gérer tous les jours la vacuité de leur « spontanéité ».
    Je leur ai demandé de commander le BLED pour Noël et de faire 15 minutes d’exercices par jour. Leur professeur de français, fraiche émoulue de l’IUFM (non défunte encore Roman hélas), ne leur donne aucune note au dessous de 16, ne fait aucune grammaire en classe et passe son temps à leur faire étudier des poèmes.
    Alors je suis en colère et je voue aux gémonies ces prétendus professeurs des écoles, ces pédagos lamentables, ces pauvres professeurs sans aucune expérience et sans aucune culture réelle qui osent prétendre enseigner à nos enfants. Quel gâchis que ces 30 dernières années. Mais on sait très bien quel en est le but : vider le cerveau des jeunes générations de tout esprit critique et de toute compréhension du monde et les manipuler à la guise d’une « élite » intellectuelle soixante huitarde que je n’hésiterais absolument à juger pour haute trahison s’il m’était donné d’en avoir le pouvoir.
    ASSEZ.
    ASSEZ.

  3. En tant qu’ancien professeur des écoles, je ne peux que confirmer la vacuité des cours qu’on nous « recommande » de faire, pardon, des activités ludiques à vocation éducatives pour que l’apprenant apprenne à apprendre qu’on nous impose dès l’IUFM et que « conseillers » pédagogiques, inspecteurs / trices et autres vigiles du pédagogiquement correct veillent à faire appliquer au-delà du passage dans la vie professionnelle effective. Et si l’on émet un doute, on est vite remis dans le droit chemin par un discours pédagogique incompréhensible, donc forcément supérieurement savant, ou encore par une admonestation nous rappelant que nous sommes là pour faire ce et comment on nous dit de faire.
    Et l’on se sent seul, car tout le monde, bon gré mal gré, courbe l’échine, se dit qu’après tout, mieux vaut mal bosser (et gagner sa croûte) que de ne pas bosser du tout, et donc se tait face à la dictature morale du susdit pédagogiquement correct.
    Maintenant que je suis dans le secondaire, je constate que les jeunes sont bien moins rebelles que les anciens, ont bien assimilé les mêmes poncifs de l’IUFM (encore et toujours!!!) et s’efforcent bravement d’instruire par le vide…
    Cela me fait donc un petit bol d’air de lire les lignes du témoignage de David Barbaud, et de sa réaction de révolte face à tous ces Mozart sciemment assassinés!
    Le cerf volant ne vole pas avec le vent, il s’élève contre.
    Seuls les poissons morts suivent le courant.
    Arnold

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