Les mauvais résultats des élèves français

Le classement PISA 2009 est tombé. Réalisé par l’OCDE, il révèle des résultats mauvais pour la France notamment en lecture. Nos élèves sont loin derrière les élèves coréens, finlandais, belges ou polonais. Et ce n’est pas la première fois que cela nous arrive.

Depuis dix ans, rien ne s’arrange. Au contraire, l’enquête de cette année révèle qu’en France les inégalités se creusent : on a de plus en plus d’élèves qui éprouvent de très grandes difficultés à apprendre à lire à l’école.

Et pour cause, s’il y a une méthode qui ne réussit vraiment pas aux élèves les plus faibles, c’est la méthode globale et ses dérivés. Ces méthodes apprennent aux enfants à photographier des mots et non à les déchiffrer. Elles causent ravages et confusions, difficultés réelles face à la lecture et à l’écriture, en particulier à ceux qui ont du mal à apprendre et ont donc besoin d’être guidés et suivis pas à pas.

Mais en France, parler des méthodes est devenu un tabou. Personne n’ose aborder à nouveau la question. Le seul ministre de l’Éducation à s’y être frotté fut Gilles de Robien. Il osa en son temps (2006) publier une circulaire encourageant l’ensemble des enseignants à utiliser des méthodes syllabiques. Il fut aussitôt remis en question. Appliquer un pareil texte a été transformé en une atteinte à la liberté d’enseigner !

Mais ne nous y trompons pas, refuser d’aborder la question des méthodes a des conséquences graves.

Des centaines de milliers de jeunes sortent du système scolaire sans savoir lire ni écrire correctement. 15 % le quittent en étant totalement illettrés. C’est énorme.

Notre responsabilité est là. Les dernières études en date sur la question des méthodes nous viennent du Royaume-Uni.

Dans ce pays qui connaît les mêmes problèmes que nous, on a osé en 2000 initier un programme demandant à certaines écoles d’utiliser des méthodes syllabiques. Nous disposons de sept années de recul sur les cohortes d’enfants, qui ont été suivies. Les résultats ont dépassé les espérances des initiateurs du projet. Parents, professeurs et élèves ont retrouvé leur fierté : la fierté d’avoir un enfant épanoui qui arrive à apprendre, la fierté de pouvoir enseigner en ayant des élèves qui retiennent, la fierté pour les élèves enfin de se sentir à l’aise quand ils ouvrent un livre.

Soit l’on regarde posément ce type d’études et leurs résultats qui mettent en plus en évidence que les enfants arrivent à apprendre correctement quel que soit le niveau socio-économique de leurs parents, soit on les enterre une nouvelle fois parce qu’elles sont jugées « pédagogiquement » incorrectes. Aucun spécialiste français ès éducation ne s’en est fait l’écho.

Jusqu’à quel niveau de dégradation de notre système scolaire continuerons-nous à jouer les autruches ?

Nos ministres de l’Éducation peuvent retrouver du crédit auprès des familles et des enseignants – tous ne souhaitent pas voir péricliter le système sans rien faire. Mais la condition nécessaire est de s’en tenir à ses choix et de ne pas baisser les bras dès que son voisin de bureau au ministère, par hasard syndiqué, hausse le ton. Une grande campagne en faveur de la méthode syllabique pourrait radicalement changer l’avenir de nos enfants et de nos élèves. Ces méthodes leur permettraient d’acquérir un bagage solide et suffisant dans la vie pour s’en sortir quoi qu’il arrive.

8 réflexions sur “Les mauvais résultats des élèves français

  1. Mais que ce passe-t-il à « SOS Education » ?
    Qui rédige les articles du blog et décide de leur parution ?

    Voici un sujet important que bon nombre d’adhérents souhaite débattre depuis fort longtemps et qui avait disparu… Et qui semble remis en page à la va vite suite au classement de PISA 2009.
    Votre article est long, indigeste et perd de vue l’essentiel par des disgressions politiques inutiles.

    Avez-vous constaté le nombre de commentaires par article ? 3 à 5 au lieu de 30 à 50 il y a un an. Le blog est vampirisé par M. Barbaud qui en a fait sa tribune pédagogique (car lui a le SAVOIR !) et par effet de conséquence son bandeau publicitaire et ne se gêne pas pour « allumer » les parents d’élèves qui selon lui doivent une totale soumission à l’ordre des enseignants.

    Vous avez fait connaître « SOS Education » aux députés via votre action contre la violence à l’école, très bien… il faudra recommencer aux prochaines élections !

    Vous tirez sur les ministres de l’Education Nationale alors que vous savez pertinemment qu’ils valsent au gré des remaniements et qu’aucun d’eux ne mouillerait sa chemise et ne risquerait sa carrière face aux syndicats d’enseignants.

    La révolte doit venir de la base : des parents d’élèves excédés de voir leurs enfants peinés à l’école, jugés en difficultés avec un air de fatalité des enseignants dont les plus honnêtes leur disent de voir « hors l’école » si une autre méthode leur conviendrait car leurs enfants semblent intelligents !!

    Je suis bibliothécaire dans une petite commune de la banlieue parisienne paisible et dite « favorisée » : il n’y a pas une semaine qui passe sans que je rencontre une maman qui souhaite un ouvrage d’initiation à la lecture syllabique « comme avaient nos grands-parents » (sic).
    Représentante de parents d’élève depuis 15 ans (et oui M. Barbaud : une indésirable !) dans cette même commune voici mes statistiques : pourcentage d’élèves ne sachant pas lire en entrée en 6ème : 6 % en 1995 puis 13 % en 2006 et 16% en 2011. Ces statistiques retombent systématiquement à 5 % en fin de 6ème : constats faits d’une « fuite » dans les établissements privés les plus proches de 10 % des élèves entrant en 6ème, d’une « suractivité » notable des orthophonistes de la commune et d’une forte fréquentation de l’aide au devoir organisée le mercredi et le samedi par une association sociale.
    Nul besoin de PISA 2009 pour comprendre que notre système est grippé, nos enseignants incapables de se remettre en cause car sans hiérarchie sur laquelle s’appuyer et que le monopole des éditeurs scolaires a fait son oeuvre !
    La cerise sur le gâteau : mes deux derniers enfants ont 5 ans d’écart d’âge, ils ont eu la même institutrice, très compétente au demeurant, en classe de CE2 et j’ai pu constater en comparant leurs cahiers que les mêmes leçons et les mêmes exercices étaient dispensés au jour près !!! Cela fait très peur quant à la capacité qu’ont certains enseignants à s’adapter…

    Pour ma part, je crains sincèrement que toute démarche « civilisée » de réforme de la méthodologie d’apprentissage de la lecture soit vaine. Le ver est dans le fruit depuis trop longtemps soit on le laisse manger ce qui reste et on développe en parallèle des structures innovantes (probablement pas gratuites !) soit on coupe le fruit en morceaux (donc on explose le système !), on les nettoie et on se sert de ce qui reste pour impulser une dynamique à un nouveau système revu totalement :
    Maternelle : y a-t-il intérêt à payer des enseignants Bac + 5 pour débrouiller des enfants de 2 ans et demi ?
    Primaire : mise en place de la méthode syllabique, renforcement en heures d’apprentissage de la lecture, écriture, grammaire, orthographe, calcul, géométrie, bain de langue uniquement par des intervenants étrangers, musique – art plastique – sport autour d’un projet pédagogique construit et ouvert : exemples : concert, exposition, rencontre et partage avec des artistes ou des sportifs.
    Collège : tronc commun dans la continuité de celui d’élémentaire et modules en fonction des orientations scolaires et/ou professionnelles : exemples options lettres classiques ou options découverte des métiers (espaces verts, cuisine, maçonnerie, mécanique, etc…).
    Lycée : 3 bac : général, technologique, professionnel.

    J’appartiens à une famille de sportifs et de compétiteurs de haut niveau : il y a une règle de base qui est appliquée chaque fois que les résultats attendus ne sont pas atteints : REVENIR AUX FONDAMENTAUX.

  2. revenir a la metohde syllabique est une necessité, jamais la méthode globale n’aurait du etre enseignée. On voit ou elle nous a menée cette methode globale, a la perte de l’orthographe et de la lecture. Il faut revenir bien vite aux fondamentaux

  3. Madame Rosière, je suis navré de vous déplaire au travers des interventions que je peux faire sur ce blog, et il ne me semble pas que sur les trente derniers jours, mes interventions soient à ce point vampirisantes!
    D’autre part, je ne saisis pas trop votre propos à mon égard. J’ai en effet dénoncé la trop grande influence des associations de parents d’élève au sein des collèges notamment car je considère en effet que les professeurs sont mieux placés pour discuter du sort scolaire de vos enfants. Je n’ai il me semble jamais utilisé la hargne ou le mépris dont vous faites ici preuve dans votre texte. Si mes interventions vous déplaisent, que ne répondez-vous pas afin d’initier un dialogue. Il me semble pourtant que nous ne soyons pas si éloignés dans nos diagnostics.
    Cela dit, comme vous, j’aimerais que ce blog puisse revivre un peu et les commentaires se multiplier.

  4. Bonjour,
    Vu la situation de l’éducation nationale après 6 alternances, pourquoi SOS éducation ne milite t elle pas pour l’instauration du référendum d’initiative citoyenne (RIC) qui LUI permettrait de soumettre à abrogation , tout ou partie des lois qu’elle conteste et de soumettre directement aux citoyens ses propositions alternatives de réforme?
    82 à 88 % des Français sont favorables au RIC et LA DIRECTION de SOS éducation?
    Cordalement

  5. A mon humble avis, si les commentaires deviennent moins nombreux, SOS Education et ses articles ne sont pas à mettre en cause, ni les interventions de David Barvaud, bien au contraire.
    Je pense que c’est lié à un grand découragement des lecteurs et parmi eux, les enseignants. Je ne veux pas tirer vers le bas, mais je ressens personnellement chaque jour davantage la difficulté de la fonction et je ne suis pas loin de tout laisser tomber.
    Je salue les initiatives de SOS Education et c’est grâce à celles-ci que j’ai conservé un peu d’espoir. Mais la lutte quotidienne contre une ambiance dans les classes et dans la salle des professeurs use les mieux trempés.
    Juste respirer un peu pour mieux repartir.
    Cela dit, tout ce que dit et impulse l’organisation aide les enseignants et parents d’élèves lucides.
    Mais tout cela reste dans une optique de sauvetage de l’école publique. Cela en vaut-il encore la peine? J’ai bientôt fini de me poser la question.

    • carine a écrit: « Mais la lutte quotidienne contre une ambiance dans les classes et dans la salle des professeurs use les mieux trempés. »
      Pour les classes je ne pense pas que vous sauverez des gens qui ne veulent et/ou ne peuvent pas être sauvées.

      Pour le reste … Un jour quand j’étais étudiant un enseignant m’a dit que la devise « liberté égalité fraternité » était juste écrite pour faire joli sur le fronton des mairies.

      Les gens vont de plus en plus devoir assumer leurs choix électoraux et sociétaux depuis 30 ans. Et là il n’y aura plus d’endroits pour se planquer!

      • carine a écrit: « Mais la lutte quotidienne contre une ambiance dans les classes et dans la salle des professeurs use les mieux trempés. »
        Pour les classes je ne pense pas que vous sauverez des gens qui ne veulent et/ou ne peuvent pas être sauvés.

        Pour le reste … Un jour quand j’étais étudiant un enseignant m’a dit que la devise « liberté égalité fraternité » était juste écrite pour faire joli sur le fronton des mairies.

        Les gens vont de plus en plus devoir assumer leurs choix électoraux et sociétaux depuis 30 ans. Et là il n’y aura plus d’endroits pour se planquer!

        Pardon je viens d’enlever une faute de grammaire.

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