La vérité sur la vie dans nos écoles

La vérité sur la souffrance des professeurs

Tyrannisé et découragé par les élèves

J’enseigne les Maths dans un collège non ZEP des alpes maritimes. Souvent les parents et plus généralement le public ne se rendent pas compte de ce qui se passe dans les classes.

Celles-ci sont généralement très hétérogènes et génératrices de violence, le nivellement par le bas est très important, il y a présence de perturbateurs qui viennent sans leurs affaires et vous empêchent de faire votre métier : faire cours et transmettre un savoir.

Les bons élèves ne peuvent pas suivre, ils sont de moins en moins nombreux car les parents les mettent dans le privé, qui lui est surchargé. Les élèves moyens sont vite découragés et se laissent aller, ils sont de moins en moins nombreux. Vous faites cours et gérez tant bien que mal la discipline: calmer les élèves à l’entrée en classe, vérifier le travail (qui n’est jamais fait), faire cesser les bavardages qui sont de plus en plus diffus à mesure qu’on avance dans la journée, gérer les conflits entre élèves…

Il est de plus en plus difficile d’intéresser les élèves à une tâche qui de toute façon se révèle trop ardus pour eux qui n’ont jamais fourni de travail approfondi et souffrent de bases défaillantes (comment comprendre un énoncé de Maths quand on ne sait pas lire, pas comprendre le sens du mot, comment le résoudre quand une simple division 4:2 pose problème ?).

Quand vous demandez à un élève de se taire, il vous répond :  » j’ai rien fait  »  » C’est pas moi  » Quand vous exigez qu’il vous donne son carnet il vous répond… Lire la suite

Il existe plusieurs solutions pour en finir avec cette situation dans nos écoles. L’une d’entre elles consiste à faire connaître cette violence à l’école auprès de la population et des pouvoirs publics.

C’est la mission que nous confient les enseignants qui témoignent sur l’Observatoire de la souffrance des professeurs pour que la vérité sur leur situation soit connue de tous.

4 réflexions sur “La vérité sur la vie dans nos écoles

  1. Je confirme que TOUT ce qui est décrit ds ce témoignage est VRAI… ds les bons lycées parisiens autant que ds les collèges des Alpes Maritimes.
    Les professeurs devraient, massivement, se tourner vers votre association. Or ils ne le font pas; pourquoi?

    Sans prétendre à tout expliquer, je vois au moins trois raisons majeures, plus ou moins liées entre elles:

    1/ La PEUR.

    Actuellement, tout professeur travaille la peur au ventre… peur d’être chahuté, débordé, contesté, raillé, agressé verbalement ou physiquement…..Peur de perdre la face devant ses collègues en avouant tout haut ce que tout le monde sait tout bas: que plus personne ne maîtrise la situation……Peur des parents d’élèves, chicaneurs, revendicatifs, voire agressifs dans des cas de plus en plus fréquents……Mais surtout: peur de la HIERARCHIE – une hiérarchie qui, ayant renoncé à éduquer des élèves imbus de leurs droits et devenus ingérables, préfère REEDUQUER les professeurs: oui, oui, comme au temps de l’Union Soviétique, on soumettra le prof récalcitrant au LAVAGE DE CERVEAU accompagné d’intimidations, de pressions, de brimades, de menaces de sanctions administratives, d’humiliations, enfin de l’infantilisation suprême: appel de l’inspecteur pour procéder à une « visite de décrispation » – comprenez: inspection punitive……..L’inspecteur déboulera au milieu d’un cours, armé d’un mini-ordinateur sur lequel il enregistrera d’un air compétent tout ce que dira le prof…..Au cours de l’entretien qui suivra – encore un mot de la langue de bois de l’E.N….tiens tiens, qui a dit que c’était l’URSS qui avait une langue de bois? L’E.N fait beaucoup mieux ds ce domaine…. car l’inspecteur imposera d’emblée silence au prof « visité/puni » en le baillonnant (oui, oui, physiquement, en posant sa main sur sa bouche à répétition pour l’empêcher de dire des vérités, ça m’est arrivé) et en lui assenant de force le dernier dogme en vogue: « Vous ne changerez pas les élèves, adaptez-vous, adaptez-vous… » Si le prof paraît peu convaincu, viendra la menace sadique: « vous savez – dira l’inspecteur – maintenant il y a des classes où les élèves me font passer de petits billets où ils me renseignent sur leur professeur, souvent en le critiquant ».
    Et là, on n’est même plus en URSS (où d’ailleurs les élèves respectaient les profs), mais en plein délire maoïste, en pleine Révolution Culturelle: ce sont les élèves qui dénoncent leurs profs aux inspecteurs…(petit sourire sadique satisfait de l’inspecteur)….Alors, les profs ont peur d’agir à visage découvert….certains st tellement paralysés par cette peur abjecte qu’ils n’osent même pas laisser de commentaires anonymes sur ce blog…

    2/ Le CONFORMISME.
    Très peu de profs pensent par eux-mêmes….C’est désolant, mais l’instinct moutonnier est aussi fort chez les profs que chez les élèves. Ça a un côté paradoxal, parce qu’il est vrai que partout sévit la loi d’airain de l’individualisme égoïste « chacun pour soi, si mon collègue a de gros problèmes, je m’en fiche, j’ai ma paye, mes petits avantages, il n’y a que ça qui compte ». Mais tous ces individualismes font bloc par conformisme pour observer la loi du silence: si on a encore des illusions sur l’espèce humaine, rien de tel que d’assister à un conseil de classe d’un grand établissement parisien: on ne verra que nuques courbées, échines soumises, lèvres closes, regards absents…surtout, ne pas soutenir le malheureux collègue qui, SEUL, osera dire la vérité sur un petit caïd qui pourrit une classe, et se fera remettre à sa place par le petit Chef qui protège le caïd. O lâcheté humaine! Les collègues qui, en privé, se plaignaient haut et fort du petit caïd, seront muets…et pourtant s’ils parlaient, les choses pourraient se débloquer…Mais chacun se dit: « pourquoi parlerais-je? Tout le monde se tait »…

    3/ L’IDEOLOGIE

    Le milieu enseignant est drogué, intoxiqué, abruti par l’idéologie bien-pensante du politiquement correct: « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il a droit à tout, personne il est responsable de rien ». Le terrorisme intellectuel règne, réduisant à la bêtise la plus crasse des agrégés de philo, de lettres, d’histoire, etc…Un sectarisme féroce accompagne cette bien-pensance: si le clan opposé a dit que 2 + 2 = 4, il sera raillé, calomnié, boycotté…et on affirmera pompeusement que 2 + 2 = 5!!! Le bon sens le plus élémentaire a disparu, seule règne une drogue hypnotique plus dangereuse que l’héroïne: l’égalitarisme bien-pensant, la haine de toute tête qui dépasse… (Quand j’ai suggéré en réunion que l’on valorise davantage les qq rares élèves qui fournissent encore des efforts, le proviseur s’est écrié: mais vous faites de l’ARCHEOLOGIE PEDAGOGIQUE!…….)

    Voilà la tragique réalité: un système qui ne sait plus ni punir, ni récompenser…. Il est vrai que les premiers coupables sont les ENSEIGNANTS EUX-MEMES: tant de bêtise, tant de renoncement niais au simple bon sens, tant de hargne idéologique, tant de lâcheté abjecte, tant d’hypocrisie, tant de veulerie……Peut-être que les profs ne sont même pas dignes qu’une association courageuse comme SOS Education s’occupe d’eux?

  2. Cher Don Quichotte : oubliez les profs. Quoi qu’ils valent, il est clair qu’à long terme le travail d’information de SOS Education est bénéfique pour les élèves & parents aussi.

  3. Je n’aurais pas dit mieux que Don Quichotte. C’est l’exacte analyse que je fais de la situation. J’aime particulièrement l »‘archéologie pédagogique. »

  4. Supprimez le collège unique … Visiblement ces jeunes gens ne semblent pas heureux dans la société Française et dans ce système de collège unique. Revalorisez les métiers manuels et laissons partir les plus récalcitrants d’entre eux au Mexique au milieu des cartels de narcotrafiquants.

    Pour l’exemple du Mexique … Beaucoup d’entre eux ne reviendraient pas d’une telle expédition et ceux qui reviendraient … reviendraient calmés pour un moment.

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