« Lycéen bloqueur » : un débat tronqué

La mobilisation enfle dans la rue et sur la Toile pour, ou contre selon les cas, le lycéen « bloqueur », Tristan Sadeghi. Rappelons que ce dernier, élève du lycée Maurice-Ravel dans le XXe arrondissement de Paris, avait été l’un des principaux organisateurs du blocage de son établissement lors des « grèves des lycéens », ces deux dernières années. La polémique porte sur le fait que le proviseur de Maurice-Ravel, Philippe Guittet, a conditionné l’inscription en Terminale de Tristan Sadeghi à son engagement écrit de ne plus participer au blocage de l’établissement. Comme l’a bien montré le blogueur-avocat Maître Éolas, Tristan Sadeghi et ses soutiens au « Parti de gauche », dont il est membre, auront beau jeu de crier à l’illégalité de ce chantage à la réinscription.

En effet, le proviseur de l’établissement n’a pas le pouvoir de sanctionner l’élève, simplement celui de saisir et de présider le conseil de discipline qui doit se prononcer sur l’exclusion, ou non, de l’élève. Comme le dit bien un autre blogueur, Jules, de Diner’s room, cet abus de pouvoir du proviseur Philippe Guittet est en réalité un aveu de faiblesse : pourquoi n’a-t-il pas lancé une procédure d’exclusion à l’encontre de tous les lycéens bloqueurs de son établissement, et au moment des faits ? Au lieu de s’en prendre à un seul, plusieurs mois après ?

Mais au-delà de cette querelle juridique, et de la floraison de groupes sur Facebook contre Tristan Sadeghi, ici ou , se pose la question du militantisme lycéen : comment se fait-il que, alors que l’on est mineur et qu’on est censé préparer le baccalauréat, l’on puisse faire partie d’un syndicat lycéen, et participer ainsi à des grèves, des manifestations, des blocages, alors aussi que l’on est tenu à la pleine assiduité ?

Roman Bernard

Lycéen bloqueur

Mise à jour, lundi 7 septembre : à lire aussi, le billet d’H16.

10 réflexions sur “« Lycéen bloqueur » : un débat tronqué

  1. « comment se fait-il que, alors que l’on est mineur et qu’on est censé préparer le baccalauréat, l’on puisse faire partie d’un syndicat lycéen, et participer ainsi à des grèves, des manifestations, des blocages, alors aussi que l’on est tenu à la pleine assiduité ? »

    Parce que, cher SOS EDUCATION, si vous viviez avec votre temps, vous vous apercevriez que les mineurs d’auhourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’il y a dix ans.
    Quand on évoluer la loi sur les mineurs pour permetrre de les punir comme des majeurs, je ne vois pas pourquoi ceux-ci ne pourraient pas s’exprimer sur les choix que prend la société à leur encontre.
    Si vous parliez un peu avec eux, vous vous apercevriez qu’ils sont trés nombreux à être inquiets pour leur avenir. A un age, où moi même, je ne pensais qu’aux filles et aux sorties.
    Bref, l’avenir qui leur est réservée n’étant pas des plus rose, je comprend totalement leur désarroi. Surtout face à une société qui dans sa grande majorité, voudrait que nos jeunes se plient au »bosse et tais-toi »
    Cordialement
    Artocarpus

  2. Les révoltes estudiantines, ou quand une minorité totalement manipulée chercher à imposer par la force ses convictions politiques à la majorité! Ces sales gosses complètement endoctrinés dès le berceau peuvent manifester s’ils le désirent (au détriment de leurs études), mais n’ont certainement pas le droit d’empêcher par la force ceux qui le désirent d’aller s’instruire sur les bancs de l’école publique!
    Un gouvernement digne de ce nom ferait respecter l’état de droit à grands coups de matraques dans la tronche de ces petits Che Guevara en culottes courtes !

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