Stop aux changements de programmes

Ce vendredi 6 décembre, Vincent Peillon a décidé de saisir le Conseil Supérieur des Programmes. À quoi doit-on s’attendre ? Au pire ou au meilleur ? Croisons les doigts.

Il y a un message que nous souhaitons relayer, celui des professeurs qui en ont marre de cette valse incessante des programmes. Chaque ministre qui arrive décide de marquer son territoire en s’attaquant au programme. N’y aurait-il pas une façon plus intelligente de fonctionner ?

Faites confiance aux professeurs

Monsieur le Ministre, faites confiance aux professeurs. Plutôt que de remanier les programmes, fixez-leur des objectifs et donnez-leur les moyens d’y arriver en diffusant le plus largement possible l’information sur les méthodes qui fonctionnent le mieux.

Créez des espaces au sein des académies où les professeurs qui obtiennent les meilleurs résultats viennent s’entretenir avec leurs collègues, échanger sur ce qui marche en classe ou ne marche pas, sur tous les trucs et astuces qui font que l’enseignement est un artisanat qui se transmet surtout de bouche de professeur à oreille de professeur.

Ce serait aussi un moyen de les revaloriser, de leur faire prendre conscience à nouveau qu’ils exercent bien l’un des plus beaux métiers du monde car c’est un métier où l’on se construit en permanence, où l’on relève chaque année des défis différents face à des élèves différents qui n’ont jamais exactement les mêmes problèmes que les précédents.

Alors, Monsieur le Ministre, écoutez notre appel, faites confiance aux enseignants, fixez-leur des objectifs, faites-leur connaître les méthodes les plus efficaces et redonnez-leur plus de liberté pédagogique dans l’organisation concrète de leurs cours en classe.

Dopez les élèves du primaire

La recommandation supplémentaire que l’on aimerait faire, serait d’arrêter de diluer les programmes du primaire. Donnez aux élèves plus d’heures de français et de mathématiques.

C’est le moyen pour :

– remonter les performances de nos élèves de 15 ans dans le classement PISA ;
Les professeurs de mathématiques de première S le disent eux-mêmes. Leurs élèves n’ont pas de problème avec les dérivées. Ils ont des problèmes avec les opérations de base. Eh oui, c’est l’addition, la soustraction, la multiplication qui leur pose problème !
– redonner confiance aux professeurs, ils se sentiraient mieux de ne plus être écartelés entre 36000 matières qu’ils ne maîtrisent pas toujours et cela ne les empêcherait en aucun cas d’éveiller la curiosité des élèves face à l’étendue du monde.
Monsieur le Ministre, vous avez du pain sur la planche. Ne bâclez pas votre réflexion, les professeurs, les élèves, les parents ont un grand besoin de retrouver confiance dans leur école.

 

Olivia Millioz et Paola Carruolo

3 réflexions sur “Stop aux changements de programmes

  1. bjour
    j’ai deux filles, une en 1ere année de doctorat à 24 ans et la sde en CE2, donc on peut dire que je sais de quoi je parle : je suis déjà effarée par la baisse du niveau des cours en CE2 de ma sde fille par rapport aux cours qu’avait ma 1ere fille il y a donc en gros 15 ans, le niveau de base en math et français en beaucoup plus bas. Ensuite, si je regarde le contenu des leçons de ma fille en CE2 : je précise que c’est une excellente élève MAIS que je travaille avec elle tous les WE, toutes les vacances scolaires en math et en français avec des manuels qui ne sont pas ceux de l’école et je n’ai jamais eut à faire cela avec ma 1ere fille (elles sont dans la même école primaire), les leçons sont totalement aberrantes : la moitié de la classe ne maitrise ni la lecture, encore moins un niveau minimum d’orthographe, le calcul mental et la résolution de problèmes simples encore pires, PAR CONTRE, elle a des leçons d’histoire sur l’australopithèque, des leçons de géo sur les bords côtiers (alors qu’elle ne sait même pas ce qu »est un département) et le summum, des leçons de sciences sur les éclipses, le cycle complet de l’eau (solidification, fusion, liquéfaction …) : mais une seule dictée par semaine, trop nombreux pour lire, 2 poésies en 3 mois 1/2 ….. il serait temps que des personnes censées refassent ces programmes scolaires qui n’ont aucun sens, les enfants n’apprennent rien d’essentiel mais ils survolent TOUT et ne retiendront RIEN !

  2. Et surtout, messieurs les ministres, n’arrivez pas à vos fonctions avec des « dogmes » que vous avez jugés valables lors d’un séjour ici ou là ou d’une lecture d’il y a dix ans. Attelez vous à faire fonctionner mieux ce qui existe déjà, non à révolutionner les esprits ou à les formater

  3. Je suis enseignant (CM1/CM2) dans un petit village au sud de la banlieue lilloise et j’ai décidé depuis maintenant 8 ans de ne plus appliquer les programmations de l’éducation nationale. Sur les 24 heures d’enseignements je prévois 10 heures de Français et 10 heures de mathématiques le reste étant partagé entre l’histoire ( dans l’ordre chronologique) la géographie ( France ) un peu de sciences et de sport. Pas d’anglais soit 54 heures de gagnées.Cela peut vous paraître étonnant mais les professeurs d’anglais du collège recommencent tout depuis le début et les programmes d’anglais n’ont jamais été modifiés en 6 ème alors…..
    De plus mes élèves partant au collège sont régulièrement parmi les têtes de classe ce qui confirme mes choix.
    Dans ma classe le règlement intérieur n’est pas discuté ou négocié mais imposé. Lecture, grammaire, vocabulaire,orthographe,conjugaison tous les jours sans oublier calcul mental,problèmes,technique opératoire,table de multiplication par cœur.
    En début d’année je réunis tous les parents dans ma classe et leur présente le programme et les exigences que JE SUIS EN DROIT D’ATTENDRE DE PARENTS RESPONSABLES.
    Croyez moi ou non mais plus personne ne remet en cause mon enseignement et je ne fais aucune concession: ni aux parents, ni au conseiller pédagogique, ni à mon inspecteur.
    Et cerise sur le gâteau lorsqu’un stagiaire débarque je m’arrange pour lui faire la dictée que je donne à mes élèves et une petite résolution de problème à base de trois. Choc garanti lorsque je lui rends sa copie!!! puisque la moitié d’entre eux font plus de fautes que mes meilleurs élèves et les trois quarts ne savent pas résoudre les problèmes donnés.
    Je vous rassure mes élèves sont très heureux, épanouis, et je ne suis épuisé à la fin de ma journée.
    Réformer l’éducation nationale pourrait se faire sans que cela ne coûte un euro au gouvernement:mais le bon sens aujourd’hui est en voie de disparition.
    Allez courage

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