Les bons rythmes font les bons élèves

La réforme des rythmes scolaires ne fait pas l’unanimité. Depuis quelques semaines le débat ne fait que grandir. Les parents, les enseignants, les élèves, les syndicats… personne n’est satisfait.

La réforme menée à marche forcée par Vincent Peillon irrite, elle a même réussi à créer un mouvement contre le ministre qui dépasse les clivages politiques ! Le fait vaut d’être signalé car ce n’est pas fréquent dans l’éducation d’arriver à ce point à transcender les idéologies.

Pour autant, faut-il renoncer à la semaine de 4 jours et demi comme le préconisent certains ?

Revenons sur un modèle de réussite, jusque-là non contesté : la Finlande. Eh bien, vous serez peut être surpris d’apprendre que le pays qui arrive en tête de tous les classements internationaux depuis des années inflige 188 jours d’école à ses élèves.

Rappelons que la moyenne de l’OCDE est de 187 jours d’école par an, que la France avant la réforme ne proposait que 144 jours d’école. La réforme a permis de redonner aux élèves 36 jours de cours. Avec maintenant 180 jours travaillés, nous sommes presque au niveau des finlandais ou des pays de l’OCDE. Il ne nous resterait plus qu’à diminuer les vacances scolaires de 7 à 10 jours.

Car faut-il le rappeler, les bons rythmes, font les bons élèves. C’est ce que révèlent tous les classements internationaux. Les pays les mieux classés, sont les pays où les élèves ont un rythme de travail régulier : au minimum 5 jours d’école par semaine et moins de vacances.

Dans cette balance, le nombre de jours d’enseignement pèsent plus que le nombre d’heures enseignées. La preuve… la France délivre aux élèves 926 heures d’école dans l’année, record européen. En occident, seuls les États-Unis font plus avec 1097 heures de classe. En Asie, l’Indonésie propose elle aussi beaucoup d’heures dans l’année, 1260 au total.

Mais donner beaucoup d’heures est loin d’être un gage de réussite. La Finlande accueille ses élèves en classe seulement 677 heures dans l’année, soit 250 heures de moins que les écoliers français et pourtant les petits finlandais caracolent en haut des classements.

Par contre, en Finlande, le nombre de jours de classe par an est de 188, bien au delà des maigres 144 jours d’école actuellement en vigueur pour la France. Le plus important reste donc la régularité et l’intensité dans le travail.

Du lundi au vendredi, les journées des écoliers finlandais commencent à 8h et se terminent entre 13h et 15h. Les cours durent 45 minutes, les recréations 15 minutes et la pause déjeuner est de 30 minutes. Ils bénéficient de dix à onze semaines de vacances scolaires en été. Et tout au long de l’année, les élèves se reposent, en dehors des fêtes légales, quelques jours fin octobre, deux semaines à Noël, une semaine fin février, et quatre jours à Pâques.

Résultat : année après année, les petits finlandais sortent de l’école primaire en sachant mieux lire, mieux écrire et mieux compter que tous les autres. Et en plus, on les dit moins stressés…

Alors faut-il vraiment que nous en restions à 144 jours d’école en France ?

Dans sa mise en œuvre, cette réforme pose de nombreux problèmes. Dans son application, tout d’abord : la réforme est difficilement applicable pour les petites communes rurales. Il n’y a pas de structures pour assurer les animations mises en place deux fois par semaine pour “compenser” la demi-journée de cours supplémentaire, pas de budget, non plus, le fonds d’amorçage mis en place par le ministère ne couvrant que la moitié des besoins.

Mais le problème de fond, c’est que ce surcroît de temps scolaire n’est absolument pas pensé comme un temps d’apprentissage ! Bien entendu, certains enfants auront la chance de bénéficier d’interventions de qualité. Mais dans leur ensemble, ces ateliers organisés tant bien que mal avec des animateurs aux compétences très diverses, relèvent (au mieux) de ce qui se fait en centre de loisir : scoubidou, relaxation, cocotes en papier, etc. L’école devient ainsi encore un peu plus le lieu de l’animation, du divertissement, du “vivre-ensemble”… au détriment de la lecture, de l’écriture et du calcul !

Il y avait une solution de bon sens pour mener cette réforme : c’était de la mettre entre les mains des enseignants. Leur donner du temps supplémentaire pour les apprentissages délicats, leur demander d’imaginer des leçons de choses, des séances de lecture, des dispositifs de remédiation pour les élèves en difficulté, etc. Avec, en compensation, une revalorisation de leur rémunération, qui aurait aussi le mérite de rendre leur métier plus attractif. Au lieu de quoi, on lève une armée de vacataires sous-payés, pas toujours formés, qui vont faire de la garderie deux fois deux heures par semaine, en attendant de trouver mieux… quel gâchis !

8 réflexions sur “Les bons rythmes font les bons élèves

  1. jeu des « 1000 € » aujourd’hui le 23/04 2014 à 12h50 sur france inter.
    Le mercredi ,ce sont des scolaires qui répondent ,collèges ou lycées
    « qu’elles sont les 2 rivières qui se jettent près de Bordeaux pour former la GIRONDE,
    réponse: la Garonne et après réflexion entre les 2 candidats qui ont longuement hésité entre le Rhône et le Rhin,d’un commun accord,ils se sont décidés pour le Rhône
    le problème c’est que ces 2 jeunes gens ne semblaient pas du tout incultes ni idiots

  2. Notre rôle d enseignants est de privilégier l égalité .Cette mise en place des rythmes scolaires,sans avoir consulté les enseignants,favorisera l’inégalité .Il faut renforcer les apprentissages fondamentaux et ne pas faire du saupoudrage en engageant des personnes non formées qui vont occuper les enfants comme ils pourraient l être dans un
    centre de loisirs

  3. Il faut en France repenser les rythmes scolaires et la durée des vacances scolaires
    Pourquoi ne pas adopter le modèle finlandais si il a fait ses preuves?
    Que font les enfants finlandais l après midi?

  4. Je suis entièrement d’accord, tout ceci est un vrai gâchis : pour les enfants, les professeurs et les parents qui n’y comprennent plus rien….

    Tout le monde perd son temps dans cette affaire et toute cette énergie perdue aurait pu, effectivement, être employée au bénéfice des élèves, par l’intermédiaire des enseignants, dont c’est le rôle….

    Ne baissons pas les bras, mon petit-fils a quatre ans et je suis très inquiète!!

  5. Que disent les associations de parents d’élèves?
    Je pense qu’effectivement il n’y a pas assez de jours scolarisés.
    Les vacances d’été sont trop longues d’une semaine.
    De plus la proximité de la rentrée et des vacances de Toussaint, respectivement 3 septembre et 19 novembre en 2013, me semble démobilisante.
    Une semaine de vacances à la Toussaint pourrait être suffisante.
    On récupérerait ainsi 2 semaines de travail par année scolaire .

  6. Faisons comme les Finlandais, effectivement, mais faisons le réellement, c’est à dire, des journées plus courtes, des classes à effectif réduit et surtout plus d’enseignants que de classes. Il y a souvent 2 enseignants par classe pour aider les enfants en difficulté.
    Sommes nous prêts à payer plus d’impôts, à voir le nombre de fonctionnaires augmenté pour satisfaire à une vraie réforme ?
    Lorsque l’on compare deux systèmes, il faut les comparer dans leur totalité et pas seulement une petite partie.
    Moins de vacances….les enseignants sont d’accord mais les parents ?
    Ils se permettent très souvent de sortir leur enfant de l’école en dehors des congés scolaires parce qu’ils ont des congés à ce moment-là…;et les personnes qui ne vivent que du tourisme ? Ils se mettront à crier car tous les français seront en congé moins longtemps….

  7. Je suis un enseignant à la retraite( P.E.G.C. Math-E.P.S.) et je trouve vraiment insensé de faire une telle histoire à cause de cette semaine de 4,5 jours.J’ai déjà remarqué que les enfants sont beaucoup mieux à l’école que de traîner à la maison et de ne pas savoir quoi faire. J’ajouterai encore une demi journée facultative pour les disciplines artistiques , musicales et sportives. Certains élèves dès la maternelle ont des dons dans ces disciplines et , si on ne leur donne pas l’occasion de s’exprimer, on ne peut pas les détecter. Arrêtons de dire que cela reviendrait plus cher et les communautés ne peuvent pas payer les cars. Nos enfants constitue l’avenir et nous devons faire en sorte qu’ils puissent s’épanouir pleinement à l’école. Mais les encadrants doivent avoir une formation pédagogique et c’est souvent là que ça manque.

  8. Je suis une mère de quatre enfants, ancienne des Associations de parents d’élèves de 1964 à 1984, très présente aux différents problèmes que posent : la maternelle, la primaire, le collège et les lycées à Saint-Maur des Fossés dans le Val de Marne.

    La semaine comportait : lundi mardi mercredi, vendredi et samedi matin.

    Le jeudi était réservé le matin à l’instruction religieuse et l’après-midi aux différents sports organisés et payants de la V.G.A. Tout allait bien ! ! !

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