Les profs ont la parole (10)

Mercredi 28 avril 2010, j’ai été mitraillée avec le compas du tableau. Si le jeune avait pris son compas personnel aujourd’hui je serai peut-être aveugle.

Cela faisait déjà la quatrième fois qu’il essayait de me fusiller. Je lui ai donné une leçon à copier sur le respect. J’ai fait un rapport d’incident pour le collège. Ce matin j’ai porté plainte au poste de police
Ma principale m’a dit que j’avais été ébranlée. Ce soir je vois un médecin pour accident du travail
Que devient la France et même l’Europe ! Cela coûte cher d’enseigner en 2010…

J’enseigne la vente et la couture. Les jeunes ne voulant pas travailler ont dit que les machines à coudre avaient le SIDA. J’ai fait venir l’infirmière qui a donné un cours sur cette maladie.
Sans mes yeux, je n’aurais pas pu vous écrire. J’espère que ce jeune sera vraiment puni. Alors qu’il me mitraillait, il riait…
Je ne suis pas une artiste de cinéma et les adolescents ne savent plus ce qui est réel et virtuel.
Je suis à moins de 3 ans de la retraite.
Je travaille en SEGPA depuis 14 ans

Que se passe-t-il chers collègues?

C.C., professeur en SEGPA

Vous trouverez d’autres témoignages sur le site www.soseducation.com (onglet « venez »).
Envoyez-nous le vôtre !

20 réflexions sur “Les profs ont la parole (10)

  1. Nous sommes, je pense, à l’aube de l’explosion de l’Education Nationale telle qu’elle existe aujourd’hui. Allez, je lui laisse encore 6 mois…
    Seule une mobilisation NATIONALE de TOUS les professeurs, une mobilisation HORS SYNDICATS pourra faire changer les choses: le jour à tous les professeurs diront « Ca suffit! Rétablissez l’ordre et l’autorité à l’école »,le jour où l’on donnera la parole aux enfants qui souffrent à l’école car 4 de leurs camarades empêchent 24 autres enfants de travailler… bref, le jour où on aura les couilles de montrer la réalité, cela changera.
    Que SOS EDUCATION se fasse le témoins des élèves qui souffrent et qui sont gâchés dans des collèges et lycées où règnent la médiocrité, la soumission des plus faibles et les jérémiades de quelques collègues qui ne parlent que de moyens…
    Julien

    • Hélas, les élèves étant plus jeunes ont souvent peu conscience d’être léses, ou ne veulent pas le savoir, anxieux qu’ils sont de s’intégrer dans le groupe.

      • monsieur, 15.09.2010
        QUI sera étonné de votre ‘réponse’ qui a un air ambigu, qui ne prend pas VRAIMENT position contre des « jeunes », vieux dans leurs têtes et qui sont violents par leur génétique sociale.
        Mais ce serait donner encore le « beau rôle » à des élèves – au sens réel et historique du terme – alors que ce sont des criminels.
        –Ignorez-vous, PH MERIEUX, que des milliers d’enseignants sont insultés, agressés,assassinés ?
        Mais il est vrai que vous êtes LOIN du ‘terrain’.

        ====Ici, sur ce site excellent de SOS-EDUCATION,il faut des paroles courageuses et NETTES.
        salutations distinguées.
        ERIC

    • Entièrement d’accord avec Julien.

      Pas d’accord avec Philippe.

      Les enfants, même les plus jeunes, qui aiment apprendre et l’école, souffrent et…. SE TAISENT par peur de représailles. Cela fait 15 ans que j’assiste à des conseils d’école et des conseils de classe et depuis 10 ans, j’entends toujours la même litanie des professeurs : « Bonne tête de classe de 8 – 10 élèves qui travaillent sérieusement mais ne participent pas. C’est dommage, c’est à eux de faire avancer la classe ». Chaque fois que j’entends cela je réagis en demandant aux professeurs s’ils se demandaient pourquoi des enfants extravertis et bien dans leur peau à l’extérieur de l’école devenaient des élèves réservés, timides et fébriles à l’intérieur de leur établissement scolaire ?? Et on me répond chaque fois « Ce n’est pas quelques perturbateurs qui les paralysent ! Vous fabulez, chère Madâââme… »
      J’accompagne également des voyages pédagogiques hors temps scolaire : les enfants ne sont plus les mêmes : les premiers de la classe font des bêtises et s’amusent beaucoup, tandis que les petits caïds se tiennent à carreaux parce qu’ils ne maîtrisent plus leur environnement.

      J’ai beaucoup de compassion pour les professeurs qui vivent mal l’échec et la déchéance de l’Education Nationale. Certes les politiques y sont pour beaucoup en réformant sans écouter les remontées de la base. Les syndicats, je n’en parlent même pas, ils ont vérolé le système tel un ver dans une pomme mais maintenant la pomme est vide et il n’y a plus rien à manger.

      Mais, de grâce, n’oubliez pas les enfants qui eux aussi subissent violences et menaces sans pouvoir en parler. Mon fils de 14 ans a un « contrat sur sa tête » depuis 15 jours parce qu’il est « amoureux » d’une jeune fille dont l’ex-petit copain ne supporte pas qu’elle fréquente « une tête de nase » en d’autres mots un bon élève (tout comme elle d’ailleurs !). A 3 semaines du brevet, il vit chaque jour avec la crainte de se faire « choper » par 6 loustics de 16 ans en mobylette qui veulent lui « défoncer son crâne de nase ». Son conseil de classe a lieu la semaine prochaine et j’attends de voir si les professeurs ont constaté un changement dans son comportement et de constater comment ils considèrent cet évènement entre « le grave », « l’anecdotique », « le comique » et « l’indifférence puisque c’est hors du collège »….
      Afin d’arrêter cette spirale qui bouffait littéralement mon fils et ses parents, j’ai suivi la bande et j’ai trouvé leur coin de repli. A decouvert et « sans arme » je suis allée leur parler, ils savaient qui j’étais. J’ai eu droit à quelques railleries sur la maman qui choucoute son bébé mais rapidemment j’ai orienté la discussion sur eux et sur ce qui les branchait dans la vie parce que zoner en mobylette tous les jours « ça doit être chiant » comme peut l’être l’école qu’en « on en trave que dale ». La discussion ne fut pas philosophique ni même très constructive hormis le fait que nous sommes tombés d’accord sur un point : leur liberté et celle de mon fils et de sa copine. S’ils respectaient leur liberté et les laissaient tranquilles alors moi je respectais la leur en ne portant pas plainte contre eux. Ce n’est qu’un pis-aller et je sais que je n’ai rien changé à leur marginalisation.
      Et ce matin mon fils m’a demandé de venir le chercher en voiture à la sortie de midi…

      • Noémie, je suis tout-à-fait d’accord avec ce que vous dites. Ce que je voulais dire simplement, c’est que SOS Éducation pourra recueuillir baucoup plus de témoignages de profs que de témoignages d’élèves .

        • Pourquoi ? Les parents existent et représentent, eux aussi, une majorité silencieuse. De plus, mathématiquement, ils sont plus nombreux que les profs…
          Et, croyez-moi, à en voir les adhésions aux deux principales fédérations de parents d’élèves qui sont en forte baisse et ne sont plus du tout représentatives, à en voir des petites listes de parents indépendants qui fleurissent de plus en plus ; pour moi il y a matière à réflexion et à étendre le champ d’action SOS Education.
          Je regrette fortement que SOS Education soit tombée dans le piège du nombrilisme des profs. Quand j’ai adhéré, on m’a assuré que ce n’étais pas une asso de profs et que les parents y étaient représentés et y avaient la parole. Ces derniers mois ne l’ont pas prouvé !

          • Chère Noémie,

            Vous avez un peu raison, nous avons mis en avant les professeurs. Mais les parents sont bien là ! Nous en recevons de nombreux témoignages.

            Le mur du silence commence à se fissurer…

        • Quand on prétend ecrire des livres de pédagogie,M. MERIEU devrait d’abord CORRIGER sa FAUTE d’ORTHOGRAPHE, non ?
          EX:  » RECUEUILLIR  » !
          Et, en bonne langue française, on doit dire:
          …davantage de témoignages » mais pas « …
          Salutations distinguées.
          ERIC

      • Noémie,

        une fois de plus je suis complètement d’accord avec vous :
        probablement par choix politique ou stratégique, SOS – Éducation
        parle peu ou pas de l’immense responsabilité complicité passive des profs
        dans le désastre éducatif et les présente presque toujours
        comme des victimes. Alors que les élèves sont mille fois plus
        victimes que les profs.

        J’ai toujours trouvé floue la position de SOS-Éducation, qui dit
        vouloir « défendre l’école » – un objectif bien vague, qui pourrait
        aussi être revendiqué par les pires pédagogistes.

        • POUR M. MERIEUX. 15.09.2010
          monsieur,

          – avez-vous décidé d’agresser le site SOS-EDUCATION ?
          – les élèves sont en effet plus nombreux que les enseignants à être agressés diversement.
          M. MERIEUX, escamotez-vous les STATISTIQUES?
          L’evidence est votre ignorance des données sur les agressions/assassinats d’enseignants…et UN SEUL enseignant ‘occupe en moyenne de 40 à 150 élèves.
          —–COMMENT pouvez-vous dire,et il faudrait vous croire sur votre affirmation qui s’apparente à une MISE EN CAUSE DE CE SITE EXCELLENT, sur le fait que SOS-EDUCATION veut « defendre l’ecole » et que sa position serait « FLOUE » !?
          Et, vous, MONSIEUR PHILIPPE MERIEUX, êtes-vous toujours CLAIR et JAMAIS AMBIGU dans vos prises de position ?

          –…et les  » pires pedagogistes » ?
          Vous voulez parler de QUI exactement ? Il faut des NOMS et ainsi vous éviterez…l’ambiguïté et des accusations qui ne vous honorent pas par votre silence et/ou vos sous-entendus.
          SOS-EDUCATION est compris par TOUS sauf par vous ?

          salutations distinguées.
          ERIC

    • Totalement d’accord avec Julien.
      Et encore, 6 mois, c’est beaucoup.
      Mais le sport l’après-midi va tout arranger! Surtout avec les élèves qui refusent de se mettre en tenue de sport. Bonjour les conflits à venir…
      Remarquez, pour faire une partie de pétanque (comme vu à la télé) avec les associations du coin, une paire de baskets suffit.

  2. « que se passe t-il Chers collegues  »

    des années de pagaille avec le chacun pour soi , la course aux plaisirs, les parents qui ne sont plus là parce qu’ils veulent vivre leur vie et les enfants qui sont devenus des petits dieux ce qui permets aux parents d’avoir la paix pour faire ce qu’eux parents ont envie de faire….l’enfance doit redevenir cette periode d’insouciance …arretons de mettre les enfants sur un pied d’estalle (conseils municipaux des enfants , enfants stars,enfants qui font la loi chezles parents, etc …. )
    l’adulte doit assumer ses responsabilités et non pas les confier aux enfants !!
    enfin l’ecole …… c’est le lieu de la transmission des connaissances et non pas un centre social !l’education c’est la responsabilite des parents !
    le respect est denigré partout et a tous les echelons ..on se moque de tout , on ne respecte personne! regardez notre assemblée nationale pour ne parler que d’elle , on s’y croirait dans une cours de recreation de gamins !!!!
    alors comment voulez vous que le monde marche ??
    cela s’appelle le bordel a tous mes niveaux !

  3. La hiérarchie , en particulier le poste de principal de collège a du mal à assumer son rôle. La plupart sont d’ex enseignants qui en ont eu assez du contact avec les élèves ( échec ? ) et qui ont une nouvelle carrière à assurer avec les barèmes d’avancement.
    Moins les problèmes sortent de l’établissement mieux ils sont notés , la gestion se fait en interne en évitant au maximum les « débordements » ….

    • Exactement, les principaux sont des profs qui ont fui les élèves. Et ils continuent à fuir les problèmes. « Tout va bien » ( Le Pus beau métier du monde » le film)

  4. Le témoignage de notre collègue est proprement hallucinant il traduit l’envahissement du monde scolaire par la magie, le primitivisme, bref l’irrationnel le plus total( la machine à coudre et le sida!). Il n’y a pas d’école sans un minimum de rationnel, le spontanéisme, l’antiracisme, le pédagogisme sont des idéologies antirationnelles, ceux qui les ont promues sont d’abord coupables d’avoir renié ce qui fit la grande tradition de l’école et de la France, ce qu’il avait de meilleur dans la raison, il faut les accuser d’avoir organisé et voulu la défaite de la pensée comme l’avait annoncé Finkelkraut il y a déja un quart de siècle . Ce qu’il faut faire? Laisser exploser et crever sur place cette école( Est-ce bien à elle d’enseigner la couture et tant d’autres choses!) et reconstituer un noyau dur sur les fondamentaux rationnels et culturels.Le reste sera dévolu , au prix d’une révision de la fiscalité,à l’entreprise pour ses besoins ou aux formations locales et/ ou privatisées SEPAREES de l’ecole.La sanctuarisation de l’école n’est pas qu’une affaire de sécurité publique elle est aussi une affaire sécurité mentale et intellectuelle, afin que l’aventure de la pensée intellectuelle commencée avec l’antiquité, ne soit pas interrompue.

  5. Halte à la loi des bandes (souvent ethniques) et à la tyrannie des enfants-rois ! Cependant, les grands coupables sont aussi ces profs ratés, socialos bon teint : ils trouvent mille excuses à des dégénérés qui leur crachent à la face ou les poignardent et parlent moyens là où il conviendrait de rétablir l’ordre.

  6. Hélas, Gloria a raison: Beaucoup de profs n’ont que ce qu’ils méritent, car ils font de la surenchère en démagogie…Une scène hallucinante: il y a qq jours en salle des profs, j’entends 2 collègues (philo et français) se plaindre que les Terminales ne fichent plus rien depuis début mai: devoirs non rendus, controles séchés, absentéisme…même le CPE constate que les remarques qu’il fait aux élèves n’ont plus aucun effet. Alors je me joins à la discussion et je dis: « en effet, les élèves n’ont plus peur de rien ».
    Les 2 collègues, vertueusement horrifiés, s’écrient: « ah non alors! Pas ça! Pas la terreur! »
    Même les enseignants littéraires ne connaissent plus le sens des mots: ils appellent les pénalités pour manquement aux règles, de la « terreur »…..!!!!Quand les profs sont comme ça, que peut-on attendre des élèves?

    Moi, j’attends la retraite…plus que 2 ans!!!!

    Bon courage à tous, nous vivons le crépuscule de l’école et de tout un monde…..

  7. Pour pouvoir changer quelque chose chez nos fonctionnaires, cela ne pourra se faire, en premier, en changeant notre système syndical.
    En second, obligation de vote pour tout les Français en activité afin élire nos syndicats, je ne vois pas pourquoi les retraités auraient à s’exprimer,surtout dans le domaine de l’Education. Comme pour les grèves, les retraités sont les plus présents, cela fait une sortie….
    Supprimer les milles-feuilles de nos soit disant inspecteurs, directeurs, sous directeurs,cumulards de fonctions, qui ne posent que problème sans trouver de solutions pragmatiques. Qui ne servent pas pas grand chose.
    Notre république est épuisée par la façon perverse dont nos énarques ont depuis 50 ans suggéré des conseils,des avis, des préconisations, des incitations;
    L’évolution,l’adaptation,la mue, la transformation, le changement n’est pas encore pour demain.
    La sortie de beaucoup de nos problèmes, ne se fera , qu’ avec du courage et de la volonté de nos politiques.
    Referendum, pour demander aux Français, si oui ou non ils désirent une fonction publique, avec un droit privé et l’interdiction de grève, garantie de l’emploi avec bien sur quelques critères.
    Bien des pays européens l’ont fait

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