La FSU publie un essai contre les droits fondamentaux des parents

2450_cartescolaireLa Fédération syndicale unitaire (FSU), première fédérationd’enseignants, fait paraître ce mois-ci un essai du sociologue Choukri Ben Ayed, maître de conférences à l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne. Intitulé Carte scolaire et marché scolaire, il est préfacé par le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri. Le chercheur y met en évidence la crise du modèle de l’école républicaine, que les remises en causes actuelles de la carte scolaire révèlent selon lui. Pour M. Ben Ayed, la cause de cette crise est que «les établissements disposent de nombreux outils pédagogiques ou administratifs pour différencier leur offre éducative : options, dotations horaires, subventions, projets en tous genres. »

Ayant ainsi acté l’échec de l’école et du collège uniques, le chercheur propose non pas de laisser aux parents le libre choix de l’établissement de leurs enfants, mais au contraire de redécouper la carte scolaire pour favoriser une plus grande « mixité sociale » des établissements. Il préconise également de renforcer les aides accordées aux établissements situés en Zone d’éducation prioritaire (ZEP) pour compenser les écarts de niveau croissants entre les établissements.

En somme, Choukri Ben Ayed entend soigner le mal par le mal, en renforçant le système éducatif là où il a échoué : l’absence de liberté de choix de l’établissement. Les inconvénients potentiels de cette liberté de choix qu’il postule («écoles soumises aux lois du marché, politiques ciblées sur critères ethniques, accroissement des processus de ségrégation, rejet de certaines populations») sont pourtant prévus par la mesure du chèque-éducation, ou bon scolaire, prônée par SOS Education, laquelle consiste à financer par la collectivité des écoles indépendantes, librement créées, gérées et choisies par les parents. Plutôt que de prendre acte de l’échec de la carte scolaire, la FSU et son chercheur préfèrent la renforcer, sans considération pour un droit fondamental des parents : l’éducation des enfants.

Carte scolaire et marché scolaire, Choukri Ben Ayed, Institut de recherches de la FSU/Editions du Temps, mai 2009, 144 pages, 16 euros.

Roman Bernard

0 réflexions sur “La FSU publie un essai contre les droits fondamentaux des parents

  1. la liberté de choix de l établissement est quand même toute relative aujourd’hui. La mixité sociale est la solution bien sûr mais c’est impossible de l’imposer par la carte scolaire: il faut que le quartier soit mixte. l’école primaire de ma fille offre cette mixité sociale, en découle une école pleine de vie et d’un bon niveau. Pour le collège c’est une autre histoire, et plutôt que d’esayer d’obtenir une dérogation ou de contourner la carte scolaire, je vais déménager. l’effet pervers de la carte scolaire, c’est que les gens qui en ont les moyens changent de quartier. les quartiers sont de moins en moins mixtes…

  2. Mixité sociale, le terme me semble clair. les parents de l’école de ma fille sont issus de tous les milieux sociaux, c’est le quartier qui veut ça. et c’est nettement préférable à une école fréquentée quasi uniquement par des enfants issus de famille à revenus élevés et en général favorisés culturellement: j’ai connu cela pendant deux ans , j’avais l’impression de vivre dans un ghetto , même si c’était un ghetto privilégié.

  3. Bonjour,

    j’ai été scolarisé dans une école publique. Bon, je reconnais que ce n’était pas forcément la panacée… Enfin, les profs y mettaient quand même du leur et je pense avoir reçu des bases.
    J’avoue ne pas comprendre l’enjeu profond de tout ça, mais il me semble que les écoles privées et les écoles publiques se ressemblent… Je suis d’accord qu’il ne faudrait pas payer deux fois. Mais est-ce que ça changerait quelque chose au bout du compte? Les profs ne seraient-ils pas les mêmes?

    Enfin, pour le reste, bravo pour ce que vous faites!

    H.T.

    P.S. (j’ai regardé rapidement ce que propose l’excité « Ssourires »… Pour le coup, tout ce qu’il montre me semble à côté de la plaque, surtout pour le financement vu que c’est le fonctionnement de beaucoup de grosses associations. C’est pas sérieux. Enfin. La théorie du complot a encore frappée! Bon courage pour la suite.)

    • Bonjour,

      Merci beaucoup pour votre commentaire, vos encouragements et vos félicitations.

      Évidemment, les effets escomptés du chèque-éducation se produiraient sur le long terme, et il ne faut pas en attendre une amélioration immédiate du niveau.

      PS: oui, encore la théorie du complot, qui consiste à faire passer pour occultes des pratiques qui sont monnaie courante dans le fonctionnement des associations…

  4. les écoles hors contrat appliquent en général des méthodes différentes , dans des conditions financières souvent difficiles. elles recueillent les enfants de parents qui ont fait des choix différents pour leurs enfants mais aussi pas mal d’enfants en échec dans le système scolaire classique, public ou privé. Faut il les financer par des fonds publics ? je ne sais pas. Mais en tout cas le système éducatif classique ferait bien de s’en inspirer. dans ces écoles il y a une véritable réflexion sur les méthodes pédagogiques. Ma fille qui a décidément tout connu (école différente, école publique et jésuites !) a été inscrite dans une des ces écoles parallèles plusieurs années

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