Les profs ont la parole (9)

Je travaille pour la troisième rentrée consécutive dans un collège « Réseau ambition réussite », troisième collège le plus difficile du Nord-Pas-de-Calais. J’y enseigne les arts plastiques après avoir été envoyée « faire mes classes » pendant cinq ans dans l’académie de Versailles. J’ai toujours la vocation et je m’y sens très utile, mais ne peux m’empêcher de constater que la violence est comme ailleurs, soit banalisée, soit médiatisée et vue par les élèves comme une marque de puissance. Nombreux sont les élèves qui ont perdu leurs repères, qui subissent leur lot de violence quotidienne et qui finissent par penser, ne connaissant que cela, que c’est normal.

La liste des violences dont je peux témoigner depuis deux ans et demi est vraiment longue. Je ne sais par où commencer. En ce qui me concerne, j’ai la chance de ne pas avoir de problèmes avec mes élèves, car la matière leur plaît généralement et je ne les vois qu’une fois par semaine, ce qui dénoue les tensions qui peuvent se créer parfois. J’ai cependant été molestée par deux élèves d’un autre établissement qui tentaient de s’introduire à Louise-Michel. Alors que je tentais de refermer la grille d’entrée, ils ont essayé de forcer le passage et je me suis défendue comme j’ai pu pour éviter les coups de ces deux adolescents avant d’être défendue par l’un de mes élèves. En fin d’année scolaire, il y a deux ans, je me suis battue avec un jeune qui m’insultait copieusement parce que je l’avais regardé. Il m’a donné un gros coup de poing dans le dos et quand je me suis retournée pour lui donner un coup de pied, il m’a cassé une dent. Ce jeune, qui avait déjà été exclu pour violence grave de trois établissements dans des régions différentes, était encore dans le système scolaire et s’est inscrit dans le mien la rentrée suivante. Quand il m’a reconnue durant le premier cour d’arts plastiques, il a cessé d’y venir et s’est fait virer un mois plus tard pour avoir racketté des sixièmes.

Pour ce qui est de mes collègues, je ne compte plus les exemples désolants d’expériences vécues alors que, je vous l’assure, notre équipe fait tout ce qu’elle peut pour apporter à ces élèves des repères et un minimum de bagages pour la suite de leur vie. Récemment, un élève de cinquième a pris pour habitude de liguer la classe contre certains professeurs, a tenu des propos antisémites d’une violence choquante durant les cours d’histoire de ma collègue, qui est juive. Il a commencé à la harceler, la suivant dans les couloirs, l’a traitée de putain et a finalement raconté qu’elle l’avait giflé, soutenu par le faux témoignage d’une autre élève particulièrement problématique. Ce n’est qu’une anecdote parmi d’autres, des centaines sans doute en trois ans. Une amie surveillante a reçu deux gifles en deux mois l’année dernière, et je dois dire que les surveillants sont particulièrement exposés à la violence, ayant un rapport plus physique aux élèves. L’un d’entre eux s’est fait rouer de coups par une bande de quatrièmes qu’il n’a pas pu reconnaître, ayant été attaqué de dos. A peine sorti de l’hôpital, il est revenu travailler pour leur montrer qu’il n’avait pas peur. Un autre s’est pris une pomme en pleine figure, lancée par un élève à la cantine, sans compter les jets de pierres pendant la récréation. Il faut aussi signaler l’inquiétante vague de machisme dont les filles et les femmes sont victimes dans le quartier. Les allusions malsaines et remarques abaissantes envers les adolescentes vont bon train. Un exemple personnel : mon nom est Mademoiselle Tournant, mais ici, la plupart des élèves m’appellent « Madame Tournante ». Ce n’est pas très flatteur, mais j’ai assez d’humour pour reprendre calmement les élèves et leur dire que le « t » ne se prononce pas! En classe, les choses se passent bien et j’ai un bon rapport avec mes élèves, jamais je n’ai eu à recadrer un élève entreprenant et je parle souvent avec eux, à travers les œuvres et les artistes que nous étudions, de la nudité, du rapport au corps, et même d’homosexualité. Mais lorsque nous sortons dans le quartier, pour surveiller le cross par exemple, des anciens élèves que je n’ai pas eus n’ont pas la même délicatesse. Les menaces sexuelles et les phrases obscènes fusent. Bien sûr, je sors de mes gonds et réagis à ces attaques avilissantes. Je veux montrer aux gamines qu’il ne faut pas se laisser faire, qu’on ne doit pas avoir honte d’être une femme, que porter une jupe (mes tenues sont féminines, ce qui est plutôt rare ici) ne fait pas d’elles des allumeuses, qu’on peut être reconnue pour autre chose que le physique, ce qui est loin d’être évident en cité. D’autres exemples ?

Un élève vient d’être réintégré dans notre collège alors qu’il avait été exclu pour avoir lancé un couteau vers une collègue de français. Je me suis réjouie qu’on ne l’ait pas inscrit par mégarde dans la classe de cette collègue, qui le croise à nouveau tous les jours désormais ! Un collègue de mathématiques a été mordu jusqu’au sang par un élève de sixième, qui a réitéré son geste auprès du principal, lors du conseil de discipline, où la mère accusait le professeur d’avoir poussé à bout son enfant. En conseil de discipline, une autre collègue s’est fait à moitié étrangler par une maman qui lui a craché au visage à plusieurs reprises. Un collègue de français s’est fait casser le pouce parce qu’il ne voulait pas rendre un carnet de correspondance.

Une collègue de mathématiques, pas plus tard que la semaine dernière, s’est fait fermer une porte sur la main, lui écrasant l’index.

Je suis incapable de me souvenir de tous les incidents, je ne suis d’ailleurs au courant que d’une infime partie. Si nous ne parlions, entre collègues, que de nos déboires, ce serait déprimant. En général, nous focalisons sur le positif, nos petits succès et nos projets, mais si un ami veut se confier, il aura toujours une oreille attentive. J’aimerais aussi signaler que la violence est encore plus présente entre les élèves, pour qui « bastons » et règlements de compte sont monnaie courante. Insultes, menaces, coups par derrière, vols avec violences, rackets, ou des jeux aussi stupides et traumatisants que baisser le pantalon et le caleçon devant tout le monde, mimer de force des actes sexuels, faire des vidéos de duels à coups de poings. La récente mode du catch n’est pas pour arranger les choses. L’année dernière, une élève de quatrième a mis dans le coma une autre en lui claquant la tête contre la grille, ce qui a entraîné une émeute de centaines d’élèves, empêchant les surveillants de venir les séparer, leur lançant des canettes et les poignardant dans le dos avec leur compas ! Suite à ce drame, ayant entraîné le coma de la victime, nous avons fermé l’établissement pour une journée et diffusé la vidéo-surveillance de l’incident aux délégués, pour mettre en évidence les dangers de l’effet de masse.

Comme je vous le disais, il ne se passe pas une journée sans une insulte, un incident, une menace envers mon équipe, et des dizaines entre élèves. Pourtant, j’adore mon travail et je prends très à cœur ma mission.

J’organise en ce moment une exposition à la mairie de quartier et notre nouveau principal a décidé de remettre des distinctions chaque trimestre aux élèves méritants. C’est un bonheur de voir leur mine réjouie quand on leur tend leur diplôme. C’est sur ça que je focalise. Mais je n’oublie pas le reste. Je vous souhaite bon courage pour votre mission, dont l’importance est capitale. Je vous invite à encourager les enseignants de Louise-Michel à témoigner et au-delà les collègues du Nord-Pas-de-Calais, qui sont connus pour leur solidarité.

Perrine Tournant

35 réflexions sur “Les profs ont la parole (9)

  1. Quand je lis cela…c’est à peine croyable, voilà ce que je me dis d’abord. Ensuite : aucune violence ne doit être tolérée.
    Enfin, il faut comprendre, à la fois pourquoi cette violence a lieu, mais il faut aussi des sanctions.

    Pour moi, il y a de moins en moins d’éducation familiale et collective, de spiritualité en Europe, et l’argent, la consommation, est le seul moteur de nos sociétés, avec des rapports de force. La culture, l’instruction sont négligées.

    Le matérialisme n’est pas souhaitable. Qu’est-ce qui empêche l’homme alors de se rapprocher de l’animal ? De vouloir que tous ses désirs soient réalisés ?

    Et les éducateurs ont-ils encore les moyens d’éduquer ?

  2. Quand je lis cela…c’est à peine croyable, voilà ce que je me dis d’abord. Ensuite : aucune violence ne doit être tolérée.
    Enfin, il faut comprendre, à la fois pourquoi cette violence a lieu, mais il faut aussi des sanctions.

    Pour moi, il y a de moins en moins d’éducation familiale et collective, de spiritualité en Europe, et l’argent, la consommation, est le seul moteur de nos sociétés, avec des rapports de force. La culture, l’instruction sont négligées.

    Le matérialisme n’est pas souhaitable. Qu’est-ce qui empêche l’homme alors de se rapprocher de l’animal ? De vouloir que tous ses désirs soient réalisés ?

    Et les éducateurs ont-ils encore les moyens d’éduquer ?

  3. Je n’arrive pas à y croire : comment peut-il rester des adultes dans un établissement où règne une cruauté et une violence pareille ? Parfois je me dis que les enseignants ont une vocation de martyr du service public …

  4. Je pense que les gamins sont le reflet des adultes, ils ne sont que la conséquence logique de nos choix électoraux, sociétaux et de notre conception de la vie depuis 1968. Les gosses ici grandissent sans familles ou avec des familles recomposées ou absentes. Je ne les excuse par pour autant … Mais je dis juste que je ne suis pas surpris.
    Le service militaire, oui et en allant dans une branche où ils iront parrainer des enfants du tiers monde (Inde et Amérique du Sud …).

    L’autre réalité dont il faut tenir compte est que beaucoup de ces jeunes gens seront papa et mamans dans 5 à 10 ans …

    Pierre a écrit : « comment peut-il rester des adultes dans un établissement où règne une cruauté et une violence pareille ? » ici les enseignants ne peuvent plus gérer cela seul, c’est la présence d’adultes solides qui est indispensable dans ce collège et qui ne lachent pas.

    Bonne chance.

  5. Ce témoignage me met bien mal à l’aise. Bien entendu, ce sont les autres professeurs qui ont des problèmes, pas vous. Ces propos sont typiques, j’ai l’impression d’être en conseil de classe ou dans la salle des professeurs!
    Je ne sais ce que vous appelez un cours « sans problèmes ». Pour moi, un cours réussi est un cours où les élèves sont studieux, silencieux, motivés et concentrés, c’est un moment où devrait régner l’harmonie, où je peux transmettre mon savoir. D’un cours réussi, les élèves devraient ressortir « satisfaits » d’eux-mêmes parce que je les ai aidés à se construire. Peu me chaut qu’un professeur de collège fût-il professeur d’arts plastiques parle de nudité ou d’homosexualité à ses élèves, (ils ont cela à leur portée tous les jours!) démagogie à bon marché.J’imagine que ma fille eût été très choquée à cet âge que l’on empiétât ainsi sur sa vie privée et sur son intimité et ses convictions. Ces élèves- là ont besoin de se structurer en découvrant le beau et la transcendance, montrez leur des tableaux de Vermeer, de Rembrandt…, (je l’ai fait en lycée en cours d’anglais lorsque je parlais des puritains et des « Pèlerins ») et vous lirez l’éblouissement dans leur regard, ce sera peut-être le seul moment de leur vie où ils seront vraiment mis en contact avec un chef d’œuvre et pourquoi n’y auraient-ils pas droit?
    Quand vous sortirez et quand vous les rencontrerez dans leur quartier, ils vous salueront « chapeau bas », ils ne vous insulteront pas.
    Je ne suis pas toujours d’accord avec les trublions au lycée et je n’hésite pas à m’accrocher avec eux si besoin est, ce n’est pas chose aisée car je ne bénéficie ni du soutien de l’encadrement qui veut la paix, ni de mes collègues qui font « ami ami », mais dans la rue, je suis « madame, mon professeur d’anglais »!
    Vous devez vraiment avoir le goût du martyre pour encore aller vous faire menacer et insulter durant votre temps libre et je ne parviens pas à vous admirer, en revanche, je vous plains.

    • Madame la Professeur d’Anglais :

      vous avez raison, le gout du martyre est un élément important dans l’ÉdNat actuelle. Cependant, j’ai du mal à croire à l’ensemble de votre témoignage.

      Que vous imposiez du respect, de la distance à vos élèves, je l’admets sans hésitation : je connais beaucoup d’enseignants comme cela.

      Mais de l’admiration, de la reconnaissance ? Là je demande à voir. Si j’avais été collégien dans votre classe, vous n’auriez vu aucune admiration dans mes yeux devant Vermeer ou Rembrandt. Je ne parle pas, alors, de ceux qui ont un profil moins « intellectuel » que moi …

  6. J’ai laissé un commentaire sur le billet suivant, après m’être trompée de fenêtre. Je constate que mon avis est très proche de celui de navarre. Ce qui ne veut pas dire que nous ayons raison. Ni tort.

    • « Ce qui ne veut pas dire que nous ayons raison. Ni tort. »
      Vous allez me trouver dur, mais ce politiquement correct m’agace prodigieusement. Ah, ces gens qui ne peuvent pas exprimer la moindre opinion sans s’excuser ! Si personne n’a raison ni tort, autant ne rien penser et ne rien dire.
      Comme Super Pédago qui repousse à l’infini l’apprentissage de la lecture, le politiquement correct repousse à l’infini l’usage de la réflexion.
      Ce n’est certes pas avec une telle mollesse qu’on va améliorer l’ÉdNat …

      • Vous trouvez que je n’ai pas l’habitude de dire ce que je pense?
        Vous trouvez que mes interventions sont molles et consensuelles?
        Je crains que vous n’ayiez pas suivi le sens de mon « ni tort », effaçant, selon moi, le sens de ce qui venait juste avant : »Ce qui ne veut pas dire que nous ayons raison. »
        Je ne m’exprime peut-être pas assez clairement, mais cela me semblait évident tout de même…
        Et puis zut, je ne suis pas ici pour faire une explication de texte…
        Je ne vous trouve pas dur, je pense que vous ne lisez pas ce que je dis en commentant les différentes notes.
        Essayez d’être dur avec vos ennemis, et évitez de rentrer dans le gras de ceux qui pensent comme vous. Vous vous rendrez service. Merci!

      • « Ce n’est certes pas avec une telle mollesse qu’on va améliorer l’ÉdNat … »
        En outre, si vous pensez que l’Ed plus Nat est encore améliorable, je crois que vous vous trompez, et lourdement.
        Elle est morte et bien morte. Je le déplore, mais c’est comme ça.
        C’est assez brutal, là?

      • Très chère Marine :

        ah, quel bonheur cela a été pour moi de lire vos deux réponses ! C’est
        un peu comme quand j’arrive à bien faire comprendre quelque chose
        à mes chers élèves de seconde.

        Je suis désolé de vous avoir énervé un peu (pour preuve, vous dites
        que vous ne me trouvez pas dur et peu après vous dites que cela ne
        me sert à rien d’être dur …) mais l’essentiel c’est que le message
        soit passé, n’est-ce-pas ? Si je ne m’abuse, j’ai frappé un grand
        coup dans votre habitude de « ni raison ni tort ».

        Tant et si bien, que vous tombâtes dans l’excès contraire, et vous mîtes
        à vouloir être « brutale ». Je ne vous en demandais pas tant ! D’ailleurs,
        quoiqu’en disent les féministes, la brutalité ne sied pas aux dames. Non, Marine,
        je vous dis simplement : ne dites plus « ce n’est que mon opinion qui
        n’engage que moi » après chaque vérité un peu gênante que vous faites
        remarquer. Vous verrez, tout le monde vous prendra deux fois plus au sérieux,
        et cela fera avancer les choses …

        • Très, très cher Philippe Mérieux,

          Au risque de vous déplaire par ma brutalité refusée aux « dames », je me demande si vous savez lire.
          Les pédagogistes vous diraient que vous déchiffrez, certes, mais que vous avez du « mal à mettre du sens ». Vous avez sans doute appris trop vite et par la méthodde syllabique 😉

          J’en veux pour preuves:
          1) « vous dites que vous ne me trouvez pas dur et peu après vous dites que cela ne me sert à rien d’être dur … »
          alors que j’ai écrit: « Je ne vous trouve pas dur, je pense que vous ne lisez pas ce que je dis en commentant les différentes notes.
          Essayez d’être dur avec vos ennemis, et évitez de rentrer dans le gras de ceux qui pensent comme vous.  »
          Vous trouvez que c’est la même chose? ESSAYEZ D’ETRE DUR AVEC VOS ENNEMIS. Peut-être me faut-il penser que vous me considérez comme une ennemie de votre cause?

          2) « Si je ne m’abuse, j’ai frappé un grand
          coup dans votre habitude de « ni raison ni tort ».
          Là, je pense que vous avez des lunettes déformantes, parce que je ne me souviens pas avoir dit quelque chose qui puisse vous amener à cette constatation d’une dite « habitude « .
          Ce que vous prenez pour du politiquement correct (et là, oui, ça me blesse, je le confesse) n’était qu’un piètre effet de style, trop faible pour que votre hauteur puisse s’abaisser à le saisir.

          Que viennent faire les féministes là-dedans? Que vient faire le fait que je sois une femme (une dame, comme vous dites)?

          Je me fiche que vous (ou tout le monde) me preniez au sérieux ou pas, je viens ici parce que:
          – je sais de quoi je parle, étant moi-même prof,
          -je vis la même chose que les collègues qui s’épanchent en racontant leur expérience, soit personnellement, soit en les ayant observées chez d’autres,
          -il est bon de constater qu’on n’est pas tout seul
          -que je déplore la mort de l’Education ex nationale.

          Quant à vos exagérations (« je vous dis simplement : ne dites plus « ce n’est que mon opinion qui
          n’engage que moi » après chaque vérité un peu gênante que vous faites remarquer. »), elles m’étonnent et vous déshonorent. Montrez-moi une seule de mes opinions édulcorée (à part ce ni raison, ni tort dont vous me fîtes un procès de Moscou, parce que vous ne l’avez pas compris).

          « et cela fera avancer les choses … »
          Les choses n’avanceront pas, tant que subsistera la mauvaise foi.
          Je suis déçue par vous.

          Dernier point: merci de me comparer à vos élèves de seconde, ça me rajeunit. Mais je ne peux m’empêcher de m’inquièter pour eux…

          Je me dispense du « bien à vous » comme formule de politesse, parce que vous seriez capable de prendre cela pour un appel à sympathie. Loin de moi cette intention.

        • <>

          Mais je compte bien qu’on ne vous y reprendra plus jamais, Marine. Je n’en attends pas moins de vous ! Et sans vouloir me vanter, ce sera un peu grâce à moi …

        • Oups, wordpress a avalé la phrase que je commentais : il s’agissait de
           » Montrez-moi une seule de mes opinions édulcorée (à part ce ni raison, ni tort dont vous me fîtes un procès de Moscou »

  7. à Ph Meirieux,

    Quel pseudo!

    Je ne demande pas à être admirée, mais après tout ce n’est pas si mal d’avoir des modèles et si je pouvais être assez digne d’en être un, ce serait une belle réussite pour moi, ce devait être l’ambition des professeurs, non pour en tirer la moindre gloriole, mais pour participer à la « construction » des adultes de demain qui auront en charge la société. Si Môssieu Meirieu, certains ont été éblouis par les tableaux que je leur ai présentés, cela vous étonne? ( vous ne l’auriez pas été, ne vous en glorifiez pas, peut-être étiez-vous un sale gosse?) Disons que certains sont plus sensibles que vous à l’art et je m’en félicite pour eux, il ne faut peut-être pas toujours juger à l’aune de soi.
    Ils sont contents de me voir au marché de leur quartier, surtout avec mes enfants, car ils découvrent concrètement que derrière le professeur, il y a une mère de famille et que chez moi, ce n’est pas le modèle « jeans tennis ».

    Les parents des deux jeunes filles que j’ai préparées pour entrer à l’IEP de Paris par la voie spéciale étaient très respectueux du savoir et des professeurs, tout comme leur progéniture et j’ai des élèves de terminale dont certains parents envieraient la tenue coquette, discrète et de bon aloi, pour leurs propres enfants. Je me sens proche d’elles à bien des points de vue et notamment en matière de morale.

    A tous,

    Dussé-je en choquer certains, il m’arrive d’être en situation d’échec, je me sens alors humiliée, salie par l’attitude de gamins insolents et ignares, petits fumeurs de haschich aux neurones embrumés, mais à la prétention intacte, soutenus par leurs parents, et dont certains viennent du centre ville! Il me faut alors faire un effort, surhumain pour moi, pour
    ne pas m’attirer d’ennuis en leur disant le fond de ma pensée! Les professeurs ne peuvent bien entendu pas réagir comme il se devrait aux insolences des élèves s’ils ne veulent pas être accusés d’agresser ces chers petits!

    Il est vrai que ces chers petits sont la digne progéniture de leurs parents qui sans venir vous voir pour éclaircir la situation n’hésitent pas à vous dénoncer auprès de la hiérarchie tandis qu’ en vie de classe des collègues se font une joie de prêter foi aux médisances que colportent certains élèves. Je menace désormais de porter plainte pour diffamation!

    • Madame la Professeur d’Anglais :

      hé oui, mon pseudo est plutôt ridicule, mais je me flatte que votre réponse à mon commentaire (pour laquelle je vous remercie) confirme complètement ce que je pensais, à savoir que vous êtiez bien injuste avec Mme TOURNANT et que votre témoignage sonnait moins vrai que le sien.

      Dans votre premier commentaire, vous dites hautement « je n’hésite pas à m’accrocher avec eux si besoin est », mais dans votre réponse vous avouez « Il me faut alors faire un effort, surhumain pour moi, pour ne pas m’attirer d’ennuis en leur disant le fond de ma pensée ». Y a t-il une différence si grande avec le « goût du martyre » de Mme TOURNANT ? Nous autres les enseignants sommes tous confrontés au même problème, vous voyez …

  8. Pour avoir vécu de telles situations, je souscris totalement au dernier paragraphe du commentaire de Navarre: la délation de la part des parents et le manque de solidarité de la part de certains collègues profs principaux, trop heureux de se mettre leur classe « dans la poche », parfois sur votre dos.
    Je me demande ce que ce sera avec le prof référent…
    Il faudrait parler de l’infirmière « bureau des pleurs et des récriminations » aussi.

  9. Meirieux,

    Attention votre pseudo pourrait déteindre. Vous me semblez adepte de la méthode globale….

    Son commentaire sonne vrai dites-vous, je vous l’accorde, c’est ce qui me choque.

    Evidemment que l’on se retient, qu’imaginez-vous que je fasse maintenant à votre égard! Je ne vais tout de même pas les traiter de « sales petits c…. », ce serait inconvenant, je suis une dame et je porte même une jupe pour aller au lycée.

    Vous sondez les reins et les cœurs, « mon témoignage ne sonne pas juste », vous êtes vraiment de la corporation qui juge, vos jugements viennent tout droit de la CAMIF!

    La différence entre vous et moi, monsieur et elle est incontournable, vous vous dites enseignant, comme d’autres sont techniciens de surface, moi, je suis professeur! ITE MISSA EST!

    • Vous ne les traitez pas de « sales petits c.. » . Fort bien. Que leur dites-vous alors ? N’avez-vous pas conscience de votre hypocrisie ?

      Et laissez la CAMIF en dehors de tout cela s’il vous plait. Ce sont de très honnêtes et
      très honorables marchands de vêtements et de meubles.

  10. A Marine,

    Hier nous avions une après midi banalisée. Le proviseur nous a vendu la réforme enrobée dans du papier doré. Nulle réaction ou si peu et mes jeunes collègues toutes frétillantes et persuadées que tous les problèmes vont être réglés!
    Les enseignements « d’exploration » devront préparer au choix, mais ne devront pas former!
    Il faut lire les documents d’éduscol sur le lycée plus que jamais lieu de vie.
    Je suis catastrophée, les syndicats d’extrême gauche SGEN UNSA, la FCPE, c’est à dire les pédagogistes ont obtenu gain de cause avec ce gouvernement, au vote de la CSE ils ont été soutenus par le MEDEF!

    Il fallait une réforme, mais il fallait revenir aux enseignements fondamentaux et revenir à la discipline dans un soucis d’économie et de rentabilité. Nous allons vers un système à l’américaine d’où l’étude et le savoir semblent avoir disparu au profit de l’écoute.

    Le système public avait des réussites, de grands lycées, d’excellentes classes et je dois dire pour avoir travailler dans du privé hors contrat pour arrondir les fins de mois que ce n’est pas toujours la panacée. Je pourrai expliquer pourquoi.

  11. M. Meirieux

    Parce que vous ne vous maîtrisez visiblement pas dans la vie?

    j’attendais bien autre chose de ce blog, un échange intelligent d’idées et d’impressions et d’informations.

    Puisque la conversation avec vous n’en vient qu’à se faire traiter d’hypocrite et puisque vous n’en restez qu’au niveau de l’invective,donc à la vanité, je me retire de ce blog définitivement, peut-être est-ce le but visé?

    • À navarre :

      Si vous expliquez que vous ne dites pas ce que vous pensez, et que là-dessus je
      commente que c’est de l’hypocrisie, où est l' »invective »?

      Si cela peut vous rassurer, je considère que aussi bien vous, moi, Mme
      TOURNANT ou la plupart des profs sont hyprocites à cet égard. Nous
      ne respectons pas les élèves (soient-ils chahuteurs ou calmes)
      en les faisant participer à toute cette comédie. Il n’y a d’ailleurs
      rien d’innovant à cela, bien d’autres l’ont dit avant moi.

      Vous attendiez-vous à un débat à la manière des commères, où on ne dit
      du mal que des autres ? Sans remise en question de soi, un débat politique
      n’est que du ronron et de l’immobilisme.

      Vous vous méprenez complétement si vous croyez que mes commentaires
      avaient pour but de vous faire fuir ce blog. Bien au contraire, je suis toujours heureux
      de discuter sur ces thèmes rarement mentionnés dans les réunions et les syndicats.

      Finalement, il y a le fait (inexplicable selon vous) que SOS-Éducation
      n’a pas effacé mes messages. Je vois quatre hypothèses :

      1) SOS-Éducation me considère comme un troll, mais pratique une politique de
      tolérance.
      2) SOS-Éducation est indifférent ou neutre au débat particulier que nous menons
      3) SOS-Éducation partage partiellement mon point de vue, et ne voit aucun trollage dans
      mes commentaires.
      4) Il y a un complot machiavélique contre vous, ourdi entre autres par SOS-Éducation et
      « Philippe Mérieux » qui ne sont qu’une seule et même entité.

      Ne croyez-vous pas, tout de même, que l’hypothèse 4 est un peu excessive ? Let’s not jump to conclusions.

  12. @Navarre:
    dans ma réponse au dit Philippe Mérieux, mes doigts ont fourché aussi: méthode 😉
    Je suis sûre qu’il va relever, alors j’anticipe.

    « Puisque la conversation avec vous n’en vient qu’à se faire traiter d’hypocrite et puisque vous n’en restez qu’au niveau de l’invective,donc à la vanité, je me retire de ce blog définitivement, peut-être est-ce le but visé? »
    Surtout pas, Navarre!
    La réponse de SOS Education devrait vous retenir. Mais je pense que parfois, un peu de soutien serait le bienvenu…même si nous sommes assez grandes pour nous défendre seules.
    Moi aussi, je suis déçue. Je pense que nous ne sommes pas ici pour faire une analyse de textes, ni pour nous faire traiter de lâches à chaque remarque.
    Mais ne partez pas.
    Continuons à partager nos expériences parce que cela nous aide!
    Quand je pense à tout ce que j’ai déjà dit ici, je suis furieuse de me faire « évaluer » comme une « dame » qui n’a pas d’avis, ou qui édulcore ses pauvres opinions. D’abord, ce ne sont pas des « opinions », c’est du vécu.
    Moi je ne pars pas.
    Je ne partirai que quand j’aurai démissionné de mon travail. Cela viendra, je n’en doute pas. A voir l’état des élèves et surtout, plus grave, celui des collègues…

    • Je suis désolé que vous n’ayez pas interprété mes commentaires comme « un peu de soutien » ; c’en était pourtant l’intention essentielle et première.

      A aucun moment, je n’ai « évalué » ni même commenté l’ensemble des témoignages et opinions que vous avez déposé dans ce post ; je n’ai fait que reprendre une petite phrase de rien de tout dans l’ensemble de ce que vous avez envoyé ici.

      • Ah, le petit accident que j’ai eu tout à l’heure en postant mes commentaires a dû gêner
        votre compréhension , je le reproduis donc ici sans coupure :

         » Montrez-moi une seule de mes opinions édulcorée (à part ce ni raison, ni tort dont vous me fîtes un procès de Moscou  »

        Mais je compte bien qu’on ne vous y reprendra plus jamais, Marine. Je n’en attends pas moins de vous ! Et sans vouloir me vanter, ce sera un peu grâce à moi …

        Et puis, vous ne trouvez pas que c’est un peu exagéré de comparer aux procès de Moscou ? On voit bien que vous n’avez jamais été sur le banc des accusé(e)s là-bas. Beaucoup échangeraient volontiers ce qu’ils ont subi contre votre (petit) calvaire d’aujourd’hui.

        • Oui, j’avais compris, merci!
          « Mais je compte bien qu’on ne vous y reprendra plus jamais, Marine. Je n’en attends pas moins de vous ! Et sans vouloir me vanter, ce sera un peu grâce à moi … »
          Mais comment voulez-vous que l’on m’y REprenne, puisque déjà, on ne peut pas m’y prendre !
          Pour moi, les mots ont un sens, je n’y peux rien.

          Sur les procès de Moscou: ceux qui les ont subis ne peuvent pas vouloir échanger leur place contre la mienne, puisque de place, ils n’en ont plus. Ils sont morts…Et pas de vieillesse…

          Si vous trouvez que la situation des profs dans l’education ex nationale est un « petit calvaire », lisez donc les journaux et les blogs.
          Bien sûr, on peut toujours démissionner et abandonner ce qui a été un temps le moteur d’une vie. Bin voyons!
          Un peu simpliste, voire simplet, non?

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