Sanctionner les violences à l’école

Neuf mois d’attente et toujours rien.

Neuf mois après la convocation du ban et de l’arrière-ban de l’éducation aux « états généraux de la sécurité à l’école », le Ministre a toujours sur son bureau un décret qui pourrait aider les professeurs à se faire respecter. Mais il n’en fait rien.

Il ne le signe pas.

Qu’attend-il ?

Le décret relatif à la discipline dans les établissements scolaires est tapé, imprimé et posé sur le bureau de Luc Chatel depuis le mois de juin. Il n’est toujours pas signé. Pourtant, ce texte prévoit des mesures dont nos professeurs ont besoin pour faire respecter leur autorité. Il permettrait notamment de sanctionner automatiquement les violences verbales : bref de ne plus tolérer les injures dans nos établissements. Quand elles sont dirigées contre le professeur, le couperet tomberait. Sans nécessité pour ce professeur de se justifier, de faire un rapport, un contre-rapport et de finir comme c’est le cas dans certains établissements par un abandon pur et simple de la hiérarchie.

Cette signature du ministre serait un signe. Un petit signe mais un acte enfin en direction des enseignants pour leur dire : je ne vous laisse pas tomber. Encore faudrait-il que le ministre arrive à le signer sans l’édulcorer totalement. La dernière discussion, qui a eu lieu à ce sujet avec les syndicats, a duré plus de dix heures et chaque point a été remis en question. Tous –syndicats d’enseignants, syndicats lycéens, fédérations de parents – présents n’ont cessé d’ergoter.

Sommes-nous à ce point tombés sur la tête pour ne pas entendre la voix des professeurs en souffrance dans nos établissements ? Injuriés dans leur classe, menacés dans l’exercice de leur fonction, ces actes graves n’ont rien d’événements isolés, atypiques. Des milliers de témoignages nous sont parvenus à SOS Éducation pour dire combien il est difficile dans certains établissements de faire cours plus de cinq minutes sur une séance de cinquante-cinq minutes : le reste n’est que rappels à l’ordre, joutes verbales mais parfois aussi menaces physiques.

Un exemple récent : nouveau conseil de discipline en lycée professionnel parce qu’un parpaing a volé en pleine classe et est passé à deux centimètres de la tête du professeur. Vous imaginez ce qu’il lui serait arrivé s’il n’avait pas eu le temps de se baisser… mais le ministre, lui, ne bouge pas. Il se demande toujours si oui ou non, il a raison de faire en sorte que la sanction soit automatique dans nos établissements quand un élève s’attaque à son professeur. Que lui faut-il de plus pour agir ? Sûrement une invitation en bonne et due forme à notre groupe de travail pour écouter des professeurs avec de vrais problèmes !

Le décret que le Ministre n’arrive pas à signer

3 réflexions sur “Sanctionner les violences à l’école

  1. EN-FIN !!!!!
    Quel bien cela fait de lire sous la plume même d’une orthophoniste honnête que… nombre de gosses qui emplissent sa salle d’attente sont là non pas pour de réels « troubles du langage », mais tout simplement pour acquérir ou reconstruire ce que l’école primaire ne leur apporte plus, voire détruit chez eux !
    J’ai moi-même constaté, au fil des orthophonistes qui se sont occupé(e)s de mon fils, que la plupart faisaient, de fait, du « bête » soutien scolaire plus ou moins musclé.
    J’en ai connu une qui, d’ailleurs, réunissait les enfants par groupes de 8-9 autour d’une table, et, armée du Bescherelle et autres petits manuels bienvenus, leur faisait faire des « révisions » de conjugaisons, orthographe grammaticale et autres « apports » qu’ils n’avaient pas trouvés à l’école !
    Et… qui se faisait, soit dit en passant, ainsi, également une sacrée rente… quand on sait que toutes ces séances de supposée orthophonie sont remboursées par la Sécu… et donc fort rentables pour cette orthophoniste, et… bienvenues pour les parents désespérés !
    Mais… chut !!!!

    Pendant ce temps… combien d’enfants atteints de réels troubles du langage ne trouvent pas de place chez les orthophonistes dont ils auraient grand besoin, combien d’enfants réellement atteints de « troubles du comportement » restent à la porte de CMPP, SESSAD et autres « services sociaux » qui préfèrent s’occuper d’une multitude de gamins que leur envoie l’école primaire sous prétexte qu’ils « ne peuvent pas », quand… ils n’ont rien du tout à « soigner », sauf… les inepties pédagogiques de l’école primaire ?

  2. Même les élèves qui veulent apprendre, qui veulent faire vraiment faire quelque chose de leur vie en ont marre de ces élèves perturbateurs!
    Ils les dérangent dans leur apprentissage!
    Soutenons les professeurs !

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