Sécurité à l’école

Intéressant débat chez le blogueur Lomig, d’Expression libre, qui prône l’introduction de policiers dans les écoles pour y assurer l’ordre, après l’agression au couteau d’une enseignante par un élève de cinquième, vendredi dernier. Lomig ne voit «aucune raison valable à ne pas mettre des policiers ou des gendarmes, voire des militaires, dans les écoles et les cités pour rétablir l’ordre. Simplement pour permettre à ceux qui ont la malchance de vivre là de bénéficier, au moins, du plus élémentaire droit à la sécurité physique et psychologique.» Le ministre de l’Éducation nationale lui-même, Xavier Darcos, a déclaré souhaiter «examiner toutes les solutions possibles» dont «des portiques et des systèmes de fouille». Chacun de ces dispositifs, s’il n’oblige pas à la présence de forces de l’ordre dans les établissements, va dans le sens de la nécessaire sécurisation de leurs occupants.

Il est navrant que, face au problème de plus en plus récurrent de la violence dans et en-dehors des établissements scolaires, la prise de conscience ne se soit pas généralisée, notamment lorsqu’il s’agit des premiers concernés. Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN), déclarait hier que «face à un élève pris de folie, tous les portiques du monde seront impuissants. Cet élève se débrouillera pour faire entrer une arme que seule une fouille au corps peut détecter. Mais il s’agit d’une prérogative de la police que nous ne revendiquons en aucun cas».

Philippe Tournier estime en outre que dans le cas de violences extrêmes, «l’école n’a pas de réponse propre à apporter». Si le personnel de l’école, surveillants compris, n’est pas compétent pour répondre à la violence extrême de certains de leurs élèves, pourquoi pas l’introduction de forces de l’ordre ? Le secrétaire général du SNPDEN rejette également cette éventualité, proposée par le député Christian Estrosi (UMP), alors même que la fouille au corps lui semble relever de la seule compétence de la police.

Dès lors, on se demande bien quel moyen employer pour empêcher l’introduction d’armes dangereuses dans les établissements.

La réponse semble être toujours la même du côté des syndicats d’enseignants : le SNES-FSU demandait après l’agression de «privilégier l’éducatif sur le « tout-sécuritaire »», sans rappeler que l’éducation est impossible sans un minimum de sécurité.

Le SNES-FSU se contente d’appeler à «privilégier les moyens humains permettant le dialogue et l’accompagnement plutôt que de développer les « portiques » et dispositifs de vidéo-surveillance», à «donner les moyens aux établissements scolaires de faire un travail éducatif de qualité et dans la durée auprès des élèves» et à «revenir sur les suppressions massives de postes dans le second degré qui dégradent les conditions d’enseignement et dégarnissent les vies scolaires». Le SNES exige le «recrutement, en nombre suffisant, de personnels statutaires et formés pour apporter, dans le cadre d’équipes pluriprofessionnelles complètes, des réponses éducatives sérieuses qui prennent en compte tous les facteurs qui engendrent ou aggravent les phénomènes de violence dans l’école». En somme, plutôt que d’accepter l’éventualité de solutions sécuritaires de base à l’école, certains syndicalistes appellent à augmenter encore les moyens humains et financiers. Et rejettent la responsabilité des violences sur les «tensions souvent violentes qui marquent la société actuelle». Comme si ces violences n’étaient pas aussi la conséquence de l’éducation apportée aux enfants et aux adolescents par l’Éducation nationale. Comme si celle-ci n’était pas aussi responsable.

A lire aussi, les analyses de H16, de l’Hérétique de Franck Boizard, d’Elisabeth Levy sur Causeur et la chronique d’Isabelle Hannart, secrétaire générale de SOS Education.

Arborescence des articles consacrés à ce sujet à retrouver sur Pearltrees :

Sécurité à l'école

Roman Bernard

41 réflexions sur “Sécurité à l’école

  1. Je ne comprends pas bien cela :

    Comme si ces violences n’étaient pas aussi la conséquence de l’éducation apportée aux enfants et aux adolescents par l’Éducation nationale.

    Pourriez vous être plus explicite svp.

    Merci

  2. Je ne comprends pas bien cela :

    Comme si ces violences n’étaient pas aussi la conséquence de l’éducation apportée aux enfants et aux adolescents par l’Éducation nationale.

    Pourriez vous être plus explicite svp.

    Merci

  3. salut,
    merci d’avoir cité mon billet, et surtout renvoyé vers la discussion. Juste pour répondre à Bertrand, il me semble que la responsabilité de la montée de la violence est à mettre sur le dos des parents, et de l’éducation nationale qui ne devrait tolérer sous aucun prétexte des violences dans ses murs, non ?

    Mais ce n’est que mon avis, je laisse l’auteur répondre lui même…

  4. salut,
    merci d’avoir cité mon billet, et surtout renvoyé vers la discussion. Juste pour répondre à Bertrand, il me semble que la responsabilité de la montée de la violence est à mettre sur le dos des parents, et de l’éducation nationale qui ne devrait tolérer sous aucun prétexte des violences dans ses murs, non ?

    Mais ce n’est que mon avis, je laisse l’auteur répondre lui même…

  5. Ca fait 5 ans que j’enseigne (ou tente d’enseigner) l’histoire-géographie et le français en ZEP, dans un établissement classé plan de prévention de la violence pour le LP et zone sensible pour le LGT. Mon expérience s’achève, je viens d’avoir ma mut au soleil et je suis ravi.
    Quand j’analyse désormais la situation je me dis que l’éducation nationale (qui devrait s’appeler « instruction publique ») est gangrenée par 2 maux: le laxisme et la démagogie vis-à-vis des élèves.
    Quand j’étais moi-même sur les bancs de l’école la moindre once d’insolence était sévèrement sanctionnée et un élève qui aurait insulté un prof ramassait directement un conseil de discipline….aujourd’hui, cette faute est sanctionnée en moyenne par 1 ou 2 journées d’exclusion (et ils en sont ravis!) et l’obligation de faire des excuses (dont ils se foutent royalement).
    Mais je crois que le pire de tout c’est la démagogie. En effet, ces gamins-là connaissent parfaitement le système, et ils savent parfaitement que désormais le conseil de classe n’a plus qu’un rôle de conseil en fin d’année, ceux qui décident du passage ce sont les parents et leurs enfants qui n’ont qu’à cocher une croix sur une feuille s’ils veulent refuser un redoublement. Dans ces conditions pourquoi travailler? Pourquoi se tenir convenablement? De toute façon en fin d’année ce sont eux qui décident, ils n’ont plus cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête qu’on pouvait tenir autrefois pour les forcer à travailler.
    Le système est complètement vicié! Bonne soirée à vous et bonne continuation.

    • Merci Supertiti pour votre témoignage.
      Je souhaite réagir sur :
      1) Le laxisme : vraie plaie du collège aujourd’hui. Exemple dans un collège de banlieue calme dite « privilégiée par l’inspection académique » (sic) où un élève s’est essayé aux tags sur les murs du couloir menant au réfectoire ==> conseil de discipline où la décision est prise à l’unanimité de faire nettoyer ses dégats par l’élève (TIG) ==> les parents ont remis un chèque de 2 500 € au Principal du collège pour financer le nettoyage par une entreprise plutôt que leur enfant s’abaisse à un travail dégradant sous les colibets de ses camarades. Tout est dit : parents nuls et chef d’établissement laxiste.
      Je suis contre les journées d’exclusion puisque c’est récompenser les élèves au lieu de les punir et comment demander à des parents qui craignent pour leur emploi ou à des mères célibataires qui doivent travailler pour nourrir leur famille de prendre une journée de congé pour surveiller leur enfant afin qu’il reste à la maison et n’aille pas traîner les rues. L’exclusion c’est se débarrasser d’un problème qu’on ne veut pas gérer : c’est du laxisme.
      2) La démagogie : oui mais dans tous les sens et par tout le monde. Je rappelle qu’au collège un seul redoublement sur 4 ans est autorisé et on ne redouble pas la 5ème. Certes on demande l’avis des parents via une fiche navette (système de communication très convivial !!!!) mais la messe est dite dès le conseil de classe du 2ème trimestre : Principale et professeurs s’accordent à dire dans 99 % des cas que le redoublement sera inutile et qu’il vaut mieux faire passer l’élève en difficulté dans la classe supérieure afin qu’il quitte le collège le plus vite possible. Si c’est sans savoir lire, écrire et compter, c’est tant pis ! Pour les parents qui souhaitent s’exprimer il faut aller jusqu’aux commissions d’appel. Je souligne que le pourcentage de redoublement est très cadré par l’inspection d’académie. L’échec du collège unique est flagrant et la situation est telle que le quotidien des équipes pédagogiques est d’en gérer les effets pernicieux.
      3) J’aime à penser, si je puis dire, que les enseignants aient la possibilités d’en baver 5 ans puis d’avoir une mutation au soleil, tandis que les familles prisonnières de la carte scolaire et de leur porte monnaie subissent l’effondrement du système scolaire et voient l’avenir de leurs enfants compromis.
      4) La violence me direz-vous dans tout ça ? Elle est inexcusable. Une chose est sûre si les uniformes entrents dans les établissements, les actes d’agression se feront dans la rue. Le dialogue est la seule solution pérenne : parents, professeurs, professionnels de la prévention doivent travailler ensemble et l’école s’ouvrir au monde extérieur. (je vous renvoie à un de mes précédents commentaires).

  6. Bonsoir à tous,

    voici ce qu’on pouvait lire ce soir dans Le Monde au sujet des solutions envisagées par le ministère: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/21/darcos-propose-une-force-mobile-d-agents-pour-lutter-contre-la-violence-a-l-ecole_1196449_3224.html

    Toujours dans la démagogie à mon avis.

    Je ne pense pas que l’introduction de la police dans les établissements puisse résoudre à elle toute seule efficacement le problème de la violence. J’ai essayé de donner quelques arguments dans la discussion sur le blog de LOmiG.

    Je crois bien que, à la demande du chef d’un établissement, les forces de l’ordre peuvent déjà être présents. Dans un groupe scolaire devant lequel je passais tous les jours en allant à mon travail, les gendarmes patrouillaient régulièrement au moment de l’entrée des classes le matin: la drogue, le racket, l’alcool. L’effet de dissuasion que leur présence doit apporter n’est que très relatif.

    Pour être efficace, à mon avis, cette présence doit être permanente et forte: fouille au corps, présence en classe s’il est question de garantir réellement la sécurité des profs. Mais alors l’école risque de ressembler à un pénitencier : il restera à mettre les barreaux aux fenêtres, des barbelés autour et des tours de surveillance avec des hommes armés dans la cours. Est ce la solution d’éduquer les générations entières sous haute surveillance policière?

    C’est vrai, j’exagère un peu, mais une telle perspective ne semble pas si impossible que cela. Le voulons nous réellement?

    Enfin, admettre la police dans une école c’est accepter de livrer bataille à la violence sur un territoire qui, à mon avis, doit à tout prix préserver la neutralité. L’école est avant tout le lieu d’instruction, garantie par l’état et ouverte à tous.

  7. Commençons déjà par bien les encadrer et leur inculquer la discipline dès le plus jeune âge pour éviter que ne germent dans leur esprit des idées criminelles. La proposition de Darcos c’est du n’importe quoi, ils peuvent mettre des portiques, faire des fouilles au corps…, celui qui veut vraiment faire entrer une arme y parviendra toujours, nos écoles ne sont pas des prisons vietcong imperméables!
    Celui qui se permet d’agresser son enseignant c’est qu’il a déjà un sentiment d’impunité totale, il s’est rendu compte qu’il pouvait faire les 400 coups en toute quiétude, insulter son prof et être seulement réprimandé, alors il passe au stade supérieur…

  8. « Commençons déjà par bien les encadrer et leur inculquer la discipline dès le plus jeune âge » : Tout est dit, prendre le mal à la racine.
    Il faut revoir les sanctions disciplinaires et leur organisation dans les établissements : en primaire ni le chef d’établissement, ni le conseil d’école ne peuvent demander le renvoi d’un élève; au collège si un élève est renvoyé par le conseil de discipline, le chef d’établissement doit le « recaser » dans un autre collège où l’élève peut se rendre en transports en communs. Je cite un exemple vieux de 3 ans dans un collège de cette banlieue « calme et privilégiée » (toujours sic I.A.) : une élève est renvoyée par décision du conseil de discipline pour avoir rayé la voiture d’un professeur qui lui avait fait une remarque sur son comportement lors d’une sortie pédagogique. Le chef d’établissement lui trouve une place dans un collège dont le Principal lui envoie, en échange, un élève sanctionné d’exclusion pour possession d’un couteau. Résultat une semaine après : devant le collège, cet élève tailladait à coups de scalpel l’avant-bras d’un garçon qui lui avait demandé de ne pas trop approcher de sa petite amie. Après enquête, difficile car les chefs d’établissement élèvent toujours un mur de silence face aux parents d’élèves, il s’avérait que toute le journée le bruit avait couru dans le collège entre les élèves comme quoi un règlement de compte aurait lieu le soir à la sortie : CPE, surveillants étaient au courant. Le soir lors de l’incident c’est une élève témoin de l’agression qui a téléphoné à la police. L’agresseur n’a pas fui, il s’est laissé arrêter fièrement en lançant à la cantonnade qu’il n’irait pas en prison puisqu’il était mineur. S’en ait suivi des rondes de police à chaque heure de sortie avec contrôle des 2 roues motorisés (papiers, casque). Par contre beaucoup d’élèves étaient choqués et les quelques « caïds » s’amusaient à dire pour se faire craindre : « tu veux que j’te scalpe ! »
    Un groupe de parole a été mis en place par une association de prévention agréée par l’Education Nationale avec psychologue et éducateur pour permettre aux élèves de s’exprimer.
    Je précise que rien n’a été fait pour les professeurs qui eux aussi subissaient un traumatisme et un sentiment de culpabilité.
    Il faut tout reprendre de zéro : exiger le respect et la discipline de la part des élèves et des parents, asseoir l’autorité des équipes pédagogiques, mettre en place d’urgence des classes de soutien pour les élèves en difficultés avec un emploi du temps adapté afin qu’ils sachent lire, comprendre un texte (contrat de travail par exemple), écrire (lettre de motivation par exemple), compter (vérification d’une fiche de paie par exemple), puissent faire des stages professionnels pour s’orienter et mettre les parents face à leurs responsabilités en cas d’absence et de déscolarisation.
    Pour moi le but n’est pas de faire peur mais de faire comprendre, je ne pense pas que la police ait cette compétence.
    En conséquence, il faut revoir aussi le statut de CPE : conseiller principal d’éducation ==> ce terme est beaucoup plus évocateur que le « surveillant général dit surgé » du passé. Quant aux assistants d’éducation anciennement surveillants ou pions : leur recrutement et leurs attributions sont forcément à revoir. La discipline et le respect passent par la reconnaissance d’adultes référents pas par des « deals » passés entre ados pour le maintien du calme.
    Et bien il y a du boulot et il faut tous s’y mettre pour l’avenir des nos enfants !!!

  9. P.S. : Attention, je ne dis pas qu’il faut augmenter les moyens humains de l’Education Nationale. Pas du tout, il faut les recadrer, les former et les organiser. Je sais, je vais en faire bondir certains mais je pense qu’un professeur agrégé de lettres classiques enseignant en collège le B A BA du français : c’est du gachis ==> tout le monde y perd : le professeur ne s’épanouit pas et est frustré de ne pas dispenser ses connaissances, les élèves s’ennuient parce Voltaire c’est compliqué, l’Education Nationale paie cher un enseignant qui serait plus compétent ailleurs. Quand j’écris ce constat, je le trouve violent.
    La violence, c’est quand on se sent pris au piège d’un système et qu’on se rebelle. Il faut changer le système, pas en intensifier sa perversité.

  10. Je suis très surpris de l’appréciation porté sur mes propos. C’est le SNPDEN qui a, le premier, dans les années 1990, soulevé la question de la violence qui était alors niée. En revanche, le traitement exclusif de cette question à partir de cas extrêmes, au milieu d’un climat émotionnel et passionnel débridé comme aujourd’hui ne favorise pas la prise en compte des violences quotidiennes dont souffrent les élèves et les professeurs et qui ne sont pas de cet ordre. Ce traitement débouche sur un double échec : non seulement la fameuse « sanctuarisation » périodiquement annoncée à coups de cymbales médiatiques (onze fois en quinze ans environ) est toujours pour demain, mais la prise en charge des violences quotidiennes s’intéressent guère (elles ne permettent pas de faire une ouverture de JT). Ce que nous disons, c’est qu’il faut mettre en œuvre les « plans de sécurité » d’établissements déjà annoncés depuis cinq ans et jamais mis en œuvre… faute de ressources.

    • Merci pour votre commentaire. Question : le problème de la violence à l’école est-il un problème de moyens, avec le premier poste budgétaire de l’Etat et un million d’enseignants ? Il faut admettre que la question se pose.

  11. Je suis très surpris de l’appréciation porté sur mes propos. C’est le SNPDEN qui a, le premier, dans les années 1990, soulevé la question de la violence qui était alors niée. En revanche, le traitement exclusif de cette question à partir de cas extrêmes, au milieu d’un climat émotionnel et passionnel débridé comme aujourd’hui ne favorise pas la prise en compte des violences quotidiennes dont souffrent les élèves et les professeurs et qui ne sont pas de cet ordre. Ce traitement débouche sur un double échec : non seulement la fameuse « sanctuarisation » périodiquement annoncée à coups de cymbales médiatiques (onze fois en quinze ans environ) est toujours pour demain, mais la prise en charge des violences quotidiennes s’intéressent guère (elles ne permettent pas de faire une ouverture de JT). Ce que nous disons, c’est qu’il faut mettre en œuvre les « plans de sécurité » d’établissements déjà annoncés depuis cinq ans et jamais mis en œuvre… faute de ressources.

    • Merci pour votre commentaire. Question : le problème de la violence à l’école est-il un problème de moyens, avec le premier poste budgétaire de l’Etat et un million d’enseignants ? Il faut admettre que la question se pose.

  12. Bien sûr que non, le problème de la violence à l’école n’est pas une question de moyens. Je suis dans un établissement classé « plan de prévention de la violence » (là où je suis on a la totale! lol), en plein milieu de ce far-west des banlieues, alors vous imaginez bien que les lacunes du système me sautent aux yeux. Les collègues qui pètent les plombs et qui se mettent en arrêt maladie parce qu’ils n’en peuvent plus d’avoir toute la journée des classes ingérables, celles qui pleurent à côté de vous durant le repas ou en salle des profs car leurs élèves mysogines leur ont fait « la misère » comme ils disent, ou encore les enseignants qui craquent avant de faire 5 ans (et avoir le bonus de points APV) et qui préfèrent demander une mutation en Guadeloupe, en Guyane et à la Martinique…
    Que l’on commence par:
    – Mettre dans les couloirs des établissements des surveillants qui ne soient pas des « copains » ou des personnes qui n’en « imposent pas » mais des gens à poigne! Ce n’est pas le pays des Bisounours une ZEP, quand un(e) surveillant(e) d’1m20 les bras levés et sans aucun charisme demande à un gaillard d’1m80 ou 1m90 gavé de testosterone de se calmer, vous parlez qu’il s’en moque complètement!!! Au niveau du recrutement des surveillants il y’a des choses à revoir donc!
    – Rétablir le redoublement obligatoire et sans quotas sur avis seul et unique du conseil de classe! Ca c’est la condition sine qua non, la clé de voûte du système dont les gamins connaissent tous les rouages et toutes les faiblesses. Ils savent qu’en fin d’année ce sont eux et leurs parents qui décident ou non du redoublement, plus les profs, il n’y a qu’une croix à cocher sur un papier ; dans ces conditions, pourquoi travailler durant l’année? Pourquoi se tenir à carreaux en classe alors qu’on peut se permettre de mettre le boxon et de passer en toute IMPUNITE, même avec 7 de moyenne (et je suis gentil)!!! Si les règles sont clairement établies dès l’école primaire alors le comportent des élèves en classe changera du tout au tout!
    – Généraliser l’apprentissage à 14 ans (ou plus ou moins 14 ans) pour les enfants qui n’ont visiblement pas du tout un profil scolaire et qui s’ennuient sur les bancs de l’école ; certains ont de l’or dans les mains, les métiers manuels doivent être reconsidérés car la folie égalitariste de notre système scolaire fait croire à tous les élèves qu’ils sont aptes à faire de longues études….c’est faux! Tous ne sont pas égaux, tous n’ont pas le même potentiel pour apprendre et réussir dans les études, c’est une évidence! Beaucoup seraient d’ailleurs bien plus heureux et épanouis dans leur vie en participant à ces apprentissages.
    – Revoir totalement le système de l’orientation en France, là encore c’est FONDAMENTAL, surtout dans les lycées professionnels! Combien de gamins qui sont dans des filières qu’ils n’ont pas choisies? Trop souvent dans les collèges on cherche à s’en débarrasser en les envoyant dans des filières « poubelles » (Vente, comptabilité notamment). Difficile de demander à un élève d’être motivé et volontaire dans son travail quand il n’a pas choisi la filière dans laquelle il est, imaginez-vous à sa place! J’ai eu des élèves qui pleuraient devant moi car ils me disaient qu’ils n’étaient pas heureux dans ce qu’ils faisaient et qu’ils étaient complètement perdus….d’où le manque de travail, le chahut en classe, l’absentéisme! Un élève ne devrait pas arriver au lycée sans avoir un projet clair et personnalisé!

    Que l’on commence par mettre en place ces principes et ça ira nettement mieux pour tout le monde, c’est certain! Il y’a encore d’autres choses à modifier mais ces 4 principes sont clairement des mesures d’urgence à mettre en oeuvre.

  13. Bien sûr que non, le problème de la violence à l’école n’est pas une question de moyens. Je suis dans un établissement classé « plan de prévention de la violence » (là où je suis on a la totale! lol), en plein milieu de ce far-west des banlieues, alors vous imaginez bien que les lacunes du système me sautent aux yeux. Les collègues qui pètent les plombs et qui se mettent en arrêt maladie parce qu’ils n’en peuvent plus d’avoir toute la journée des classes ingérables, celles qui pleurent à côté de vous durant le repas ou en salle des profs car leurs élèves mysogines leur ont fait « la misère » comme ils disent, ou encore les enseignants qui craquent avant de faire 5 ans (et avoir le bonus de points APV) et qui préfèrent demander une mutation en Guadeloupe, en Guyane et à la Martinique…
    Que l’on commence par:
    – Mettre dans les couloirs des établissements des surveillants qui ne soient pas des « copains » ou des personnes qui n’en « imposent pas » mais des gens à poigne! Ce n’est pas le pays des Bisounours une ZEP, quand un(e) surveillant(e) d’1m20 les bras levés et sans aucun charisme demande à un gaillard d’1m80 ou 1m90 gavé de testosterone de se calmer, vous parlez qu’il s’en moque complètement!!! Au niveau du recrutement des surveillants il y’a des choses à revoir donc!
    – Rétablir le redoublement obligatoire et sans quotas sur avis seul et unique du conseil de classe! Ca c’est la condition sine qua non, la clé de voûte du système dont les gamins connaissent tous les rouages et toutes les faiblesses. Ils savent qu’en fin d’année ce sont eux et leurs parents qui décident ou non du redoublement, plus les profs, il n’y a qu’une croix à cocher sur un papier ; dans ces conditions, pourquoi travailler durant l’année? Pourquoi se tenir à carreaux en classe alors qu’on peut se permettre de mettre le boxon et de passer en toute IMPUNITE, même avec 7 de moyenne (et je suis gentil)!!! Si les règles sont clairement établies dès l’école primaire alors le comportent des élèves en classe changera du tout au tout!
    – Généraliser l’apprentissage à 14 ans (ou plus ou moins 14 ans) pour les enfants qui n’ont visiblement pas du tout un profil scolaire et qui s’ennuient sur les bancs de l’école ; certains ont de l’or dans les mains, les métiers manuels doivent être reconsidérés car la folie égalitariste de notre système scolaire fait croire à tous les élèves qu’ils sont aptes à faire de longues études….c’est faux! Tous ne sont pas égaux, tous n’ont pas le même potentiel pour apprendre et réussir dans les études, c’est une évidence! Beaucoup seraient d’ailleurs bien plus heureux et épanouis dans leur vie en participant à ces apprentissages.
    – Revoir totalement le système de l’orientation en France, là encore c’est FONDAMENTAL, surtout dans les lycées professionnels! Combien de gamins qui sont dans des filières qu’ils n’ont pas choisies? Trop souvent dans les collèges on cherche à s’en débarrasser en les envoyant dans des filières « poubelles » (Vente, comptabilité notamment). Difficile de demander à un élève d’être motivé et volontaire dans son travail quand il n’a pas choisi la filière dans laquelle il est, imaginez-vous à sa place! J’ai eu des élèves qui pleuraient devant moi car ils me disaient qu’ils n’étaient pas heureux dans ce qu’ils faisaient et qu’ils étaient complètement perdus….d’où le manque de travail, le chahut en classe, l’absentéisme! Un élève ne devrait pas arriver au lycée sans avoir un projet clair et personnalisé!

    Que l’on commence par mettre en place ces principes et ça ira nettement mieux pour tout le monde, c’est certain! Il y’a encore d’autres choses à modifier mais ces 4 principes sont clairement des mesures d’urgence à mettre en oeuvre.

  14. @ Noémie Rosière: Vous évoquez l’idée de « mettre les parents face à leurs responsabilités en cas d’absence et de déscolarisation », pouvez-vous apporter des précisions sur la manière de mettre en application ce principe?

    • Si l’on prend comme postulats que :
      1) L’école est obligatoire jusqu’à 16 ans : l’Etat doit dispenser via l’Education Nationale l’instruction à tous les enfants ET toutes les familles doivent permettre à leur enfants de bénéficier de cette instruction ==> l’obligation est réciproque
      2) Des classes de soutien avec des emplois du temps adaptés soient en place dans les écoles pour les élèves en difficultés (cf mon post du 22/05/09 10h20).
      Alors mettre les parents devant leurs responsabilités c’est :
      1) Les convoquer au moins par trois fois par lettre recommandée avec A.R. afin que les équipes pédagogiques les informent de la situation scolaire (et disciplinaire) de leur enfant
      2) Que se mette en place un contrat signé entre les parents, l’élève et l’équipe pédagogique stipulant l’obligation de suivi des cours et fixant un planning de rencontres mensuelles tripartites
      3) Si les parents ne se présentent pas aux convocations et / ou s’ils refusent de signer ce contrat, ils soient informer que l’Etat porte plainte contre eux pour mauvais traitement à enfant.
      J’ai été témoin de trop de conseils de discipline où les parents étaient ou semblaient être ignorants des réels problèmes de leur enfants ou dépassés par l’ampleur de la situation (l’exclusion). Bien sûr chaque fois le chef d’établissement, le CPE et le professeur principal avaient reçu au moins une fois un des parents mais le plus souvent en l’absence du premier concerné : l’enfant. De plus n’ayant pas d’alternative à proposer ou devant des parents rejetant la faute sur le « système », la construction d’une solution tourne court.
      Pourquoi pas aussi faire appel à un éducateur spécialisé, travaillant pour une association ou une structure autre que l’Education Nationale, et qui servirait de médiateur, de parrain, de référent si l’élève et son ou ses parents sont en conflit tel que toute communication est rompue.
      Adaptabilité ne veut pas dire laxisme : on peut très bien gérer une situation délicate en adaptant l’enseignement sans perdre de vue les objectifs : le respect d’un règlement et la progression des apprentissages.

  15. @Noémie Rosière:

    Je reprends vos idées:

    « 1) Les convoquer au moins par trois fois par lettre recommandée avec A.R. afin que les équipes pédagogiques les informent de la situation scolaire (et disciplinaire) de leur enfant »:

    « Au moins trois fois » c’est beaucoup trop, ça va engendrer un coût très élevé d’une part, et d’autre part une seule lettre en recommandé avec A.R. est censée suffir, disons 2 grand maximum!

    « 2) Que se mette en place un contrat signé entre les parents, l’élève et l’équipe pédagogique stipulant l’obligation de suivi des cours et fixant un planning de rencontres mensuelles tripartites ».

    Oui, c’est très bien, s’ils le respectent on est dans le merveilleux.

    « 3) Si les parents ne se présentent pas aux convocations et / ou s’ils refusent de signer ce contrat, ils soient informer que l’Etat porte plainte contre eux pour mauvais traitement à enfant ».

    Une plainte pour « mauvais traitement à enfant »…c’est un peu exagéré, vous ne trouvez pas? Concernant l’absentéisme j’ai toujours été partisan de supprimer les allocations familiales (ou une partie) des parents laxistes, alors les enfants reviendraient à l’école en courant (il y’a de fortes chances, en tout cas pour une grande partie d’entre eux). Les allocations familiales sont pour moi un contrat citoyen, « la République vous aide financièrement à éduquer votre enfant convenablement en vous donnant le droit aux allocations mais vous, en tant que parents, contribuez à en faire un citoyen responsable qui remplit son devoir, celui de venir à l’école jusqu’à 16 ans ». Si l’enfant est absentéiste, alors il est normal que le contrat soit rompu, c’est mon point de vue!

    • Pour moi les allocations familiales aident financièrement les familles à élever leurs enfants pas qu’à les éduquer; donc à les nourrir, les vêtir, leur donner un toît sur la tête, les soigner. La CAF n’a aucun contrat avec l’Education Nationale : la preuve en est dans leurs programmes de prévention, soit la CAF présente elle-même ses animations aux élèves soit elle subventionne des associations pour intervenir auprès des jeunes et des parents dans le domaine de la prévention santé.
      Le « contrat citoyen » c’est respecter la loi pour soi et pour ses enfants. Si « mauvais traitement à enfant » est trop fort parlons de « délaissement »… A l’arrivée je souhaite que les enfants en difficultés scolaires (et sociales pour la plupart des cas) soient considérés en tant que personne et non en tant qu’enjeu financier par leurs parents et par la société.
      Etre un citoyen, c’est avoir des droits, être responsable, c’est être conscient d’avoir des devoirs. Je pense qu’être mis en doute (voire déchu) dans sa capacité de parents (avec mise à l’épreuve, tutorat,etc…) provoquerait une remise en question comportementale des parents et garantirait un avenir scolaire à l’enfant.
      La contrainte financière est perverse car elle peut cacher, en cas de paiement, un mauvais traitement de l’enfant soit par désintérêt soit par culpabilisation soit par des violences.
      Pour moi revoir le système en profondeur, c’est redonner sa place et sa valeur à l’humain. Intégrer une notion financière me paraît dangereuse et source de conflit donc de violence.
      Vous dites très justement qu’il faut redonner ses titres de noblesse au travail manuel : comme je suis d’accord avec vous.
      Chaque enfant a en lui sa propre capacité à développer des compétences : l’école et les parents doivent l’aider à les trouver.
      Et boum !!! On rebondit sur le problème de l’orientation : grande source de frustrations donc de violences quand elle est mal négociée.
      Avez-vous entendu parler de la 3ème option Découverte Professionnelle ??? Lol !! Si j’étais optimiste !!
      Mais je dis désespérant : aucune formation pour les professeurs volontaires, aucune ressource financière pour se déplacer sur site, aucun objectif défini, aucun partenariat avec des professionnels…

  16. Accord complet avec les propositions du communiqué adressé à M. le ministre de l’E.N.
    Professeurs « honoraires » de l’E.N., notre petite fille a été dirigée vers l’enseignement privé de (très) bon niveau.
    Cordialement et … bon courage.

  17. Accord complet avec les propositions du communiqué adressé à M. le ministre de l’E.N.
    Professeurs « honoraires » de l’E.N., notre petite fille a été dirigée vers l’enseignement privé de (très) bon niveau.
    Cordialement et … bon courage.

  18. Tout à fait d’accord pour que l’autorité en matière de redoublement ,d’appréciation du travail scolaire soit rendue aux enseignants…Il faut passer trop de temps à expliquer voire à négocier avec certains et cela se fait au détriment de ceux qui veulent travailler.Il faut aussi rendre à la « vie scolaire  » sa juste place qui est le suivi de la tenue des élèves,du respect du règlement.Celà est parfois négligé…surtout si le chef d’établissement se réfugie trop souvent dans son bureau…Un professeur encore en activité mais plus pour longtemps !

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