Enseignante poignardée à Albi

SOS Éducation s’inquiète de la montée des violences à l’école et demande au gouvernement de redonner aux professeurs le moyen d’assoir leur autorité

Ce matin à Albi, l’école Édouard Herriot, qui accueille 284 enfants en maternelle et en primaire, a été le théâtre d’une agression d’une violence inouïe : une jeune enseignante a été poignardée à mort par la mère d’un élève, devant les enfants de sa classe. SOS Éducation, association loi 1901 qui œuvre pour une école recentrée sur la transmission des savoirs fondamentaux,condamne cet acte abominable et fait part de son soutien à tous les élèves, parents, et personnels éducatifs touchés par ce drame, ainsi qu’à la famille de la victime. Malheureusement, cet acte fait écho à une violence endémique sur laquelle SOS Éducation alerte les pouvoirs publics depuis des années. Presque tous les jours, des professeurs sont confrontés à des actes de violence physique venant d’élèves ou de leurs parents. En 2012-2013, pas moins de 1500 dossiers pour violence physique ont été ouverts par la MAIF, le principal assureur des enseignants. Un récent sondage commandé par SOS Éducation à l’IFOP montre le niveau alarmant d’insécurité en milieu scolaire : dans l’enseignement public, 40% des enseignants disent se faire insulter, presque 10% agresser… 15% des enseignants ne se sentent pas en sécurité dans leur établissement (ils sont 21% en Ile-de-France) ! Fallait-il attendre cet acte dramatique pour agir ? SOS Éducation, qui a notamment créé l’Observatoire de la Souffrance des Professeurs en 2009, se mobilise pour proposer des solutions et demande au Ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon de prendre les mesures suivantes :

  • Faire respecter l’autorité des professeurs en leur redonnant les moyens d’asseoir leur autorité

Les enseignants doivent être rétablis dans leur mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes psychologiques et sociaux. Pour asseoir leur autorité, ils doivent disposer des moyens nécessaires ; le droit de donner des « zéros de conduite » et de décider du passage des élèves dans la classe supérieure,….

  • Former les professeurs à l’exercice de l’autorité

Instaurer la discipline dans une classe relève de la pratique. Mais les grands principes doivent être enseignés aux futurs professeurs. L’importance décisive du premier contact avec les élèves, de la tenue du professeur, de son déplacement à travers sa classe, du regard adressé à chaque enfant pendant le cours, peut s’apprendre, de même que les principaux pièges à éviter : crier, chercher à attendrir les élèves ou « copiner » avec eux.

  • Renforcer l’encadrement dans les écoles

La présence d’au moins un surveillant général dans chaque établissement est nécessaire. Sa mission exclusive serait de surveiller les élèves, de contrôler les entrées et les sorties, de prendre en charge les élèves punis et de s’assurer que les sanctions sont effectuées, en lien avec les parents.

  • Exclure un élève violent d’un établissement à la troisième infraction grave au règlement intérieur

S’il est normal que les enfants aient le « droit à l’erreur », aucun élève ne doit pouvoir commettre trois infractions graves dans un établissement scolaire sans être renvoyé.

  • Supprimer la réintégration automatique après exclusion d’un établissement scolaire

L’élève exclu doit accomplir lui-même les démarches pour demander sa réadmission : lettre de motivation, sollicitation d’un entretien auprès des chefs d’établissement. Il faut éviter de lui donner l’impression, comme c’est le cas actuellement, que c’est à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que « son droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs. Contact presse : presse@soseducation.org Lire notre communiqué de presse

2 réflexions sur “Enseignante poignardée à Albi

  1. Et bien voila !!
    Une enseignante a été assassinée par une de ces cinglés de parents, inconscients, violents, menaçants, qui protègent leurs chérubins, pour la plupart du temps voyous.
    Ce matin Notre Principale du collège s’est vue menacée par le père d’un élève en conseil de discipline :  » je m’occuperai de vous !  » ou quelque chose du genre, en la pointant du doigt.
    Est il normal qu’un Agent de l’État, quel qu’il soit, se fasse menacer par des individus incapables d’élever leurs enfants correctement ? Oui, j’ai bien dit  » individus  » ! comme on les nomme dans les enquêtes policières, les tribunaux etc !
    Nous n’avons pas passé des concours difficiles pour se faire traiter de la sorte par ce genre de gens !
    De plus en plus nous devons nous occuper des ces élèves mal élevés, violents, qui n’ont aucune limite.
    C’est FATIGANT, USANT, DÉPRIMANT !!!
    Après, on assiste à une autre chose, comme notre collègue envoyée en poste fixe à 250 km de chez elle. Après avoir travaillé pendant 20 ans comme maître auxiliaire, elle a eu son CAPES ( bravo ! ), la situation est devenue pour elle un enfer, elle a 2 enfants en age d’examens, son mari est salarié en entreprise. Si elle va sur le poste, elle ne verra plus sa famille. Elle avait déjà fini un trimestre autrefois à 6 de tension, tant elle était épuisée !
    Attend on des drames ? Elle a écrit au Ministre, on connait sa réponse à l’avance !!
    Son choix sera de se faire mettre en longue maladie, payée à ne rien faire, à cause des incompétences de la gestion du Personnel au Rectorat !
    Il faut que tout cela change !!
    Beaucoup n’en peuvent plus !
    Cordialement
    F.Fontaine

  2. je dirai même plus, supprimons les notes aux enfants et leurs indemnités aux politiques de tout bords pour voir si « sans carotte » tout ce beau monde travaille.

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