Polémique « Zizi sexuel » : le Monde donne la parole à SOS Éducation

Gabriel a 11 ans et de l’avis de sa grand-mère, Marie-Jeanne Hubert, qui l’accompagne dans les travées de « Zizi sexuel, enfin le retour !  », il est un peu« timide ». « Ce n’est pas moi qui fais son éducation sexuelle, confie-t-elle. Ici, c’est une bonne façon d’apprendre des choses ». Lundi 27 octobre, Marie-Jeanne et Gabriel étaient à la Cité des sciences à La Villette, à Paris. « C’est comment quand on est amoureux ? » « Comment fait-on l’amour ? » Où poussent les poils ? », « Comment se développe un bébé dans le ventre de sa mère ? », « Pourquoi on change d’odeur à l’adolescence ? »… Sept ans après sa première présentation, l’exposition, inspirée de l’ouvrage écrit par Zep et Hélène Bruller en 2001, Le guide du zizi sexuel, qui raconte les aventures de Titeuf et Nadia, fait son retour jusqu’au 2 août 2015.

A l'exposition "Zizi sexuel" à la Cité des Sciences de Paris, le 10 octobre.

L’objectif est assumé : expliquer avec humour la sexualité et l’amour aux 9-14 ans. Ce que tout le monde n’apprécie pas. Dès le 14 octobre, date de l’ouverture de l’exposition, SOS Education en a dénoncé le contenu et lancé une pétition, « non au zizi sexuel ». L’association, qui adopte, depuis sa création en 2001, des positions plutôt conservatrices, avait recueilli plus de 43 000 signatures le 31 octobre. « A l’heure où les savoirs fondamentaux, lire, écrire et compter sont de moins en moins maîtrisés, est-il réellement judicieux de prélever encore une demi-journée sur le temps d’apprentissage des élèves pour aller leur faire humer des effluves de pieds ou d’aisselles, leur faire appuyer sur une pédale permettant de dresser un “zizi piquet” qui éjacule, ou leur enseigner la masturbation ? », écrit SOS éducation, demandant par ailleurs que les parents puissent s’opposer à ce que leurs enfants s’y rendent avec leur classe.

« Il n’y a pas de papa à la maison. Certes, on parle de sexualité entre nous, mais c’est sans doute plus simple ici. Ca permet de dédramatiser, de parler légèrement de choses sérieuses », analyse la maman de Florian, 10 ans. A l’exception d’une petite gêne à l’essoreuse à langues – deux personnes introduisent chacun leur main dans la tête de Titeuf et Nadia, enfilent un gant qui imite la langue et simulent un baiser –, Florian et sa mère éclatent régulièrement de rire en explorant les différents modules de l’exposition. C’est particulièrement le cas à « zizi piquet » qui permet, à l’aide d’une pompe actionnée au pied, de provoquer l’érection d’un tube en plastique faisant office de sexe… jusqu’à l’éjaculation.

« Ca me permet de découvrir des choses, explique Florian. Car oui, je savais qu’à un moment donné, j’allais changer [d’apparence physique] mais je ne savais pas forcément comment. » Eva ne partage pas sa bonne humeur. Cette petite fille de 9 ans, en vacances à Paris, est venue avec sa mère et sa sœur de 11 ans. « Je trouve ça dégueulasse. Je n’ai pas envie de savoir, pas envie de lire », dit-elle. « Elle lit pourtant les bandes dessinées de Titeuf à la maison, mais peut-être que l’exposition est trop explicite », avance sa mère, visiblement un peu déstabilisée.

« Vision plus positive et plus joyeuse de l’amour »

« On ne doit pas s’adresser de la même façon à un enfant de 9 ans et à un ado de 14 ans », s’emporte Jean-Paul Mongin, délégué général de SOS Education. L’association a réalisé une brochure décrivant ce que les enfants allaient voir. Elle a été imprimée à 20 000 exemplaires et envoyée aux chefs d’établissements. Dans un courrier à Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’éducation nationale, SOS Education exige que tous les professeurs prévoyant une sortie scolaire sur place informent au préalable les parents du « contenu sexuellement explicite »qu’elle donne à voir. Et souhaite que la ministre se prononce sur la pertinence d’emmener des enfants, et en particulier les plus jeunes – scolarisés en CM1 et CM2 – à l’exposition. « J’estime que cette exposition est inadaptée au jeune public, elle risque de choquer », relève Jean-Paul Mongin.

Il y a sept ans, lors de la première édition de l’exposition, l’association avait déjà crié au scandale. A l’époque, sa pétition n’avait recueilli que 8 000 signatures. Depuis, le mariage pour tous, les ABCD de l’égalité, ces outils de lutte contre les inégalités entre filles et garçons, défendus par la ministre de l’éducation et accusés par les milieux traditionalistes de propager une prétendue « théorie du genre », sont passés par là. Jean-Paul Mongin refuse ce lien. «Je ne vois pas sur quoi je le fonderais », balaie-t-il. En 2007, il n’y avait ni Facebook, ni Twitter. La pétition est largement relayée sur les réseaux sociaux. »

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A voir également :

Vidéo sur le site de France 2.

L’actualité de la semaine : Le Zizi sexuel fait scandale. L’exposition « le Zizi sexuel », qui se tient actuellement à la cité des sciences, au coeur de la polémique ! Une pétition, à l’initiative de SOS éducation, a réuni près de 40 000 signataires pour s’opposer à cette expo éducative sur le sexe, inspirée par le personnage de Titeuf créé par Zep. Alors le « Zizi sexuel »  est-il réellement choquant pour le jeune public ? N’est ce que le coup médiatique d’une association souvent présentée comme réactionnaire? Grand Public décrypte la polémique de la semaine.

2 réflexions sur “Polémique « Zizi sexuel » : le Monde donne la parole à SOS Éducation

  1. Au lieu de « farcir » la tête de nos chérubins avec des zizis de toutes les couleurs, l’éducation nationale devrait bosser à leur apprendre à lire, écrire et compter. On leur apprend à faire l’amour avant quIls ne sachent lire. Raz- le- bol des adultes dépravés qui ne pensent qu’au sexe et à salir les enfants, nos enfants ! Laissez-les tranquille vivre leurs plus belles années : celles de l’enfance !!!.

  2. Il s’agit d’une exposition…

    D’autres emmènent leurs enfants au stade, entendre des brutes avinées hurler des propos racistes, insulter l’arbitre et émettre une « ooooooh enculé » à chaque dégagement du gardien de but…

    La question est : Quel est l’interêt des sorties pédagogiques ?

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