Que penser de l’expo « Le Zizi sexuel » ?

À la demande de SOS Éducation, le Dr Edwige Antier, auteur de nombreux livres et guides sur les enfants, l’éducation et la famille, a bien voulu réagir sur l’exposition « Zizi sexuel » :

 

Note du Dr Edwige Antier sur l’éducation sexuelle des enfants.


Le problème de l’exposition « Le Zizi sexuel » est de s’adresser à des enfants trop jeunes. Elle devrait être réservée à partir de 12 ans.

Car l’éducation sexuelle des enfants demande de connaître et respecter leur calendrier de développement : à partir de 5 ans, l’enfant  sort de ses premières phases, anales et phalliques, pour entrer en « période de latence » jusqu’à la puberté, qui commencera vers 12 ans.

Cette notion de latence, conceptualisée par Freud, est admise par tous les spécialistes du développement psychique de l’enfant.

À partir de la cinquième année, les manifestations sexuelles sont mises en veilleuse. D’exhibitionniste, l’enfant devient pudique. Il fantasme une sexualité bien différente de cette des adultes, les zones érogènes se dispersent dans son corps en mosaïque. Toute l’énergie pulsionnelle de l’Œdipe est sublimée pour permettre les acquisitions, qu’elles soient scolaires ou symboliques… comme l’accès à la lecture et les codes sociaux de relation avec autrui. C’est parce que l’enfant a passé le cap de l’Œdipe et assimilé la loi sociale que la lecture en tant que code lui est accessible. Il peut alors investir la vie en collectivité et ses valeurs. Il intériorise les exigences et les interdits sociaux et parentaux.

Vouloir érotiser à contretemps l’éducation de l’enfant avec des références post pubères, c’est nuire à l’installation de la période de latence. À l’heure où tant d’enfants ont déjà du mal à mettre de l’ordre dans leurs émotions, que la Cité des Sciences, dont l’objectif est d’instruire les enfants, propose une telle exposition dès l’âge de 9 ans, donne envie de dire : « Laissez-les tranquilles ! »

4 réflexions sur “Que penser de l’expo « Le Zizi sexuel » ?

  1. Ancienne institutrice (privé et public), j’ai 83 ans. J’ai enseigné essentiellement dans les petites classes (C.P., C.E.1, C.E.2), et je crois pouvoir affirmer avec fierté que mes petits élèves étaient reconnus, par l’enseignant(e) qui les avait en charge au C.M., « excellents en Français ».
    Il est vrai que je ne les abrutissais pas avec la notion de « genre », ou des visites à la Cité des Sciences pour apprendre « Le ZIZI Sexuel » !
    En revanche, les moindres incidents dans la cour de récréation étaient le prétexte à une petite « leçon de civisme », échange de réflexions entre eux et moi. Ils étaient respectueux de ma fonction, tout en étant en confiance.
    Et les parents venaient me voir en souriant, après avoir entendu leurs enfants leur dire : » La maîtresse a dit !  »
    C’était une AUTRE époque !!!

  2. Ah sublime, je viens seulement de l’apprendre, ils ont même fait une
    exposition ?
    Avec 30 ou 40% d’enfants attardés en lecture, écriture et calcul; il était certainement urgent
    de leur allouer une une exposition sur le ZIZI ? Ils sauront au moins tout sur le ZIZI.

    L’éducation Nationale devrait s’appeler Instruction Publique comme naguère et ça
    fonctionnait très bien, à part quelques retardataires, tous les enfants ne peuvent
    s’appeler Voltaire ou Albert Camus ? nous sortions du Primaire en sachant lire,
    écrire et compter y compris calcul mental rapide .Parents ou à défaut, la Police
    ou les Tribunaux.
    Par pitié, ne me traitez pas de Facho ! Merci .
    Il y a fort longtemps, nos parents nous avaient appris que si nous cassions
    les vitres des voisins ou autres en jouant au ballon et , en cas de délits, nos parents étaient
    Civilement responsables, condamnés au minimum à rembourser les dégâts.
    D’où la honte pour eux et les raclées pour nous!
    Comme le disaient nos parents la peur du Gendarme est le commencement
    de la sagesse.
    Nous étions quatre, aucun n’a jamais cassé de vitres ni commis aucun Délit.
    Je chemine vers les 93 Printemps et, pardonnez mon inexpérience .
    Salutations à toutes et tous.

  3. J’aime l’enfance sans l’idéaliser. Elle demeure néanmoins une étape primordiale puisqu’elle correspond à tous les éveils.
    Regardons un enfant réveillé trop tôt. Est-il heureux, détendu? Attirer trop tôt un enfant sur les questions sexuelles, c’est violenter son jardin intérieur fait de rêves, de jeux, de joliesse.
    L’exposition aurait pu être intelligemment construite en amenant l’enfant à observer la nature et les animaux et en lui proposant un parcours à la fois plus esthétique et plus scientifique.
    Le titre de l’exposition est sot et n’invite qu’à un rire abêtissant. Je pense pour cela que même les adolescents ne peuvent recevoir de cette exposition une nourriture satisfaisante.
    Inviter à réfléchir sur le fait que sans sexualité nous n’existerions pas serait à mon sens plus juste. « Le sexe et la vie » me semblerait un titre susceptible d’honorer la Cité des Sciences.

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