Éducation et instruction

Le texte qui suit est extrait d’un courrier que nous a envoyé M. Dominique Burrus, membre de SOS Éducation :

À l’origine, Jules Ferry avait bien compris que les deux termes « éducation » et « instruction » n’étaient pas opposés, mais qu’ils étaient complémentaires.

L’éducation s’adresse aux parents des enfants car elle concerne en priorité la vie familiale, puis ensuite la vie sociale dans la communauté des individus.

L’instruction s’adresse à la future vie professionnelle des enfants. Elle concerne donc les spécialistes de cette formation des enfants, c’est-à-dire leurs professeurs. Cette instruction n’est pas un métier facile à exercer car les jeunes enfants ont tous des comportements différents.

Il convient alors de ne pas mélanger ces deux termes et c’est la raison pour laquelle Jules Ferry avait appelé ce métier « l’Instruction publique », et il rendait cette instruction obligatoire afin de respecter l’égalité des chances pour tous les citoyens.

Ce n’est qu’en 1932, soit un demi-siècle après les lois de Jules Ferry, que le système éducatif français a été rebaptisé « Éducation nationale ».

15 réflexions sur “Éducation et instruction

  1. Il y a une question importante à ce poser:
    Au 21ème siècle, siècle d’internet, qu’est-ce que la connaissance utile?

    A mon avis, parlant pour la physique (dossier que je connais), ce qui est important, ce n’est pas de savoir (par exemple) PV = nRT mais de comprendre la signification de cette formule.

    En quatrième, en chimie, il font la combustion du méthane
    (on a CH4 + 2 O2 -> CO2 + 2 H2O)
    On est invité à interroger sur la combustion du méthane, mais surtout pas du butane.
    C’est à mon sens n’importe quoi, car ce qui compte, c’est la démarche et interroger sur la combustion du butane, c’est interroger sur la combustion du méthane car c’est la démarche qui compte.

    Je pense que c’est à méditer.

  2. Il y a une question importante à ce poser:
    Au 21ème siècle, siècle d’internet, qu’est-ce que la connaissance utile?

    A mon avis, parlant pour la physique (dossier que je connais), ce qui est important, ce n’est pas de savoir (par exemple) PV = nRT mais de comprendre la signification de cette formule.

    En quatrième, en chimie, il font la combustion du méthane
    (on a CH4 + 2 O2 -> CO2 + 2 H2O)
    On est invité à interroger sur la combustion du méthane, mais surtout pas du butane.
    C’est à mon sens n’importe quoi, car ce qui compte, c’est la démarche et interroger sur la combustion du butane, c’est interroger sur la combustion du méthane car c’est la démarche qui compte.

    Je pense que c’est à méditer.

  3. Condorcet lui-même dans certains de ses écrits parle d' »éducation ».
    Si « instruction » a finalement été choisie en 12789 c’était essentiellement pour marquer la rupture avec les établissemnts d’éducation de la noblesse.

    Pendant qu’on débat autour de ces deux mots (ou de l’utilité de l’estrade … qui ne servait à l’origine aux plus petits à atteindre le tableau et non de piedestal au maître !), on évite les vraies questions.

    • En effet, nous attendons la réponse? quelles sont ces vraies questions ?
      Quant à l’estrade marche pied de l’élève, je ne l’avais encore jamais entendue celle là!
      Je viens de regarder le site de Lofi… gauche pédagogie, tout est dit dans les quelques mots clés.
      Education civique ; droits et devoirs : s’exprimer et éviter les propos racistes.. certes, on ne peut que s’incliner devant la profondeur civique de ce cours.
      Le droit de s’exprimer ? Pour dire quoi? En collège le seule droit que je reconnais à l’élève c’est celui d’écouter, et le droit au savoir. Le droit d’apprendre, le droit de se construire. Les débats stériles, sur des thèmes qu’il est loin de maîtriser, sont vains. J’ai assisté un jour en primaire à un débat sur l’organisation politique et législative de l’Europe! On nage en plein délire, ces enfants savent à peine lire et écrire et on les prend pour des acteurs politiques!

      Plus loin je lis :

      « une presque unanimité autour des classes (presque) hétérogènes qu’on a réussi à imposer de haute lutte. » Autrefois les classes hétérogènes étaient composées pour tiers de bons élèves, d’élèves moyens et de mauvais élèves. Ces dernières rentrées (j’ai trois sixièmes) elles sont presque toutes …homogènes dans la médiocrité. Des élèves suivis par des éducateurs spécialisés qui les suivent en classe, d’autres ne sachant pratiquement ni lire ni écrire, d’autre encore avouant n’avoir jamais fait d’histoire en primaire et ne sachant aucune table de multiplication. Noyés dans la masse, quelques élèves au cursus « normal » qui soit devront faire preuve d’une extraordinaire force mentale pour poursuivre leur chemin dans l’excellence, soit dépériront d’ennui devant la nécessaire remise à niveau de l’ensemble d’une classe en perdition.

      enfin je lis : « les nouveaux collègues n’ont pas eu droit à des présentations détaillées de leurs élèves mettant en garde contre untel, collant l’étiquette de cancre à tel autre (en leur ôtant toute chance de faire leurs preuves) » : Bien entendu les collègues ayant eu « la chance » d’avoir eu tel ou tel cancre (oui madame) ne sont que d’immondes réactionnaires tout de fiel revêtus et condamnent le pauvre chéri aux gémonies pédagogiques. Ce que je lis moi, c’est le mépris sourd que vous éprouvez pour des collègues ayant souffert de la nullité d’un élève. Il n’y a pas de pire sourd que celui ou celle qui ne veut entendre.

      • Enfin je suis stupéfait de lire en exergue à votre blog votre profession de foi d’enseignant de gauche (pléonasme?). Vous me faites penser à ce professeur d’histoire dans le film « profs » de Patrick Schulmann il me semble, qui se fait appeler Marx et décrit avec poésie les frontières soviétiques et avec haine les contours de l’Amérique.
        Vos élèves peuvent tomber sur votre blog. Jamais les miens n’ont pu savoir mes opinions politiques. Le professeur que je suis n’est pas partisan. Il offre son savoir n essayant d’être le plus neutre possible.

      • “les nouveaux collègues n’ont pas eu droit à des présentations détaillées de leurs élèves mettant en garde contre untel, collant l’étiquette de cancre à tel autre (en leur ôtant toute chance de faire leurs preuves)”

        Voici un extrait de Comment tenir sa classe – Manuel de discipline à l’usage des jeunes professeurs, d’Olivier Leroy, instituteur (chapitre 1, « Les débuts », p. 23) :

        [S]i la classe contenait quelques fortes têtes […], il faudrait sévir immédiatement et durement : expulsion suivie de rapport.

        Cette rigueur inaugurale peut être grandement facilitée par une connaissance préalable de la classe, des élèves qui la composent et de leurs caractéristiques. Le professeur nouveau s’efforcera d’avoir avec celui qu’il remplace un entretien sur chaque élève en particulier et notera soigneusement les noms de ceux qui réclament, au point de vue de la conduite, une attention particulière. Les renseignements donnés par un surveillant complèteront utilement ceux du professeur, car certains élèves ne révèlent pas toujours et partout leur esprit d’insubordination.

        Cette connaissance anticipée des éléments douteux met le débutant dans une situation favorable pour agir promptement et presque à coup sûr en cas de désordre. Une classe n’est jamais troublée dans son ensemble dès le début. Ce sont les meneurs qui l’entraînent progressivement à cet état d’excitation d’où peut naître le désordre généralisé. Ces meneurs sont toujours peu nombreux. Les connaître d’avance, c’est presque les avoir maîtrisés ; car ces éléments perturbateurs, se sentant repérés, n’ont guère envie de commencer l’année par une fâcheuse histoire.

        L’essentiel, c’est de ne pas partir de l’inconnu, de n’avoir pas à compter uniquement sur son expérience personnelle pour se faire une opinion au sujet des élèves. Ici comme ailleurs, l’expérience acquise antérieurement par d’autres que nous est trop précieuse pour qu’il soit permis de la négliger.

        • Je me rappelle très bien en effet ce passage de l’excellent livre d’Olivier Leroy. Je veux ici souligner la grande qualité des livres et essais publiés par SOS Education. Elles permettent aux parents et aux jeunes professeurs de percevoir une vision alternative et de bon sens à la pensée unique

  4. @ David Barbaud,
    C’est justement pour conserver cette neutralité que j’utilise un pseudo (contrairement à vous semble-t-il !). S’il tombe ici ils découvriront vos opinions, non ?
    Que doit faire un prof élu local sous une étiquette politique ? On peut être militant dans un parti politique (ce que je ne suis pas) et savoir garder une neutralité dans sa pratique professionnelle.

    Quand au sous-titre du blog, il se veut plutôt une attaque aux profs qui se croient de gauche alors que dans leurs pratiques quodiennes ils sont d’un réactionnaire qu’on applaudit ici (Brighelli…)

    Pour les vraies questions, je reviendrai (ou aller sur mon blog !)

    Toutefois ces derniers comentaires montrent un réel mépris des élèves des « mauvais élèves » comme vous dites.
    Dois-je vous rappeler qu’on a à apprendre à TOUS les enfants qui nous sont confiés et non seulement à ceux qui entrent dans le moule.
    L’extrait cité m’horripile. « Elements douteux ». Si j’avais écouté les mises en garde qu’on m’avait faites lors de mon arrivée dans mon premier collège (une bonne zep du nord de la France, je n’y serai même pas aller.) J’y ai finalement travaillé dix ans avec plaisir. Et pourtant vous y auriez vu les « éléments douteux » et la « nullité des élèves ». J’y ai vu des gamins qui avaient besoin d’école, qui y allaient certes à reculons mais qu’on parvenait à faire progresser à condition de ne pas les stigmatiser, d’y croire et de se bouger pour eux. Surtout, j’avais vraiment l’impression d’être utile, plus qu’avec des enfants issus des beaux quartiers qui ont d’autes sourecs pour le savoir.

    Je passe sur les caricatures qu’une fois d eplus on fait ici de pratiques pédagogieus qu’on ne maîtrise aps soi-même … C’est facile, ça défoule et ça plait aux adhérenst de SOS Education et aux lecteurs du Figaro. Pourquoi s’en priver ?

    • @Lofi

      Je doute que mes élèves de collège jettent un œil sur de tels sites. et quand cela serait, il y a dans mes propos aucun discours politique militant. Je ne parle que de pédagogie et de bon sens. Contrairement à vous je ne suis nullement dogmatique mais totalement pragmatique. Seul compte pour moi la possibilité de faire progresser les élèves sans renier l’acquis des fondamentaux et du savoir. Vous voulez les éveiller à la citoyenneté et à « eux-mêmes », moi je veux les libérer de l’ignorance dans laquelle les méthodes pédagogiques que vous prônez les plongent irrémédiablement. Qui de nous est méprisant envers eux? Moi qui souhaite les élever vers le savoir qui affranchit ? où vous qui vous contentez de les faire vivre dans leur médiocrité tout en s’en délectant ?
      Je ne suis pas particulièrement « Brighelliste » car ce malheureux homme nage entre deux eaux, mais je respecte l’excellent écrivain de la « Fabrique du Crétin » et l’humaniste en lui.
      Enfin permettez-moi d’être un peu gêné par les nombreuses fautes de grammaire et d’accord qui émaillent votre message. Elles sont la preuve d’une certaine déliquescence de la formation intellectuelle des étudiants professeurs. Je conçois parfaitement les fautes de frappe, j’en fais d’ailleurs souvent, mais les fautes de grammaire me posent problème pour un professeur qui prétend enseigner en collège.

    • profs qui se croient de gauche alors que dans leurs pratiques quodiennes ils sont d’un réactionnaire qu’on applaudit ici (Brighelli…)

      Nous n’« applaudissons » pas Jean-Paul Brighelli, qui est un opposant au pluralisme scolaire et un partisan du monopole étatique de l’éducation…

      à condition de ne pas les stigmatiser

      Qu’appelez-vous « stigmatiser » (mot-valise par excellence) les élèves ?

  5. M. Barbaud doit bien me connaître, il a dû passer de nombreuses heures au fond de ma classe pour pouvoir affirmer que je me contente de « faire vivre mes élèves dans leur médiocrité tout en s’en délectant », que je « les polonge dans l’ignorance » … ?
    Normal pour un prof qui fait de « nombreuses fautes de grammaire », me direz-vous ! J’ai cette mauvaise habitude de ne jamais me relire avant de poster sur internet. Je vous rassure, j’ai su les repérer et les corriger (pas si nombreuses que cela finalement !). je vous rassure aussi, quand j’écris pour les élèves, je me relis.
    Je ne suis donc qu’un idiot passager , me voilà rassuré.
    Brighelli un humaniste ? Si vous connaissez la grammaire, vous semblez moins savant du sens des mots. La lecture de quelques commentaires qu’il laisse passer sur son site suffit à s’en convaincre.
    On ne peut débattre avec quelqu’un qui se contente de caricaturer tous ceux qui ne pensent ni agissent comme lui.
    Parce que je ne vous suis pas dans une pédagogie uniquement frontale, je serai hostile aux savoirs alors que je recherche dans la diversité des pratiques le moyen de les faire acquérir au plus grand nombre …
    Restez donc enfermé dans vos certitudes, continuez à dénigrer tous les collègues qui ne pensent pas comme vous.

  6. Que proposez-vous pour les « cancres », les « nuls », les « mauvais » (mot-valise par excellence), les « douteux » puisque vous êtres contre le collège unique ? Je n’ai jamais de réponse à cette question car elle met toujours les réactionnaires face à leurs contradictions.

    • Réactionnaires ? Si l’on considère que l’école est dans l’impasse, ce qui est notre cas, il faut bien reculer un peu pour pouvoir repartir… vers l’avant…

      Nous proposons la fin du collège unique car nous pensons que d’autres profils peuvent émerger dans un système qui ne serait pas monolithique.

      Je ne vois d’ailleurs pas en quoi les élèves en difficulté échoueraient plus dans un enseignement professionnel, technique que dans le collège actuel.

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