Nicole Ferroni se paie Hamon

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Dans une chronique jubilatoire face au ministre, l’ancienne prof de physique devenue comédienne met le système à plat !

« Vous savez Monsieur Hamon, je ne vais pas vous le cacher, vous étiez mon fantasme il y a quelques années !

Moi, il y a quelques années, je rêvais que ça fasse comme ça à ma porte :
-toc toc toc- « Madame Feronni bonjour, je suis le nouveau ministre de l’Éducation nationale, est-ce que ça vous dérange si je prends vos troisièmes 1 en cours à votre place pendant 1h ? »

Je rêvais de ça ! D’un ministre qui vienne comme ça, voir ce que c’était vraiment qu’être enseignant. Parce que, comme l’a dit Monsieur Cohen, oui, j’ai été effectivement enseignante. Donc je faisais partie de ces planqués-là, qui font trois mois de vacances et neuf mois grève.

Et c’est vrai que j’étais plutôt bien planquée puisque j’étais au fond du trou. On le dit souvent ça, faire son trou dans la boîte, moi, je m’étais enterrée vivante ! Et là où j’ai eu beaucoup de chance, c’est que dans mon terrier, tout de suite, très vite, ça sentait très fort le roussi, vous savez cette espèce d’odeur de soufre, de souffrance parce qu’on m’avait affecté dès la première année en Zone Ambition Réussite.

Alors zone ambition réussite, ça n’existe plus, c’était la ZAR. C’est comme le gratin de la ZEP. C’est ZEP, mais c’est aussi ZSZV (Zone Sensible, Zone Violente). Et comme après ils n’ont pas quand même osé rajouter ZA (Zone Apocalyptique) ou ZB( Zone qui Brûle), maintenant ça s’appelle Établissement Éclair. Éclair comme la durée de vie d’un enseignant là-bas.

Donc suite à cette première mutation, j’ai ensuite eu le droit à ma première affectation. J’avais demandé la Guadeloupe, on m’a donné l’Essonne. Ensuite, j’ai eu une suppression de poste, et là vraiment, c’est devenu irrespirable. Du coup, j’ai fait comme le renard, dont on enfume le terrier, j’ai fui. Vous voyez, j’ai posé ma lettre de démission et je suis partie. Et puis une fois que j’étais hors du brasier, j’ai regardé l’incendie et je me suis dit : « mais c’est un petit peu normal quand même si ça brûle, y a plein de courts-circuits. »

Court-circuit, programme de physique actuel de 5e. Donc c’est quand, dans un circuit électrique, vous avez un contact comme ça, entre deux points de potentiels finalement très différents,  par un conducteur de faible résistance. Et là, du coup ça pète !

Alors le conducteur de faible résistance, c’est qui ? Bha, c’est le prof, parce qu’il conduit les classes, parce qu’il a du mal à résister.

Pourquoi il pète les plombs ? Parce qu’on lui demande effectivement de faire le lien entre deux mondes très différents. Entre l’image de branleur qui se traîne, la lutte qu’il a. Entre les concepts qu’on construit pour l’école, la réalité de terrain. Entre l’urgence de la situation et les réponses absurdes.

Je donnais un exemple à Mr Peillon la dernière fois : « Voilà, moi dans ma classe, j’avais un tiers d’élèves qui ne parlaient pas français, à qui on me demandait d’enseigner : les chromosomes sont le support du programme génétique. D’autres qui me demandaient, pourquoi la fille ne tombe pas enceinte quand ils sont cinq ? Et pendant ce temps-là, la priorité du rectorat, c’était de savoir où c’est qu’on met les tableaux blancs interactifs pour l’éveil aux nouvelles technologies ».

On peut se dire « Oui, c’était il y a cinq ans ! ». Donc moi, pour cette chronique, j’ai fait quand même l’effort de demander à mes collègues, enfin, à mes anciens collègues : en ce moment comment ça va ?

Alors Anthony, me dit « Bha oui », que son lycée est une fabrique d’élèves pitoyables de première S. Plutôt que de faire des bons BAC Pro. Peut-être parce que 35 élèves en seconde générale ça coûte plus que 5 en ébénisterie. Ou parce que c’est plus beau de dire : « Jessica est en terminale S » plutôt de dire qu’elle était en BEP. Parce qu’en France, c’est comme ça : on devient avocat, mais on finit plombier.

Au collège, Rémi me dit qu’un élève de sixième sur deux ne sait pas écrire, mais il ne comprend pas du coup pourquoi on réforme le périscolaire en primaire, plutôt que de réformer le scolaire.

Alors ma copine Julie qui est instit, me dit : « Ben moi j’aimerais bien faire plus de lecture. Mais tu comprends, faut déjà que j’apprenne à l’AVS à poser une addition ! » Alors l’expliquer aux élèves …

Bref, il y a le feu à tous les étages. Alors tout le monde hurle : « Monsieur le ministre, y a le feu ! ». Et puis nous, on voit les ministres qui se succèdent et qui font : « Ha mais c’est vrai ça dites donc, ça noirçit la façade ! Ho, je vais aller racheter du crépi ».

Donc pour que vous vous posiez du coup les bonnes questions, à savoir où sont passés les tuyaux, les lances, la grande échelle,  je vous ai fait une copie des mails que m’ont envoyés, et qui ont eu la gentillesse de m’écrire tous mes anciens collègues, dans lesquels ils vous expliquent la vraie vie des enseignants. Et faute d’avoir traité les problèmes en amont, j’espère qu’on les fera traiter par Hamon et pour ceux qui sont encore dans le naufrage, bon courage ! »

Voir aussi cette amusante chronique de Nicole Ferroni sur l’orthographe : L’orthographe, oui, mais pourquoi

19 réflexions sur “Nicole Ferroni se paie Hamon

  1. TOUTES NOS VIVES ET CHALEUREUSES FELICITATIONS !
    ENFIN LA VERITE SORT DE LA BOUCHE D’UNE BELLE FRANCAISE IBM …..
    [ IBM = intelligente, belle et modeste ].
    VENEZ NOUS VOIR AUX ETATS-UNIS, dans l’ Etat de New York. Pierre et Jacqueline FRANCOIS
    .

  2. Une enseignante retraitée vous félicite pour votre humour!Retraitée depuis plus de trente ans donc n’ayant pas connu le même marasme que vous mais qui touche du doigt la nullité crasse lorsqu’elle accueille des enfants du primaire ou du collège!!!Ou qu’elle lit sur la page Yahoo »une robe bleue marine à poids blancs »(pas de « e » à bleu,et comme cette robe doit être lourde à porter…)ainsi que « elle me sert la main »-je n’invente rien!!! »peut-être dans une assiette avec une feuille de salade?
    Moi je n’ai connu que des enfants et des parents respectueux,j’ai travaillé dans la joie et l’affection réciproque mais mes descendants ne sont pas dans l’enseignement:ils savent que je les aurais étranglés de désespoir.

    • Madame, je ne suis pas enseignante, MAIS j’ai été enseignée par des maîtresses qui, en CP m’ont appris que B+A faisaient BA, et 1+1 = 2 ; c’était tout simple, et je comprenais tout de suite ce que je DEVAIS apprendre. Je respectais la maîtresse et l’appelais MADAME !
      Devant le constat de l’ignorance générale actuelle, je n’arrive pas à comprendre que, quel que soit le ministre de quelque bord que ce soit, il n’y en ai pas UN qui réalise qu’un cerveau tout neuf d’enfant ne peut pas inventer ou créer des connaissances qu’on ne lui ai apprises !!!! Revenir à des méthodes qui avaient fait preuve, dans des temps où le « français » était une belle langue et notre enseignement un phare et un exemple pour beaucoup de pays serait probablement, serait probablement la solution à la catastrophe qui accable notre pays, nos écoles et jusqu’aux universités. Quand je lis que des professeurs de faculté doivent faire des cours d’orthographe ou grammaire, je tombe à la renverse !!!
      Il est vrai que tous ces messieurs et dames qui prennent des décisions pour l’avenir de notre pays, ont dû deviner toutes leurs connaissances grammairiennes, orthographiques, mathématiques ; sont-ils capables de rédiger eux-mêmes leurs textes ou évaluer un cours de mathématique, physique ou chimie ??? J’en doute fortement. LES ELUCUBRATIONS, ça suffit !!! On veut des têtes BIEN FAITES !!

  3. Il est inimaginable que l’Etat ait laissé l’éducation nationale, s’enliser à ce point là, face à l’incivilité, à la violence, aux agressions, à l’inculture, sans réagir, sans aucun soutien pour les enseignants, c’est EFFARANT !!!!…..QUEL LAXISME !!!…..

  4. Il faut également réformer les procédures d’orientation des élèves, les programmes pharaoniques,et assouplir le système…
    Même en lycée pro rien ne fonctionne correctement: des élèves incapables d’engloutir programmes de bac pro  » rénovés » , en échec depuis le début de leur scolarité, complètement démotivés et réfractaire au moindre effort…
    La violence qu’ils expriment est en partie la violence que l’école leur a fait subir toute leur enfance en les confrontant aux échecs incessants… A quand plus de flexibilité en fonction des niveaux des élèves, de leurs capacité d’apprentissage? Non ils ne sont pas incapables, c’est le système, le même pout tous, qui ne convient pas à tous les enfants et qui fait que personne ne ressort grandi du système scolaire.
    les profs trinquent, les bons élèves trinquent, les mauvais aussi…. quand aux élèves « moyens », ils sont plus facilement entraînés du côté obscur de la force que vers le firmament!
    mais pardon, il est sûrement plus urgent de rajouter une après midi de dessin- théâtre- ballon prisonnier aux classes de primaire….

  5. Mesdames et messieurs les enseignants du  » Grand Service Public de l’E.N  » ( c’était aux alentours de 1981 qu j’ai entendu ce slogan ) . Qu’en est-il aujourd’hui ? :  » Grande Usine à Gaz du non-Enseignement Public  »
    Uu fond de vous , vous le savez , tout est à refaire . Il faut tout remettre à plat et faire de plus petites Unités d’Enseignement : Un vrai responsable Autonome par Académie ( par exemple ) , qui nomme des  » vrais  » : Proviseurs , Principaux , Directeurs qui sont responsables chacun dans leur établissement et qui peuvent être licenciés , comme dans une Entreprise Privée s’ils ne font pas l’affaire . Responsables aussi du recrutement du personnel enseignant dans leur établissement et qu’on arrête de  » bassiner  » tout le monde avec la  » suprématie  » du concours qui vous garantit un Statut et une  » immunité  » à vie . Oui mais voilà ,et vos syndicats avec leur  » rente de situation  » qu’ils tiennent à préserver comment réagiraient-ils ? Ils mettraient le feu au Mammouth .

    • Bonjour Michel,

      Je suis une enseignante de 53 ans en souffrance. La vraie. Entre les pressions du haut, celles du bas et celles des collatéraux.
      Je requiers la Vérité. La parole vraie. Le droit de dire autre chose que « il a des possibilités ». Le droit de le dire et de l’entendre.
      Je requiers une autre Ecole, expurgée des 50 % au moins des paresseux ineptes et surtout pleins de la prétention que leur famille, que toute la société bien pensante a su leur inculquer. Des prétentieux incultes de 14 ans qui se permettent de vous dire tout et n’importe quoi, parce que c’est leur « droit ». Et qui n’accomplissent aucunement leurs devoirs.
      J’en ai assez de refaire du 6° en 4° et de me ronger les sangs pour un programme totalement inadapté que je ne puis même entamer !
      J’en ai assez de corriger des copies indéchiffrables, sales, irrespectueuses et entachées d’un charabia grossier.
      En gros et en détail : j’en ai assez d’être la seule à travailler.
      L’Ecole devrait se mériter.

      • Bonjour

        Votre témoignage me touche beaucoup. Je suis retraité et je fais du soutien scolaire. Il faudrait revenir aux classes de niveau. Je constate en effet des différences gigantesques entre des élèves qui sont dans la même année (seconde ou troisième) sur la résolution de ax=b ou les tables de multiplication.
        On est supposé enseigner en français des concepts élaborés alors qu’ils ne connaissent pas les bases.
        En Physique et chimie en 1° et terminale ils sont sensés apprendre la mécanique quantique, la relativité restreinte alors qu’ils ne connaissent pas la mécanique classique.
        Ils connaissent tout sur le politiquement correct (réchauffement climatique) mais ils ne sont pas équipés pour se débrouiller dans la vie.

  6. Je viens de partir à la retraite , trop heureuse de quitter l’EN malade de l’obsession tyrannique du principe d’égalité . Non la solution n’est pas d’alléger les programmes : depuis 40 ans que j’enseigne les mathématiques , on n’a pas cessé de baisser les exigences! Il faut plus de souplesse : laisser les bons élèves progresser au lieu de les freiner , proposer autre chose de cohérent à ceux qui ont des difficultés . La gestion de l’hétérogénéité des classes est devenue mission impossible !

    • Bonjour Mona , Je n’étais pas enseignant , j’ai même été mineur de fond , mais pour pouvoir me reconvertir j’ai fait des études en autodidacte , en cours du soir ( P.S.T C.N.A.M ) . Vous trouvez l’EN malade de l’obsession d’égalitarisme , mais vous ne parlez pas de la difficulté de conduire cette masse qui pèse des milliers de tonnes . Il faut que les enseignants soient paralysés par des paradigmes tels qu’ils ne puissent pas concevoir que cette  » masse  » en la fractionnant serait mieux  » pilotable  » et avec une meilleure efficacité . Lisez ma proposition sur ma réponse précédente .

  7. A la retraite depuis 5 ans, je pense encore parfois au petit collège de campagne où j’ai enseigné l’anglais pendant quarante ans. J’ai eu parfois le plaisir d’enseigner en apportant des innovations telles que la télévision interractive en liaison avec la 5, l’utilisation des nouvelles technologies au collège… Cependant, j’ai souvent eu l’impression qu’on se payait le tête des enseignants en leur demandant toujours plus. Durant toute ma carrière j’ai eu l’impression que le niveau général baissait et qu’on cherchait constamment à faire culpabiliser ceux du front, comme en 14 !
    Je souhaite bon courage aux jeunes collègues qui se trouvent dans la même situation. Je conseille à tous ceux qui veulent leur donner des conseils d’apprendre à piloter un avion comme je l’ai fait. Ils ne tiendront plus les mêmes discours que plus personne ne veut entendre !

  8. les enseignants d’aujourd’hui payent MAI 68, rappelez- vous : il est interdit d’interdire, les profs mis au niveau des élèves, le tutoiement …. j’en passe et des meilleures ; je n’oublie pas au passage la FEN pleine aux as mais qui ne songe qu’à demander plus – d’argent s’entend- et se fiche pas mal des enseignants alors pensez des élèves ; vous ajoutez à ce mélange le gouvernement d’abrutis corrompus et vous avez une belle explosion ; ceux qui trinquent le plus ce sont les enfants sérieux qui voudraient bien travailler mais qui sont instruits par pas mal d’incompétents.

    • Pourquoi traiter les enseignants d’incompétents? Et si 1) vous preniez leur place?2) vous gardiez vos enfants à la maison afin de leur éviter tant d’incompétence?

  9. si dire la vérité est offensant alors ce n’est pas la peine de demander l’avis des gens, je ne suis en rien incorrecte ou vulgaire, si vous ne désirez pas afficher mon commentaire peu importe

    • Cher Monsieur, je suis arrivé dans l’enseignement très tard… En 2007, En éducation musicale. J’ai été inspecté d’emblée. L’inspectrice m’a demandé: « Qu’avez-vous? », Je ne comprenais pas la question. « Votre cursus? » Précise-t-elle. Réponse: 28 ans de spectacles concerts à raison de 80 par an, 5 albums produits, 180 chansons écrites… Réponse de l’inspectrice: « Vous n’avez rien alors ». Voilà l’esprit , je ne sortais pas du sérail avec un capes ou une agrégation. En ce qui concerne la compétence, je vous invite à regarder sur le site de l’éducation nationale le BO programme d’enseignement de l’éducation musicale, et à le lire… Je vous invite aussi à réfléchir sur le travail d’un professeur qui a 320 élèves 50 mn par semaine, et environ 80 compétences à valider pour chaque élève sur quatre ans. Prof sur trois collèges, 400 km par semaine sur les routes d’Ardèche (deux trains de pneus par an) (2h de route par jour) payé 1300 €/mois.
      Dialogue entre le professeur et un élève (classe de 4ème): l’élève -« A quoi ça sert de savoir qui était Beethoven », réponse d’un autre élève:  » Beethoven c’est une race de chien! »… Je n’en dit pas plus…
      Autre perle: « Je n’ai pas besoin de savoir où est l’Andalousie, j’ai le GPS »… J’en ai tout un chapelet…
      Lorsque vous avez des enfants rois devant vous qui ne respectent même pas les professeurs que feriez-vous?
      Lors d’une journée de formation, on nous a envoyé un spécialiste, psychopédagogue. Jeux de rôle: Il est le professeur, nous sommes les élèves… Je me comporte comme un de mes élèves (schéma type de ce que j’ai cité précédemment.) au bout de cinq minutes il me dit  » Vous ne jouez pas le jeu « . Réponse de mes collègues: Si, monsieur c’est exactement comme à ça que cela se passe! Et personnellement j’ai la chance d’être aimé de mes élèves et d’enseigner la musique ce qui donne une certaine liberté pour tenter d’intéresser les élèves… Alors vous parlez de compétence, si vous connaissiez l’obsession des responsables chargés de faire passer les concours, si vous voyiez le langage compliqué et hermétique employé par ceux qui sont chargés de valider et d’inspecter les professeurs au nom de leur compétence alors vous comprendriez l’énorme fossé qui s’est creusé entre un enseignement qui devrait être fait pour donner des clés à des jeunes, des bases de réflexion, des méthodes pour apprendre, et une culture générale solide et le magma qu’on veut leur inculquer qui n’est absolument pas en phase avec un savoir élémentaire. Pouvez-vous me citer et m’expliquer toutes les « figures de styles de la langue française, là tout de suite sans aller voir dans le dictionnaire? : « anaphore, métaphore, oxymore? » C’est ce qu’ils doivent savoir (entre autre) pour le brevet alors qu’ils demandent avec inquiétude au professeur de musique lors d’un devoir: « Monsieur, est-ce qu’il va falloir faire des phrases? » Le problème n’étant pas qu’on leur apprenne les figures de styles, mais que déjà ils manquent de vocabulaire… Certains ne savent pas en 3ème le sens des mots « Véridique », « Contexte » etc…Et ils traitent « d’intellos » ceux qui le savent.
      Alors vous parlez de compétence… Les massacreurs de l’enseignement vous disent que c’est « l’élève qui fait le cours », Il doit trouver par lui-même! Apprendre, travailler, écouter sont devenus des gros mots. Le professeur devient un GO de club med, et non celui qui enseigne et fait passer son savoir. Les élèves « savent déjà », et leurs parents, pour certains, savent aussi. Je ne parle pas de la discipline où lorsqu’un élève, qui fait une crise, vous menace de déposer plainte parce que vous l’avez « touché » pour le faire sortir de la classe… Ceux qui font les lois et les programmes ne sont pas ceux qui sont devant les élèves. Vous parlez de compétence… Pour pas mal d’élèves aujourd’hui ce ne sont pas des professeurs dont ils ont besoin, ce sont des éducateurs. Or ce n’est pas notre rôle. Mais si cela vous tente… Essayez…. Ce qui me sauve c’est que j’aime les jeunes mais je suis révolté par l’inconscience des adultes et des idéologues, car ce sont nos enfants qui paieront la note, et nous quand nous serons vieux car ils nous mépriseront.

  10. La tare de l’éducation nationale est la consanguinité !

    Quel profil d’élève se retrouve à passer le concours ?
    – la plupard auront été des élèves studieux, travailleurs, sages.
    – très peu étaient les têtes de classes, partis vers d’autres ambitions
    – très peu étaient des fortes personnalités, vite en conflit avec le mamouth sclérosé et sclérosant, ne pouvant envisagés d’y passer toutes leurs vies.

    Donc, nous avons des élèves du deuxieme quart…. qui n’auront jamais rien fait d’autre que d’user les banc de l’école toute leurs vies…
    beaucoup se reproduisent entre eux… normal, ils s’y croisent à l’école… et leurs enfants sont parfaitement accompagnés pour repondre aux codes d’une école faite par et pour les enseignants/ enfants d’enseignants ou de cadres.

    Je ne vois qu’une solution :

    1- libéraliser l’énergie et la compétence éducative de nos enseignants, en les libérant du monstre étatiquo-syndical qu’est l’Éducation Nationale.
    – abandon du statut de fonctionnaire, un véritable piège qui se referme sur eux.
    – libre recrutement des personnels par le responsable de l’établissement
    – libéralisation de l’initiative pédagogique des établissements : organisation, méthodes, rythmes, en vu de préparer aux examens nationaux. ( y compris en autorisant le squat de locaux existant)

    2- « voucher éducation » permettant le libre choix des établissements par les parents.

  11. Oui, je suis un patron – heureux – avec des employés heureux pour la très grande majorité, de travailler dans une ETI dynamique et sans langue de bois. Tous vos commentaires me touchent car j’ai eu la chance (il y a plus de 50 ans, non je ne veux pas entendre parler de retraite…) de bénéficier d’un enseignement pas toujours de qualité dans le secondaire (à l’époque certains frères des écoles chrétiennes étaient vraiment des amateurs surtout en français) mais ensuite en math sup puis aux Arts et Métiers puis à l’Université de Grenoble, de recevoir un enseignement de grande valeur.
    Il y a eu ensuite mai 68, que je qualifie de révolution d’enfants gâtés, et ce sont encore eux qui, je pense, tirent les ficelles de l’EN et sont devenus des saboteurs…Il faut donc que vous enseignants, en vous groupant, fassiez exploser l’EN et les syndicats qui bloquent tout avec…Car c’est à un véritable sabotage auquel on assiste : il vaut mieux un bac obtenu à Casablanca qu’à Paris. On n’est même plus capables d’enseigner notre propre langue à nos enfants, après des siècles de culture…Quelle honte ! Je vois d’ailleurs que parmi vous, nombreux sont ceux qui ne maitrisent pas l’orthographe que vous devez enseigner… Sortez les caciques de leurs bureaux et prenez le pouvoir!

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