Réforme de la réforme des rythmes scolaires : grande cacophonie syndicale !

rythmes-syndicats(Photo Joel Saget. AFP)

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« Pour le Snuipp-FSU, qui a voté contre le projet de décret dans les deux instances, le texte présenté « ne change pas la logique d’une réforme pensée à l’envers, qui relègue au second plan le temps de l’école pour les élèves et la prise en compte des demandes des enseignants ». Le syndicat « continue de demander la non généralisation de sa mise en œuvre partout où c’est nécessaire et une réécriture du décret ». Il demande que la semaine scolaire s’organise « selon un cadrage national avec des possibilités de dérogations émanant des conseils d’école prenant en compte les réalités territoriales (montagne, rural, DOM, histoire des départements), le tout arbitré par les IA-Dasen ».

LE SNALC ET LA FCPE VOTENT CONTRE Le Snalc-Fgaf, a voté contre le texte en CSE car il « ne règle aucun des problèmes posés par cette réforme : le financement n’en est pas assuré, les problèmes qui se posent déjà sur le terrain demeureront et s’amplifieront ». Le syndicat demande l’abrogation du décret originel et appelle l’ensemble des professeurs « à continuer de faire connaître par tous les moyens possibles leur opposition à cette réforme ». La FCPE a voté contre le texte en CSE car « l’organisation du temps scolaire doit correspondre aux besoins des enfants et non aux intérêts des adultes », indique-t-elle dans un communiqué. Elle rappelle que « l’esprit de la réforme est de favoriser les temps d’éducation partagés en créant un équilibre et une cohérence entre temps de classe et temps périscolaire ».

L’UNSA ET LE SGEN S’ABSTIENNENT Le Sgen-CFDT s’est abstenu en CTM et en CSE pour trois raisons, selon son secrétaire général, Frédéric Sève :

  • « les personnels ne sont pas demandeurs d’expérimentations mais de stabilité dans la réforme »
  • « ces ajustements ne sont rien d’autre qu’un deal avec les municipalités, le ministre l’a clairement expliqué »
  • « on ne sait pas ce qui va ressortir sur le terrain de ce texte. Nous sommes dans l’expectative ».

Le SE-Unsa, qui s’est également abstenu dans les deux instances, souhaite « que les recteurs soient exigeants sur la qualité des projets » et redoute que le poids des élus ne le permette pas malgré l’intégration d’un amendement proposant que les projets expérimentaux soient motivés « par le bien-fondé éducatif », selon sa secrétaire nationale à l’éducation, Claire Krepper, à AEF. Le projet de décret indiquait jusqu’à présent que « le recteur s’assure de l’intérêt de l’expérimentation avec l’intérêt du service et de sa cohérence avec les objectifs poursuivis par le service public de l’éducation ». Le SE-Unsa souhaite aussi que les PEDT deviennent obligatoires dans ce cadre dérogatoire et « de ne pas toucher aux petites vacances ». Le ministère aurait refusé d’intégrer ces amendements pourtant adoptés pour des questions de délais et de cohérence territoriale (notamment avec La Réunion).

Enfin, la Peep a voté pour le projet de décret en CSE car il répond à « un certain nombre de demandes » de la fédération, selon sa présidente Valérie Marty : le regroupement des activités périscolaires sur un après-midi, la possibilité d’ « annualiser » les enseignements en libérant entièrement le mercredi, les obligations de consultation du conseil d’école et d’évaluation de l’organisation retenue.

LE SECTEUR DU TOURISME VEUT UN ZONAGE DES VACANCES D’ÉTÉ
De leur côté, les professionnels du tourisme (CNPASnavSetoUmihSNRT, Domaines skiables de France) rappellent que la détermination des vacances a « des impacts importants sur l’emploi touristique français, qui représente deux millions d’emplois directs et indirects ». Ils soulignent leur attachement au fait d' »accompagner l’éventuelle réduction des vacances estivales par l’instauration d’un zonage », de « maintenir des week-ends de deux jours pleins pour les activités en famille », et de « positionner les vacances d’hiver en février et les vacances de printemps au mois d’avril. »

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Une réflexion sur “Réforme de la réforme des rythmes scolaires : grande cacophonie syndicale !

  1. Pour moi, les enfants d’aujourd’hui demeurent assez semblables à ceux d’hier, qui bénéficiaient, je dis bien « bénéficiaient », car c’était une chance, pas une torture à éradiquer d’urgence, de largement plus d’heures d’enseignement à l’école – je précise « enseignement », puisqu’il apparaît qu’aujourd’hui, un enfant puisse passer de longues heures à l’école sans y être « enseigné », mais en se fatiguant tout de même dans la pratique d’activités « périscolaires »…
    Je suis pour que les élèves aient un rythme de vie le plus régulier possible durant la semaine, soit contre le fait qu’ils doivent se lever ultra-tôt un matin sur deux dans la semaine, quand le lendemain est suivi d’un jour « off » qui ne justifie plus qu’ils se lèvent tôt… Donc, je suis pour que l’élève aille à l’école tous les matins au minimum, cinq jours d’affilée au minimum (avant, nous y allions aussi le samedi, mais mettons que le week-end de deux jours pleins soit un changement positif permettant une vie de famille plus adaptée aux moeurs d’aujourd’hui et à notre industrie touristique).
    Je suis archi-contre le découpage actuel de « 7 semaines », qui ne sont parfois que 6, et 2 semaines de vacances : outre que cela met bien des parents en difficulté, car il faut prévoir des activités ou une garde pendant ces petites vacances, les élèves sont déconnectés, chaque fois, bien trop longtemps de leur cursus scolaire : à peine ont-ils commencé à s’investir dans un effort qui commence à s’inscrire dans la durée qu’on leur casse la baraque, en les mettant deux semaines en vacances !
    Et, pour les plus modestes au moins, ou pour les plus « confiants » dans les bienfaits des loisirs collectifs, ou simplement pour les enfants dont les deux parents travaillent, l’élève « en vacances » se retrouve à devoir se lever tout aussi tôt pour pouvoir intégrer le « centre de loisirs », où il va vivre des journées longues comme un jour sans pain et encore plus épuisantes qu’une journée d’école… Tout en en rapportant, assez souvent, des « acquisitions » pas forcément « éducatives », du style « Mais, putain, vous allez fermer vos gueules ??? », car les animateurs de centres de loisirs ne sont pas tous du niveau « enseignant »…

    Or… on ne cesse de nous répéter que les élèves d’aujourd’hui doivent apprendre bien plus de choses qu’avant : cela nécessitait-il donc qu’on réduise le nombre d’heures d’enseignement à ce point, de 1080 heures avant 1968, à quelque 850 heures aujourd’hui – et encore, pour autant que celles-ci soient réellement vouées à l’enseignement ?

    Il est bien moins « fatiguant » pour un élève de pouvoir apprendre pas à pas, de manière articulée et cohérente, en disposant peu à peu de bases solides avant que de continuer à avancer, de bénéficier du temps qu’il faut pour pouvoir répéter, manipuler et assimiler, que de devoir « capter » en classe une foule de « notions » qu’on ne fait plus qu' »aborder », pour les oublier tout de suite après en le laissant flotter, ou se noyer, dans un océan de choses vaguement « abordées », et souvent insuffisamment comprises pour pouvoir être réutilisées…
    Soit : plus d’heures d’école, ce n’est pas « plus » fatiguant, pour les élèves, mais moins ! Car l’apprentissage peut alors être réellement guidé, accompagné, et les acquisitions, articulées entre elles sans « trous » et sans « sauts », prennent leur sens…

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