Comment instaurer un système efficace de récompenses à l’école

La littérature actuelle consacrée à la discipline accorde une grande importance à la sanction. Mais, ainsi que l’essai Au secours ! Sauvons notre école, de Sébastien Clerc (1), l’illustre, elle tend à oublier les récompenses. Et pourtant, les sanctions perdent de leur sens si elles ne sont pas équilibrées par des récompenses pour les élèves méritants.

Une étude de l’université de Stanford (États-Unis) démontre que l’instauration d’un système de récompenses a « un impact non-négligeable dans tous les niveaux de classe en termes d’amélioration des scores aux tests nationaux de lecture ».

Cette étude vient clore un débat qui dure depuis les premiers jours de l’École de la République, quand Ferdinand Buisson, l’un de ses « pères fondateurs », s’exclamait :

« Aux yeux d’une certaine école de moralistes, — école digne de tous nos respects, — les récompenses sont suspectes, sinon condamnées. On leur reproche d’affaiblir le ressort de la conscience, — de substituer au culte du bien pour le bien le culte de l’intérêt, — d’inspirer de l’orgueil aux uns, du découragement aux autres, — de se tromper trop aisément d’adresse, — de favoriser l’esprit au détriment du coeur, etc. »

(Dictionnaire Pédagogique, 1887)

Quelles récompenses ?

Divers systèmes de récompenses peuvent être envisagés.

Parmi les écoles américaines concernées par l’étude de Stanford, 82,1% offrent aux élèves méritants des loisirs, 53,8% leur donnent des bons d’achat pour le magasin de l’école (stylos, cahiers…), 8,5% de l’argent liquide, 3,8% une contribution financière pour accéder à l’université et 13,2% d’autres types de récompenses (lecteurs mp3…).

C’est donc un système analogue à celui des récompenses données par les préfectures aux bacheliers ayant eu les félicitations du jury, en France.

Néanmoins, le système classique, et apparemment tout aussi efficace, consiste à donner aux élèves des récompenses symboliques.

Il perdure dans le cas des écoles américaines étudiées par Stanford : 63,2% donnent aux élèves un « certificat de mérite », et 42,5% un « uniforme spécial » que l’élève peut revêtir à l’école.

Les avantages des deux systèmes peuvent aussi être combinés, avec des récompenses symboliques destinées à être « échangées » contre des récompenses matérielles (belles images, cadeaux).

Il s’agit ni plus ni moins du système des bons points et des prix donnés autrefois dans les écoles françaises, ainsi que ces cartons de couleur, un peu plus petits qu’une carte postale, qui étaient distribués chaque semaine devant toute l’école réunie aux enfants en fonction de leur comportement : carton jaune : mal. Bleu : très bien. Vert : bien. Orange : assez bien…

Les élèves les gardaient à la maison. « Nous n’étions pas traumatisés par ça parce que nous savions que nous le méritions. Pour moi, ce n’était pas une punition. Une fois, j’ai eu le carton bleu, j’étais au septième ciel. Chacun se stimulait pour essayer d’avoir la couleur du dessus », témoigne Claire Polin, présidente de SOS Éducation, se souvenant de son enfance dans un pensionnat tenu par des religieuses dominicaines.

Comme dans les aventures du Petit Nicolas, l’année scolaire se terminait par la remise solennelle des prix. Chacun sait que le premier de la classe de Nicolas, Agnan, reçoit le prix d’excellence dans toutes les disciplines. Mais les autres élèves ne sont pas oubliés. Ainsi, le petit Nicolas reçoit-il le prix d’éloquence, même si la maîtresse dit à ses parents qu’il récompense moins la qualité que la quantité… Nous avons connu un autre élève qui avait reçu le prix du « meilleur camarade dans la cour de récréation ». C’est un moyen de distinguer un élève qui est en difficulté dans toutes les matières et qui accumule les mauvaises notes.

En France, le système des récompenses, qui subsiste dans de nombreuses écoles primaires, a perdu beaucoup de sa force avec la disparition de la cérémonie, qui leur donnait un sens public, et donc beaucoup plus marquant pour les enfants. Il n’est toutefois pas impossible, dans le cadre de la classe, de revenir à une certaine mise en scène de la récompense.

Pour les professeurs qui souhaiteraient instaurer un véritable système structuré de récompenses, voici un exemple de gamme possible :

  • L’éloge verbal, par lequel le professeur manifeste devant la classe qu’il salue le travail ou l’attitude d’un élève méritant, qui se sentira ainsi valorisé et reconnu.
  • Le bon point, qui peut-être abstrait (une mention sur le cahier de la classe), ou concret (une image donnée par le professeur à l’élève). Dans le deuxième cas, qui est préférable car matérialisant la distinction conférée à l’élève, cela permet à ce dernier d’apprendre à être « rémunéré» en fonction de son mérite.
  • Les prix, qui consistent la plupart du temps en des livres correspondant à la discipline dans laquelle l’élève a été distingué, pouvant permettre à l’élève de développer sa connaissance d’une discipline dans laquelle il excelle, et ainsi peut-être susciter chez lui une vocation.
  • On sous-estime l’importance des marques distinctives. Ainsi, nous avons connu un professeur qui avait réussi l’exploit de transformer en « honneur » convoité de toute la classe, d’être autorisé à « lui porter son cartable » ! Il s’en servait donc pour récompenser les enfants. D’autres professeurs manient avec une expertise impressionnante l’art d’autoriser les élèves… à essuyer le tableau, ou encore d’être « responsable du cahier de texte de la classe ».

Voici les avantages à attendre des récompenses :

  • C’est une incitation à bien travailler, comme l’a montré l’étude de Stanford citée plus haut.
  • C’est également une incitation à bien se comporter, qui équilibre la seule sanction en cas de mauvais comportement. Ainsi, le comportement n’est plus apprécié que de façon négative, mais aussi de façon positive : il ne s’agit plus seulement de ne pas perturber le cours, mais aussi de contribuer par son attitude à son bon déroulement.
  • C’est un moyen de se situer par rapport aux autres. Même si l’on peut penser, comme les « moralistes » auxquels s’opposait Ferdinand Buisson, que la concurrence n’est pas à encourager parmi les élèves, sans quoi elle susciterait l’orgueil des élèves récompensés et le découragement des autres, on peut objecter, à la suite de Ferdinand Buisson toujours, qu’elle est de mise à favoriser l’émulation, et à faire en sorte que chacun trouve sa place dans la classe, même si ce n’est pas la première. Cela permet aussi de valoriser les profils originaux.
  • C’est également un moyen de récompenser les élèves qui participent : comme on ne peut pas toujours donner une note, elle permet de compléter la notation de l’élève, de sorte que les bons élèves ayant des facilités seront forcés de participer, tandis que ceux qui auraient tendance à décrocher seront incités à rester attentifs.
  • C’est encore un moyen de récompenser les élèves pour de bonnes actions, qui par nature ne peuvent pas être notées : prendre les cours d’un élève absent, empêcher une bagarre, etc.

(1) Formateur et conseiller de l’Éducation nationale en matière de discipline.

À lire aussi, notre article sur le site de SOS Éducation.

78 réflexions sur “Comment instaurer un système efficace de récompenses à l’école

  1. Des récompenses… Et pourquoi pas des susucres, pendant qu’on y est.

    L’école est un devoir pour les citoyens en formation. Les notes montrent qu’on a réalisé un travail convenablement. Le diplôme sanctionne une réussite et permet ensuite de se réaliser.

    Maintenant, c’est vrai que je pourrais récompenser un bon élève en l’envoyant me chercher un café ou en me cirant les chaussures. Là, on est dans de la vraie récompense.

  2. Elles peuvent aller de pair en fonction du système idéologique dans lequel vous placez l’école.

    Soit on considère que l’enfant n’a aucune motivation naturelle à apprendre. Dans ce cas, on peut s’amuser à donner des récompenses, mais elles ne garantissent en rien l’apprentissage mais la reproduction des ordres du prof. De plus, elles établissent un aspect hiérarchique entre prof et élèves et fait penser que les bons comportements amènent récompense et les autres non. En clair, elles favorisent un moule.

    Ce n’est pas le but d’une école citoyenne, qui vise à aider les jeunes à devenir des adultes responsables. Si on doit aboutir à ce résultat en portant le sac du prof…

    • Justement, nous ne plaçons pas l’école dans un « système idéologique », puisque nous sommes favorables au pluralisme scolaire. Ensuite, je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ce que les enfants apprennent qu’un bon comportement conduit à une récompense et un mauvais à une sanction. Cela, dites-vous, favoriserait un moule. Quel moule ? Pas celui qui prévaut aujourd’hui !

      Vous dites aussi que le but d’une école est d’aider les jeunes à devenir des adultes responsables. Je ne vois pas bien en quoi les récompenses empêchent cet objectif.

  3. Ce ne sont pas des récompenses, ce sont des rémunérations d’un travail effectué, dont on peut faire quelque chose ensuite. Ces rémunérations viennent d’une performance d’un travailleur qui a fait progresser l’ensemble du groupe. Porter le cartable d’un prof n’apporte rien au gamin et ne fait pas progresser le groupe.

    • Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le cartable ne constituait pas l’essentiel de nos préconisations. Il s’agissait de montrer qu’une petite chose pouvait, dans le cas où le professeur aurait la confiance de ses élèves, constituer un honneur. Bien.

      Quant aux autres récompenses, elles peuvent correspondre à un travail effectué, un travail qui peut avoir fait progresser l’ensemble du groupe. Je ne vois donc guère en quoi la comparaison avec le bonus du salarié serait forcément mauvaise…

  4. Ce ne sont pas des récompenses, ce sont des rémunérations d’un travail effectué, dont on peut faire quelque chose ensuite. Ces rémunérations viennent d’une performance d’un travailleur qui a fait progresser l’ensemble du groupe. Porter le cartable d’un prof n’apporte rien au gamin et ne fait pas progresser le groupe.

  5. Bonjour,
    Pardonnez moi de m’immiscer dans votre conversation…
    Je voudrais reprendre un point développé par Matthieu ci dessus: tu sais, je ne suis pas sure qu’à 6, 7 ou 8 ans on ait une motivation profonde dans le travail rendu à l’école à travers la motivation du futur citoyen… Par expérience, je sais qu’un élève ne travaille pas pour lui, et en toute conscience de ses devoirs et de son futur équilibre d’adulte en CP… Les récompenses, même symboliques, sont une motivation concrète pour le bout de chou, et ne sont pas dégradantes non plus (je pense aux bons points par exemple), tant qu’elles sont respectueuses de chaque élève, et que chaque élève se trouve récompensé à un moment ou à un autre. La récompense revêt un caractère concret, palpable, mesurable, et permet à l’élève de se situer à travers le travail fourni.
    Et je t’admire sincèrement, car personnellement, malgré tout l’amour que je peut porter à mon travail, à mes élèves, à ce que je fais, et qui me fait tenir le coup encore aujourd’hui, je t’assure que je ne pars pas travailler le matin pour mes collègues en ayant la sensation de faire « progresser le groupe ». Je vais travailler avant tout pour avoir ma récompense à la fin du mois… Si je devais attendre ma paye pour accorder une fonction méritoire à ce que je produis, et me sentir citoyenne et nécessaire, et uniquement pour cela, il y a bien longtemps que je ne mettrai plus mon réveil à sonner, je t’assure…
    Bonne journée à vous.

  6. Bonjour,
    Pardonnez moi de m’immiscer dans votre conversation…
    Je voudrais reprendre un point développé par Matthieu ci dessus: tu sais, je ne suis pas sure qu’à 6, 7 ou 8 ans on ait une motivation profonde dans le travail rendu à l’école à travers la motivation du futur citoyen… Par expérience, je sais qu’un élève ne travaille pas pour lui, et en toute conscience de ses devoirs et de son futur équilibre d’adulte en CP… Les récompenses, même symboliques, sont une motivation concrète pour le bout de chou, et ne sont pas dégradantes non plus (je pense aux bons points par exemple), tant qu’elles sont respectueuses de chaque élève, et que chaque élève se trouve récompensé à un moment ou à un autre. La récompense revêt un caractère concret, palpable, mesurable, et permet à l’élève de se situer à travers le travail fourni.
    Et je t’admire sincèrement, car personnellement, malgré tout l’amour que je peut porter à mon travail, à mes élèves, à ce que je fais, et qui me fait tenir le coup encore aujourd’hui, je t’assure que je ne pars pas travailler le matin pour mes collègues en ayant la sensation de faire « progresser le groupe ». Je vais travailler avant tout pour avoir ma récompense à la fin du mois… Si je devais attendre ma paye pour accorder une fonction méritoire à ce que je produis, et me sentir citoyenne et nécessaire, et uniquement pour cela, il y a bien longtemps que je ne mettrai plus mon réveil à sonner, je t’assure…
    Bonne journée à vous.

  7. @ SOS Education : j’ai bien lu l’ensemble de l’article, mais le cartable me semble révélateur de l’ensemble de la manière dont cet article présente l’éducation.

    @ Christelle : plusieurs choses à répondre ici. Tout d’abord, il est évident que l’enfant de CP ne pense pas à sa vie d’adulte. Il va à l’école parce qu’on lui dit d’y aller. Cependant, cela n’empêche pas aux adultes de penser à la future vie d’adulte de l’enfant. C’est à nous de concevoir une pédagogie avec des objectifs sous-tendus. En France, la loi indique que l’école vise à quatre objectifs très précis, que nous devons mettre sans cesse en avant. Parmi eux se trouve l’idée de préparer les jeunes à exercer leurs droits de citoyens.

    Dans ce cadre-là, fonctionner à l’école comme dans l’entreprise est une chose négative, car la République ne fonctionne, normalement, pas comme une entreprise. On agit par devoir et par droit, et non par intérêt.

    Enfin, tu soulignes, à mon sens, une différence fondamentale entre les salariés du privé et ceux du public dans leurs choix de vie. Dans le privé, les salariés sont motivés par la récompense financière. Dans le public, c’est souvent la qualité du service qui passe devant. Je n’y porte aucun jugement, et je trouve même plutôt positif que nous ayons ainsi le choix dans nos carrières professionnelles entre différentes manières de concevoir le travail.

  8. @Mathieu L « De plus, elles établissent un aspect hiérarchique entre prof et élèves et fait penser que les bons comportements amènent récompense et les autres non. En clair, elles favorisent un moule. »

    Aspect hiérarchique? Heureusement, diable! Un des cancers de l’école est d’avoir aboli les distances et la hiérarchie des âges notamment.
    D’autre part, tout en étant « citoyen républicain » , ces termes servis à l’envi commencent à doucement me chauffer.
    Nous ne sommes pas là pour former de futurs camarades citoyens (quand je lis ce mot, j’ai le sentiment de me retrouver devant un St Just mâtiné de Marx). Nous sommes là pour INSTRUIRE. Et dans ce cadre, il me semble que délivrer une récompense en fin d’année pour les meilleurs, ne me semble pas une abomination libérale…
    J’ai trop vu de conseils de classe où l’on passe un temps indu sur le cas d’ De Kevin Glandu « en souffrance » dans notre système et où l’on glisse en deux secondes chrono sur Hermione Granger sous prétexte qu’il n y avait rien à en dire, celle ci étant trop désespérément parfaite.
    Récompenses pour les meilleurs, mais aussi pour ceux qui font le plus de progrès dans l’année, qui partent de rien pour arriver à quelque chose, même à la moyenne. Récompense pour celui ou celle qui participe activement à l’oral pour le plus grand profit de tous. L’esprit critique n’a rien à faire en primaire ni au collège. Pour contester un savoir ou une donnée, il faut d’abord la maîtriser. Ceux de 68 en savaient quelque chose eux qui furent biberonnés à l’aune de l’antique savoir. En lycée, vers l’âge de 16 ans, le sens critique se développe et l’acquis permet à l’adolescent de devenir enfin le citoyen « critique » que vous appelez de vos vœux.
    L’enfant n’est pas une personne. C’est un être en construction et en évolution permanent qu’il faut mener à maturation, y compris par la carotte et le bâton.

  9. @ D. Barbaud : je vous signale que dans vos fameux conseils de classe, il existe déjà un système de récompense. Vous avez sans doute donné à Hermione des félicitations du conseil de classe, et à Kevin des avertissements. Si vous me dites ensuite que cela n’a aucun impact, je vous répondrais alors que les récompenses n’ont qu’un impact très limité.

    D’autre part, je suis en désaccord total avec vous. A qui allez-vous faire croire que les élèves ne comprennent pas qu’il existe un rapport hiérarchique ??? Je travaille tous les jours dans un des plus mauvais lycées de France au niveau des résultats au bac, et pourtant, l’idée de hiérarchie existe. Quant au citoyen, on ne le dresse pas, on l’instruit en effet. D’autre part, l’esprit critique de 68 n’est pas venue de l’école, mais de l’évolution de la société qui a bousculé l’école. 68 était un mouvement intimement libéral d’ailleurs…

    Pour faire exister la hiérarchie, la présence du savoir suffit. Les élèves savent pertinemment que nous en savons plus qu’eux, et cela suffit. Il n’est pas nécessaire d’humilier les gamins en leur faisant porter nos sacs, essuyer nos tableaux ou nous chercher des cafés. D’autant plus que ceux qui suivent nos préceptes mais qui échouent considéreront le système encore plus inique qu’il ne l’est déjà.

    Quand aux imprécations idéologiques, vous pouvez vous lâcher. Je m’en fous complètement.

  10. @Mathieu : savez-vous que depuis maintenant trois ans, si les mentions encouragements, compliments et félicitations sont bien toujours distribués, les sanctions « avertissement travail » ou avertissement conduite » sont adressées sur un post-it envoyé avec le bulletin. Il est devenu illégal d’en faire mention directement sur le bulletin. Pour ne pas stresser davantage ces pauvres petits? Dont la plupart s’empresse d’ailleurs de déchirer le post-it avant de montrer le bulletin aux parents.
    Quant aux élèves qui reçoivent des félicitations, non seulement ils en sont très fiers, mais s’efforcent de les collectionner sur les trois trimestres car cela leur permet de recevoir à la fin de l’année des récompenses publiquement distribuées fin juin. Nous devons cette remarquable initiative à un excellent principal que nus avons eu quelques années et qui est hélas parti. Celui ci par ailleurs avait été sanctionné et mal noté par sa hiérarchie pour avoir fait trop de conseils de disciplines. Mais de son temps (pas si lointain), le collège était tenu.

    D’autre part, plutôt que de parler de rapport hiérarchique, parlons plutôt du rapport d’enfant à adulte. Quand un élève agresse verbalement son professeur, ou mieux, lui crache dessus ou le traite de tous les noms, il y a un problème de rapport à l’adulte qu’il faut immédiatement sanctionner. Encore faut-il, je le concède bien volontiers, que l’adulte soit irréprochable dans son attitude.

    L’Ecole des années 50 était inutilement sévère, je vous l’accorde. Mais dès le début des années 1960 la tendance s’était déjà inversée. Je lui reproche juste de s’être caricaturée à l’inverse.

    Je vous rejoindrai sur votre dernier paragraphe. Le savoir DEVRAIT être suffisant. Malheureusement, nombre de mes collègues aujourd’hui ne disposent plus de ce savoir. La fille d’un de mes amis entre en 2eme année d’anglais. On lui propose déjà de préparer des bivalences en histoire ou en français. Les enseignants de demain ne seront que de bons automates du savoir faire qui ne maîtriseront plus leur matière. Je suis déjà sidéré du manque de connaissances historiques de mes jeunes collègues. Quant à faire porter les sacs, essuyer les tableaux ou faire porter les cafés, je ne saurai souscrire à ce genre de mesures à mon sens désuètes et inutiles pour le coup.

    Enfin la seule idéologie que je possède est celle du pragmatisme et du mérite.

    • Quant à faire porter les sacs, essuyer les tableaux ou faire porter les cafés, je ne saurai souscrire à ce genre de mesures à mon sens désuètes et inutiles pour le coup.

      Il s’agissait de prouver le bien-fondé de la distinction de l’élève méritant…

      • Je comprends votre argument Ronan, mais je pense que cette distinction peut trouver d’autres débouchés. Cela dit, en ce qui concerne le tableau, il est vrai qu’en classe de sixième, il y a un vrai plaisir de la part de l’élève de se proposer pour le nettoyage du tableau en fin de cours, plaisir qui n’est que très rarement lié à un sentiment de servilité.
        Quitte à distinguer les élèves, voici ma méthode : Après le premier mois de cours, je mets en place un système de tutorat ; les meilleurs élèves se proposent pour encadrer les plus en difficultés (aux récréations ou aux heures d’études). Dans le cas où les résultats de ces derniers s’améliorent, le tuteur et son « élève » se voient octroyer un 20 supplémentaire dans leur moyenne. Si l’on arrive à suffisamment motiver une classe dans ce sens, les résultats peuvent, en tout cas sur un trimestre – ce qui est vraiment mieux que rien – être extrêmement positifs. Voir les yeux d’un enfant d’illuminer pour le premier 20 obtenu en contrôle de toute sa vie grâce à son effort est la plus belle des récompenses pour moi.

        • en ce qui concerne le tableau, il est vrai qu’en classe de sixième, il y a un vrai plaisir de la part de l’élève de se proposer pour le nettoyage du tableau en fin de cours, plaisir qui n’est que très rarement lié à un sentiment de servilité.

          Absolument, les élèves se « battent » presque pour le faire !

          • C’est vrai, ils se battent pour le faire, même en seconde. Cependant, il n’y a pas de volonté de se faire récompenser ici. Plutôt une envie de se lier avec le prof…

          • Désolé, mais je préfère fabriquer des petits socialistes que des petits réactionnaires.

            Cependant, je vous rassure de suite, Martin, l’école actuelle ne fabrique ni l’un ni l’autre. On ne sait pas très bien ce qu’elle fabrique d’ailleurs.

            Pour le terme « citoyen » en adjectif, mon Robert me signale que le terme a existé en tant qu’adjectif, mais qu’il est considéré comme « désuet ». Il me semble aussi qu’on appelait Louis-Philippe le « roi citoyen ». Cependant, je reconnais entièrement que j’aurais dû mettre civique.

    • @ D. Barbaud : pour les mentions, je le sais tout à fait, et je suis entièrement d’accord avec vous, c’est une bêtise. Soit on arrête tout type de marquage de ce type, soit on le fait complètement. Je suis aussi d’accord avec vous sur les sanctions, en y ajoutant, avec force, l’irréprochabilité de l’adulte.

      Sur le niveau, je ne sais pas vraiment. Cependant, il est évident que le ministère, en favorisant la précarité, incite à embaucher des personnels moins qualifiés. La bivalence est aussi une bêtise, qui ne fonctionne que très peu heureusement.

      Pour l’idéologie, c’est vous qui m’avez qualifié de « Saint-Just mâtiné de Marx », même si ces deux personnages ne me choquent pas. Pour le mérite, reste à savoir ce que l’on met derrière ce terme.

  11. Matthieu L. parle d' »école citoyenne »… qu’est-ce donc que ce monstre ? Et, « citoyen » n’est pas un adjectif, que je sache ?

    Même s’il avait utilisé l’adjectif correct ici, à savoir « civique », je ne saurais toujours pas ce que serait une telle école, si ce n’est un « moule » comme le dit Matthieu L., un beau moule à faire des petits socialistes.

    • Désolé, mais je préfère fabriquer des petits socialistes que des petits réactionnaires.

      Cependant, je vous rassure de suite, Martin, l’école actuelle ne fabrique ni l’un ni l’autre. On ne sait pas très bien ce qu’elle fabrique d’ailleurs.

      Pour le terme « citoyen » en adjectif, mon Robert me signale que le terme a existé en tant qu’adjectif, mais qu’il est considéré comme « désuet ». Il me semble aussi qu’on appelait Louis-Philippe le « roi citoyen ». Cependant, je reconnais entièrement que j’aurais dû mettre civique.

  12. Mathieu L. dixit:

    « Désolé, mais je préfère fabriquer des petits socialistes que des petits réactionnaires. »

    Ah! La reductio ad hitlerum, quelle belle technique oratoire, que le monde entier nous envie, mais malheureusement inopérante avec moi. Ceci, Mathieu L., est en fait simplement une pirouette rhétorique de bas niveau qui : 1. ne vous honore pas, 2. en dit long quant à l’enseignement que vous avez pu recevoir et au prêt-à-penser qu’il vous a laissé en guise de mode de pensée et 3. ne fait pas avancer la discussion d’un poil de moustache du moins fourni des réactionnaires. Ceci étant, merci de souhaiter me rassurer, mais voyez-vous, je n’étais pas inquiet : ne n’ai en effet jamais pensé, ne serait-ce qu’une seconde, que l’école laïque-grauite-et-obligatoire aurait pu former des petits réactionnaires. Mais des ignares moulés pour le socialisme, ça oui, elle en produit, au kilomètre-cube.

    Quant à « citoyen », oui, je vous informe que nous vivons en 2009 et pas en 1830 et que son utilisation (abusive) comme adjectif n’a plus la même acception que celle qu’elle avait dans le cas du fils du régicide, mais plutôt celle de « socialiste bien-pensant ».

    Dernier point : toutes mes excuses pour avoir mis deux ‘t’ à votre prénom dans mon précédent message. Vivant parmi des sauvages anglophones, « Matthew » m’est venu à l’esprit plutôt que « Mathieu ». Comme quoi, tout se perd.

    Martin

    • @ Martin : je vous signale que c’est vous qui avez commencé en me désignant comme un Saint-Just mâtiné de Marx. Et je confirme : si l’école formait des socialos, notre société ne serait pas ce qu’elle est.

      Pour le sujet, je crois que nous avons tous les deux exposés nos points de vue assez clairement.

      Tiens, voilà la bien-pensance et l’ignorance qui surgissent maintenant.

      Vos excuses sont acceptées. C’est une erreur fréquente, vu que Matthieu est plus récurrent que Mathieu.

  13. Mathieu :

    Ici :
     » @ Martin : je vous signale que c’est vous qui avez commencé en me désignant comme un Saint-Just mâtiné de Marx.  »

    Petite erreur quant à la personne : c’est David B. qui écrivait cela, pas votre serviteur.

    Et là :
     » si l’école formait des socialos, notre société ne serait pas ce qu’elle est. »

    Mais notre système économique et politique est largement socialiste ! Enfin, n’avez-vous jamais entendu parler du poids relatif que représente la dépense publique totale, ramenée au P.I.B. ? C’est un indicateur qui vaut ce qu’il vaut, pas grand-chose dans l’absolu, mais pas mal en termes relatifs, pour se comparer aux autres pays. Dans un autre registre, la Rééducation Nazionale est un autre excellent exemple de construction socialiste, à but typique de lendemains qui chantent. D’ailleurs, le fait que cette construction aboutisse à un naufrage est une analogie supplémentaire avec les constructions de la regrettée Union des Républiques SOCIALISTES Soviétiques.

    Notre société est ce qu’elle est, justement grâce à l’action exemplaire de la ripoublique, qui a réussi le tour de force de transformer la nation qui fut la « Mère des arts, des armes et des lois » en agrégat hideux de consommateurs abrutis, sur fond de tiers-mondisation rapide de la nation toute entière. Bravo, c’est une prouesse qui n’est pas à la portée du premier tyranneau venu.

    Martin

    • Excusez, la fatigue m’a entraîné à me tromper de contradicteur.

      Pour l’école qui fabrique des socialistes, il faudrait que vous regardiez bien ce que fait le gouvernement actuel et les réactions de la population et vous verrez que ce socialisme scolaire n’a rien à voir avec les programmes socialistes.

      Je suis en total désaccord avec vous sur le second point. La France est le pays le plus productif des pays développés, a l’un des taux d’accès aux diplômes élevés parmi les meilleurs. Quant au PIB, je vous signale que cette énorme dépense publique vient d’éviter à la France une plongée bien plus grave dans la crise économique.

      Enfin, sur votre dernier paragraphe, la population s’appauvrit dans l’ensemble des pays développés. En accuser la République est largement réducteur.

      Bon, je suppose qu’on va avoir du mal à s’accorder sur ces points…

      Bonne journée,

      • il faudrait que vous regardiez bien ce que fait le gouvernement actuel

        Justement, a-t-il le contrôle de l’Éducation nationale ?

        La France […] a l’un des taux d’accès aux diplômes élevés parmi les meilleurs.

        Mais quelle est la valeur intrinsèque – et relative – de ces diplômes ?

        • Oui, il a le contrôle. Depuis 2003, les enseignants n’ont gagné aucun mouvement, et les réformes se font. Après, ce que vous pensez de ces réformes, c’est une autre question.

          Le baccalauréat reste l’un des diplômes secondaires les plus valorisés. J’ai une élève, l’an dernier, qui est entré directement à Harvard avec un bac S, et une petite mention. Elle a même eu une bourse. De plus, l’accès au bac généra

          • Après, ce que vous pensez de ces réformes, c’est une autre question.

            Oui, c’est une autre question. Par exemple, que le rapport Descoings soit un rapport constructiviste et pédagogiste prouve que la réforme du lycée ne sera pas « de droite ».

        • Pardon, j’ai fait une fausse manip.

          …restant assez fermé, il conserve assurément une valeur. Je rappelle aux déclinistes de ce blog que seulement 35% d’une classe d’âge passe un bac général en France et que 30% l’obtient. Cela signifie que 70% des jeunes Français n’accèdent pas aux études supérieures. Vous trouverez peu de pays développés où la sélection est aussi forte.

          • Sachant que le niveau de ces terminales ne cessent de baisser (en attestent les commentaires toujours plus nombreux des correcteurs de bac, j’en connais un tas -et moi même, correcteur du brevet je m’en rends compte à mon niveau), cette « sélection » reste fort inquiétante. Je vous répondrai simplement que le nombre de nos chercheurs et de nos mathématiciens est en chute libre et que notre aura scientifique est largement mise à mal et reste peu compensée par notre élite formée dans les grands lycées et les prépas prestigieuses. Enfin sachez que cette année a vu le passage en seconde d’élèves de troisième ayant environ 8 de moyenne dans les matières fondamentales. Fermez le banc.

  14. Mathieu :

    Ici :
     » @ Martin : je vous signale que c’est vous qui avez commencé en me désignant comme un Saint-Just mâtiné de Marx.  »

    Petite erreur quant à la personne : c’est David B. qui écrivait cela, pas votre serviteur.

    Et là :
     » si l’école formait des socialos, notre société ne serait pas ce qu’elle est. »

    Mais notre système économique et politique est largement socialiste ! Enfin, n’avez-vous jamais entendu parler du poids relatif que représente la dépense publique totale, ramenée au P.I.B. ? C’est un indicateur qui vaut ce qu’il vaut, pas grand-chose dans l’absolu, mais pas mal en termes relatifs, pour se comparer aux autres pays. Dans un autre registre, la Rééducation Nazionale est un autre excellent exemple de construction socialiste, à but typique de lendemains qui chantent. D’ailleurs, le fait que cette construction aboutisse à un naufrage est une analogie supplémentaire avec les constructions de la regrettée Union des Républiques SOCIALISTES Soviétiques.

    Notre société est ce qu’elle est, justement grâce à l’action exemplaire de la ripoublique, qui a réussi le tour de force de transformer la nation qui fut la « Mère des arts, des armes et des lois » en agrégat hideux de consommateurs abrutis, sur fond de tiers-mondisation rapide de la nation toute entière. Bravo, c’est une prouesse qui n’est pas à la portée du premier tyranneau venu.

    Martin

  15. A mon avis, l’enfant -et ses parents pour lui- doit pouvoir toujours se situer face à ses petits camarades : savoir exactement où il en est par rapport aux autres : il est très dommage qu’on ait abandonné le système du rang, à côté de la note, aux « compositions » trimestrielles. Par exemple, 10/20 : 6ème sur 32 ; cela montrait encore si le professeur avait été sévère/exigeant ou non dans sa notation. Il y a des professeurs démagogues -ou peureux – qui ne notent pas au-dessous de 15/20 ; j’en ai connu ; d’autres, plus exigeants, qui ne notent pas au-dessus de 15/20 : comment savoir pour l’enfant et ses parents, où il en est exactement ? On les trompe, ainsi, et plus tard l’élève et ses parents se retrouvent bien déçus, le plus souvent, voire traumatisés, quand il y a échec à un concours d’entrée à une école, après le bac, alors que cette entrée semblait acquise… A mon avis, ce n’est pas une récompense, mais c’est un dû, qui passe avant la récompense.

  16. L’école instruit, la famille éduque
    d’où le voeu de nombreuses instances et non des moindres d’un ministère de l’instruction publique.
    Et désolée de le dire à Mathieu, le savoir libère, l’ignorance enchaîne.
    Quand à l’idée que la hiérarchie entre maîtres et élèves serait une mauvaise chose
    encore un reliquat de la pensée soixantehuitarde???
    Je ne vois pas le rapport logique entre établissement d’un système de récompense et fabrication d’un moule.

    L’enfant a besoin ( pour sa simple sécurité vitale) de connaître les limites qui lui sont imposées ( d’où la valeur du référent, qu’il soit parental ou enseignant) afin de pouvoir progressivement avancer en confiance et sécurité sur un chemin qui est sans limite: celui de l’apprentissage et du savoir.

    La bonne récompense peut être matérielle, verbale, elle peut tenir dans un regard ou un mot gentil, une note ou… que sais-je, l’important est que l’élève sache toujours où il se trouve à un moment donné et où il peut explorer dans un avenir proche puis de plus en plus lointain au fur et à mesure qu’il est capable de se projeter et dans le temps et dans l’espace, en se sentant épaulé, puis autonome dans la nature sans se mettre en danger et sans mettre en danger autrui.

    Enseigner sur les bases de l’égalité entre prof élèves ( ou éduquer sur la base de l’horizontalité du rapport parents-enfants) est une des sottises qui ont conduit à la débacle de l’école et à la perte d’autorité et la naissance d e l’enfant roi. On voit où cela mène…
    A une demande abusive de la part des parents que les enseignants remplissent un rôle d’éducateurs qui devrait être l’apanage de la famille. A des classes intenables, à des gamins qui dès la maternelle sont d’une rare violence ( et je vous prie de croire que je connais bien ce milieu pour avoir interviewé des milliers d’enseignants de la maternelle à l’université…

    Merci SODéducation de cet excellent billet une fois de plus.

    • Bonjour,

      En théorie, le savoir libère, c’est vrai, mais cela dépend aussi de la manière dont il est distillé. Pour que le savoir libère vraiment, l’enfant doit non seulement savoir mais aussi être capable de manier les concepts appris. Or, l’école actuelle est encore beaucoup dans le savoir et pas tellement dans l’utilisation.

      Je n’ai jamais dit que l’enseignement devait être fait sur un pied d’égalité. Je voulais juste dire que, globalement, les élèves des quartiers difficiles ont très bien intégré la notion de hiérarchie. Ils n’ignorent pas la différence, ils la contestent. Il faut donc agir de manière différente dans ces deux cas. Je reste personnellement attaché à l’idée que la différence de savoirs suffit à construire le rapport hiérarchique.

      La naissance de l’enfant-roi ne vient pas que de l’école. C’est même encore l’un des rares endroits où cette idée est contestée. Il faut entendre les parents d’élèves…

      Enfin, je conteste cette différenciation instruction-éducation. Rien que dans sa manière de se comporter, l’enseignant est un modèle et produit de l’éducation. C’est bien pour cela que je disais, en étant sur ce point en accord avec Martin, que l’adulte se devait d’être irréprochable lorsqu’il était face à sa classe.

      • Après, ce que vous pensez de ces réformes, c’est une autre question.

        Oui, c’est une autre question. Par exemple, que le rapport Descoings soit un rapport constructiviste et pédagogiste prouve que la réforme du lycée ne sera pas « de droite ».

    • Pardon, j’ai fait une fausse manip.

      …restant assez fermé, il conserve assurément une valeur. Je rappelle aux déclinistes de ce blog que seulement 35% d’une classe d’âge passe un bac général en France et que 30% l’obtient. Cela signifie que 70% des jeunes Français n’accèdent pas aux études supérieures. Vous trouverez peu de pays développés où la sélection est aussi forte.

  17. L’école instruit, la famille éduque
    d’où le voeu de nombreuses instances et non des moindres d’un ministère de l’instruction publique.
    Et désolée de le dire à Mathieu, le savoir libère, l’ignorance enchaîne.
    Quand à l’idée que la hiérarchie entre maîtres et élèves serait une mauvaise chose
    encore un reliquat de la pensée soixantehuitarde???
    Je ne vois pas le rapport logique entre établissement d’un système de récompense et fabrication d’un moule.

    L’enfant a besoin ( pour sa simple sécurité vitale) de connaître les limites qui lui sont imposées ( d’où la valeur du référent, qu’il soit parental ou enseignant) afin de pouvoir progressivement avancer en confiance et sécurité sur un chemin qui est sans limite: celui de l’apprentissage et du savoir.

    La bonne récompense peut être matérielle, verbale, elle peut tenir dans un regard ou un mot gentil, une note ou… que sais-je, l’important est que l’élève sache toujours où il se trouve à un moment donné et où il peut explorer dans un avenir proche puis de plus en plus lointain au fur et à mesure qu’il est capable de se projeter et dans le temps et dans l’espace, en se sentant épaulé, puis autonome dans la nature sans se mettre en danger et sans mettre en danger autrui.

    Enseigner sur les bases de l’égalité entre prof élèves ( ou éduquer sur la base de l’horizontalité du rapport parents-enfants) est une des sottises qui ont conduit à la débacle de l’école et à la perte d’autorité et la naissance d e l’enfant roi. On voit où cela mène…
    A une demande abusive de la part des parents que les enseignants remplissent un rôle d’éducateurs qui devrait être l’apanage de la famille. A des classes intenables, à des gamins qui dès la maternelle sont d’une rare violence ( et je vous prie de croire que je connais bien ce milieu pour avoir interviewé des milliers d’enseignants de la maternelle à l’université…

    Merci SODéducation de cet excellent billet une fois de plus.

    • Bonjour,

      En théorie, le savoir libère, c’est vrai, mais cela dépend aussi de la manière dont il est distillé. Pour que le savoir libère vraiment, l’enfant doit non seulement savoir mais aussi être capable de manier les concepts appris. Or, l’école actuelle est encore beaucoup dans le savoir et pas tellement dans l’utilisation.

      Je n’ai jamais dit que l’enseignement devait être fait sur un pied d’égalité. Je voulais juste dire que, globalement, les élèves des quartiers difficiles ont très bien intégré la notion de hiérarchie. Ils n’ignorent pas la différence, ils la contestent. Il faut donc agir de manière différente dans ces deux cas. Je reste personnellement attaché à l’idée que la différence de savoirs suffit à construire le rapport hiérarchique.

      La naissance de l’enfant-roi ne vient pas que de l’école. C’est même encore l’un des rares endroits où cette idée est contestée. Il faut entendre les parents d’élèves…

      Enfin, je conteste cette différenciation instruction-éducation. Rien que dans sa manière de se comporter, l’enseignant est un modèle et produit de l’éducation. C’est bien pour cela que je disais, en étant sur ce point en accord avec Martin, que l’adulte se devait d’être irréprochable lorsqu’il était face à sa classe.

      • @Mathieu : « capable de manier les concepts appris ». Il faut déjà les apprendre, vous en conviendrez. C’est le rôle du primaire et du collège. Lorsque les concepts sont suffisamment assimilés, on peut commencer à les manier. Faites-vous partie des constructivistes? Dans ce cas en effet, nous divergeons profondément. L’école actuelle, je suis navré de vous contredire sur ce point n’est absolument plus dans le savoir. Il y a belle lurette que cette notion a disparu. Les programmes de collège sont de plus en plus « light » et favorisent le plus petit dénominateur commun. Tout n’est plus qu’ application terne et sans relief. Il suffit de regarder la dégradation des livres scolaires depuis une quinzaine d’années. La pédagogie moderne émerveillée par l’enfance « qui nous apprend autant qu’on lui apprend » et par l’outil informatique, est persuadée que tout le savoir résidant sur la toile, il suffit de l’utiliser comme tiroir à connaissance. Ce qui est en soi totalement crétin et criminel, quand on sait à quel point la désinformation peut être grande sur le net. Les plus grandes sottises historiques par exemple, sont débitées avec la plus grande liberté.
        D’autre part nous sommes aujourd’hui dans une société de la spécialisation, ce qui est fort grave. L’honnête homme d’autrefois n’existe plus. Le médecin féru de littérature et de philosophie, l’ingénieur latiniste, et même l’historien généraliste ne sont plus qu’un vague souvenir (il suffit de lire l’excellent livre de Patrick de Funès, le fils de Louis, « Médecin malgré lui »). Une trop grande spécialisation fait perdre la vue d’ensemble de son domaine.
        L’enfant roi enfin contesté à l’école, je n’en suis pas persuadé si j’en juge de que je vois dans mon collège et ailleurs. Absence de sanction réelle, impunité généralisée, dialogue permanent… comme le disait fort bien Viviane, l’enfant se construit en jaugeant les limites qu’on lui oppose.
        Cela dit, je sais fort bien qu’un établissement de banlieue difficile avec des populations venues de milieux socialement déstructurées et avec des valeurs culturelles fort différentes des valeurs occidentales ne peut être que difficilement gérable.

        • @ D. Barbaud : « constructiviste » ? Encore un terme qui n’existe pas dans le dictionnaire (c’est pour Martin)… Je ne conteste pas votre argumentaire sur le savoir, il est réel, ni celui sur la spécialisation, même si je vois mal comment, vu les qualifications de plus en plus élevées demandées aux salariés, on peut faire autrement.

          Sur l’enfant-roi, même si c’est faible, il existe quand même une opposition, mais elle dépend de chaque établissement, voire de chaque équipe pédagogique et de chaque enseignant.

          Valeurs occidentales ? Encore un concept flou. Par contre, des milieux socialement déstructurés (pauvres, je suppose) posent de vrais difficultés car il y a maintenant une opposition aux apprentissages.

  18. @ SOS Education : comment se fait-il qu’on ne peut pas répondre directement à tous les commentaires ? Il y a une limite ?

    @ D. Barbaud : sur les terminales, n’empêche que l’accès au baccalauréat général reste très restreint. De plus, le secondaire ne vise pas à former des scientifiques. Il me semble que vous parlez du supérieur, là. Par contre, sur les troisièmes et les secondes, je vous suis, et sur le niveau des terminales aussi. J’en avais parlé ici :

    http://lespriviliegiesparlent.blogspot.com/2009/07/demontons-la-manipulation-des-resultats.html

    • Parlons de la note de Vie Scolaire : dans notre collège les Professeurs refusent de l’évaluer. Le Principal a donc décidé que pour moitié elle serait évaluée sur le nombre d’absences injustifiées et pour l’autre moitié sur le nombre de remarques notées par les Professeurs sur le cahier de liaison. Si vous voulez des exemples de notation délirants j’en ai à revendre !!!

      Plus délirant que celui-là, cela risque d’être difficile ! Revendez, revendez. 😉

      • Chiche !!
        Lors des Conseils de Classe, la note de Vie Scolaire n’est pas communiquée aux Professeurs, pour ne pas influencer leurs appréciations !!
        Le logiciel qui gère les bulletins de notes a été modifié pour que le rang de classement de l’élève n’apparaisse pas. Ce à la demande des délégués d’association de parents d’élèves relayée par les professeurs qui trouvent traumatisant et obsolète le classement des élèves !
        Lorsque je discute avec les élèves, peu d’entre eux arrivent à se situer dans leur classe, tout juste estiment-ils être dans le premier, deuxième ou troisième tiers. Alors se situer parmi tous les élèves d’un même niveau !
        De fait je constate que beaucoup de bons élèves se sous-estiment (presque tous) et plus de la moitié des élèves moyens se surestiment.
        Pour bien des parents et des élèves la barre du 10/20 de moyenne n’est plus une référence. Etre sous la moyenne n’est pas problématique et ne bouche en aucun cas l’avenir. Nous avons des passages en seconde générale à 8,5 de moyenne, la commission d’appel est peu sollicitée. Plus de 50% des élèves ne passent pas en première. C’est débile et cela me met en colère car beaucoup d’élève se trouvent en souffrance : protégés dans le cocon du collège qui ne les a pas mis face à la réalité, ils se prennent cette réalité en pleine face au lycée par des équipes pédagogiques inhumaines. Les conseils de classe de 2ème et 3ème trimestre en seconde au lycée me font penser très tristement à des plans de restructuration et de délocalisation. La seconde est devenue une gare de triage.

  19. Mathieu L.:
    « Excusez, la fatigue m’a entraîné à me tromper de contradicteur. »
    Je ne vous en veux pas. Vous devriez dormir davantage et passer moins de temps sur internet. Manifestement, l’usage excessif de celui-ci vous conduit à écrire bien des sottises.

    Par exemple:
    « Pour l’école qui fabrique des socialistes, il faudrait que vous regardiez bien ce que fait le gouvernement actuel et les réactions de la population et vous verrez que ce socialisme scolaire n’a rien à voir avec les programmes socialistes. »
    Quid? Le contenu informatif de cette phrase est d’environ zéro. Vous écrivez
    une (longue) phrase pour ne rien dire. C’est vague et sans consistance.
    « Regardez bien ce que fait le gouvernement actuel »… à propos de quoi exactement ? Ce gouvernement doit pondre plusieurs dizaines d’arrêtés par jour, donc il faudrait préciser de quoi vous voulez parler. et « les réactions de la population »… quelles réactions ? à quoi ? à la grippe du porc ? quelle partie de la population ? toute la population réagit-elle de la même façon ? ou se trouve le bulletin central de l’avis de la population afin que je puisse le consulter ? Ce que je vois c’est qu’en tout cas les dernières élections n’ont pas semblé sanctionner le gouvernement en place (disclaimer : je ne le soutiens pas d’ailleurs, je ne vote pas, je ne participe pas à cette farce pour ânes).

    Mais le meilleur est ici  » La France est le pays le plus productif des pays développés »
    C’est faux mon cher monsieur, lorsque l’on inclut tout (donc la fonction publique). C’est vrai selon certaines mesures lorsque l’on n’inclut que le secteur privé… ce qui n’est pas du tout la même chose.

    Encore une phrase qui ne veut rien dire:
    « a l’un des taux d’accès aux diplômes élevés parmi les meilleurs »
    C’est quoi « le taux d’accès aux diplômes » ? C’est la réussite à ceux-ci, ou la possibilité de les passer ? Et de toutes façons, cette métrique est elle aussi sans aucun sens, puisqu’on le voit bien lorsque l’on a soi-même enseigné dans le supérieur, les exigences sont sans cesses ajustées à la baisse.

    Et encore une :
    « Quant au PIB, je vous signale que cette énorme dépense publique vient d’éviter à la France une plongée bien plus grave dans la crise économique. »
    Mais vous n’en savez rien, vous n’en avez aucune idée, mais vous vous contentez de rappeler la doxa toute prête pour petits bourgeois keynesiens.

    Ce qui m’effraye voyez-vous, ce n’est pas votre effroyable manque de réflexion, mais c’est que quelqu’un d’aussi approximatif ait pu réussir un concours d’enseignement. Ceci aussi est une signe du déclin du système.

    Martin

  20. Si il y a récompense, il y sanction.
    Cela doit être mis en place avec des critères très objectifs, ce qui sera le plus compliqué. Avec beaucoup de pragmatisme, ce qui changera.
    Récompense et sanctions pour les enseignants ainsi que pour les élèves.

  21. Ouaouh !!!! Merci Ronan de savoir si bien susciter les débats et les échanges d’idées !

    Notre problème est l’évolution de notre société qui, de fait, déteint sur l’éducation que nous donnons aux enfants : les enseignants à l’école, les parents à la maison et les multimédias un peu partout.

    1) Qui dit récompense dit sanction : oui s’il y a un barême clair, connu de tous et appliqué à la lettre. Exemples au cours d’un même Conseil de Classe : le Professeur de Français demande à ce qu’un Avertissement au Travail ne soit pas donné à un élève, ayant fait des efforts dans cette matière, contre l’avis des autres professeurs ==> après délibération l’avertissement est donné ; quelques minutes après le Professeur Principal demande les Félicitations pour une élève ayant une moyenne générale de 18,2 (dont 20 en Maths et 18 en Français mais 12 en EPS), le Professeur d’EPS s’oppose à la récompense ==> décision immédiate de ne donner aucune récompense car il n’y a pas unanimité du Conseil. Lorsque je fais remarquer l’illogisme de la décision, l’équipe pédagogique me répond : « De toute façon c’est une bonne élève, elle s’en remettra ». Il m’a été donné de rencontrer les parents de ces élèves : ceux du garçon se sentaient désavoués car ils avaient déjà sanctionné leur fils, ceux de la demoiselle ont ri d’une part parce que leur fille est une escrimeuse de talent et d’autre part parce que l’obtention des Félicitations n’a jamais été pour eux un indicateur de réussite scolaire.
    Tant que je serai témoin de ce genre de situations, je me poserai des questions sur la légitimité des Conseils de Classe.

    2) Ce qui est récompense pour les uns ne l’est pas forcement pour les autres, de même pour les sanctions. Les parents, pour diverses raisons (laxisme, absentéïsme, méconnaissance, intérêt et confiance), attendent de l’école qu’elle diagnostique leurs enfants : notes, compliments, punitions. Les enseignants, parce qu’ils n’ont aucun autre cadre que celui de la notation, jouent l’air du moment et du Chef d’Etablissement et pour certains se targuent d’interprétation psychologique en plus de leur pédagogie acquise sur le tas sans grande ouverture d’esprit.
    Parlons de la note de Vie Scolaire : dans notre collège les Professeurs refusent de l’évaluer. Le Principal a donc décidé que pour moitié elle serait évaluée sur le nombre d’absences injustifiées et pour l’autre moitié sur le nombre de remarques notées par les Professeurs sur le cahier de liaison. Si vous voulez des exemples de notation délirants j’en ai à revendre !!!

    3) Pour donner une récompense ou une sanction, il faut être crédible aux yeux de l’élève et de ses parents et ce sur le long terme. Si c’est la loterie, c’est fichu. L’idéal serait que les enseignants travaillent de concert avec les parents pour qu’il y ait « serrage de vis » ou « cadeau » des deux côtés en même temps. Cela existe, la relation parent – enseignant étant basée sur le dialogue et la confiance réciproque.
    Réaliste, j’ai conscience que ce ne peut être une généralité. Dans ce cas, que les choses soient claires et différenciées : il y a le cadre familial et celui de l’école sans interférence si pas de dialogue. Le système de récompenses – sanctions bien structuré et présenté aux élèves peut s’appliquer.

    4) Je préciserai, pour finir, que certains enfants, même très jeunes, aiment l’apprentissage de nouvelles connaissances en collectivité, n’attachent pas grande importance à la notation sachant intuitivement qu’elle comporte ses aléas, n’attendent pas de récompenses et redoutent les sanctions. Pourquoi ces extra-terrestres ? Parce qu’ils ont été éduqués par leurs parents dans la curiosité des choses et des autres, qu’ils sont immergés dans le monde des adultes et en perçoivent toute la diversité et la complexité, qu’ils ont appris qu’un cadeau se donne avec le coeur et une punition par raison.

    Nous sommes dans une société matérialiste, de consommation et de paraître. Peu importe de savoir puisque n’importe quel ordinateur comblera les lacunes, mais il faut posséder notamment un PC. Travailler, c’est dur pour tout le monde de la Fonction Publique ou du Privé ou du Libéral. C’est pire quand on ne le fait que pour l’argent car on éprouve un besoin de compenser alors on se récompense, on se fait plaisir, on achète.
    Ce que nous pouvons souhaiter de mieux pour nos enfants est qu’ils trouvent en eux la motivation de chercher puis de faire un métier qui leur apporte du plaisir et qui leur permette de se sentir utiles. Pour certains la carotte de la récompenses portera ses fruits pour d’autres non.

    • Parlons de la note de Vie Scolaire : dans notre collège les Professeurs refusent de l’évaluer. Le Principal a donc décidé que pour moitié elle serait évaluée sur le nombre d’absences injustifiées et pour l’autre moitié sur le nombre de remarques notées par les Professeurs sur le cahier de liaison. Si vous voulez des exemples de notation délirants j’en ai à revendre !!!

      Plus délirant que celui-là, cela risque d’être difficile ! Revendez, revendez. 😉

      • Chiche !!
        Lors des Conseils de Classe, la note de Vie Scolaire n’est pas communiquée aux Professeurs, pour ne pas influencer leurs appréciations !!
        Le logiciel qui gère les bulletins de notes a été modifié pour que le rang de classement de l’élève n’apparaisse pas. Ce à la demande des délégués d’association de parents d’élèves relayée par les professeurs qui trouvent traumatisant et obsolète le classement des élèves !
        Lorsque je discute avec les élèves, peu d’entre eux arrivent à se situer dans leur classe, tout juste estiment-ils être dans le premier, deuxième ou troisième tiers. Alors se situer parmi tous les élèves d’un même niveau !
        De fait je constate que beaucoup de bons élèves se sous-estiment (presque tous) et plus de la moitié des élèves moyens se surestiment.
        Pour bien des parents et des élèves la barre du 10/20 de moyenne n’est plus une référence. Etre sous la moyenne n’est pas problématique et ne bouche en aucun cas l’avenir. Nous avons des passages en seconde générale à 8,5 de moyenne, la commission d’appel est peu sollicitée. Plus de 50% des élèves ne passent pas en première. C’est débile et cela me met en colère car beaucoup d’élève se trouvent en souffrance : protégés dans le cocon du collège qui ne les a pas mis face à la réalité, ils se prennent cette réalité en pleine face au lycée par des équipes pédagogiques inhumaines. Les conseils de classe de 2ème et 3ème trimestre en seconde au lycée me font penser très tristement à des plans de restructuration et de délocalisation. La seconde est devenue une gare de triage.

        • Ce à la demande des délégués d’association de parents d’élèves relayée par les professeurs qui trouvent traumatisant et obsolète le classement des élèves !

          L’avis des élèves ayant été curieusement «oublié» en l’occurrence…

  22. Je suis « rassuré » , mon collège n’est donc pas seul dans ce cas. Merci pour votre témoignage, Noémie. J’ai été le seul professeur à protester énergiquement contre la folie de laisser passer 16 élèves de troisième sur les six divisions en seconde malgré des notes aux alentours de 8 dans les matières essentielles. La réponse que la principale m’a faite m’avait glacé : « de toute façon c’est le souhait des parent,s, on ne peut aller contre, et même si ceux-ci allaient en appel, ce dernier leur serait favorable à 100% ». Donc, c’est à une démission collective que nous assistons ici. Après la « primarisation » du collège, nous assistons à une « collegarisation » (pardonnez ces barbarismes) du lycée. Le système entier se décale vers le bas. La seconde est donc aujourd’hui qu’une sorte de troisième bis.
    Lamentable.

  23. David BARBAUD dit : « La seconde est donc aujourd’hui qu’une sorte de troisième bis. »
    Ce n’est pas mon avis car les professeurs de notre lycée font le programme de seconde et chassent d’un revers de la main tous les élèves qui ne suivent pas. Ce qui, en soit, est normal mais très préjudiciable au travail en classe. Les classes de seconde sont entre 32 et 37 élèves dont un tiers a décroché en fin de 1er trimestre. Ce tiers d’élèves pénalise le reste de la classe en créant un climat délétère ==> les professeurs s’énervent, perdent du temps à faire de la discipline et sont assaillis par des familles paniquées qu’il leur faut faire redescendre sur terre. Ceux qui en souffrent le plus sont les élèves réellement moyens (entre 10 et 13 de moyenne) car ils doivent se motiver face à une équipe pédagogique peu disponible alors qu’ils sont appâter par le « j’m’en foutisme » des copains. Là, je peux vous dire que les parents ont intérêt à être présents, conscients, persuasifs et à avoir la main au porte-monnaie pour les cours de soutien ! C’est cela qui est lamentable !
    Dans notre lycée, le Proviseur a fait 3 classes de seconde (sur 16 en tout) composées d’élèves ayant eu plus de 15 de moyenne au Brevet ==> 1 seul doublement, 10 passages en 1ère L, une vingtaine en ES et tous les autres en S et….. 100% de réussite au Bac. C’est la preuve par 9 non ?
    Attention ! Je ne dis pas non plus que, le Bac en poche, tous les élèves sont aptes à suivre des études supérieures. Au lycée, ils sont préparés à décrocher le Bac mais pas à s’orienter, à avoir conscience du niveau requis dans les filières sélectives, les écoles d’ingénieurs et les classes préparatoires. Il y a de la casse…
    Si  » le secondaire a été primarisé, et le supérieur secondarisé… » l’Université (la Fac, je ne parle pas des IUT) est quoi ? Pas superiarisé quand même !!

  24. La façon d’enseigner est devenue une usine à gaz, comme un certain parti politique, à vouloir faire (trop bien) à couper les cheveux en je ne sais combien,
    il est devenu impossible de se faire comprendre, d’enseigner simple.
    Le pragmatisme, c’est ce qu’il manque dans nos administrations et en particulier,
    à l’éducation Nationale.
    Mais se manque de pragmatisme, nous savons qui l’a insidieusement souhaité,
    et finalement adopté, noye le poisson,nos syndicats ne sont pas mauvais,de ce fait ils sont la partie incontournable.

  25. Bonjour,

    Je viens de tomber sur le site et je suis scandalisée par les remarques faites suite à cet article. Je pense que c’est une bonne chose de motiver les enfants et que les systèmes de récompenses sont des bons moyens pour aider les enfants en difficultés notamment,

    Merci pour l’article

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