« C’est pour vous »


Le professeur qui s’est immolé hier était sans doute « très fragile psychologiquement ». La perte de son enfant a dû jouer un rôle crucial dans le désespoir de cette femme.

Lycée Jean Moulin de Béziers où le professeur de mathématique s'est immolée.Et pourtant elle est loin d’être le seul professeur à vouloir mettre fin à ses jours.

La détresse profonde des professeurs prend des proportions tragiques. Et si le malaise se manifeste de manière de plus en plus spectaculaire, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Oui, les professeurs souffrent, non pas parce qu’ils aiment se plaindre, mais parce qu’ils sont broyés par un système inhumain.

Jetés devant des élèves qui n’ont pas appris à les respecter et qui n’ont souvent pas les connaissances pour s’intéresser au cours ;  sans formation suffisante ; devant affronter l’incompréhension parfois hostile des parents et surtout l’abandon de leur hiérarchie, les professeurs doivent faire preuve d’héroïsme au quotidien.

Les grèves à répétition pour demander plus de moyens ne sont pas la solution. Elles permettent aux syndicats de récupérer le malaise enseignant.

Nous sommes désormais plus de 136 000 à le dénoncer dans la pétition au ministre Luc Chatel.

Car il ne s’agit pas d’un manque de moyens, mais de la sclérose du système. Les professeurs vont mal, les élèves en pâtissent. Il est temps de prendre de vraies mesures pour redresser l’École.

Pétition soutenue par plus de 136000 personnes

Beaucoup d’autres professeurs vont mal et en témoignent sur l’Observatoire de la souffrance des professeurs.

11 réflexions sur “« C’est pour vous »

  1. Bonjour,

    cet événement est dramatique, mais vos propos me font bondir:

    « Jetés devant des élèves qui n’ont pas appris à les respecter et qui n’ont souvent pas les connaissances pour s’intéresser au cours ; sans formation suffisante »

    Les élèves français sont parmi ceux qui ont le volume horaire annuel de présence à l’école le plus élevé et qui commencent l’école le plus tôt (2,5 / 3 ans). Demandez vous alors d’où vient le prétendu « manque de connaissances » que vous incriminez.
    Par ailleurs, le respect se mérite. En tant qu’ancien élève, je me souviens que certains professeurs se laissaient déborder alors que d’autres « tenaient » leur classe…avec exactement la même classe en face… prof, c’est comme tous les boulots, on est bon et heureux dans son job, ou on souffre tout au long de sa vie professionnelle.
    Je pense en définitive que le plus dur est de quitter un job pour lequel on nest pas forcément fait, au risque de devoir travailler 2x plus, sous la pression d’un vrai management ou/et d’une chaîne de production, sans avoir 20 semaines de congés pour se « reposer ».
    Au final, je suis d’accord avec vous…la vie est dure, mais pour tout le monde…

    • Monsieur Stronx,
      J’ai enseigné pendant 5 ans avant de décider de me réorienter (il y a quatre ans). J’ai travaillé pendant 6 mois dans une start up pour financer ma réorientation (un salaire de prof ne me permettait pas de me payer une formation, mais passons). En six mois, j’ai tellement travaillé et étais si efficace que mes employeurs ont dû engager quatre personnes à mon départ. Bizarrement, j’étais moins fatiguée en fin de semaine quand je travaillais dans le privé que quand j’étais prof.

      • Bref, les gens du privé vous vous plaignez beaucoup! Pourquoi n’essayez-vous pas de passer un concours pour voir si l’herbe est vraiment plus verte de l’autre côté de la barrière?

  2. Ce premier commentaire est d’une mesquinerie dramatique, qui révèle une totale méconnaissance de la tragique évolution du métier enseignant. Monsieur Stronx, depuis le temps où vous étiez élève, les choses ont beaucoup empiré. Il est vrai je vous le concède, que certains enseignants son eux-mêmes fautifs par laxisme et démagogie. Néanmoins, l’administration, la hiérarchie et les parents, devenus à 80% revendicatifs, hostiles, voire agressifs, et pour la hiérarchie, indifférents et démagogiquement du côté des pires cancres – eux portent le plus gros poids de la responsabilité dans la perte du respect.

    Certes, les cadres malmenés par leur management sont aussi à plaindre, mais ne pourriez-vous faire preuve de compassion humaine, au lieu de « bondir » de rage? Personne ne dit que vous ne souffrez pas – ce qui est dit ici, c’est que les enseignants souffrent AUTREMENT que votre précieuse personne….Il faut le dire car bcp de gens nient cela.

    Don Quichotte

    • André Stronx a écrit : « Je pense en définitive que le plus dur est de quitter un job pour lequel on nest pas forcément fait, au risque de devoir travailler 2x plus, sous la pression d’un vrai management ou/et d’une chaîne de production, sans avoir 20 semaines de congés pour se « reposer ».Au final, je suis d’accord avec vous…la vie est dure, mais pour tout le monde… »

      Dans le monde des entreprises et des usines, la vraie vie c’est cela.

      Annie Cahn-Fung a écrit : « Néanmoins, l’administration, la hiérarchie et les parents, devenus à 80% revendicatifs, hostiles, voire agressifs, et pour la hiérarchie, indifférents et démagogiquement du côté des pires cancres »

      Tous ces gens sont électeurs. Les élus suivent les revendications de leur électorat même si il s’agit de promesses complètement irréalistes.
      Ceci étant dit, il va falloir remettre en cause vos principes de république française une et indivisible. Non tout le monde n’est pas fait pour être académicien, non tout le monde n’est pas fait pour avoir des enfants et une vie familiale. Beaucoup de parents auraient du s’abstenir d’avoir des enfants, il ne faut pas avoir des enfants parce que la société dit que …et/ou pour faire comme les autres …
      On vit dans un monde ouvert avec avions, trains, autoroutes, ordinateurs, télé à écran plat, internet, messagerie sur telephones mobiles. Inutile de vous dire que la pression sociale et familiale a énormément reculé, simplement parce que beaucoup de parents … beaucoup de parents il faut dire les choses comme elles sont ne veulent pas s’e**erder et changent de conjoints comme de chemise (vos élèves suivront le même parcours sentimental avec son lot de divorces hélas).
      Il y a aussi la crise économique mondiale, et là aussi les états occidentaux n’ont plus forcément l’argent pour payer un système éducatif convenable. A l’inverse ceux qui étaient les pays du tiers monde autrefois (Chine, Inde, Brésil) commencent à s’enrichir et à avoir une classe moyenne. Les entreprises iront dans ces pays pour la main d’oeuvre docile, ensuite ces pays produisent de bons ingénieurs qui feront les entreprises et le monde de demain …. Et eux ne vont pas faire les 35 heures et en ont absolument rien à cirer de notre psycho drame à la française et avantages acquis.
      Il n’y a pas que les élèves agressifs qui m’inquièteraient, il y a aussi la masse des 60 à 70% d’autres qui notent et attendent passivement que ça se passe, j’étais aussi comme ça … Avertissez les qu’ils vont avoir de mauvaises surprises dans la vie en se retrouvant totalement seul.

      Les gens en France ont fait des choix électoraux en 1981, 1988,1995, 1974 … Il faut que les gens et leurs enfants assument leurs choix électoraux et sociétaux même si le résultat aboutit à le présence de bandes de très jeunes sdf lors des festivals d’été. Purée là aussi, je serais chef d’une mafia je me frotterais les mains de la démission de l’état et des familles.
      Je soupçonne également certains partis politiques de gauche d’avoir délibérément favorisé l’immigration pour augmenter leurs nombres d’électeurs et être réélu.

      Dèrniers point, le dieu état français ne peut pas tout, il ne faut pas tout attendre de lui. Qu’il commence déjà s’occuper correctement de la justice, de l’armée et de la police (compétences régaliennes) au lieu de fourrer ses gros doigts partout et de faire au final plus de mal que de bien. A s’occuper de tout, ça commence à couter cher au contribuable et aux entreprises pour des résultats minables.

  3. Votre commentaire, Monsieur Stronx, dénote une ignorance totale du milieu scolaire aujourd’hui, à moins que ce ne soit une volonté d’ignorer ?
    Il est en effet bien difficile de ne ppas voir aujourd’hui la dégradation totale du milieu scolaire et le challenge quotidien que représente pour les enseignants le seul fait d’affronter une classe, je ne parle même pas de leur enseigner quelque chose.
    Certes certains sont respondables de cet état de chose et y ont même participé, je pense aux meneurs syndicalistes qui n’ont cessé de soutenir les différentes réformes et de se comporter de façon inadmissible (comment en effet un élève peut-il respecter un professeur qui utilise des livres pour ériger un mur, comme c’est arrivé il y a quelques années dans le sud, lors d’une manifestation ?) Mais ce n’est pas la majorité et la majorité souffre au delà du supportable, tout le monde le sait aujourd’hui. Il suffit de voir un film comme « La journée de la jupe » qui traite bien sûr du pire des environnements mais cet environnement existe, hélàs ! Regardez autour de vous le comportement de certains jeunes, pas seulement à l’école, leur absence totale de respect, leur grossièreté, dans les files d’attente, dans les bus. Bien sûr ils ne sont pas tous comme ça, mais il suffit d’une moyenne de 5 ou 6 par classe. Les professseurs n’ont plus aucun moyen d’exercer cette autorité dont vous parlez si aisément et se voient condamnées par une hiérarchie plus que frileuse lorsqu’ils osent émettre une protestation. De plus les programmes actuels sont d’une nullité et parfois d’une affligeante aberration. Comment prétendre enseigner l’histoire sans chronologie ? Et ce n’est qu’un exemple. Les élèves sortent ignorants de l’enseignement secondaire, tout le monde le sait, et pour pallier ces lacunes devenues des grouffres, on leur donne le baccalauréat. C’est connu tout de même ! Avez vous seulement prêté attention à la pauvreté du vocabulaire des jeunes d’aujourd’hui, même les meilleurs d’entre eux ? L’enseignement est devenu une entreprise de démolition systématique, une machine à ne pas penser car la pensée n’est plus à la mode dans notre monde où il est interdit d’exprimer une opinion contraire à la pensée unique. Ne vous rendez-vous pas compte, Monsieur, que l’on fabrique des robots ? Les jeunes, eux, s’en rendent compte, certains d’entre eux en tous cas, qui réclament des changements. L’éducation nationale, avec ses multiples réformes, ne transmet plus l’instruction minimale qu’elle est censée devoir transmettre, et c’est là un très grave manquement à son devoir
    Le secteur privé du travail souffre aussi, vous avez raison, et le travail en soi n’a plus aucune valeur reconnue. La seule valeur de nos jours est l’argent, la bourse, la productivité, et tous nos dirigeants de quelque bord qu’ils soient n’ont rien fait pour ne serait-ce qu’essayer d’y changer quelque chose, si tant est qu’ils le puissent. Alors inutile de comparer public et privé, ce n’est pas le débat. La souffrance des uns mérite-t-elle plus d’attention que celle des autres ? Ce n’est hélas pas une compétitiion.
    J’ai fait toutes mes études dans l’école publique à une époque où celà ne posait aucun problème et où la qualité de l’enseignement était très bonne. J’ai été dans des classes de 42 élèves sans que celà pose un problème de discipline. J’ai eu de bons et de mauvais professeurs, qui se faisaient un peu chahuter, mais jamais personne à l’époque n’aurait pu même imaginer ce qui se produit actuellement à l’école, au collège ou au lycée. Ma fille est âgée de 35 ans et je pense qu’elle a connu les dernières années où il était encore possible d’étudier dans l’enseignement public. L’aîné de mes petits fils est dans un collège privé et il en sera de même du second quand il aura l’âge.
    Une dernière chose : Pensez-vous vraiment que le volume d’heures soit un critère de qualité de l’enseignement ? C’est le contenu qui importe, pas le contenant.

    • Regardez le comportement de Mr Strauss Kahn avec la gente féminine, je ne sais ce qu’il appris à l’école puis l’ena … mais en tout cas il n’a certainement pas appris le respect des autres.
      Il serait souhaitable de rappeler à tout le monde que personne ne doit se croire au dessus de la loi, syndicat de la magistrature inclus.

      La jounée de la jupe … Commençons à retirer la nationalité française à ces jeunes gens et faisons les dégager à grands coups de pieds du pays france. Là on parle de criminels qui apportent une arme à feu dans une école. Si ils veulent aller se casser la figure, le Mexique est le pays idéal.

    • « Regardez autour de vous le comportement de certains jeunes, pas seulement à l’école, leur absence totale de respect, leur grossièreté, dans les files d’attente, dans les bus. »

      Vous dites « de certains jeunes »…
      Ah bon vous m’étonnez !
      Et moi qui croyais, à entendre la plupart des enseignants, que nous étions tous pareils, sans distinctions d’aucune sorte !
      Et même jadis ils n’ont cessé de m’affirmer, sans rire, que notre culture vallait bien la leur; pour ensuite surenchérir que tous étaient des « chances pour la France », qu’ils avaient tant de choses à nous apprendre et que nous, autochtones forcément et éternellement racistes, esclavagistes, exploiteurs et pilleurs de leur génie méconnu devrions nous faire oublier et nous repentir….. Tout en payant pour leur survie dans notre société.

      Ben oui cher monsieur, je compatis à votre peine. Je comprends votre désarroi d’autant des gens comme moi, fort de notre expérience de coopérants chez eux, nous vous avions prévenu dans le passé.
       » Fachos ! » Nous nous souvenons de ces petits sourires supérieurs, de ces injures faciles pleines de morgue, de ces propos péremptoires de militants ignares ou de ces moues de mépris satisfait de vos confrères pourtant bien ignorants de certains aspects de la vie.

      Vous écrivez « de certains jeunes »…
      Visiblement vous n’avez pas encore compris ce que M. Stronx a tenté de vous expliquer tant la fureur vous aveugle: refuser de désigner votre adversaire en préférant l’euphémisme vous empêchera toujours de trouver la solution à votre problème.
      Car c’est bien VOTRE problème.
      Nous avons trouvé des solutions pour éviter votre problème et vous laisser seul avec. Et il apparait que ces solutions sont en pleine expansion.
      C’est bien connu, la nature a horreur du vide. Nous avons déjà intégré la disparition probable du « mamouth ».

      Ben oui cher monsieur, vous ou les votres les avez défendu avec talent, vous les avez voulu ardemment vos pétites !
      Dans vos classes, partout.
      Voilà, vous les avez, de quoi vous plaignez vous ?

  4. Les enfants souffrent. Les parents souffrent. Les professeurs souffrent. En somme, l’école souffre. Mais chaque acteur souffre dans son coin. Cette situation est le fruit gâté d’un systême à la dérive. C’est le résultat d’une expérience ratée (expérience dont les parents et les enfants sont les cobayes). Il serait temps que les choses évoluent mais hélas je crains que ce cri de détresse ne sombre rapidement dans l’oubli. Attendons donc le prochain suicide de professeur ou d’élève !

    Barbe Bleue.

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