Solution à la violence à l’école

Pour SOS Éducation, il faut avant tout restaurer l’autorité des professeurs.

Tous les portiques et caméras de surveillance ne suffiront pas à rétablir le calme dans les établissements scolaires.

Selon les analyses des experts de SOS Éducation, si les enfants ou jeunes adultes en arrivent aux mains ou aux couteaux au sein même de l’école, c’est parce qu’on a laissé s’installer l’indiscipline, la violence verbale, la violence physique, dans la plupart des établissements, qui ne peuvent que dégénérer sur des violences graves.

Pour remettre des limites dans les écoles, il faut restaurer l’autorité et le prestige des professeurs, qui n’ont aujourd’hui plus les moyens de se faire respecter, et de protéger les élèves de la violence des autres.

« La situation est si grave, l’autorité des professeurs a été à ce point sapée, qu’ils sont eux-mêmes victimes, de plus en plus souvent, de violences », explique Aldric Boulangé, porte-parole de SOS Éducation. « Tant que leur autorité n’aura pas été restaurée, il est illusoire d’espérer que les élèves retrouvent la sécurité ».

Dernier appel de SOS Éducation lancé à Luc Chatel : 28 septembre 2009, Monsieur le Ministre, d’autres solutions à la violence existent.

SOS Éducation regroupe des parents et des professeurs qui travaillent ensemble pour défendre l’école.

6 réflexions sur “Solution à la violence à l’école

  1. s’ils sont capables d’une telle violence à l’école, c’est qu’ils le sont également ailleurs … donc que des adultes soient en capacité de les recadrer pour leur donner des repères est une chose, mais est-ce le boulot des enseignants ??? une excellente solution consisterait à leur faire faire dès leur arrivée le matin à l’école une petite séance quotidienne de sophrologie … très efficace et très rapide dans les effets …

  2. L’autorité des professeurs est trop souvent bafouée au sein des établissements scolaires, par les chefs d’établissement qui ne veulent pas faire connaître à leur hiérarchie les actes de violence qui perturbent la vie de l’établissement qu’ils dirigent. Par les professeurs principaux qui veulent complaire à l’administration, écoutent les élèves avec complaisance et les encouragent à « parler » de leurs problèmes. Les séances de vie de classe se transforment souvent en entreprise de délation et de diffamation des professeurs dont ils ne sont pas satisfaits. Le degré de satisfaction ne correspond pas toujours à des critères objectifs, mais dépend de réactions épidermiques ou vengeresses, engendrées par des mauvaises notes ou des réprimandes, beaucoup d »élèves préférant accuser le professeur plutôt que se remettre en cause. Pourquoi diantre les adultes concernés ne prennent-ils pas le recul nécessaire
    Les CPE ont aussi leur part de responsabilité lorsqu’ils confessent les élèves en prenant leur parti, certains élèves menacent les professeurs qui les remettent à leur place d’aller voir le/la CPE pour se plaindre.

    Voici un exemple de la gestion d’un événement vécu il y a une dizaine de jours dans un lycée de banlieue.

    Des élèves qui ne posent pas de réels problèmes habituellement s’étant battus très violemment après l’un de mes cours, mais dans ma salle, j’ai fait un rapport circonstancié dont aucun compte n’a été vraiment tenu puisque les deux individus se sont retrouvés en classe. Ce qui devait arriver est arrivé, ils ont joué la revanche à la suite du cours d’un autre professeur avec la plus extrême violence. Nouveau rapport. Trois jours d’exclusion.
    Des camarades, non des plus irréprochables sont intervenus pour soutenir l’un des « belligérants », on les a écoutés. De gentilles élèves sérieuses ont voulu aussi témoigner, mais leur témoignage n’allant pas dans le bon sens, on les a accusées de prendre parti. Allez comprendre, enfin si, c’est la logique interne à l’établissement.
    En revanche, à aucun moment on ne nous a demandé à ma collègue ou à moi ce que nous pensions ou ressentions. On nous a renvoyé les deux individus, nous n’avons qu’à obtempérer! Ils ne passeront pas en conseil de discipline. Le professeur principal ne nous aura soutenues: l’un des deux élèves confié à un foyer vit dans une famille d’accueil, elle le soutient. De plus elle ne voudrait pas déplaire à un proviseur qui veut faire croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    La situation est vraiment très grave, il faudrait une prise de conscience généralisée et une reprise en main très ferme, mais l’on a trop pris l’habitude de considérer les enfants comme des adultes et non comme des adultes en devenir dans la société tout entière.

    • Je suis totalement d’accord avec ce que vous écrivez.
      Tout est fait pour réduire l’autorité des enseignants. L’heure de vie de classe y contribue largement, avec le professeur principal coincé (s’il y consent!) entre l’équipe de la classe qui lui est confiée, les élèves, les parents, la hiérarchie.
      C’est le moment idéal pour acheter la fameuse « paix sociale », sur le dos des collègues. Le tout est de trouver le bon bouc émissaire, si possible le non titulaire, le précaire dont l’administration ne veut pas renouveler le contrat, parce qu’il faudrait le transformer en CDI (selon les dires du rectorat de Créteil qui prétend transformer 80% de ses CDD en CDI)
      Il serait urgent de la supprimer. Au lieu de cela, il est question d’instaurer le « professeur référent », super prof principal, lié au chef d’établissement. Idéal pour aggraver la division entre collègues et le système D, la débrouille, pour tenter de tirer son épingle du jeu.
      Au tableau que vous tracez manque juste l’infirmière dans son cabinet médical (quand il y en a un), qui sert de « bureau des pleurs », de stand de réclamations à tous les mécontents de leurs notes, aux éternels victimes des méchants profs, « Madame Unetelle est vraiment trop méchante et injuste… ». Souvenez-vous de ce collègue qui , après avoir été copieusement insulté par un élève de 6ème, l’avait giflé. L’élève ne s’était pas plaint auprès de son père gendarme (fonctionnaire d’autorité pourtant, autorité qui normalement devrait commencer à la maison…). Ce sont les filles de la classe qui « étaient allées trouver l’infirmière », laquelle avait dénoncé le prof au principal, lequel a porté plainte contre son prof. Incapable de le protéger, comme c’est son devoir de chef d’établissement, mais prompt à la dénonciation. Voilà où on en est. Heureusement, une gigantesque pétition avait montré le soutien rencontré par notre collègue et je ne sais pas ce qu’est devenue cette affaire.

      Tout ça pour dire que la sécurité, l’autorité, le respect ne sont pas que des questions quantitatives (même si le volume de la présence adulte est importante), mais aussi qualitatives.

      Il faudrait parler des IDD aussi, et des heures de « claquettes » perdues pour les élèves.

  3. Jehanne et Marine , par leur simple expérience, touchent au fond du problème : l’autorité « bafouée ». A ce sujet, l’heure de vie de classe est révélatrice : cf. mon article qui reprend pour titre la parole innocente d’un élève  » suce moi l’cul! »
    Et ce ne sont pas le sécuritaire ( droite), ou la multiplication des « moyens »( gauche) qui changera qq chose. cf.http://www.observatoire-laxisme-ecole.fr/print_text.php?id=29
    La déliquescence sera bientôt telle, qu’une vraie prise de conscience se fera.

    • « La déliquescence sera bientôt telle, qu’une vraie prise de conscience se fera. »
      Je ne sais pas. Elle devrait déjà se faire, mais elle est dévoyée par le sauve-qui-peut et la démagogie, pire fléau qui soit dans l’éducation ex nationale. Et la démagogie entraîne la mort de la solidarité.
      Et même si la prise de conscience se faisait, tant que le pouvoir refusera de prendre ses responsabilités et continuera à nous sortir des réformes allant dans le sens de la déliquescence, je ne vois pas ce qui pourra changer.
      Le pouvoir préfère que les « sauvageons » tuent l’école plutôt que d’être dans la nature, où ils coûtent cher en « surveillance » (de loin) et en prise en charge carcérale. Ce qu’il faudrait en fait, c’est stopper l’afflux de ces jeunes gens divers et si précieux pour notre société. Mais ça, je ne vois pas comment au point où nous en sommes…). Il en arrive et on en importe tous les jours, des futurs problèmes…
      J’aimerais partager votre optimisme. En attendant, beaucoup de jeunes profs sont démolis dans leur désir d’enseigner et j’ai bien peur qu’ils hésitent à remettre les pieds dans une classe. Cela dit, on trouvera toujours des vacataires qui accepteront de faire 100 kms/jour pour 2 heures de cours par jour et 9 heures/semaine. Manque d’emploi exige…

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Solution à la violence à l’école

Pour SOS Éducation, il faut avant tout restaurer l’autorité des professeurs.

Tous les portiques et caméras de surveillance ne suffiront pas à rétablir le calme dans les établissements scolaires.

Selon les analyses des experts de SOS Éducation, si les enfants ou jeunes adultes en arrivent aux mains ou aux couteaux au sein même de l’école, c’est parce qu’on a laissé s’installer l’indiscipline, la violence verbale, la violence physique, dans la plupart des établissements, qui ne peuvent que dégénérer sur des violences graves.

Pour remettre des limites dans les écoles, il faut restaurer l’autorité et le prestige des professeurs, qui n’ont aujourd’hui plus les moyens de se faire respecter, et de protéger les élèves de la violence des autres.

« La situation est si grave, l’autorité des professeurs a été à ce point sapée, qu’ils sont eux-mêmes victimes, de plus en plus souvent, de violences », explique Aldric Boulangé, porte-parole de SOS Éducation. « Tant que leur autorité n’aura pas été restaurée, il est illusoire d’espérer que les élèves retrouvent la sécurité ».

Dernier appel de SOS Éducation lancé à Luc Chatel : 28 septembre 2009, Monsieur le Ministre, d’autres solutions à la violence existent.

SOS Éducation regroupe des parents et des professeurs qui travaillent ensemble pour défendre l’école.

6 réflexions sur “Solution à la violence à l’école

  1. s’ils sont capables d’une telle violence à l’école, c’est qu’ils le sont également ailleurs … donc que des adultes soient en capacité de les recadrer pour leur donner des repères est une chose, mais est-ce le boulot des enseignants ??? une excellente solution consisterait à leur faire faire dès leur arrivée le matin à l’école une petite séance quotidienne de sophrologie … très efficace et très rapide dans les effets …

  2. L’autorité des professeurs est trop souvent bafouée au sein des établissements scolaires, par les chefs d’établissement qui ne veulent pas faire connaître à leur hiérarchie les actes de violence qui perturbent la vie de l’établissement qu’ils dirigent. Par les professeurs principaux qui veulent complaire à l’administration, écoutent les élèves avec complaisance et les encouragent à « parler » de leurs problèmes. Les séances de vie de classe se transforment souvent en entreprise de délation et de diffamation des professeurs dont ils ne sont pas satisfaits. Le degré de satisfaction ne correspond pas toujours à des critères objectifs, mais dépend de réactions épidermiques ou vengeresses, engendrées par des mauvaises notes ou des réprimandes, beaucoup d »élèves préférant accuser le professeur plutôt que se remettre en cause. Pourquoi diantre les adultes concernés ne prennent-ils pas le recul nécessaire
    Les CPE ont aussi leur part de responsabilité lorsqu’ils confessent les élèves en prenant leur parti, certains élèves menacent les professeurs qui les remettent à leur place d’aller voir le/la CPE pour se plaindre.

    Voici un exemple de la gestion d’un événement vécu il y a une dizaine de jours dans un lycée de banlieue.

    Des élèves qui ne posent pas de réels problèmes habituellement s’étant battus très violemment après l’un de mes cours, mais dans ma salle, j’ai fait un rapport circonstancié dont aucun compte n’a été vraiment tenu puisque les deux individus se sont retrouvés en classe. Ce qui devait arriver est arrivé, ils ont joué la revanche à la suite du cours d’un autre professeur avec la plus extrême violence. Nouveau rapport. Trois jours d’exclusion.
    Des camarades, non des plus irréprochables sont intervenus pour soutenir l’un des « belligérants », on les a écoutés. De gentilles élèves sérieuses ont voulu aussi témoigner, mais leur témoignage n’allant pas dans le bon sens, on les a accusées de prendre parti. Allez comprendre, enfin si, c’est la logique interne à l’établissement.
    En revanche, à aucun moment on ne nous a demandé à ma collègue ou à moi ce que nous pensions ou ressentions. On nous a renvoyé les deux individus, nous n’avons qu’à obtempérer! Ils ne passeront pas en conseil de discipline. Le professeur principal ne nous aura soutenues: l’un des deux élèves confié à un foyer vit dans une famille d’accueil, elle le soutient. De plus elle ne voudrait pas déplaire à un proviseur qui veut faire croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    La situation est vraiment très grave, il faudrait une prise de conscience généralisée et une reprise en main très ferme, mais l’on a trop pris l’habitude de considérer les enfants comme des adultes et non comme des adultes en devenir dans la société tout entière.

    • Je suis totalement d’accord avec ce que vous écrivez.
      Tout est fait pour réduire l’autorité des enseignants. L’heure de vie de classe y contribue largement, avec le professeur principal coincé (s’il y consent!) entre l’équipe de la classe qui lui est confiée, les élèves, les parents, la hiérarchie.
      C’est le moment idéal pour acheter la fameuse « paix sociale », sur le dos des collègues. Le tout est de trouver le bon bouc émissaire, si possible le non titulaire, le précaire dont l’administration ne veut pas renouveler le contrat, parce qu’il faudrait le transformer en CDI (selon les dires du rectorat de Créteil qui prétend transformer 80% de ses CDD en CDI)
      Il serait urgent de la supprimer. Au lieu de cela, il est question d’instaurer le « professeur référent », super prof principal, lié au chef d’établissement. Idéal pour aggraver la division entre collègues et le système D, la débrouille, pour tenter de tirer son épingle du jeu.
      Au tableau que vous tracez manque juste l’infirmière dans son cabinet médical (quand il y en a un), qui sert de « bureau des pleurs », de stand de réclamations à tous les mécontents de leurs notes, aux éternels victimes des méchants profs, « Madame Unetelle est vraiment trop méchante et injuste… ». Souvenez-vous de ce collègue qui , après avoir été copieusement insulté par un élève de 6ème, l’avait giflé. L’élève ne s’était pas plaint auprès de son père gendarme (fonctionnaire d’autorité pourtant, autorité qui normalement devrait commencer à la maison…). Ce sont les filles de la classe qui « étaient allées trouver l’infirmière », laquelle avait dénoncé le prof au principal, lequel a porté plainte contre son prof. Incapable de le protéger, comme c’est son devoir de chef d’établissement, mais prompt à la dénonciation. Voilà où on en est. Heureusement, une gigantesque pétition avait montré le soutien rencontré par notre collègue et je ne sais pas ce qu’est devenue cette affaire.

      Tout ça pour dire que la sécurité, l’autorité, le respect ne sont pas que des questions quantitatives (même si le volume de la présence adulte est importante), mais aussi qualitatives.

      Il faudrait parler des IDD aussi, et des heures de « claquettes » perdues pour les élèves.

  3. Jehanne et Marine , par leur simple expérience, touchent au fond du problème : l’autorité « bafouée ». A ce sujet, l’heure de vie de classe est révélatrice : cf. mon article qui reprend pour titre la parole innocente d’un élève  » suce moi l’cul! »
    Et ce ne sont pas le sécuritaire ( droite), ou la multiplication des « moyens »( gauche) qui changera qq chose. cf.http://www.observatoire-laxisme-ecole.fr/print_text.php?id=29
    La déliquescence sera bientôt telle, qu’une vraie prise de conscience se fera.

    • « La déliquescence sera bientôt telle, qu’une vraie prise de conscience se fera. »
      Je ne sais pas. Elle devrait déjà se faire, mais elle est dévoyée par le sauve-qui-peut et la démagogie, pire fléau qui soit dans l’éducation ex nationale. Et la démagogie entraîne la mort de la solidarité.
      Et même si la prise de conscience se faisait, tant que le pouvoir refusera de prendre ses responsabilités et continuera à nous sortir des réformes allant dans le sens de la déliquescence, je ne vois pas ce qui pourra changer.
      Le pouvoir préfère que les « sauvageons » tuent l’école plutôt que d’être dans la nature, où ils coûtent cher en « surveillance » (de loin) et en prise en charge carcérale. Ce qu’il faudrait en fait, c’est stopper l’afflux de ces jeunes gens divers et si précieux pour notre société. Mais ça, je ne vois pas comment au point où nous en sommes…). Il en arrive et on en importe tous les jours, des futurs problèmes…
      J’aimerais partager votre optimisme. En attendant, beaucoup de jeunes profs sont démolis dans leur désir d’enseigner et j’ai bien peur qu’ils hésitent à remettre les pieds dans une classe. Cela dit, on trouvera toujours des vacataires qui accepteront de faire 100 kms/jour pour 2 heures de cours par jour et 9 heures/semaine. Manque d’emploi exige…

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