L’héritage “Bourdieu” dans l’idéologie pédagogique.

heritage-bourdieu« […] Pour supprimer l’échec scolaire, on a pourtant mis « l’élève au centre du système éducatif » depuis un quart de siècle (1989-2014)[12], avec la mise en place des cycles (et leur corollaire : les passages automatiques et les corridors de l’échec scolaire), la suppression du redoublement, du travail à la maison, l’allongement progressif de la scolarité de tous les élèves (le lycée pour tous ou presque avec 85% d’une génération au niveau du Baccalauréat en 2012), l’accessibilité (au sens de l’ouverture au handicap) de tous les examens[13] : le taux d’accès d’une génération au baccalauréat général a ainsi quasiment quadruplé, passant de moins de 12% en 1964 (quand Pierre Bourdieu publiait Les Héritiers) à 37,1% en 2012 (et même 52,7% en incluant les séries technologiques et 76,7% en incluant les séries professionnelles), cette réussite est bien là. Les mentions elles sont passées de 32,9% en 2002 à 45,8% en 2012[14]. Plus des trois-quarts d’une génération obtiennent aujourd’hui le Baccalauréat (dont presque la moitié avec une mention) et peuvent prétendre entrer à l’université. Où est l’échec ? Où est l’élitisme ?

Pour s’assurer d’une équité plus grande entre les différentes voies au lycée, on a aligné la voie professionnelle sur les autres voies (en supprimant opportunément une année de scolarisation). Les bulletins des élèves qui ne travaillent pas ou perturbateurs ou absentéistes, avec leurs mentions négatives, ne sont plus joints au dossier des élèves pour l’affectation au lycée afin de leur donner autant de chances qu’aux autres. Et on met actuellement en place l’orientation choisie en fin de troisième, quel que soit le niveau de l’élève. Dans le supérieur, des quotas cache-misère sont mis en place pour faire entrer les élèves de la voie professionnelle dans les IUT comme ils l’ont été pour certains lycées de zone prioritaires à Sciences-Po.

Dans ces conditions on peut se demander comment on peut encore parler d’un système d’exclusion quand jamais aussi peu d’élèves, dans l’histoire de la République, n’ont quitté le système scolaire sans diplôme. […] »

 

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