Quel rôle pour les surveillants ?

Dans le Petit Nicolas, le Bouillon n’a quasiment jamais besoin de punir. Il lui suffit généralement de dire à un élève agité : « Regardez-moi bien dans les yeux »… Qu’adviendrait-il de lui aujourd’hui dans une école de Seine-Saint-Denis ?

La mission des surveillants a été progressivement vidée de son contenu, et il serait urgent que de vrais professionnels de la discipline interviennent dans nos écoles pour rétablir le bon ordre des couloirs et des cours de récréation, le silence des salles d’étude et de permanence, et contrôler les absences et retards des élèves.

Le corps des surveillants, créé sous Guizot dès les origines de l’école publique, a été rebaptisé corps des « maîtres d’internat et surveillants d’externat » en 1937.

Mais dès 1965, on commence à exiger d’eux qu’ils cessent de s’occuper exclusivement de surveiller les élèves et de maintenir le bon ordre dans les écoles, pour se consacrer à des « missions socio-éducatives » (jamais définies précisément).

Malgré les échecs, qui aggravent la pagaille autour de mai 68, cette réforme est prolongée en 1970 avec la création des conseillers d’éducation (CE) et conseillers principaux d’éducation (CPE).

La confusion devient alors totale. Les attributions des surveillants, qui avaient été définies de manière si claire à l’origine, et qui répondaient à un besoin si naturel dès lors qu’on réunit en un même lieu plusieurs centaines d’enfants, sont profondément modifiées. On leur demande d’organiser des « tâches pédagogiques », des « animations éducatives » et d’assurer la « sécurité physique et morale des élèves ». Autrement dit, la discipline n’a plus de légitimité que quand elle consiste à garantir la sécurité des enfants…

La réforme est parachevée en 1982 : le corps des conseillers et conseillers principaux d’éducation est détaché des personnels de direction pour être rapproché de celui des enseignants. En 1989, il est unifié sous le sigle CPE.

Le CPE d’aujourd’hui est censé « collaborer avec les professeurs pour connaître le travail, les résultats et le comportement en classe des élèves », ainsi que faire de « l’animation éducative auprès de ces derniers autour de leurs résultats, leur travail et leur attitude, collectivement ou individuellement. » Ses missions de surveillance sont, sur le papier, passées au second plan (heureusement, dans la pratique, elles restent souvent prépondérantes).

L’ambiguïté autour de sa mission, pourtant vitale au bon fonctionnement d’une école, a permis que l’indiscipline et la violence prennent des proportions ahurissantes : durant l’année scolaire 2005-2006, le ministère de l’Éducation nationale a recensé 82 000 actes de violence grave dans les établissements scolaires. Et si la violence à l’école a toujours existé, c’est seulement au cours des quatre dernières décennies qu’elle est passée du chahut à une violence anomique, comme le démontrait une étude réalisée par l’historien Philippe Conrad pour l’Institut de recherche indépendant pour l’éducation (IRIÉ).

Sur le plan disciplinaire, la circulaire du 13 juillet 2000 a achevé de le priver de tout pouvoir. Lors de l’exclusion ponctuelle d’un cours par exemple, le CPE ne peut plus que se contenter de recevoir l’élève exclu et d’en référer au principal ou au proviseur.

Pour rétablir la discipline dans les écoles, chaque établissement devrait être doté de surveillants professionnels.

Dans les écoles primaires, le surveillant devrait superviser l’arrivée des élèves et leur entrée en classe le matin et au début de l’après-midi, les récréations, la cantine et la sortie des classes.

Dans les petites écoles (moins de cinq classes), ce rôle peut néanmoins être confié à tour de rôle aux professeurs, surtout aux moments où ils sont de toute façon présents.

Dans les collèges et lycées, une organisation plus complexe serait nécessaire, un « surveillant général » encadrant plusieurs surveillants, selon la taille de l’établissement.

Mais dans tous les cas, leurs missions doivent être redéfinies de manière simple et concise : veiller sur tous les élèves en-dehors des classes, et punir chaque fois que nécessaire.

Bien entendu, les bonnes âmes s’en offusqueront. Mais la priorité de SOS Éducation est que les enfants bénéficient d’une bonne ambiance de travail à l’école, et soient protégés des abus des plus forts. Les adultes n’ont pas le droit, au nom de l’idéologie, de leur refuser cela.

0 réflexions sur “Quel rôle pour les surveillants ?

  1. J’ai effectué ma scolarité dans un lycée, au bon vieux temps du « surveillant général ». La discipline à laquelle il contribuait, m’a permis ainsi qu’à mes camarades, de pouvoir étudier dans de bonnes conditions et d’obtenir des résultats que peuvent nous envier les élèves actuels placé sous la « surveillance » de CPE!

  2. J’ajouterai que les « surveillants » actuels dits assistants d’éducation sont OBLIGATOIREMENT de jeunes étudiants recrutés sur la base qu’il faut les aider au financement de leurs études et ce à temps partiel (pour qu’il puisse assister à leur cours) et pour une durée maximale de 5 ans.
    Voici donc de jeunes « apprenants » :)) catapultés sans formation préalable dans les collèges et lycées qu’ils viennent de quitter.
    Pour être amie avec une jeune CPE, je sais qu’elle a plus de mal à gérer son cheptel de surveillants que de résoudre les problème de discipline avec les élèves perturbateurs qu’elle a à l’oeil.
    La surveillance dans les établissements scolaires doit maintenant relever d’une vraie qualification professionnelle tant l’indiscipline hors temps de cours est forte, violente et généralisée.
    Le collège et le lycée ont besoin de professionnels de surveillance et de prévention expérimentés. Il n’est pas question d’en faire des tireurs embusqués qui « allument » à tout va mais au contraire des personnes accessibles s’inscrivant dans un registre de proximité, d’écoute, de communication et de sanction.
    Dans notre collège, les deux personnes vers qui les élèves « en mal être » s’adressent, quand ils en ont encore la clairvoyance et la force de se battre, sont la CPE et la responsable du CDI qui malheureusement ont bien peu de moyens et de temps pour agir efficacement. Ce sont toutes deux des personnes qui ont passé la trentaine et qui sont maman.
    Aucun de nos assistants d’éducation n’a organisé un club ou une animation (théâtre, hip hop,…) ni ne communique avec les élèves sur leur propre projet professionnel : c’est quand même valorisant que de travailler et étudier en même temps. Et bien non, ce ne sont que de grands enfants qui ont trouvé la bonne planque sans compter leur absentéïsme.
    Quand au lycée, bien des élèves ne connaissent même pas les assistants d’éducation, ils les découvrent lors d’obligations administratives : inscriptions (au mois de juin !!), gestion des livres d’étude, etc…
    Nous avons eu des problèmes d’intrusion dans le lycée par des bandes de jeunes extérieures à la commune, les élèves n’arrivaient pas à repérer les surveillants donc à suivre les consignes de mises en sécurité.
    Les « pions » et les « surgés » d’autrefois (1971 – 1981 pour ma part et à Argenteuil (95) s’il vous plaît) ont disparu et c’est, là aussi, bien dommage. Ce sont des professions et des statuts qu’il est urgent de réformer.

      • Je pense personnellement que ce genre de propos ne peuvent venir que de personnes qui ne connaissent pas vraiment le travail de vie scolaire. Je suis assistant d’éducation à mi-temps depuis 5 ans. Après avoir fait mon premier poste en ZEP, puis trois ans en Lycée Professionnel je me retrouve en Collège de centre-ville, et c’est là que j’ai depuis la rentrée rencontré le plus de soucis. Le recrutement des surveillants a été effectué avec soin, nous sommes tous motivés, croyons en l’éducation républicaine et préparons des concours de l’Éducation Nationale. Nous rencontrons une écoute minime de la part des professeurs qui nous soutiennent fort peu et même nous méprisent ouvertement, nous ne sommes que des « petits jeunes » des « apprenants » comme j’ai vu plus haut.
        Je tiens à dire que c’est en m’investissant auprès des élèves que j’ai vraiment appris à transmettre des valeurs et des connaissances, oui, les animations sont utiles pour éveiller leur curiosité. J’ai fait une animation sur la musique baroque en ZEP et les élèves ont très bien réagi. En Lycée Pro, j’ai fait la même chose avec des BEP et la même magie à opéré. C’est un poncif récurrent celui de croire que nous sommes des étudiants nonchalants qui cherchons une « bonne planque ». S’il y a des personnes à blâmer ce sont les CPE qui récrutent mal ou bien les rectorats qui ne créent pas assez de postes pour palier au manque de surveillance. Il est très facile de nous mettre bien de choses sur le dos, alors que les prérogatives sont limitées et que dans une salle de classe, avec la menace de la note finale, l’élève saura mieux se tenir, que dans la cour où il est plus ou moins « libre » de faire ce qu’il veut.

  3. AH… LE BON VIEUX TEMPS !!

    Collègues,
    Reprenez vos livres d’histoire, et découvrez que les crises économiques et les incivilités étaient BEAUCOUP PLUS NOMBREUSES et BEAUCOUP PLUS GRAVES.

    J’ai l’impression, en parcourant ce site, d’avoir en face de moi des papys aigris et frileux, ayant peur de tout, et votant pour Philippe De Villiers.

    Je ne comprends pas :
    – le niveau baisse
    – les jeunes sont de moins en moins respectueux
    On en retrouve des écrits datant de plusieurs siècles, et plus encore !

    MAIS COMMENT L’HUMANITE A T ELLE PU SURVIVRE JUSQU’EN 2009 ?

    Catastrophisme, chaos annoncé, solutions extrêmes

    Je suis au regret de le dire :
    Ce genre de discours me rappelle les propos de certains hommes politiques français ou autrichiens (d’aujourd’hui et de jadis), et de certaines organisations malsaines.

    Et si les constats sont parfois pertinents, acceptons de reconnaître la responsabilité collective, donc aussi (surtout ?) des enseignants.

    Le CPE est une quasi exclusivité française. Dans les textes encore, les profs surveillent les récrés. Même les jours de grève, ça n’arrive pas !

    Alors cessons de pleurer sur notre pauvre sort ; Cessons de faire porter la responsabilité des dysfonctionnements sur les autres (tantôt Parents, collègues instits ou de collège, CPE, Direction, Ministère…)

    L’Ecole est ce qu’en font les enseignants.

    Qui, parmi vous, aura la lucidité et/ou l’honnêteté de le reconnaître ?

    • AH… LE BON VIEUX TEMPS !!

      Où avons-nous écrit cela ?

      Reprenez vos livres d’histoire, et découvrez que les crises économiques et les incivilités étaient BEAUCOUP PLUS NOMBREUSES et BEAUCOUP PLUS GRAVES.

      Si la violence à l’école a toujours existé, c’est seulement au cours des quatre dernières décennies qu’elle est passée du chahut à une violence anomique, comme le démontrait une étude réalisée par l’historien Philippe Conrad pour l’Institut de recherche indépendant pour l’éducation (IRIÉ).

      J’ai l’impression, en parcourant ce site, d’avoir en face de moi des papys aigris et frileux, ayant peur de tout, et votant pour Philippe De Villiers.

      C’est votre… impression.

      Je ne comprends pas :
      – le niveau baisse
      – les jeunes sont de moins en moins respectueux
      On en retrouve des écrits datant de plusieurs siècles, et plus encore !

      MAIS COMMENT L’HUMANITE A T ELLE PU SURVIVRE JUSQU’EN 2009 ?

      Comment ? En appliquant les solutions de bons sens que vous jugez extrêmes…

      solutions extrêmes

      Où cela ?

      Je suis au regret de le dire :
      Ce genre de discours me rappelle les propos de certains hommes politiques français ou autrichiens (d’aujourd’hui et de jadis), et de certaines organisations malsaines.

      Vous avez en effet de quoi « regretter » ce genre d’amalgame très douteux…

      cessons de pleurer

      Qui « pleure », ici, sinon vous ?

      L’Ecole est ce qu’en font les enseignants.

      Qui, parmi vous, aura la lucidité et/ou l’honnêteté de le reconnaître ?

      Qui, parmi nous, dit le contraire ?

    • E.GROS dit : « Je suis au regret de le dire :
      Ce genre de discours me rappelle les propos de certains hommes politiques français ou autrichiens (d’aujourd’hui et de jadis), et de certaines organisations malsaines. »
      Je suis au regret de vous lire !!! Si chacun, sur ce blog, s’exprime selon sa sensibilité et son vécu, il n’y a jamais eu un soupçon de telles disgressions.

      E.GROS dit : « Alors cessons de pleurer sur notre pauvre sort ; Cessons de faire porter la responsabilité des dysfonctionnements sur les autres (tantôt Parents, collègues instits ou de collège, CPE, Direction, Ministère…)
      L’Ecole est ce qu’en font les enseignants. »
      A mon sens, vos deux phrases se contredisent : vos collègues instits ou de collège ne sont-ils pas des enseignants ?? Ils ont donc leur part de responsabilité……

      Et non, aujourd’hui, l’Ecole n’est pas ce qu’en font les enseignants, loin de là. Ce serait peut-être moindre mal si c’était le cas.
      Le Ministre change ==> nouvelles réformes, nouvelles circulaires. A ce jour les élèves qui entrent en seconde ne savent pas quels enseignements ils vont suivre et sous quelle forme (classe, module, options).
      L’Inspecteur d’Académie change ==> nouvelles priorités, nouvelles affectations.
      Le Principal ou le Proviseur change ==> nouvelles orientations pédagogiques, nouvelles répartitions horaires.

      Le CPE : spécialité française ? Peut-être je n’en sais rien. La surveillance des élèves hors temps de cours : certainement pas.

      Bien des enseignants essaient de transmettre leus remontées d’expérience, hors mouvements syndicaux, ils reçoivent alors une gentille lettre de leur hierarchie leur expliquant qu’une lecture attentive a été portée mais que le contexte isolé de leurs analyses et propositions ne permet pas de mise en application !!!!

      Ce que je perçois par ce blog est un échange d’idées et d’expériences qui ne permettra certes pas de parer aux dysfonctionnements par un coup de baguette magique mais qui redonne la motivation à ceux qui, comme moi, ont envie de baisser les bras.

      Je ne pleurniche pas car je sais que si notre Ecole de la République en est là, nous y sommes tous pour quelque chose. Expérimenter de nouvelles méthodes, mettre en place de nouvelles approches : c’est bien, c’est cela le progrès.
      Se rendre compte que cela ne fonctionne pas et revenir à ce qui a fait ses preuves en le modernisant : c’est intelligent, c’est cela l’évolution. Les exemples historiques sont nombreux : rappelez-vous les erreurs que l’homme a fait lorsqu’il a découvert et voulu maîtriser le feu ! Ce n’est pas d’aujourd’hui.

  4. Les professeurs qui ne surveillent pas pendant les grèves , mieux les professeurs qui s’offrent le spectacle d’un surveillant en difficulté avec un élève. Cependant, combien d’enseignants nous demandent de surveiller leur classe. Alors si chacun fait son travail et pas plus , sans solidarité ni travail d’équipe, voire des guerres intestines tout de suite senties par les adolescents!sommes dignes d’éduquer dans ce ca

  5. Les professeurs qui ne surveillent pas pendant les grèves , mieux les professeurs qui s’offrent le spectacle d’un surveillant en difficulté avec un élève. Cependant, combien d’enseignants nous demandent de surveiller leur classe. Alors si chacun fait son travail et pas plus , sans solidarité ni travail d’équipe, voire des guerres intestines tout de suite senties et vues par les adolescents!sommes -nous dignes d’éduquer dans ce cas là ?Peut-être devrions-nous vivre à notre époque?S’adapter , à ces nouveaux jeunes , écouter leur musique qui parle de nous !Ils sont les électeurs de demain et bien oui ils vivent et avec nous et pas seulement dans nos salles de classe.

    • S’adapter , à ces nouveaux jeunes

      La transmission des savoirs et celle des valeurs, c’est-à-dire respectivement l’instruction et l’éducation, consistent à adapter les jeunes au monde. Pas à s’adapter à eux.

  6. Les professeurs qui ne surveillent pas pendant les grèves , mieux les professeurs qui s’offrent le spectacle d’un surveillant en difficulté avec un élève. Cependant, combien d’enseignants nous demandent de surveiller leur classe. Alors si chacun fait son travail et pas plus , sans solidarité ni travail d’équipe, voire des guerres intestines tout de suite senties et vues par les adolescents!sommes -nous dignes d’éduquer dans ce cas là ?Peut-être devrions-nous vivre à notre époque?S’adapter , à ces nouveaux jeunes , écouter leur musique qui parle de nous !Ils sont les électeurs de demain et bien oui ils vivent et avec nous et pas seulement dans nos salles de classe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Quel rôle pour les surveillants ?

Dans le Petit Nicolas, le Bouillon n’a quasiment jamais besoin de punir. Il lui suffit généralement de dire à un élève agité : « Regardez-moi bien dans les yeux »… Qu’adviendrait-il de lui aujourd’hui dans une école de Seine-Saint-Denis ?

La mission des surveillants a été progressivement vidée de son contenu, et il serait urgent que de vrais professionnels de la discipline interviennent dans nos écoles pour rétablir le bon ordre des couloirs et des cours de récréation, le silence des salles d’étude et de permanence, et contrôler les absences et retards des élèves.

Le corps des surveillants, créé sous Guizot dès les origines de l’école publique, a été rebaptisé corps des « maîtres d’internat et surveillants d’externat » en 1937.

Mais dès 1965, on commence à exiger d’eux qu’ils cessent de s’occuper exclusivement de surveiller les élèves et de maintenir le bon ordre dans les écoles, pour se consacrer à des « missions socio-éducatives » (jamais définies précisément).

Malgré les échecs, qui aggravent la pagaille autour de mai 68, cette réforme est prolongée en 1970 avec la création des conseillers d’éducation (CE) et conseillers principaux d’éducation (CPE).

La confusion devient alors totale. Les attributions des surveillants, qui avaient été définies de manière si claire à l’origine, et qui répondaient à un besoin si naturel dès lors qu’on réunit en un même lieu plusieurs centaines d’enfants, sont profondément modifiées. On leur demande d’organiser des « tâches pédagogiques », des « animations éducatives » et d’assurer la « sécurité physique et morale des élèves ». Autrement dit, la discipline n’a plus de légitimité que quand elle consiste à garantir la sécurité des enfants…

La réforme est parachevée en 1982 : le corps des conseillers et conseillers principaux d’éducation est détaché des personnels de direction pour être rapproché de celui des enseignants. En 1989, il est unifié sous le sigle CPE.

Le CPE d’aujourd’hui est censé « collaborer avec les professeurs pour connaître le travail, les résultats et le comportement en classe des élèves », ainsi que faire de « l’animation éducative auprès de ces derniers autour de leurs résultats, leur travail et leur attitude, collectivement ou individuellement. » Ses missions de surveillance sont, sur le papier, passées au second plan (heureusement, dans la pratique, elles restent souvent prépondérantes).

L’ambiguïté autour de sa mission, pourtant vitale au bon fonctionnement d’une école, a permis que l’indiscipline et la violence prennent des proportions ahurissantes : durant l’année scolaire 2005-2006, le ministère de l’Éducation nationale a recensé 82 000 actes de violence grave dans les établissements scolaires. Et si la violence à l’école a toujours existé, c’est seulement au cours des quatre dernières décennies qu’elle est passée du chahut à une violence anomique, comme le démontrait une étude réalisée par l’historien Philippe Conrad pour l’Institut de recherche indépendant pour l’éducation (IRIÉ).

Sur le plan disciplinaire, la circulaire du 13 juillet 2000 a achevé de le priver de tout pouvoir. Lors de l’exclusion ponctuelle d’un cours par exemple, le CPE ne peut plus que se contenter de recevoir l’élève exclu et d’en référer au principal ou au proviseur.

Pour rétablir la discipline dans les écoles, chaque établissement devrait être doté de surveillants professionnels.

Dans les écoles primaires, le surveillant devrait superviser l’arrivée des élèves et leur entrée en classe le matin et au début de l’après-midi, les récréations, la cantine et la sortie des classes.

Dans les petites écoles (moins de cinq classes), ce rôle peut néanmoins être confié à tour de rôle aux professeurs, surtout aux moments où ils sont de toute façon présents.

Dans les collèges et lycées, une organisation plus complexe serait nécessaire, un « surveillant général » encadrant plusieurs surveillants, selon la taille de l’établissement.

Mais dans tous les cas, leurs missions doivent être redéfinies de manière simple et concise : veiller sur tous les élèves en-dehors des classes, et punir chaque fois que nécessaire.

Bien entendu, les bonnes âmes s’en offusqueront. Mais la priorité de SOS Éducation est que les enfants bénéficient d’une bonne ambiance de travail à l’école, et soient protégés des abus des plus forts. Les adultes n’ont pas le droit, au nom de l’idéologie, de leur refuser cela.

15 réflexions sur “Quel rôle pour les surveillants ?

  1. J’ai effectué ma scolarité dans un lycée, au bon vieux temps du « surveillant général ». La discipline à laquelle il contribuait, m’a permis ainsi qu’à mes camarades, de pouvoir étudier dans de bonnes conditions et d’obtenir des résultats que peuvent nous envier les élèves actuels placé sous la « surveillance » de CPE!

  2. J’ajouterai que les « surveillants » actuels dits assistants d’éducation sont OBLIGATOIREMENT de jeunes étudiants recrutés sur la base qu’il faut les aider au financement de leurs études et ce à temps partiel (pour qu’il puisse assister à leur cours) et pour une durée maximale de 5 ans.
    Voici donc de jeunes « apprenants » :)) catapultés sans formation préalable dans les collèges et lycées qu’ils viennent de quitter.
    Pour être amie avec une jeune CPE, je sais qu’elle a plus de mal à gérer son cheptel de surveillants que de résoudre les problème de discipline avec les élèves perturbateurs qu’elle a à l’oeil.
    La surveillance dans les établissements scolaires doit maintenant relever d’une vraie qualification professionnelle tant l’indiscipline hors temps de cours est forte, violente et généralisée.
    Le collège et le lycée ont besoin de professionnels de surveillance et de prévention expérimentés. Il n’est pas question d’en faire des tireurs embusqués qui « allument » à tout va mais au contraire des personnes accessibles s’inscrivant dans un registre de proximité, d’écoute, de communication et de sanction.
    Dans notre collège, les deux personnes vers qui les élèves « en mal être » s’adressent, quand ils en ont encore la clairvoyance et la force de se battre, sont la CPE et la responsable du CDI qui malheureusement ont bien peu de moyens et de temps pour agir efficacement. Ce sont toutes deux des personnes qui ont passé la trentaine et qui sont maman.
    Aucun de nos assistants d’éducation n’a organisé un club ou une animation (théâtre, hip hop,…) ni ne communique avec les élèves sur leur propre projet professionnel : c’est quand même valorisant que de travailler et étudier en même temps. Et bien non, ce ne sont que de grands enfants qui ont trouvé la bonne planque sans compter leur absentéïsme.
    Quand au lycée, bien des élèves ne connaissent même pas les assistants d’éducation, ils les découvrent lors d’obligations administratives : inscriptions (au mois de juin !!), gestion des livres d’étude, etc…
    Nous avons eu des problèmes d’intrusion dans le lycée par des bandes de jeunes extérieures à la commune, les élèves n’arrivaient pas à repérer les surveillants donc à suivre les consignes de mises en sécurité.
    Les « pions » et les « surgés » d’autrefois (1971 – 1981 pour ma part et à Argenteuil (95) s’il vous plaît) ont disparu et c’est, là aussi, bien dommage. Ce sont des professions et des statuts qu’il est urgent de réformer.

      • Je pense personnellement que ce genre de propos ne peuvent venir que de personnes qui ne connaissent pas vraiment le travail de vie scolaire. Je suis assistant d’éducation à mi-temps depuis 5 ans. Après avoir fait mon premier poste en ZEP, puis trois ans en Lycée Professionnel je me retrouve en Collège de centre-ville, et c’est là que j’ai depuis la rentrée rencontré le plus de soucis. Le recrutement des surveillants a été effectué avec soin, nous sommes tous motivés, croyons en l’éducation républicaine et préparons des concours de l’Éducation Nationale. Nous rencontrons une écoute minime de la part des professeurs qui nous soutiennent fort peu et même nous méprisent ouvertement, nous ne sommes que des « petits jeunes » des « apprenants » comme j’ai vu plus haut.
        Je tiens à dire que c’est en m’investissant auprès des élèves que j’ai vraiment appris à transmettre des valeurs et des connaissances, oui, les animations sont utiles pour éveiller leur curiosité. J’ai fait une animation sur la musique baroque en ZEP et les élèves ont très bien réagi. En Lycée Pro, j’ai fait la même chose avec des BEP et la même magie à opéré. C’est un poncif récurrent celui de croire que nous sommes des étudiants nonchalants qui cherchons une « bonne planque ». S’il y a des personnes à blâmer ce sont les CPE qui récrutent mal ou bien les rectorats qui ne créent pas assez de postes pour palier au manque de surveillance. Il est très facile de nous mettre bien de choses sur le dos, alors que les prérogatives sont limitées et que dans une salle de classe, avec la menace de la note finale, l’élève saura mieux se tenir, que dans la cour où il est plus ou moins « libre » de faire ce qu’il veut.

  3. AH… LE BON VIEUX TEMPS !!

    Collègues,
    Reprenez vos livres d’histoire, et découvrez que les crises économiques et les incivilités étaient BEAUCOUP PLUS NOMBREUSES et BEAUCOUP PLUS GRAVES.

    J’ai l’impression, en parcourant ce site, d’avoir en face de moi des papys aigris et frileux, ayant peur de tout, et votant pour Philippe De Villiers.

    Je ne comprends pas :
    – le niveau baisse
    – les jeunes sont de moins en moins respectueux
    On en retrouve des écrits datant de plusieurs siècles, et plus encore !

    MAIS COMMENT L’HUMANITE A T ELLE PU SURVIVRE JUSQU’EN 2009 ?

    Catastrophisme, chaos annoncé, solutions extrêmes

    Je suis au regret de le dire :
    Ce genre de discours me rappelle les propos de certains hommes politiques français ou autrichiens (d’aujourd’hui et de jadis), et de certaines organisations malsaines.

    Et si les constats sont parfois pertinents, acceptons de reconnaître la responsabilité collective, donc aussi (surtout ?) des enseignants.

    Le CPE est une quasi exclusivité française. Dans les textes encore, les profs surveillent les récrés. Même les jours de grève, ça n’arrive pas !

    Alors cessons de pleurer sur notre pauvre sort ; Cessons de faire porter la responsabilité des dysfonctionnements sur les autres (tantôt Parents, collègues instits ou de collège, CPE, Direction, Ministère…)

    L’Ecole est ce qu’en font les enseignants.

    Qui, parmi vous, aura la lucidité et/ou l’honnêteté de le reconnaître ?

    • AH… LE BON VIEUX TEMPS !!

      Où avons-nous écrit cela ?

      Reprenez vos livres d’histoire, et découvrez que les crises économiques et les incivilités étaient BEAUCOUP PLUS NOMBREUSES et BEAUCOUP PLUS GRAVES.

      Si la violence à l’école a toujours existé, c’est seulement au cours des quatre dernières décennies qu’elle est passée du chahut à une violence anomique, comme le démontrait une étude réalisée par l’historien Philippe Conrad pour l’Institut de recherche indépendant pour l’éducation (IRIÉ).

      J’ai l’impression, en parcourant ce site, d’avoir en face de moi des papys aigris et frileux, ayant peur de tout, et votant pour Philippe De Villiers.

      C’est votre… impression.

      Je ne comprends pas :
      – le niveau baisse
      – les jeunes sont de moins en moins respectueux
      On en retrouve des écrits datant de plusieurs siècles, et plus encore !

      MAIS COMMENT L’HUMANITE A T ELLE PU SURVIVRE JUSQU’EN 2009 ?

      Comment ? En appliquant les solutions de bons sens que vous jugez extrêmes…

      solutions extrêmes

      Où cela ?

      Je suis au regret de le dire :
      Ce genre de discours me rappelle les propos de certains hommes politiques français ou autrichiens (d’aujourd’hui et de jadis), et de certaines organisations malsaines.

      Vous avez en effet de quoi « regretter » ce genre d’amalgame très douteux…

      cessons de pleurer

      Qui « pleure », ici, sinon vous ?

      L’Ecole est ce qu’en font les enseignants.

      Qui, parmi vous, aura la lucidité et/ou l’honnêteté de le reconnaître ?

      Qui, parmi nous, dit le contraire ?

    • E.GROS dit : « Je suis au regret de le dire :
      Ce genre de discours me rappelle les propos de certains hommes politiques français ou autrichiens (d’aujourd’hui et de jadis), et de certaines organisations malsaines. »
      Je suis au regret de vous lire !!! Si chacun, sur ce blog, s’exprime selon sa sensibilité et son vécu, il n’y a jamais eu un soupçon de telles disgressions.

      E.GROS dit : « Alors cessons de pleurer sur notre pauvre sort ; Cessons de faire porter la responsabilité des dysfonctionnements sur les autres (tantôt Parents, collègues instits ou de collège, CPE, Direction, Ministère…)
      L’Ecole est ce qu’en font les enseignants. »
      A mon sens, vos deux phrases se contredisent : vos collègues instits ou de collège ne sont-ils pas des enseignants ?? Ils ont donc leur part de responsabilité……

      Et non, aujourd’hui, l’Ecole n’est pas ce qu’en font les enseignants, loin de là. Ce serait peut-être moindre mal si c’était le cas.
      Le Ministre change ==> nouvelles réformes, nouvelles circulaires. A ce jour les élèves qui entrent en seconde ne savent pas quels enseignements ils vont suivre et sous quelle forme (classe, module, options).
      L’Inspecteur d’Académie change ==> nouvelles priorités, nouvelles affectations.
      Le Principal ou le Proviseur change ==> nouvelles orientations pédagogiques, nouvelles répartitions horaires.

      Le CPE : spécialité française ? Peut-être je n’en sais rien. La surveillance des élèves hors temps de cours : certainement pas.

      Bien des enseignants essaient de transmettre leus remontées d’expérience, hors mouvements syndicaux, ils reçoivent alors une gentille lettre de leur hierarchie leur expliquant qu’une lecture attentive a été portée mais que le contexte isolé de leurs analyses et propositions ne permet pas de mise en application !!!!

      Ce que je perçois par ce blog est un échange d’idées et d’expériences qui ne permettra certes pas de parer aux dysfonctionnements par un coup de baguette magique mais qui redonne la motivation à ceux qui, comme moi, ont envie de baisser les bras.

      Je ne pleurniche pas car je sais que si notre Ecole de la République en est là, nous y sommes tous pour quelque chose. Expérimenter de nouvelles méthodes, mettre en place de nouvelles approches : c’est bien, c’est cela le progrès.
      Se rendre compte que cela ne fonctionne pas et revenir à ce qui a fait ses preuves en le modernisant : c’est intelligent, c’est cela l’évolution. Les exemples historiques sont nombreux : rappelez-vous les erreurs que l’homme a fait lorsqu’il a découvert et voulu maîtriser le feu ! Ce n’est pas d’aujourd’hui.

  4. Les professeurs qui ne surveillent pas pendant les grèves , mieux les professeurs qui s’offrent le spectacle d’un surveillant en difficulté avec un élève. Cependant, combien d’enseignants nous demandent de surveiller leur classe. Alors si chacun fait son travail et pas plus , sans solidarité ni travail d’équipe, voire des guerres intestines tout de suite senties par les adolescents!sommes dignes d’éduquer dans ce ca

  5. Les professeurs qui ne surveillent pas pendant les grèves , mieux les professeurs qui s’offrent le spectacle d’un surveillant en difficulté avec un élève. Cependant, combien d’enseignants nous demandent de surveiller leur classe. Alors si chacun fait son travail et pas plus , sans solidarité ni travail d’équipe, voire des guerres intestines tout de suite senties et vues par les adolescents!sommes -nous dignes d’éduquer dans ce cas là ?Peut-être devrions-nous vivre à notre époque?S’adapter , à ces nouveaux jeunes , écouter leur musique qui parle de nous !Ils sont les électeurs de demain et bien oui ils vivent et avec nous et pas seulement dans nos salles de classe.

    • S’adapter , à ces nouveaux jeunes

      La transmission des savoirs et celle des valeurs, c’est-à-dire respectivement l’instruction et l’éducation, consistent à adapter les jeunes au monde. Pas à s’adapter à eux.

  6. Les professeurs qui ne surveillent pas pendant les grèves , mieux les professeurs qui s’offrent le spectacle d’un surveillant en difficulté avec un élève. Cependant, combien d’enseignants nous demandent de surveiller leur classe. Alors si chacun fait son travail et pas plus , sans solidarité ni travail d’équipe, voire des guerres intestines tout de suite senties et vues par les adolescents!sommes -nous dignes d’éduquer dans ce cas là ?Peut-être devrions-nous vivre à notre époque?S’adapter , à ces nouveaux jeunes , écouter leur musique qui parle de nous !Ils sont les électeurs de demain et bien oui ils vivent et avec nous et pas seulement dans nos salles de classe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *