Bourses au mérite : le Conseil d’Etat inflige un camouflet au Ministère !

TÉMOIGNAGES – Alors que le Conseil d’État a suspendu la suppression des bourses au mérite, les néo-bacheliers expriment leur soulagement.

« Sans cette bourse, je n’aurais sûrement pas fait les mêmes études », confie Éléonore, étudiante en troisième année de sciences politiques à l’université de Montpellier. Ses parents habitent Perpignan, ville qu’elle « n’aurait pas pu quitter » sans ce « coup de pouce supplémentaire » que représente la bourse au mérite, soit 1 800 € par an distribués aux boursiers ayant décroché leur bac avec mention très bien. Boursière échelon 5, Eléonore touche environ 470 € par mois à ce titre. Avec les 200 € de la bourse au mérite, qui amènent son budget mensuel à 670 €, elle confie s’en sortir « plutôt bien ». La jeune étudiante se réjouit de la décision du Conseil d’État en pensant aux bacheliers de juin dernier. « La décision du Conseil d’État est juste », explique Éléonore, qui trouve que « ce n’était pas normal que certaines personnes ne puissent pas avoir de bourse au mérite alors que d’autres, dont moi, l’ont touchée pendant plusieurs années ».

« Cette aide m’a donné confiance et incité à y croire. »
Claudine, en deuxième année d’école d’ingénieur à Bourges

Claudine, aujourd’hui en deuxième année d’école d’ingénieur à Bourges, partage ces sentiments. « Cette aide m’a donné confiance et incité à y croire. Sans, je pense que j’aurais eu peur de me lancer et que je serais restée chez mes parents », explique-t-elle. Mais sans quitter Châteauroux, difficile d’avoir le même parcours universitaire… Et impossible de cumuler classe prépa et job d’étudiant. Aujourd’hui dans sa quatrième année d’études supérieures, elle pensait ne plus toucher cette bourse. De « pas évidente », la gestion de son budget serait devenue « un véritable casse-tête ». Le maintien assuré pour cette année, au moins, de la bourse au mérite par la décision du Conseil d’État lui permet d’envisager ses projets plus tranquillement. « J’ai travaillé cet été pour mettre de l’argent de côté, mais ça ne suffisait pas », explique la jeune femme, qui « calcule tout au centime près », et n’a pas le temps de « prendre un job d’étudiant à l’année. » Elle doit impérativement réaliser un stage à l’étranger en fin d’année pour valider sa formation. Aujourd’hui, les dépenses à venir qui lui faisaient peur deviennent plus envisageables.

« Cette aide nous donne simplement accès à une vie décente »
Benjamin, en deuxième année à Sciences Po Rennes

Si ces étudiants brillants, qui ont tous obtenu plus de 16 au bac, confient « vivre mieux » avec cette aide, cela ne les empêche pas de continuer à jongler avec un budget serré. « C’est facile de dire que 200 € ne changent pas la donne », s’énerve Benjamin, en deuxième année à Sciences Po Rennes. « En attendant, sans, j’aurais moins de 500 € pour vivre chaque mois. J’achète déjà tout d’occasion, je mange au resto U… En tant qu’étudiant, ça me paraît normal de ne pas vivre dans le luxe, mais cette aide nous donne simplement accès à une vie décente, et pas à des extras, contrairement à ce que certains ont l’air de penser. »

Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *