Témoignage : Lettre au Ministre de l’Éducation Nationale

Lettre au Ministre de l’Éducation Nationale -avril 2012- restée à ce jour sans réponse

« Monsieur le Ministre,

Je viens de mettre un terme, le 1er mars dernier, à mes activités de professeur dans l’enseignement secondaire.

On a coutume de dire que le risque zéro n’existe pas. En la circonstance, je peux vous dire que le regret zéro existe, je l’ai découvert, et il m’accompagne quotidiennement depuis cette date. Et je vous avoue également que j’ai du mal à comprendre pourquoi certains font encore ce métier et, comme le fils de Géronte, ce que de jeunes étudiants -même s’ils sont de moins en moins nombreux à se précipiter sur les concours d’enseignement- peuvent aller faire dans cette galère !

À moins, -et c’est là peut-être l’explication- que ces impétrants ne souhaitent découvrir ce que le mot absurdité veut dire, à moins que, lecteurs et admirateurs de Kafka, Jarry, Ionesco ou Beckett, ou bien, plus classiques, de Molière et Courteline, ils n’aient envie de vivre au quotidien les oeuvres de ces grands auteurs…

Car dans le domaine du comique et de l’absurde, et même tout simplement de l’imbécillité, depuis trente ans, le théâtre de l’Éducation Nationale brille des feux les plus éclatants : pédagogie différenciée, rénovée, collège unique, collège pour tous, collège de l’an 2000, parcours diversifiés, individualisés, apprendre à apprendre, soutien scolaire, remédiation, élèves en difficulté, classes hétérogènes, séquences didactiques, catéchisme et circulaires pédagogiques, bac pour tous, Évangile selon Saint-Meirieu, élève mis au centre du système éducatif, rythmes scolaires, semaine de quatre jours, de cinq jours, de quatre jours et demi, ouverture sur le monde extérieur éducation à la citoyenneté, et j’en passe, les innombrables néologismes de l’imbécillité sortis de cette institution pour aggraver un peu plus la situation constituent un véritable pain complet !

Et même, soucieux de laisser leur nom dans l’histoire de ce théâtre, de nombreux ministres y sont allés de leurs grandes innovations et petites réformes, et il fallait que vous aussi vous apportiez votre pierre à ce monument, ou plutôt votre coup de pioche à l’édifice. Vous l’avez fait, et de main de maître, avec le projet d’évaluation par les chefs d’établissement et, rien que pour rire, j’imagine -car je ne le verrai pas- ce qu’aurait pu être l’évaluation de mes cours de français, ou de latin ou de grec par tel ou tel chef d’établissement ignorant de cette matière ! Et certes l’ancienne évaluation par des inspecteurs déconnectés de toute réalité, et pétris de théories didactiques relève depuis longtemps du folklore. Mais celle de votre projet, dont je ne sais quel technocrate fou l’a inventé, relève de la sottise la plus parfaite ! Tout comme l’idée mercantile des 25 heures de présence pour 500 € de plus dans les établissements secondaires, qui prouve une méconnaissance totale de ce qu’est ce métier, et qui fait rire tout le monde !

Cependant, je crois que tous les records sont battus, le seuil limite, le mur du son de l’imbécillité ont été dépassés depuis trente ans avec le fameux collège unique des pédagogues innovateurs et différenciés, dernier système maoïste au Monde, où un pseudo-égalitarisme monstrueux produit les pires inégalités et les pires injustices qui soient, et où une animation à la crème pédagogique remplace l’acquisition d’une quelconque connaissance ou d’un semblant d’esprit critique !

Le résultat aujourd’hui, vous pourriez le constater si vous alliez enseigner dans tel ou tel collège, plutôt que d’aller y faire de temps à autres une promenade apéritive, en compagnie de Monsieur le Recteur, Monsieur le Député, Monsieur le Conseiller Général et Monsieur le Chef d’Établissement, le résultat, c’est que les écoles de la République sont devenus des sortes de zoos dans lesquels, au milieu des cris, des bagarres, des disputes, des insultes les plus grossières, des incivilités les plus hétérogènes, des livres ou des cahiers oubliés, des devoirs qui ne sont pas faits, dans une absence quasi-totale de discipline, entre diverses interventions des pompiers, du planning familial, de la sécurité routière, entre les problèmes de cantine ou de cars scolaires, les interventions de parents d’élèves pour faire annuler telle option ou telle heure de retenue, au rythme d’emplois du temps de plus en plus incohérents, les professeurs -si l’ont peut encore les appeler ainsi tant le mépris qu’on leur applique est immense !- accomplissent une sorte de travail d’animation et de garderie plus que de transmission d’un quelconque savoir ! Et les quelques malheureux élèves qui ont encore envie d’apprendre quelque chose travaillent au milieu des quolibets et des invectives des autres !

Connaissant la situation, et montrant par là le courage qui les anime, tous les ans, dans les documents de rentrée, les chefs d’établissement rappellent les lois et circulaires restreignant jusqu’à l’absurde les motifs d’exclure du cours un élève. Ainsi, l’exclusion d’élèves qui en empêchent le bon déroulement -et ils sont nombreux !-, est devenu un crime de lèse-majesté, et la preuve qu’on ne sait pas les “intéresser”, jusqu’à ceux qui ne s’intéressent à rien, catégorie non répertoriée par les pédagogues innovateurs, et tout est fait pour rendre le métier de professeur impossible tout en écoeurant les élèves qui ont envie d’apprendre, et en achevant de les persuader de rejoindre les bataillons de ceux qui passent leurs journées à s’amuser, se battre, s’insulter, perturber les cours et faire les imbéciles ! Travailler et apprendre sont la marque du “bouffon” et le dernier recours de ces malheureux élèves est de travailler en cachette, au moins de ne pas trop le montrer. De toute façon, tout ce petit monde remonte de classe en classe, sans aucune exigence, preuve qu’il a le niveau souhaité, jusqu’au brevet des collèges, avec ses sujets pour ignorants et ses dictées de quatre lignes et demi, puis jusqu’au baccalauréat.

Notre pays avait il y a trente ou quarante ans le meilleur système d’instruction du monde, envié dans tous les pays ! Aujourd’hui, il doit figurer parmi les derniers, il est selon un mot qui n’est pas le mien “une fabrique de crétins”, ou une préparation à la barbarie. Heureusement 80 % des élèves ont le bac, un bac avec lequel nombre d’entre eux vont grossir les amphis bondés des universités et produire des copies dont une bonne proportion s’apparente à des charabias remplis de fautes d’orthographe, avant d’aller faire la mise en rayon à l’Intermarché du coin !

Bravo, Monsieur le Ministre, et bravo à vos prédécesseurs, et dire que pour cela vous percevez précisément un salaire de ministre ! Heureusement que vous n’êtes pas payé au mérite, comme le préconise votre gouvernement, car, au vu des résultats de votre action ministérielle, vous ne percevriez même pas le RSA !

Au train où vont les choses, je ne sais qui vous trouverez bientôt pour faire ce métier de gardien de zoos sans cages pour un salaire parmi les plus bas d’Europe : des recrutés de pôle emploi par un chef d’établissement autonome, plus ignorants encore que leurs élèves, des chômeurs en fin de droit, après un stage de pédagogie active, de malheureux étudiants qui ne pourront pas faire autre chose, des présidentes de l’association des parents d’élèves venus développer leurs sens aiguë de la maternité, des pédagogues théoriciens voulant vérifier le bien fondé de leurs études, en tout cas pas des professeurs dignes de ce nom et capables de transmettre les valeurs de notre civilisation qui, selon les propos récents de l’un de vos collègues, est censé valoir mieux qu’une autre ! Au rythme de notre Education Nationale, si c’est vrai, de tout façon, cela ne sera pas pour très longtemps !

Mais le clou de toutes ces années d’enseignement, le sommet de la pyramide, le comble de l’absurdité, et l’illustration magistrale de la manière dont l’Education Nationale considère, utilise et valorise les compétences et les talents, c’est une sorte de prouesse dont j’ai été le bénéficiaire et le spectateur ahuri.

Tout au long de ces décennies passées à enseigner le français et les langues anciennes, combien de ministres, depuis M. Jack Lang à tel ou tel de vos prédécesseurs, ai-je entendu parler gravement des matières artistiques, à commencer par le théâtre dont il fallait favoriser l’étude et la pratique dans les établissement scolaires (et il est vrai que c’est l’un des meilleurs moyens d’apprendre et de maîtriser notre langue !).

Or il se trouve qu’en dehors de ce métier, -que j’ai heureusement exercé à mi-temps ou temps partiel !- je suis auteur dramatique, auteur d’une vingtaine de pièces dont la plupart ont été publiés et jouées en France et à l’Etranger et notamment LE BARILLET, qui vient d’être réédité pour la sixième fois, ouvrage, qui plus est, utilisé et joué dans de nombreux lycées et collèges et même jusqu’au lycée franco-finlandais d’Helsinki !!!
Eh bien, sachez, Monsieur le Ministre que pas une fois il ne m’ a été proposé d’exercer la moindre activité, ou responsabilité en la matière, au sein de l’Education Nationale, en sus ou à la place de mes cours, ou une quelconque activité liée au théâtre. J’en avais parlé à plusieurs reprises, et en vain, à différent(e)s inspecteurs(trices), la dernière, en 1999, m’a répondu, d’un ton définitif “qu’avoir du talent pour écrire du théâtre ne voulait pas dire que je l’enseignerais mieux” (sic) !

Et même, il y a quelques années, un malheureux petit atelier de théâtre que j’assurais (en HSE -une heure par semaine !), avec un petit spectacle annuel qui ravissait parents et enfants a été soudain supprimé sous prétexte que travaillant à mi-temps, je n’avais pas le droit de faire des heures supplémentaires ! Et c’était à l’époque du fameux “Travailler plus pour gagner plus “ de votre mentor M. Sarkozy !

Or, en 2004, lors d’une rencontre avec M. P. H. Cugnenc, député de l’Hérault, grand professeur de médecine, chef de service à l’Hôpital Pompidou, cet homme brillant, plein d’intelligence et de bons sens, mais un peu naïf et peu au courant de ce qu’est l’Education Nationale, me demanda où j’enseignais et après m’avoir dit, au vu de mon parcours littéraire, que c’était “comme si on lui faisait donner des cours de médecine à des secouristes” (sic), il s’étonna que “l’Éducation Nationale ne m’ait jamais proposé d’exercer la moindre activité en rapport avec le théâtre.” Voyant mon air désabusé, il me dit qu’il allait sur le champ en parler au Recteur de l’Académie de Montpellier. Et effectivement, je reçus dès la semaine suivante une proposition de rendez-vous de la part du Directeur de Cabinet de M. le Recteur, auquel, un peu sceptique tout de même, mais toujours prêt à répondre aux manifestations d’intelligence et de bonne volonté, je m’empressai de faire un certain nombre de propositions pour mettre en place sur l’Académie un réseau d’activités destiné à favoriser l’étude et la pratique des écritures théâtrales, notamment d’auteurs vivants, choses que je fais aujourd’hui avec succès mais en dehors de l’Education Nationale, bien entendu !

Je passe sur les détails de l’aventure, qui traîna près de trois ans, sachez seulement qu’après un ultime rendez-vous avec une inspectrice de Lettres et sa collaboratrice, où j’eus nettement l’impression de déranger tout le monde, et où l’on me regardait d’un air de dire : “Mais qu’est-ce qu’il fait là, celui-là ?!” elle se termina par un appel téléphonique de l’inspectrice des Activités Artistiques, suite à un ultime projet de Festival de Théâtre Scolaire à Béziers, projet qui avait recueilli l’approbation du Sénateur Maire, appel où je me fis vertement réprimander comme un gamin pour mon audace, et où j’ appris “que tout ce qu’on avait à me répondre, c’était que je devais rester à ma place !”

Ce que j’ai fait jusqu’à récemment, poursuivant parallèlement mon enseignement à mi-temps au zoo, et une carrière d’auteur dramatique plus qu’honorable, si l’on en croit notamment les succès encore récents du BARILLET et de bon nombre d’autres pièces, comme On nous prend pour des cons (Th de l’Entresort – Narbonne 40 représentations à guichet fermé) qui correspond à merveille à la situation actuelle du citoyen ou de l’enseignant français !

Tout cela mériterait, vous le comprenez, un bien plus long ouvrage que cette lettre, (d’autres l’ont fait et le feront pour moi et mieux que moi !) voyez-vous, Monsieur le Ministre, pour ma part je n’ai ni l’intention ni l’envie de le faire : un tel concentré de bêtise, de médiocrité et d’incompétence est accablant, et ce que je souhaite aujourd’hui, c’est ne plus en entendre parler, sinon pour en rire et en faire des comédies, où je pourrai voir comme récemment dans Discours Toxiques, des salles entières pliées de rire à l’évocation de ce qui est devenu la plus grande entreprise pédagogico-comique de France !

Je vous souhaite une bonne suite dans votre carrière politique (peut-être vous verra-t-on bientôt, si l’actuel Président est réélu, au Ministère des Transports ou de la Pêche, pour proposer que les marins pêcheurs soient évalués par les derniers thons rouges) et vous félicitant une dernière fois pour l’efficacité de votre action, je vous assure, Monsieur le Ministre, de ma consternation distinguée. »

Jean-Pierre PELAEZ

18 réflexions sur “Témoignage : Lettre au Ministre de l’Éducation Nationale

  1. Hélas, trois fois hélas!!! comme je comprends M. Pelaez! Je constate tous les jours les résultats de cet « enseignement » catastrophique avec les étudiants en BTS qui sont d’une ignorance en français qui fait frémir… et, pire, d’un désintérêt total pour toute culture intellectuelle. Le professeur n’est plus là pour transmettre un savoir, au mieux il assure une garderie, au pire il a affaire à des « clients » contestataires qui tentent de lui imposer leurs critères de qualité nivelés au plus bas. Cela désole profondément le vieux professeur que je suis.

  2. Je suis heureux de voir que mon appréciation du monstre bureaucratique qu’est l’Education Nationale n’est pas isolée. Beaucoup de choses que constate Jean-Pierre sont déjà visibles dans le primaire!
    Sait-il quelle chance il a de pouvoir y échapper?

  3. Monsieur Pelaez, que dire de plus … tout est bien là … Si seulement des enseignants de votre trempe avaient agit comme vous et ceci dès les signes précurseurs, après mai 68 … nous n’en serions pas là.
    Mais l’enseignant cultivé dans un microcosme, politisé et encadré par le syndicalisme à la solde des idéaux trop sur de lui a perdu tout sens des réalités, au point de supporter de se faire insulter et même frapper, obligé par le système de subir en silence face aux  »Jeunes sauvageons » comme il faut dire.
    Le corps enseignant totalement dépendant soumis, la situation va se dégrader encore.
    A moins que les grandes et puissantes manifestations se déchainent comme jadis ils savaient très bien le faire, pour virer un ministre … mais ce coup ci, pour la bonne cause.

  4. Quel plaisir et quel soulagement de lire cette lettre qui expose la triste réalité. Jusqu’ou` nous conduira « la guimauve bien pensante »?…

  5. Excellent, tout à fait d’accord avec le constat, notamment cette hérésie qu’est le collège unique.
    Changement de gouvernement mais rien ne change.
    Même constat dans les domaines technologiques et professionnels, où la méthode globale d’enseignement est érigée en maître, celle-là même qui a engendré dans le primaire les résultats admirables que l’on connait.

    Ma grande crainte est d’arriver à un point de non retour, à moins que nous y sommes déjà arrivés, où tout redressement de situation s’avérera impossible.

    Enseignant en bts crsa, 25 ans d’encienneté.

  6. comme je vous comprends et vous soutiens!!! pour se convaincre de la véracité de vos propos il n’y a qu’à écouter avec attention le langage des présentateurs à la télévision.!!!pas un commentaire sans faute de français! un parler plus que douteux! Bon courage pour vos activités théâtrales, vous pourrez faire beaucoup de bien. je parle avec expérience. B Hue

  7. bonjour,

    Que c est triste de lire cette lettre d’un professeur totalement désabusé…mais encore entier (un chanceux en somme).
    Par contre qui a instauré – il est interdit d’interdire- sinon les enseignants qui sont en grande majorité tous de la gauche progressiste…alors maintenant que la graine est semée nous récoltons, sans même la peine de séparer le bon grain de l’ivraie car tout est ivraie…

  8. Bonjour à tous.
    Rien n’est perdu……….loin de là. Il faut résister, transmettre des savoirs, la connaissance doit être au cœur des cours en classe. Je sais c’est contre l’idéologie ambiante ET ALORS…. que peut-il nous arriver? Changer de camp… Depuis maintenant 10 ans je ne fais plus aucune concession, ni aux conseillers pédagogiques de tous poils, ni aux inspecteurs,ni aux parents et mes élèves se portent très bien,heureux d’apprendre dans une atmosphère studieuse,exigeante,et apaisée. Que du bonheur!!! 9 heures de français,9 heures de mathématiques,3 heures d’histoire géo,sciences et un peu de sport. Tout le reste a disparu B2i,secourisme,permis piéton et j’en passe. Je suis enseignant en cours double CM1 CM2 et je garde précieusement les bulletins de mes anciens élèves du collège. Imparable devant l’inspecteur leurs résultats sont largement au dessus de la moyenne de leur classe. Alors passez à l’action,oubliez votre administration et toutes ses directives inapplicables REDEVENEZ CE QUE POUR QUOI VOUS AVEZ CHOISI CE METIER PASSIONNANT, vous retrouverez le sourire et le plaisir d’enter dans votre classe.

    • Même attitude de mon côté: maître d’école depuis 35 ans, j’essaie de transmettre.

      J’ai bien sûr droit aux regards en biais et suis la bête noire de nombreux « collègues »… Loup blanc chez les brebis….

      A lire: « Journal d’un instit de campagne » chez Société des écrivains, rubrique Témoignage.

      Bon courage à un des derniers Mohicans!

    • Vous n’imaginez pas quel BIEN peut faire la lecture de votre intervention ici à la maman totalement ahurie d’un élève totalement en panne : il sait à peine lire au collège !
      Depuis quelques années, après avoir « fait confiance aux professionnels », « douté que je voyais ce que je voyais », et… décidé, hélas trop tardivement, que mon fils ne mettrait plus jamais les pieds dans notre Education nationale où l’on détruit tant de cerveaux enfantins, je suis aussi totalement enragée… Et vous lire me réconforte : ENFIN, OUI, il y a « quelques » profs résistants, courageux, quasi héroïques, et MERCI à vous tous qui vous mouillez jusqu’au cou pour sauver ces pauvres élèves que des programmes ineptes et des méthodes qui le sont tout autant s’évertuent à décerveler, à faire se perdre et à désespérer du futur.
      Pousser des élèves à voir l’avenir en noir à 11-12 ans, faute qu’ils sachent lire, écrire ou compter à peu près aisément, les rendre ainsi quasi incapables de progresser, d’apprendre et de comprendre quoi que ce soit des autres disciplines, les condamner à devenir des étrangers à leur propre culture, tout cela devrait être reconnu comme un crime, et je m’étonne que si peu de parents montent sur les barricades, non pas pour défendre de quelconques « rythmes scolaires », mais pour défendre le droit de leurs enfants à être correctement enseignés.

  9. J’ai lu, ailleurs que ci-dessus, l’étonnement d’une dame à propos de la nécessité, pour des INSTITUTEURS, d’avoir une licence et plus !! Mais, Madame, c’est simple: le syndicat gauchiste de l’E.N. avait fait le forcing dans ce sens, afin que ce corps d’enseignants soit classé en catégorie A des fonctionnaires. Et le ministère, quel que soit sa couleur, avait sauté sur l’occasion, en mettant en place cette réforme, de se créer ou maintenir en éveil, un vivier de voix électorales important. Qui dit catégorie A dit échelle de salaire plus élevée – avec, c’est vrai – l’obligation de partir à 60 ans au lieu de 55 pour l’ancien corps. Mais l’erreur réside dans le fait que tout aussi « instruit » que puisse être un enseignant, il ne pourra pas assumer son rôle correctement, les technocrates parisiens, abrutis par une idéologie égalitariste, ayant semé sa route d’embûches telles que toute autorité lui a été retirée manu militari. C’est FOUTU, et l’arrivée massive et constante et non endiguée d’un flot d’élèves parlant tout juste notre langue ne fait qu’aggraver le désordre et la crise que connaît l’éducation nationale (sans majuscules, elle ne les mérite certainement pas). Bien qu’ayant accompli ma carrière dans ce ministère, j’ai œuvré dans son Administration bureaucratique, en province, touchant de très près les différents examens et concours. Au fil des décennies, j’ai constaté avec amertume que le système d’enseignement imposé par les différents ministres, tout juste bons à ne rien résoudre, nous menait exactement là où le mondialisme voulait arriver : des citoyens abrutis, incultes, sans connaissance de leurs racines et de l’histoire de leur pays, utilisant au plus 400 mots, que l’on pourra manœuvrer facilement grâce aux moyens modernes de « communication » !!
    L’académie de Nantes vient de nous donner l’exemple absolu de cette manipulation: une bande de jeunes crétins, qui ont cru braver » l’ordre moral » et accomplir un acte citoyen, en venant au lycée habillés en jupe !!
    Triste pays, triste avenir. – Alors qu’à la tribune de l’Assemblée nationale, devant NOS représentants élus, le sinistre Hamon niait le fait. Quand les dirigeants sont minables, au dessous de tout, pantins dociles d’une politique qui les dépasse, que pouvons-nous attendre de bien ?

    • Bonjour, j’ai 55 ans et j’ai eu la chance de recevoir un bon enseignement , avec des professeurs qui avaient encore la foi , j’ai une fille âgée de quinze ans, et depuis qu’elle est scolarisée , nous avons eu la chance d’avoir une bonne « maitresse  » au CP , et ma fille sait parfaitement lire , mais hélas sur toutes ces années elle aura été la seule bonne enseignante . Depuis son entrée au collège je ma désole chaque jour de constater combien l’enseignement se dégrade et quasiment tous les jours je lui explique que cette dévaluation des élèves est volontaire , je vais me permettre de faire « un copié collé » de votre article et le lui transmettre pour lui enlever tout scepticisme de mon constat .
      C’est bien désolant pour nos enfants …
      Cordialement

  10. A tous, je ne veux surtout fâcher personne, mais une fois de plus je constate une résignation totale … c’est ainsi, inchallah !!! Alors que pendant des années les syndicats arrivaient à faire descendre la France dans la rue et réussissaient ainsi à virer les Ministres. Cela n’est apparemment plus possible, ou alors pour que cela se répète, faudrait-il une alternance politique !!!
    Si Guillaume le résistant lui seul maitrise la situation, je suis un peu surpris ! ou il a de la chance, ou bien il est très musclé …

  11. cette excellente lettre n’est pas unique, hélas.. et il y a de plus en plus de profs qui pensent la même chose: imbecillité? non.. culte au saint crétin- meirieu ? pour qq uns. Ne pas oublier que nous devons à un ministre plus ou moins de droite m Bayrou, d’avoir pensé une circulaire par laquelle, l’école n’est plus faite pour instruire. Depuis Bayrou, l’école n’instruit plus ( et çà, nous le voyons ). Donc ce que dit m Penez est vrai- totalement vrai – pour les ringards que nous sommes, ceux qui restent accrochés à la notion d’instruction, de réflexion, ceux qui pensent que « sécher  » sur un pb de maths est salutaire, ceux qui pensent que l’effort est un bien. Et puis il y a les autres, les « pédagogues » les meirieu, les inspecteurs, ( en un mot, toute la Gauche, fière d’elle et qui tient TOUS les postes ) et ceux là ont de quoi être fiers, car toutes leurs élucubrations, toute leur imbécillité, passe dans les actes et donnent des élèves qui ne savent plus rien, sauf d’être d’avoir atteint la citoyenneté. Il ne faut pas se tromper de camp. Ce gigantesque effondrement de l’instruction correspond à la décision de certains. Il n’ y qu’un seul ministre ( une femme) qui a tenté de remettre le train sur des rails. C’était sous VGE… et elle n’y est pas parvenue. Tous les autres sont des acteurs du déraillement ou des collabos. ( propos d’un ancien prof, à temps partiel ).
    Je me souviens d’un pb de maths qui commençait ainsi: vos élèves savent tout. et vous allez les guider en suivant leurs remarques, jamais en imposant votre savoir. Cela ne vous rappelle pas l’école des beaux ( SIC) Arts. Alors, à la personne qui parle de résignation, je dirai: l’homme est fait pour se battre, pas pour geindre. Viendra le jour où nous allons demander des comptes à ces tordus de gauche, à ces intellos au cerveau fêlé, à ces staliniens d’un autre âge, et nous allons les broyer pour tout le mal qu’ils ont fait à nos enfants.
    avec les résultats que l’on sait.

    • Oui, nous allons demander des comptes, mais… j’avoue que je m’étonne souvent :
      1/ de la durée du carnage actuel : depuis une, deux, trois décennies, apparemment ?
      2/ du silence assourdissant qui a présidé à ce carnage des années durant : il n’y a guère que depuis 4-5 ans, et encore, qu’on commence à voir s’étaler les gros titres et les chiffres révélant, notamment, l’extrême faiblesse de notre école primaire, supposée « fonder » pourtant tous les enseignements à venir ensuite.
      3/ de l’incapacité de tous à se fédérer, à se rassembler, et à demander des comptes, MAINTENANT ET TOUT DE SUITE, car, pendant ce temps où nous n’agissons pas, chaque année, les petites victimes se comptent en dizaines de milliers !
      A quand la manif monstre des enseignants, des parents, pour exiger qu’on enseigne au primaire, en toute priorité, les fondamentaux : français, dont lecture, grammaire, orthographe, maths, histoire-géo, sciences ?
      A quand la plainte collective, portée par une association éventuellement, ou par un regroupement d’associations, contre un ministère de l’Education nationale qui se soucie comme d’une guigne de voir partir en torche des générations de collégiens azimutés, perdus, désespérés, refusant parfois même de continuer à grandir et se jetant à corps perdu dans les addictions toutes plus destructrices les unes que les autres ? De voir de pauvres « étudiants » arriver en fac, un pseudo « bac » en poche, mais toujours incapables d’articuler leurs pensées, de formuler trois phrases complexes, de comprendre un énoncé de problème de niveau primaire ou d’écrire un texte sans fautes ?
      Combien de temps, encore, allons-nous le tolérer, combien de temps le constater, combien d’élèves encore seront-ils désespérés, persuadés d’être « nuls » et incapables d’apprendre, quand ils auraient jadis pu figurer parmi les élèves « normalement bons », à tout le moins, enseignés selon des méthodes qui ont fait leurs preuves avec le plus grand nombre ? Combien de temps l’Education nationale pourra-t-elle encore impunément classer, étiqueter des élèves comme étant « en situation de handicap », vu qu’ils ne sont nullement « handicapés », sinon par ses méthodes destructrices ?
      La question que je pose est donc : y a-t-il, en France, 30-40 % d’élèves « incapables » d’apprendre à lire correctement jusqu’à la 6e ou 5e ? Ou est-ce notre école publique qui s’y prend comme un manche et détruit à petit feu leurs capacités intellectuelles ?

  12. Les enseignants sont ils prêts à oser la RESPONSABILISATION ?
    – abandonner le statut de fonctionnaire et le fameux recrutement par concours, pour un recrutement et une rémunération en fonction de l’implication et des compétences.
    – accorder une autonomie totale aux établissements, pour proposer un rythme et une organisation de la scolarité, un projet pédagogique, la présence des enseignants au delà des cours,etc… pour recruter et licencier les personnels et les compétences nécessaires à ce projet… d’être facilement ouvert au sein même des structures publiques existantes… d’être impitoyablement fermé en absence de résultats ou d’élèves
    – responsabiliser les parents, en associant le versement d’un forfait éducation au choix de l’établissement ( le fameux chèque éducation)

    Clamer vos barreaux n’a de sens que l’idée d’évasion…

    Cela commencera par bouter leurs syndicats préhistoriques, responsables au même titre que la haute administration de l’éducation nationale ( les politiques n’ayant qu’une influence réelle très marginale)

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