Les profs ont la parole (7)

Maintenant tout juste en retraite depuis septembre 2009, auparavant professeur-documentaliste dans une cité scolaire, j’ai été victime, au CDI, le 16 novembre 2006, d’un coup de point asséné à la mâchoire par un élève de 3ème, sous prétexte que je lui avais donné l’ordre de quitter les lieux : il était rentré au CDI, malgré mon interdiction, alors qu’il venait du couloir en faisant rebondir un ballon. Je suis resté trois jours sans pouvoir m’alimenter normalement, sauf sous forme de bouillies ou purées. Le médecin consulté m’avait attribué quatre jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Le comble : une conseillère d’éducation, par pure démagogie, a fait pression sur moi pour qu’il n’y ait pas de conseil de discipline ! Motif avoué de cette indulgence : l’élève fautif, souffrant d’une situation familiale désastreuse, était suivi par le service de vie scolaire et son comportement était en voie d’amélioration. Motif véritable ? Peut-être la pétition signée par tous les élèves de la division pour soutenir leur condisciple ? Cerise sur le gâteau : à l’issue du conseil de discipline tenu malgré tout sur mon insistance, l’élève agresseur n’a pas été exclu de l’établissement. Et pour le trimestre en question, l’élève a reçu un 12/20 au titre du comportement !

Que faut-il pour exclure un élève ? Qu’il y ait un adulte poignardé ou mitraillé ?

Claude Viry

19 réflexions sur “Les profs ont la parole (7)

  1. Monsieur,

    Je me permets de vous ecrire pour vous faire part de ma reflexion.

    J’ai eu l’occasion de frequenter l’ecole publique et privee dans ma jeunesse. Apres une carriere militaire dans les parachutistes je suis aujourdh’hui expatrie en CHINE et travaille au NIGERIA.
    Je pourrai a ce sujet vous parler de la qualite du systeme educatif de ces pays qui ne disposent cependant pas d’un budget equivalent a celui de votre ministere.

    Je suis intervenu lors de l’agression de votre collegue pres de MONTPELLIER et qui fut mis en examen.C’est intolerable.

    Je veux cependant vous dire que l’education nationale n’est plus ce vivier des fameux HUSSARDS NOIRS de la REPUBLIQUE dont bon nombre ont donne leur vie en 1914 1918.
    Depuis 1968, le corps enseignant a detruit un systeme qui nous etait envie de l’etranger : suppression des cours de morale, politisation des facs et maintenant des lycees,antimilitarisme notoire,permissivite, lachete des profs :on envoie les enfants dans la rue afin d’eviter de voir son salaire ampute du nombre de jours greves.
    Des boursiers ont perdu leur année a cause des greves recentes. Savez vous ce que cela represente pour une famille en CHINE ? ces actions sont honteuses

    VOus avez ouvert la BOITE DE PANDORE et maintenant vous criez au secours.
    Je vous rapporte a ce que disait PLATON il y a plus de deux mille ans :

    Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.

    L’éducation qui, dès l’enfance, forme à la vertu, et qui inspire aux hommes le désir passionné de devenir des citoyens accomplis en les rendant à la fois capables de commander et d’obéir conformément à la justice.

    Croyez cependant que je suis tres sensible aux difficultes auxquelles sont confrontes vos collegues, mais a qui la faute?

    Signe

    UN OFFICER PARACHUTISTE

    • Certes, mais vous conviendrez qu’il ne serait pas très responsable de laisser ces professeurs se faire agresser. Rompre avec Mai 68, oui. Laisser les soixante-huitards se faire agresser, non. Les soixante-huitards aussi ont droit au pardon !

      • Il faudra me dire la recette … Parce que pardonner au communisme tous ses crimes commis au 20 ième siècle (100 millions de mort en Chine et Russie), là j’ai un peu de mal … Les soixante-huitards étaient aussi partisans des régimes communistes. Ils se font agresser les soixante-huitards … De une ils assument leurs choix électoraux et sociétaux, de deux cela ne m’empêche pas de dormir n’ayant pas d’enfants à charge. Néanmoins veuillez me dire la recette pour pardonner je suis curieux de savoir.

      • Et puis, on ne peut pas « pardonner » à ceux qui ne se repentent pas et qui continuent. Si vous croyez à SOS Éducation que les soixante-huitards vont changer d’avis comme ça, vous vous trompez très lourdement …

        • Philippe Mérieux je ne doute pas que les soixante-huitards ne vont pas changer d’avis comme ça.
          Je ne doute pas non plus que les élèves chahuteurs vont parfaitement cotiser pour vos futures retraites et tout le système de protection sociale en France.
          Il faut leur faire confiance aux élèves chahuteurs, ils ont eu quelques mauvaises journées mais d’ici peu je suis sur qu’ils prendront grand soin de l’avenir du pays.
          Veuillez donc me pardonner Mr Mérieux, tout va pour le mieux. J’ai bon ?

        • Ne vous meprénez pas Toni, concernant le « pardon » des soixante-huitards je suis
          d’accord avec vous et contre SOS-Éducation.

          Il y a chahuteurs et chahuteurs. Il y a 50 ans ,être chahuteur était un comportement anormal et indicateur de déviance sociale. Aujourd’hui, être chahuteur peut tout-à-fait être une réaction salutaire devant un système idiot qui méprise les élèves (et les profs). Rien n’empêche que parmi les chahuteurs, il y en ait qui, une fois débarassés de la phase
          d’éducation « droit-obligatoire » (hélas! mille fois hélas! même à SOS-Éducation, qui oserait dénoncer ce sophisme devant lequel tout le monde se prosterne bassement?), se mettent
          à des choses tout-à-fait sérieuses, voire même travaillent pour l’avenir du pays …

          Tenez-vous tant que ça aux « retraites » et au « système de protection sociale » ? C’est d’ailleurs cet étatisme qui a entrainé la dégénerescence de l’éducation en France.

          C’est amusant, votre « tout va pour le mieux » me rappelle Brigitte Bardot. Je vous situerais donc dans la même droite ringarde que notre BB nationale. J’ai bon ?

          • Non Philippe je ne tiens pas du tout aux « retraites » et au « système de protection sociale actuelle », pas plus que je ne ne tiens aux gouvernements de gauche et de droite depuis 30 ans dont l’hypocrisie est la qualité la mieux partagée.
            Par contre il serait souhaitable d’avertir les soixante huitards qu’ils font fausse route et vont droit dans le mur. Et c’est vrai aussi que parmi les chahuteurs, certains s’en sortent très bien par la suite.
            « tout va pour le mieux » était pour moquer les soixante huitards et l’hypocrisie des gouvernements de gauche et de droite, je sais très bien que ça ne va pas du tout.

    • On ne dira jamais assez la lâcheté des professeurs, mes très chers collègues, et leur héroïsme au quotidien, parallèlement.
      Mais chacun essaie de sauver sa peau, tant pis pour le voisin qui souffre… C’est moche, mais c’est le système de l’omerta et de la démagogie.
      Pour répondre à Tenkes trop tardivement, je crains, il ne verra dans doute pas ma réponse:
      Je vais sans doute dire une énormité, mais ne pensez-vous pas que cela l’Armée a accepté la suppression du service militaire pour tous les jeunes Français parce que, de toute façon, ce service aurait été ingérable avec la « diversité »?
      L’engagement rend l’autorité des chefs évidente, alors que l’école unique pour tous, contraints et forcés, est un énorme gâchis.
      Je pense que si l’Armée devait être face aux mêmes problèmes que les enseignants, cela aiderait peut-être ces derniers. Parce que vous, vous avez le droit de sanctionner, ce que nous n’avons plus (colles, exclusions, tu parles, la belle affaire! c’est risible). En outre, c’était le passage obligé et on y apprenait des valeurs qui sont perdues. Pour toujours?

  2. l’education nationale ? c’est la chienlit mais il n’ya apas que là, c’est tout le pays qui s’enfonce dans la chienlit a cause de la démission des adultes depuis le fameux mai 1968 et tous ces gens naifs qui ont forgé cette société actuelle!
    la solution ? le pays n’est pas encore assez dans la merde …. laissons venir et un jour , un sursaut national se fera jour mais ce sera dans la douleur !!

  3. Il y a tellement à dire sur notre éducation (Nationale) Je mets entre parenthèse vu
    que ce sont les syndicats qui gèrent, comme toutes les fonctions (publiques).
    Des livres paraissent continuellement, ce qui fait vendre.
    Je vais dans le sens de TENKES, en ce qui concernent l’Éducation, ce sont les retraités de cette institution qui ont semé, la récolte ne sera pas bénéfique c’est le moins que l’on puisse dire.
    Tant que les retraites de ces secteurs seront payées rien ne bougera, mais nous avançons, chaque mois des milliard d’Euros manquent,avant c’était des Francs.
    Les Bo-Bo d’après 68 dirigent notre pays, et surtout allez dans leurs sens, si non, ils deviennent cassants, agressifs, plus qu’au travail.
    Depuis des années les Gouvernements prennent dans les caisses de retraites du Privé pour pallier au manque du Public, comment cela ce terminera t il?
    Beaucoup n’osent y penser, mais……

  4. Ce message de jean Louis m’interpelle et me peine. je vais être retraitée et, je n’ai rien d’une soixante-huitarde !
    Ma retraite, j’y ai droit, tout comme les employés du privé. Je n’ai pas l’impression de la voler et, je ne l’aurai même pas complète.
    Je me suis battue suite à un accident de travail, pour continuer à travailler, j’en ai sorti un livre, je continue à me battre et, quand je lis ça, je suis peinée….
    La récolte semée n’était pas mauvaise mais, comme pour toute semence il fallait autre chose que des graines ! La morale, nous la faisions quand j’ai débuté.
    Lorsque Tenkès dit : « Croyez cependant que je suis tres sensible aux difficultes auxquelles sont confrontes vos collegues, mais a qui la faute? »
    Il semble jeter l’anathème sur les enseignants mais, est-il parent ?
    Un des problèmes est l’éducation qui devrait appartenir aux parents et que nous sommes de plus en plus amenés à faire.
    Je terminerai par une réponse faite suite à une critique dans un journal :
    « Je trouve dommage et choquant de lire de tels propos. Les mauvais souvenirs ou les mauvais résultats scolaires sont-ils responsables d’une telle agressivité à l’égard du monde enseignant ou ne s’agit-il simplement que de l’incompréhension ? »

  5. Je répondrai aussi à Tenkès ses propos : « Je pourrai a ce sujet vous parler de la qualite du systeme educatif de ces pays qui ne disposent cependant pas d’un budget equivalent a celui de votre ministere. »
    J’ai sillonné le Sénégal, suis allée dans leurs écoles, ai des contacts avec la Guinée. Je mettrai l’article envoyé par un journaliste guinéen sur mon blog : « julye prof rebelle » et, vous verrez que rien n’est idyllique nulle part !
    Dans de nombreux pays d’Afrique, même si l’école est gratuite et obligatoire, il n’y a aucun moyen de pression et les parents mettent leurs enfants s’ils le désirent…
    Extraits de l’article :
    « Officiellement, l’école est gratuite et obligatoire en Guinée pour chaque enfant de 7 à 12 ans. Au début des années 1990, 30% des enfants en âge d’aller à l’école étaient scolarisés.
    Il convient de noter qu’aucune loi ne contraint les parents à amener leurs enfants à l’école. La faible scolarisation se constate souvent dans les zones rurales et affecte sérieusement la couche féminine….
    Dans plusieurs familles on pense que mettre la fille à l’école est une perte de temps. Ces convictions sont renforcées par des facteurs comme : la pauvreté ou la culture.
    Cependant, on assiste depuis un certain temps à un renversement de situation. En effet, le taux de scolarisation augmente à grand pas aussi bien chez les garçons que chez les filles. De tels progrès sont la conséquence des différentes campagnes de sensibilisation autour de ce sujet.
    Ces résultats louables ont quand même comme on pouvait s’y attendre entraîné une hausse des effectifs. Les écoles sont devenues saturées en raison de leur insuffisance. Illustration de cette réalité à Conakry la capitale où chaque commune ne compte pas plus de trois lycées publics : deux à Kaloum, un à Dixinn, trois à Matam, à Matoto et Ratoma.
    La situation est lamentable au niveau du primaire et du secondaire. Il y a plus d’écoles primaires que de collèges et plus de collèges que de lycées. La raison d’une telle disparité s’explique par le fait que les partenaires du système éducatif : japonais, allemands…s’impliquent beaucoup plus dans la construction d’écoles primaires. Ce programme s’inscrit dans le cadre de la promotion de l’éducation universelle pour tous.
    Toutefois la qualité de la formation reste à désirer.
    Les infrastructures sont inadéquates et les équipements là où ils existent sont obsolètes.
    L’école Guinéenne manque aussi et surtout de confort.
    Pas de toilettes, pas de mobiliers dans la plupart des cas. Les universités quant à elles ne disposent pas de dortoirs, faisant des étudiants des abandonnés pour compte.
    Sur un tout autre plan, il y a quelques années, les établissements de Conakry faisaient l’objet de violence en leur sein. Mais la campagne menée par la direction nationale de l’éducation civique a contribué à inverser la tendance.
    Les enseignants Guinéens quant à eux sont mal formés et mal payés, conséquence ils tirent le diable par la queue.
    Ils vont le plus souvent en grève et se battent pour l’application de leur statut particulier. »

  6. Pour l’école chinoise, ce n’est pas non plus parfait….
    En Chine, l’école est théoriquement obligatoire pendant 9 ans (6 ans en primaire et 3 ans au collège). L’admission d’un cycle à l’autre s’effectue traditionnellement sur la base d’un concours, sauf à l’école primaire où le concours d’entrée a été supprimé.
    Depuis l’an dernier la scolarisation à l’école primaire chinoise est officiellement gratuite et accessible à tous. Toutefois, l’achat des livres et du matériel est à la charge de l’élève. Les frais de scolarité et l’assurance scolaire s’élèvent à 187 yuans par enfant (18 €). Il faut aussi payer la nourriture pour le petit déjeuner et le repas du midi, soit 150 yuans (15 €) supplémentaires par mois. Cela peut paraître abordable – et ça l’est pour la majorité des Chinois résidant en ville – mais pour les villageois aux revenus modestes cette charge reste assez lourde, d’autant qu’ils doivent compenser la perte de main-d’œuvre de leur enfant scolarisé. Cependant, sur l’ensemble du pays, alors que les deux tiers de la population est encore rurale, le taux de scolarisation à l’école primaire (de 6 à 11 ans) est proche des 99%.
    Cela devient beaucoup plus cher au lycée où il faut compter 4 000 à 5 000 yuans (400 à 500 €) pour une année, et à l’université publique entre 5 000 et 10 000 yuans par an (1 000 €). Pour la majorité des parents cela représente plusieurs années de revenus, les bourses d’études étant rares, il faudra alors que les parents trouvent des solutions alternatives (emprunt dans la famille, prise en charge par les entreprises qui les emploieront…).

  7. je ne suis qu’un fonctionnaire et à ce titre contrainte d’appliquer les nouveaux programmes ça c’est pour les soi disants procfs de gauche ou de droite
    ceci dit je trouve ue de metter le développement durable à tous les chapitres risuquent d’avoir l’effet inverse que celui recherché à savoir dégouter nos chers petits de 5ème….

  8. Merci pour votre témoignage. Cette attitude de la part de la direction d’un collège n’est malheureusement pas unique … pas de vague.. pas de vague: l’enfant est roi et tout est excusé surtout s’il a une situation familiale dite « difficile ». J’exerce encore en tant que professeur de mathématiques et on m’a expliqué (nouvelle dans l’établissement) qu’un certain élève difficile méritait un traitement particulier pour l’aider dans sa difficulté. Il fallait imaginer d’accepter qu’il travaille sous la table, par terre, s’il était plus inspiré dans cette position. Quelle préparation pour la vie adulte. Bonne retraite pour vous, moi je continue à me battre contre l’imbécilité de la pensée unique et contre l’éducation du moindre effort.

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