Exiger des élèves exclus des efforts en vue de leur réintégration

Le conseil de discipline vient de rendre son verdict contre un élève de l’établissement : c’est l’exclusion définitive.

Aujourd’hui, qu’est ce que cette décision signifie concrètement pour l’élève ? Vous pensez sans doute qu’il va être envahi d’une grande solitude et se retrouver face à un problème grave à résoudre ? Vous n’y êtes pas, car l’article D511-43 du Code de l’éducation a prévu que « lorsqu’une sanction d’exclusion définitive est prononcée par le conseil de discipline à l’encontre d’un élève soumis à l’obligation scolaire, le recteur ou l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale, selon le cas, en est immédiatement informé et pourvoit aussitôt à son inscription dans un autre établissement ou centre public d’enseignement pas correspondance. » [c’est nous qui soulignons]

Si les mots ont encore un sens, cela signifie que l’élève le plus perturbateur ou le plus violent a à son service des hauts fonctionnaires qui doivent lui trouver un autre établissement, occasion pour l’élève d’expérimenter une nouvelle fois ses talents auprès d’une nouvelle communauté éducative qui n’aura plus qu’à subir.

Nous pensons que cela n’est pas une bonne chose car ce genre de mesure ne risque en aucune manière de responsabiliser l’élève fautif.

Il faut en effet éviter de lui donner l’impression qu’il revient à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que son « droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs et ses camarades.

C’est pourquoi nous préconisons qu’un élève exclu définitivement de son établissement scolaire accomplisse lui-même les démarches nécessaires (lettre de motivation, sollicitation d’un entretien) auprès des directeurs d’établissements pour demander sa réintégration.

Le processus de réintégration pourrait suivre les étapes suivantes :

  • Sollicitation d’un entretien par écrit (on pourrait concevoir que dans le cas d’une exclusion temporaire, l’élève, après avoir présenté ses excuses, sollicite par écrit sa réintégration auprès de son directeur actuel).
  • Après un entretien obligatoirement et rapidement accordé, le chef d’établissement serait libre de sa décision. Il devrait la signifier néanmoins par écrit.
  • En cas de refus multiples, l’élève devrait alors solliciter l’intervention de l’inspecteur d’académie qui après avoir pris connaissance du sérieux des démarches accomplies déciderait alors de le réintégrer dans un nouvel établissement scolaire.

Dans le cas où l’élève ne prendrait pas la peine de faire les démarches nécessaires pour s’inscrire dans un nouvel établissement dans le délai d’un mois, son renvoi serait alors définitif pour l’année scolaire en cours.

Il serait donc hautement souhaitable que le ministère de l’Éducation nationale ait le courage d’abroger ou de considérablement modifier : l’article D511-43 du Code de l’éducation ainsi que la circulaire n°98-194 du 2 octobre 1998 (notamment en sa partie III.1 : « Toute exclusion définitive d’un établissement, qui ne peut être décidée par le chef d’établissement qu’après tenue d’un conseil de discipline, entraîne la nécessité pour l’autorité académique, en liaison avec le collège ou le lycée concerné, de trouver une solution permettant la poursuite d’une formation » ) et tout autre texte allant dans le même sens.

Lorsque la convention relative aux droits de l’enfant précise que « l’éducation doit viser notamment à inculquer à l’enfant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales […] le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles ainsi que le respect des valeurs nationales du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne […] le respect du milieu naturel » (Art. 29 CRDE), cela suppose nécessairement de la part de l’élève, des obligations de travail, d’assiduité, de respect des personnes et des biens. C’est-à-dire de s’impliquer personnellement et positivement dans sa formation, même s’il n’y a pas une obligation de résultats scolaires. Il a donc lui aussi des devoirs.

La mesure de bon sens que nous préconisons ne remet donc pas en cause le principe de l’obligation scolaire et le droit à l’éducation bien compris.

17 réflexions sur “Exiger des élèves exclus des efforts en vue de leur réintégration

  1. Le problème est que l’on est dans une société ou tout est acquis, et c’est contre ça qu’il faut lutter.

    Dans l’excellent livre « de l’enfant roi à l’enfant tyran » (http://www.scienceshumaines.com/de-l-enfant-roi-a-l-enfant-tyran_fr_3088.html), Didier Pleux insiste sur le fait qu’un enfant tyran est un enfant intolérant à la frustration.
    Il faut donc habituer l’enfant à la frustration.

    Ce que vous proposez va dans le bon sens, mais je pense qu’il faut agir en amont, c’est à dire avant la sixième.

    C’est pour cela que je milite pour un examen d’entrée en sixième.
    Cela présente deux avantages:
    1) Permettre de voir si les notions de bases y sont réellement.
    2) Envoyer à l’enfant (et également à la société), un message de frustration au sens du docteur Pleux.

    Je suis même pour multiplier ces examens (entré en 4ème, en seconde (appelé normalement le brevet), en première et en faculté (appelé également le Bac).

  2. Oui, mais si l’élève ne fait pas de démarches, que se passe-t-il pendant un an ? Il demeure chez lui ?
    Pour que cela tienne, il faut être plus coercitif. Par ailleurs, j’imagine mal un élève déjà pas capable de gérer son matériel scolaire s’occuper d’une réinscription.
    A mon avis, la solution n’est pas viable.

  3. C’est intéressant, et cela pourrait se faire au-delà de 16 ans, mais avant, c’est inapplicable du fait de l’obligation de scolarité, contrairement à ce qu’affirme votre dernière phrase, et ce d’autant plus que peu de chefs d’établissement reprendront sans contrainte un élève très pénible (le masochisme a ses limites).

    De plus, je rejoins entièrement l’Hérétique sur les difficultés pour des gamins en souffrance de mener ce genre de démarche.

  4. Une exclusion définitive demanderait une orientation directe et autoritaire en apprentissage d’un métier, voire un passage dans une école de la « seconde chance » cogérée par l’armée pour réapprendre à l’élève la discipline et les valeurs. Ce qui se fait très bien dans certains endroits sur la base du volontariat (encore faut-il une motivation personnelle) et qui s’identifie à un véritable « reconditionnement positif » d’une éducation et instruction de base que ces élèves n’ont pas reçues à cause du déficit parental et du renoncement de l’institution scolaire à faire son travail sous la pression des idéologies soixante-huitardes qui sont encore très virulentes (voir FCPE et compagnie). Mais c’est le problème de toute la Société de bas en haut.
    Cet apprentissage de la Frustration, du « non » qui construit doit être fait dès le berceau, on le sait aujourd’hui. Certains parents sont incapables de le faire et y sont encouragés en permanence dans cette société de la larmoyance et de la compassion, de l’émotivité destructrice aux dépends du bon sens et des lois du comportement.
    Dès la maternelle, en tant qu’enseignant ou éducateur, la hiérarchie vous interdit de faire un travail de rattrapage des carences parentales (même s’il se fait parfois et suivant les contextes, heureusement, mais rarement franchement) par peur de la pression démagogique des parents éduqués eux-mêmes dans le laxisme et la toute puissance de l’enfant. L’institution est donc paralysée et en plus, la lâcheté de la hiérarchie soumise aux impératifs politique de la Pensée unique n’est plus à démontrer. L’école de la République n’enseigne plus aucune valeurs républicaines (ou seulement celles qui sont politiquement correctes et encore, puisque sinon c’est « être fasciste » !) et n’est plus qu’un vaste patronage destiné à acheter la paix sociale comme beaucoup d’autres choses (le bac par exemple). Pour le moment je ne vois de solution qu’en dehors de l’école publique (à part exception), dans le privé et les « Plans Egalité des chance » avec la participation de l’institution militaire, seule aujourd’hui à pouvoir rétablir règles et apprentissage sans démagogie. L’égalitarisme au frabriqué une nouvelle société inégalitaire à l’ancienne ou seuls les enfants de riches pourront s’en sortir et apprendre en allant dans des écoles dignes de ce nom.
    La société de consommation des enfants gâtés conjuguée à la faillite organisée sciemment (pour des tas raisons trop complexe à exposer ici) de toutes les valeurs morales et de celles de la Nation et de la République, conduit à une société suicidaire et nihiliste, passive et non combative, une société déculturée et décervelée à coup de « Secret story » incapable d’esprit critique, manipulable à merci et donc prête pour n’importe quelle « servitude volontaire ». A part un cataclysme sociétal d’une violence inouïe, je ne vois pas ce qui changera la donne puisque toute réforme, même la plus logique et basique est aujourd’hui interdite par n’importe quel minorité politique agissante et idéologisée jusqu’à l’absurde…

  5. Voilà j’ai mon fils de 11 ans exclus de collège car il est hyperactif, a ce jour le 2 septembre 2010 il n’a pas de collège il a été exclus fin juin nous les parents depuis fin juin pas partir en vacances pour lui trouver un nouveau collège appelant plusieurs fois l’académie on nous repond ces les vacances scolaires, rappeler fin aôut ce que nous avons fait et la on vous repond on vient de reprendre alors laisser nous une journée rappeler demain. L’école est obligatoire et malheureusement un enfant qui a une maladie on l’exclut on le mets de côté comme une vieille chaussette. Et après ca comment un enfant peux etre bien dans sa peau il change de collège perd tous ses copains perd tout ses répéres et il doit arriver après tout le monde dans son nouveau collège. Oui nous sommes en colère, que les chefs d’établissements ne sont pas former pour recevoir ces enfants qui on cette maladie…….. ce sont pas des MONSTRES

    • Madame,
      je suis journaliste. Je souhaiterais en savoir plus sur les difficultés que vous rencontrez pour la réintégration de votre fils au collège. Accepteriez-vous de m’en parler? Je m’appelle Laure, joignable au 01 42 01 17 61. Je vous remercie pour votre attention.

  6. Madame,

    Je comprend votre frustration,mais les enseigntants ne sont pas formés ,ainsi que l’équipe éducative.
    Pour certains ils ne sont ni capable de gere la maladie ,l’handicap’,la souffrance d’un enfant etc….Surtout quand on est maman célibataire ,il faut tout gérer ,parfois l’on se sent demunis et personne pour nous aider.
    Mon fils a été viré de son collège « l’école est obligatoire jusqu’ a 16 ans ,je vais dire plutôt l’instruction .tous les je contacte l’IA faut attendre c’est la réponse que l’on me donne mais j’aimerai bien savoir ce qu’il faut attendre. Je suis vraiment en colère ,je me pose la question qui est fautif ? Les parents ! L’enfant !! Linstitution ou L’éducation national.J’ai envoyé un courrier au ministre de l’éducation national ,je vais être vulgaire mais il y a beaucoup de choses qui merde …

  7. Je suis heureuse de découvrir ce projet de « SOS Education » qui était le mien également : je pense, en effet, que les élèves exclus devraient faire les démarches nécessaires pour être à nouveau scolarisés. Peut-être ne doit-on pas imposer à tous la rédaction de courriers mais au moins se déplacer avec un parent pour rencontrer la direction d’un nouvel éventuel établissement et y prendre des engagements.
    Il y a une culture grandissante du rebelle (cf les séries TV) et ne rien exiger d’un jeune exclu lors de son arrivée dans son nouvel établissement le conforte dans l’idée que finalement (malgré le désagrément de quelques remontrances) tout lui est dû. Je suis enseignante et l’expérimente régulièrement malheureusement.
    Quant à l’armée (réaction sur ce blog du 28.08.2009) ce n’est pas LA solution, ni même les agents de sécurité de Luc Chatel. Il faut responsabiliser jeunes et parents avant tout.

  8. Je pense qu’il faut être sage et réflechir un moment quand il s’agit d’un mineur et que parfois l’exclusion est le fruit d’une belle machination pour se débarrasser d’un élève qui passe pas auprès d’une autre personne???!!!
    comme pour les parents qui baissent les bras.

  9. Je pense qu’il faut être sage et réflechir un moment quand il s’agit d’un mineur et que parfois l’exclusion est le fruit d’une belle machination pour se débarrasser d’un élève qui passe pas auprès d’une autre personne???!!!
    comme pour les parents qui baissent les bras.

  10. Bonjour,

    Mon fils a été un dossier scolaire chargé : vulgaire,agressif, rebelle, n’accepte aucune autorité. Il a été renvoyé deux fois de deux collèges différents pour son comportement. Il a également été renvoyé en novembre 2013 du lycée pour le même motif il n’a pas accepté les remarques et punitions de son professeur alors qu’il était fautif.
    Il a été vulgaire et menaçant avec son prof et il a cassé son téléphone portable, car son prof lui avait confisqués sa tablette. Chose que je ne savais pas qu’il avait.
    Mon fils est suivi par un psychologue il est hyperactif. Il avait un traitement médical pour ça, mais traitement arrêté car il est épileptique.

    Mon fils a 16 ans et je ne sais plus comment faire pour le scolariser, personne ne veut le reprendre chose que je comprends vue son dossier.

    J’ai trois enfants et que lui me pose problème je suis divorcée du papa mais remariée et même à la maison ça devient invivable.

    • Madame,

      Merci d’avoir fait appel à SOS Education.

      La situation dans laquelle vous vous trouvez demande une attention toute particulière et nous ne sommes pas assez spécialisés pour vous conseiller sur les démarches précises à suivre.

      Toutefois, nous pouvons vous orienter vers des organismes qui sont, eux, experts dans le domaine. Ils pourront vous écouter, identifier avec vous le ou les problèmes et vous accompagner dans vos démarches.

      TDAH
      HyperSupers – TDAH France. – Association française pour aider les familles, adultes et enfants concernés par le Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité
      http://www.tdah-france.fr/

      l’AFPSSU
      Association pluridisciplainre. Ils peuvent vous aider pour l’hyperactivité et les problèmes scolaires.
      http://www.afpssu.com/

      119
      C’est un numéro accessible aux parents en difficulté avec leur enfant, cette écoute est assurée par des professionnels qui permet d’orienter les parents déboussolés.
      Ils pourront ainsi vous orienter vers les organismes spécialisés contre le harcèlement scolaire mais également vous épauler face aux conflits rencontrés avec votre enfant.

      CAP ECOUTE :
      0 800 333 435
      Service d’Ecoute Téléphonique ANONYME et GRATUIT à destination des Ados, des Parents et des Professionnels de la Santé et de l’Education en difficulté.

      Voilà ce que je peux vous fournir, j’espère que vous allez rapidement trouver une solution.

      Bon courage !

      Audrey

  11. Mon fils de 13 ans vient d’être exclus du collège car il ne tient pas en place il est en traitement pour son retard de croissance avec des injections à faire chaque jour. J’ai fait recours, j’attends des nouvelles c’est insupportable ! Un conseil c’est l’humiliation pour la famille, il y a des personnes qui ne devraientt pas y être car ils ne connaissent pas les gens c’est une honte c’est aussi un moyen de se débarrasser d’un élève alors que d’autre qui font pire sont encore là.

    • Je comprends ce que vous vivez mon enfant a été pris en grippe dès le 1er trimestre. Après un conseil de discipline surréaliste, il s’est fait expulser du collège. On s’est debarassé de lui comme un malpropre, il est complètement perdu. Je peux vous assurer que la sanction par rapport au fait est une honte !

    • Madame,
      Je suis tout à fait d’accord. Les élèves sont exclus parfois pour des motifs très différents. Exemple : Un élève qui frappe son prof ou vend de la drogue au sein de l’établissement est exclu de la même manière que celui qui a refusé de répondre à son prof dans la cour parce qu’il en a assez des réflexions de cette dernière.
      Les établissements optent toujours pour la facilité, à savoir l’exclusion ! Ce que tout à chacun peut faire y compris ceux qui n’ont aucune notion de psychologie ou d’éducation… Dommage.

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