Dominique Raimbourg utilise sa réserve parlementaire pour lutter contre l’échec scolaire

« Chaque année, de trop nombreux jeunes sortent du système scolaire sans avoir validé un diplôme ou un niveau suffisant pour aborder leurs projets professionnels. Cela est la conséquence de l’ennui, de la démotivation ou du peu d’intérêt qu’ils trouvent dans leur scolarité. Face à ce constat, il nous faut construire un parcours complémentaire, déclinable et adaptable selon le profil du décrocheur », explique l’association Escalade Entreprises, qui pilote le projet JEM (jeune envie motivation) mis en place en cette rentrée dans le sud de Nantes. Ce projet de prévention du décrochage scolaire concerne les élèves de 4e et 3e, voire de 2nde. « Habituellement, les dispositifs de ce type visent plutôt les jeunes de 16 ans ou plus », note Maryse Quélard, la directrice du CIO de Rezé. « Ici, on s’adresse à des jeunes de 14 ou 15 ans. »
Les élèves décrocheurs seront repérés par leur chef d’établissement, leur CPE ou un de leurs enseignants. Ils poursuivront leur cursus dans leur établissement (LEGT ou LP, publics et privés), en suivant seulement une partie des cours, et se verront proposer un parcours individuel, élaboré par l’association Escalade Entreprises, en lien avec le chef d’établissement. Ce parcours comprendra notamment des ateliers de théâtre (pour travailler sur la motivation, l’estime de soi) ou des stages en entreprise. « L’organisation du parcours est modulable, et surtout adaptée à l’âge et au besoin du jeune », précise l’association.

Les parcours devraient durer trois ou quatre mois environ, et faire l’objet d’une évaluation. Les jeunes décrocheurs seront suivis par un parrain, « chargé de développer et tisser la relation humaine, d’accompagner le jeune dans son parcours, de valoriser et de soutenir ses efforts ». Ces parrains sont des bénévoles du monde de l’entreprise. Les parents seront « partie prenante » du dispositif. Une trentaine de jeunes devraient être accompagnés la première année, puis une centaine les années suivantes.

97 000 EUROS CONSACRÉ AU PROJET EN 2014

Le projet a été monté à l’initiative de Dominique Raimbourg, député SRC de Loire-Atlantique. Il est l’auteur, avec Philippe Quéré, d’un essai intitulé « L’adolescence : un enjeu politique » (téléchargeable ici), qui analyse les évolutions sociales et politiques auxquelles se trouvent confrontés les adolescents aujourd’hui : « la crise de l’école », le problème de « l’orientation scolaire » qui « sélectionne par l’échec », « le recul de la présence des adultes auprès des enfants et des adolescents », « le goulot d’étranglement entre l’école et l’emploi »… Ils mettent en évidence « le rôle central du collège » et formulent des propositions pour le réformer.

Dominique Raimbourg consacrera en 2014 une somme de 94 000 euros au projet JEM (sur les 130 000 euros de sa réserve parlementaire). Le financement sera identique en 2015 et 2016. La première année, JEM bénéficiera également d’une aide de 3 000 euros au titre de la politique de la ville. Les 94 000 euros permettront notamment de rémunérer l’étudiant en master sciences de l’éducation (en contrat de professionnalisation) chargé du projet JEM au sein de l’association Escalade Entreprises, et le doctorant qui réalise une thèse sur le dispositif.

source AEF

 

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