La journée de l’uniforme

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

« Trois jours d’exclusion, c’est la sanction dont a écopé une lycéenne d’Etampes (Essonne) pour avoir malicieusement appelé ses camarades à braver le nouvel interdit scolaire. Car au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire, on bannit le short, la minijupe, bref le court, et même les jeans troués », apprenait-on jeudi dans Le Parisien. Le nouveau proviseur a tenu à frapper un grand coup pour son arrivée dans l’établissement : désormais, les surveillants filtrent l’entrée du lycée, au grand dam d’une cinquantaine d’entre eux, qui contreviennent au nouveau règlement. Pourquoi ce qui est admis à l’entrée des boîtes de nuit ne l’est-il pas à celle de l’école ?

C’en était trop pour une lycéenne, qui a créé un groupe Facebook pour protester contre cette mesure et organiser une « journée du short » dans l’enceinte du lycée, en référence au film La Journée de la jupe où Isabelle Adjani interprète une prof en banlieue. Résultat : trois jours d’exclusion, donc.

Pour sa « défense », la direction de l’établissement rappelle qu’il faut respecter le règlement intérieur. Sans le dire, elle a imposé un code vestimentaire. On peut même aller plus loin et instaurer le port de l’uniforme à l’école. « Beaucoup de jeunes de par le monde vont en classe en uniforme et n’en sont pas traumatisés », comme le rappelait Aldric Boulangé, délégué général adjoint de SOS Éducation, dans une interview pour Femina.

En effet, le proviseur du lycée d’Étampes a tenu, comme nous le préconisons, à la sancturarisation des établissements pour que certaines tendances de la société (comme le port de vêtements courts) n’y entrent pas. En imposant un code vestimentaire, ce lycée ne fait que suivre l’exemple d’autres lycées français, aux Antilles et en Guyane, qui exigent un uniforme ou une tenue correcte de leurs élèves.

Roman Bernard

12 réflexions sur “La journée de l’uniforme

  1. En lisant « la journée de l’uniforme » je me suis posée la question suivante : pourquoi interdire short, minijupe et jean troué ?

    Il y a pour moi deux réponses : La première est que, dans un établissement mixte (ce qui n’est déjà pas si mal !), où l’on est sensé porter toute son attention à ses études et à sa culture, la minijupe et le short sont en général plus « provocants », au sens étymologique du terme, que le pantalon long ou la jupe normale, et portent l’attention sur autre chose que « les chères études », qui peuvent s’en ressentir…

    Pour le jean troué, cela c’est du domaine de l’esthétique et du respect de soi-même et,par extension, des autres, de la « tenue ». De même que l’on ne rend pas à son professeur, sans sanction (par exemple moins 1 point par dix corrections : le professeur fait payer sa peine) un devoir « torchon », bourré de fautes d’orthographes, sans ponctuation, avec des accents mal orientés, et des majuscules inventées placées n’importe où, on ne se présente pas soi-même dans une tenue négligée, reflet d’une âme négligée. Il en va du respect de soi-même et des autres. Un pantalon troué à l’école, c’est pour moi une âme à la dérive, sans structure, ce qui n’est pas toujours de la faute de celui ou de celle qui porte ce vêtement … Un pantalon troué est donc à exclure, sauf dans le cas d’une grande misère à la maison, où alors ce vêtement devient infiniment respectable, et porte à l’aide de toute la société.

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