Brighelli tire à vue

FIGAROVOX/ENTRETIEN- L’essayiste Jean-Paul Brighelli explique comment les thèses qui inspirent les politiques de l’Education nationale depuis les années 1970 ont aggravé les inégalités qu’elles prétendaient corriger.


Jean-Paul Brighelli est spécialiste des questions d’éducation. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint- Cloud, il a enseigné les lettres modernes en lycée et à l’université. Il est notamment l’auteur de La fabrique du crétin (2005, Jean-Claude Gawsewitch éditeur).


LE FIGARO. – Après la révocation de Benoît Hamon quelques jours avant la rentrée, Najat Vallaud-Belkacem a été nommée ministre de l’Éducation nationale à la surprise générale. Que vous inspire ce choix?

JEAN-PAUL BRIGHELLI. – Vous connaissez la phrase de Beaumarchais : « Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint. » Il fallait un vrai connaisseur de l’Éducation nationale, et on a hérité d’une diplômée de Sciences Po spécialiste de questions sociétales. Ce gouvernement, qui n’a pas d’autonomie en matière de choix économiques depuis que Bercy commence et finit à Berlin, fait volontiers dans le sociétal. Par ailleurs, Najat Vallaud-Belkacem s’est beaucoup impliquée dans les ABCD de l’égalité. Elle est à ce titre un repoussoir pour une bonne partie de la droite et de la Manif pour tous. Elle ne pourra qu’accroître la popularité de l’extrême droite – une stratégie constante de Hollande depuis qu’il a compris qu’il perdrait à tout coup au deuxième tour de la présidentielle face à un candidat UMP. Comme tous les gens qui n’y connaissent rien, Najat Vallaud-Belkacem cédera donc aux sirènes de la mode: le tout-informatique – qu’elle a déjà annoncé – ou la suppression des classes prépas. Ce serpent de mer a valu à Peillon bien des déboires, mais c’est l’un des dadas de Geneviève Fioraso, dont la calamiteuse gestion du supérieur a fâché tous les universitaires. La ministre sera sous influence des syndicats les plus pédagogico-béats. Cela évitera de poser les questions qui fâchent: la refonte totale des programmes dans le sens d’une vraie transmission des savoirs, l’inutilité d’un bac totalement dévalué, la nécessité d’une vraie liberté donnée aux universités de recruter sur concours ou sur dossier.

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+ lire aussi l’excellent article sur le site du Point.

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