Menaces de morts, emplois fictifs, fondamentalistes infiltrés… au sein de l’université de Saint-Denis, l’IUT fait vitrine du vivre-ensemble !

JL_Salzman200x300Un vrai conte de fée avant d’aller dormir : cela commence par la nomination de Samuel Mayol, nouveau directeur de l’IUT de Saint-Denis, qui accède à ses fonctions en septembre 2013.
Mayol découvre à son arrivée, au sein du département Techniques Commerciales dirigé depuis 2009 par un certain Rachid Zouhhad, un système de magouilles, apparemment assez facile à monter, qui reposerait sur des contrats avec des vacataires n’ayant simplement jamais enseigné.

Mayol fait virer celui qu’il estime responsable d’un système d’escroquerie où des vacataires sont payés alors qu’ils n’assurent aucun cours. Détail croquant, certains étaient même rémunérés pour des interventions dans le département de Zouhhad concernant des disciplines ne figurant même pas dans le programme !

Le préjudice global pourrait s’élever à 200 000 euros.

Là-dessus, Mayol va recevoir une quinzaine de lettres de menaces, à son bureau, puis à son domicile. Le genre de lettre avec une photo de lui, le visage barré d’une croix, avec inscrit «mort», et des inscriptions en arabe tout autour. Puis il va se faire violemment molester en pleine rue.

Parallèlement, Samuel Mayol s’est en effet attiré les foudres d’une association étudiante nommée « L’Ouverture », qu’il soupçonne de prosélytisme. Au début de l’année, il a interrompu une vente de sandwich halal organisée dans le hall de l’IUT, ce qui a causé beaucoup de remous.

En février dernier, il demande à l’association de partager avec d’autres son local associatif. Refus de cette dernière. Le jour de la rencontre entre la direction de l’IUT et la présidente de l’association, une fausse alerte à la bombe est déclenchée.

Les policiers fouillent l’établissement, et le fameux local, qui s’avère un entrepôt pour… un stock de tapis de prière.

C’est là qu’intervient  Monsieur Jean-Loup Salzmann,  directeur de l’Université de Saint-Denis, et, excusez du peu, Président de la Conférence des Présidents d’Université. Il finit enfin par porter plainte. On le connaissait pour avoir villipendé les filières permettant encore à un petit nombre d’élèves d’échapper au massacre de la “fac”. Mais, ce qui est intéressant, c’est que cet apôtre de l’égalitarisme s’est également distingué dans l’enterrement d’un rapport du Haut Conseil à l’Intégration visant à soulever les problèmes de laïcité dans le supérieur.

“Pour comprendre pourquoi notre rapport a été enterré”, explique Malika Sorel-Slutter, rédactrice de cette mission, sur le Figarovox, “il faut remonter un peu dans le temps. En août 2013, la mission laïcité du HCI voit ses travaux sur la laïcité dans l’enseignement supérieur fuiter sur le site du journal le Monde. Leur publication était programmée pour septembre. On assiste alors aussitôt à la montée d’une grosse vague d’indignation et le HCI reçoit une volée de bois vert de la part, entre autres, d’élites du monde politique, universitaire et médiatique. Manuel Valls, qui est le ministre de l’intérieur de l’époque, apporte quant à lui immédiatement un soutien appuyé à notre travail. Par contre, la position de la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, est tout autre. Elle déclare qu’«aucune université n’a saisi le ministère à ce sujet: c’est donc que ça ne pose pas de problème. Qu’on n’invente pas des problèmes là où il n’y en a pas.» Plusieurs présidents d’université appuient la prise de position de la ministre. Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université, déclare qu’«on ne traite pas un non-problème par une loi» et que le rapport du HCI est «déconnecté des réalités».

J’avais regretté à l’époque que les médias, sur ce sujet de la laïcité, se contentent d’un journalisme de salon qui se borne à relayer les propos de notables, plutôt que d’aller mener leur enquête à la source, directement sur le terrain, y compris en caméra cachée car la peur a désormais élu domicile sur un certain nombre de campus. »

Or il se trouve que Jean-Loup Salzmann est justement le président de l’université dont relève l’IUT de Saint-Denis. Le réel finit toujours par s’imposer, ce n’est jamais qu’une question de temps. Dans le cadre de l’élaboration de notre rapport, nous avions auditionné Jean-Loup Salzmann et j’étais présente à cette audition. De même, je me souviens très bien d’un autre président d’université, cette fois-ci parisienne, qui n’avait pas ménagé sa peine pour abonder dans le sens de la ministre Geneviève Fioraso. Mais tandis qu’il s’exprimait dans les médias, affirmant qu’il n’avait jamais eu connaissance d’un quelconque problème de respect de laïcité au sein de son propre établissement, j’avais sous les yeux un document signé de lui dans lequel il abordait les problèmes de laïcité qui se posaient chez lui et qui préoccupaient ses services. Il mentait donc «les yeux dans les yeux».”

On ne change pas un discours qui marche : la semaine passée, “les yeux dans les yeux”, Jean-Loup Salzmann a attribué face aux journalistes les menaces de mort et l’aggression de son subordonné Samuel Mayol à « des différents interpersonnels et administratifs. Un malade qui s’amuse à faire le corbeau et qui se dit islamiste parce que c’est à la mode. Ce n’est parce qu’il se dit islamiste qu’il l’est. Ce n’est parce qu’il y a un tapis de prière dans les locaux d’une association qu’il y a une mosquée clandestine derrière. Ce n’est pas parce qu’une association étudiante trouve malin de vendre des sandwichs halal qu’il y a une montée du communautarisme ».

La ville de Saint-Denis n’est d’ailleurs « ni plus, ni moins qu’ailleurs » touchée par une montée du communautarisme.

Dormez, braves gens !

 

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