Catherine Moisan, directrice de la Depp

catherine_moisan300x200L’Education nationale est ce beau Ministère qui possède ses propres organes d’évaluation des politiques qu’il met en oeuvre. Tâcherons du pipeau et de la langue de bois y font leurs gammes, sur l’air connu de « Tout va très bien, Monsieur le Ministre, le niveau moooooonte… »

Catherine Moisan est, à ce jeu, une virtuose. Normalienne, agrégée de mathématiques, elle exerce ses talents rue de Grenelle depuis son intégration au cabinet de Savary, le ministre qui est resté dans toutes les mémoires pour avoir tenté de supprimer l’enseignement privé. Entre un passage à la tête du CNDP, puis à Bruxelles comme experte auprès de la commission européenne, on la retrouve dans les cabinets de tous les fossoyeurs de l’école, de Lang à Jospin, non sans que Luc Chatel n’ait recours à ses services. Inspectrice générale de l’Education nationale, elle est nommée en 2013 à la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, sorte de commissariat au plan quinquennal).

La semaine dernière, une note est publiée par le Ministère, montrant que les acquis en CP se perdent en CE2, et qu’entre 1999 et 2013, sur plusieurs items majeurs (compréhension de l’écrit, notamment), les élèves rencontrent de plus en plus de difficultés.

Et là, Catherine Moisan donne la mesure de ses talents : « Non, le niveau ne baisse pas ! » répète-t-elle de radio en plateau tv.

Et quand on lui demande pourquoi « une note mettant l’accent sur une régression ou une stagnation des acquis des élèves » n’a pas été rendue publique, elle assume :

« Je vous l’assure, la direction de l’évaluation du ministère se porte très très bien ! »

Tu m’étonnes ! Les professeurs et les élèves, par contre…

 

5 réflexions sur “Catherine Moisan, directrice de la Depp

  1. Dans la liste des ministres vous avez oublié de signaler Darcos et Chatel pour ce qui est de la responsabilité du délabrement des conditions scolaires : les 24h par semaine au lieu des 26 (Merci Jospin d’avoir entamer le processus en supprimant la 27e heure aux élèves) pour satisfaire les parents, la FCPE, pensez-vous franchement que ce soit une idée de génie ?
    Cessons de faire ici ce que nous reprochons ailleurs : de la mauvaise politique. Le problème de l’éducation peut se poser autrement que par une mise en perspective la droite/la gauche. Vous ne pouvez que braquer les parents d’un camp contre les parents d’un autre. Ceci est du temps de perdu qui pourrait être consacré à la mobilisation efficace de tous ceux qui veulent établir un véritable contre pouvoir de parents indépendants politiquement, philosophiquement et confessionnellement.
    jcb

  2. Ah-ah !?
    Où est-il donc question de destra ou sinistra ?
    Les bataillons de petits soldats géniaux qui se sont infiltrés en masse depuis des décennies dans l’ombre protectrice des alcôves obscures de notre Ecole Publique ont fini par la ronger irrémé… diablement de l’intérieur comme termitière, et ne seront de toute façon pas inquiétés par la justice pour l’avoir finalement rongée, implosée, malgré la bonne volonté d’autant de petits « ouvriers » de bonne volonté.
    Et légions d’entre eux touchent aujourd’hui, prématurément, l’esprit en paix et aux frais de la princesse, obèse mais épuisée par tant de sottise accumulée, une grasse retraite bien méritée, comme toute sanction des exactions de toute une vie de… ”experts” !
    Preuve ?
    Pisa !
    Dans le monde du vrai travail, tu dérapes, tu dégages ; parfois, souvent même avant. Ça calme.
    Je n’ai certes pas les compétences pour (re)monter les programmes qui (re)mettront nos enfants, bien innocents de cette dégénérescence programmée, sur les « bons rails », afin de leur inoculer les bénéfiques molécules, propres à les préparer à une vie riche de bonheur et de labeur dorénavant bien difficiles à envisager, à gérer, à réussir.
    Mais je n’espère rien non plus de nos « élites ».
    Or nous sommes tous RESPONSABLES !
    Assez de cette nuée de “réformes”, de bacs frelatés, d’opportunistes planqués, assez de cette alchimie infanticide.
    Le feu, ça ne peut prendre qu’au pied du bûcher !
    Mobilisons-nous, radio-moquette, et que chaque… colibri apporte sa brindille et ne néglige pas de souffler sur les flammes.
    Parents, instituteurs, professeurs… même combat : l’Ecole Publique est NOTRE machin, pas le leur !
    Boutons ces apprentis-sorciers et autres jeannes-d’arc, oui ces “ennemis” hors de France, qu’elles aillent voir chez l’Anglais, ou au pays du matin-calme, comment fonctionne une vraie Ecole qui accomplit son devoir, et qui marche !
    Plutôt que chercher infiniment moult hypocrites motifs pour rallonger chaque année encore les vacances, supposément pour nos chères têtes blondes, ou pas, soi-disant harassées par les études…
    Nous aviserons ensuite s’il convient de les y maintenir, à perpét’, en exil…

    Parmi les solutions,
    SOS-Education !

  3. Toutes ces informations sur le désastre de notre système éducatif me font tout simplement peur …
    Que faire? Je n’ai plus d’enfants d’âge scolaire mais je me sens tout de même concerné en tant que citoyen.

  4. l’école est trop précieuse pour être prise en otage par les politiques …et les syndicats !

    Il est temps de décréter l’An 0 de la refondation de l’école par le peuple et les usagers de l’école.

    on ne peut plus tolérer qu’un ministre, à peine arrivé, puisse obliger tous les enfants de France à aller à l’école tous les jours, sans aucune concertation !

    Commençons d’abord par concevoir une superstructure totalement indépendante de l’Élysée, avec un statut d’agence nationale par exemple et un véritable capitaine pour la diriger. Cela mérite une énorme réflexion !

    Remplaçons, aussi, les recteurs qui ne sont que des pantins du ministre, par des directeurs régionaux qui devront avoir le profil de véritables patrons d’industrie qui ont fait leurs preuves.

    Profitons, aussi, du découpage des Régions pour revoir celui des Académies (qui date, comme la structure actuelle de l’Éducation Nationale, de Napoléon )

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