La grande question du temps de travail des professeurs

instit-plein-temps[…] «Parce que quand dans d’autres métiers on laisse son travail sur son lieu de travail, dans celui d’instit on en emporte toujours un peu avec soi, partout, et ça envahit bien souvent sa famille… qui n’en demandait pas tant. Et qui aurait peut-être aimé qu’on ait moins de vacances, mais qu’on soit totalement disponible pendant celles-ci.

Bref, j’ai fait le compte. Sur le total de l’année, j’ai donc travaillé 2 125 heures. Ce qui ne vous éclaire pas des masses, j’en conviens. J’ai donc ôté les 5 semaines de congés de Monsieur-tout-le-monde, et divisé par les 47 semaines restantes. Ce qui me fait un total de 45 heures par semaine (un poil plus, mais je vous fais grâce des chiffres après la virgule).

Voilà, maintenant je le sais : j’ai travaillé en moyenne 45 heures par semaine, en comptant mes soi-disant vacances. Ce qui, vous vous en doutez, fait qu’il y a eu souvent des semaines de classe où j’en faisais plus de 50. D’accord j’avais pas mal de boulot car 4 niveaux dans ma classe, mais j’enseignais quand même depuis neuf ans. On ne peut pas mettre ça sur le compte d’un débarquement tout frais dans le métier.» […]

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4 réflexions sur “La grande question du temps de travail des professeurs

  1. Je ne crois vraiment pas aux 2 125 heures déclarées ou alors cette personne travaille vraiment trop lentement. Il lui faudrait faire un autre métier.

    • Peut-on savoir sur quoi est basée votre « croyance » ? Calculons : 27h de service x 36 semaines = 972h, il restent donc 1153h pour 36 semaines, soit 32h environ de préparation hebdomadaire, soit 1h20 de préparation pour 1h de cours. Maintenant, si vous avez eu la sagesse de calculer comme moi avant d’écrire votre laconique message, vous pouvez entamer une réflexion.
      En général, on parle de la quotité 1h de classe = 1h de cours, soit 75% de l’annonce de cet enseignant.
      Travaillerait-il donc si lentement comme vous l’avancez ? Oui, si l’enseignant d’élémentaire n’a pas en plus de son enseignement des dossiers à remplir pour des PPAP, pour obtenir de l’aide d’un membre du squelettique RASED, j’en passe et des meilleurs, s’il n’a pas à faire de la différenciation pédagogique à n’en plus finir tant les élèves ont de difficultés – profondes et variées – s’il n’a pas de réunions effectuées hors service (pressions et conscience professionnelle obligent !). À cela, il faut préciser qu’il est préférable que l’enseignant ne subisse pas une ambiance scolaire ou son autorité serait bafouée, qu’il bénéficie de la bienveillance et du soutien des parents, qu’il n’exerce pas dans un cadre de violence à la périphérie de l’école, voire au sein de l’école.
      Conclusion : je ne sais pas si cet enseignant travaille avec une lenteur prononcée et s’il devrait changer de travail, mais je sais que peu de citoyens – dont ceux qui sont prompts à verser dans la prompte et laconique critique … – ne voudraient prendre sa place, en fussent-ils capables.
      Mesdames, Messieurs, Citoyennes, Citoyens, brisons ce faisceau qui fige notre regard sur des images d’Épinal représentant l’enseignant comme un mauvais fonctionnaire. Dirigeons plutôt notre regard sur ce qui se prépare : démantèlement du Service public de l’Enseignement, horaires qui fatiguent élèves et enseignants, etc, etc ; et ce qui perdure : encombrement de l’enseignement par des activités certes intéressantes mais scolairement polluantes, faiblesse des horaires de l’enseignement de l’HistéG, des Sciences, etc, disparition de centres de formation (appelez cela comme vous voulez : UIFM, École normale), réunions obligatoires mais souvent improductives, éviction des enseignants dans le processus de réflexion concernant la pratique de leur métier. J’en oublie, évidemment, chacun poursuivra la liste !

  2. Je ne doute pas de l’engagement de cette institutrice, et j’avoue être choquée par la disparité de traitement entre les instits et les professeurs de lycée et de collège.
    Toutefois, je suis sceptique quand aux heures décomptées. J’ai fait le décompte de mes heures de présence effectives (travaillées au bureau) et je suis arrivée à 11 h par jour, 5 semaines de vacances (que je prend) et 22 jours de RTT que je n’ai pas le temps de prendre et que je stocke pour un futur congé sans cesse repoussé.
    J’ai un smartphone, qui me permet de travailler de chez moi, environ une heure par jour.
    Je ne compte bien sur pas le temps passsé à la réflexion, comme le fait cette dame qui pense naïvement que peu de profession ramènent leurs soucis de travail à la maison.
    Pas une question d’emploi, Madame, une question d’intérêt pour son travail.
    Mon salaire est certainement meilleur que le vôtre, pour le stress, ni vous ni moi ne pouvons en juger réciproquement. Mon stress, c’est la performance.
    Sinon, je ne ferai pas long feu à mon poste. Le votre, je pense que ce doit être l’impuissance face à certaines situations, à la pesanteur infernale de votre administration et à tous ces penseurs qui, de leurs cénacles, savent mieux que vous comment faire quand à mon avis ils n’ont pas enseigné de leur vie.

  3. Bonjour, merci à linsay pour son magnifique témoignage!

    et merci à Venezina de sa réponse franche et assez objective. Une seule remarque, avez-vous lu tout le message de Linsay qui ne prétend pas être la seule à apporter du travail à la maison et qui demande juste qu ‘on la comprenne.
    et ce message à scheidecker, les prof, instit …et autres (assistantes sociales, je n’ai pas d’autre idées… mais je suppose qu’il y en a beaucoup d’autres) travaillent avec de l’humain, on ne parle pas de rentabilité, et svp allez lire le message complet de linsay qui explique son décompte…

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