« La couleur rouge effraie l’élève » ?

Par un professeur du secondaire

« Ne pas utiliser la couleur rouge, car elle effraie l’élève. »

« Ne mettez pas de notes, mais des compétences acquises ou en cours d’acquisition dans les évaluation, car la note traumatise. »

« Plutôt que de mettre « non acquis » à un élève dites-lui qu’il est « sur le bon chemin » pour l’encourager, même s’il rend une feuille blanche. »

« Dans cet établissement, on ne colle pas un élève, car de toute façon on a pas les surveillants nécessaire ; on ne met pas de mots dans le carnet, car les parents ne les signent pas ; on n’exclut pas de cours, car c’est mal vu par l’Inspection ; on n’exclut pas du collège, car ça ne sert à rien ».

Et enfin, un petit mot d’un principal en pleine réunion pédagogique :

« Je ne crois pas en la vertu de l’exemple »

Voilà ce que je vis au quotidien comme enseignant du secondaire. Le principal problème de l’éducation nationale ne vient pas de l’élève mais d’une direction gangrenée par une idéologie bien pensante auquel personne ne croit mais que tous appliquent parce « qu’elle vient d’en haut ». Une direction où personne n’a le courage d’imposer les décisions qui s’imposent et qui, de toute façon, n’a pas les moyens de les appliquer. Une direction où toutes les responsabilités sont si diluées que l’on ne sait plus qui commande… Le tout sur fond de société où certains parents sont pressés de se décharger de leurs obligations parentales et d’en demander toujours plus au système éducatif.

Si vous saviez ce qu’il est moralement usant de sentir que l’on bosse « à contre courant » et qu’on a beau faire tout ce que l’on peut, on assiste, pire, on participe à l’effondrement d’un système.

 

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