13 réflexions sur “Super Pédago recrute

  1. Eric Galland avec talent évoque ici un problème réel. Depuis quelques temps, je reçois des courriels avec des CV de la part de professeurs, titulaires ou non. J’avoue que le nombre de fautes d’orthographe me décourage souvent de donner suite. Les jeunes collègues ont très souvent (y compris chez certains professeurs de français!) des problèmes en orthographe. Cette tendance est bien évidemment issue de la création du collège unique (1975) que ces derniers ont fréquenté dans leur jeunesse. L’idéologie dominante post soixante-huitarde des années 1980 était d’affirmer que l’orthographe étant la « science des ânes », elle pénalisait trop les couches sociales défavorisées et se transformait en vecteur de reproduction des élites. Son enseignement fut donc quasiment abandonné avec la massification qu’entraînait le collège unique. Cet abandon allait de pair avec la modification en profondeur de l’école primaire : le par cœur et le travail à la maison disparaissait au profit de l’épanouissement exclusif de l’enfant qui devait construire lui-même son propre savoir, y compris par l’expérimentation de l’erreur. Ce qui explique pourquoi mes sixièmes, lorsqu’on leur pose une question dont la réponse nécessite soit la réflexion, soit un calcul mental simple lèvent le doigt massivement pour claironner une réponse presque toujours fausse. Ils ont « essayé » et « participé’ disent les modernes. Mais de façon totalement inefficace. La spontanéité remplace l’effort.
    Si l’on rajoute qu’il est admis en primaire que la maîtrise de l’écriture peut attendre le cours Moyen, on comprend tout de suite pourquoi les jeunes collégiens se retrouvent souvent en perdition.
    Enfin, pour ceux qui prétendent toujours que le niveau « monte », je viens d’apprendre avec stupeur qu’en deuxième année de licence de langues, à Jussieu, les étudiants ne connaissent pas le terme de « thème d’anglais » et en pratique n’ont traduit que quelques phrases simples. Et une de mes anciennes élèves m’a signalé qu’en une heure trente de cours hier, les étudiants de sa classe ont appris les différences entre la fonction et la nature des mots! Édifiant vous ne trouvez pas?

    • l’orthographe étant la “science des ânes”

      Deux citations sur l’orthographe :

      La première : « L’orthographe, disent ceux qui n’en ont pas, est la science des imbéciles. »

      La seconde : « [L]’orthographe est peut-être la science des ânes, mais d’ânes qui ont au moins celle-là et qui, s’astreignant à ses règles, respectent leurs lecteurs. »

  2. Oui, c’est édifiant que de si remarquables professeurs ne soient pas parvenus, du haut de leurs diplômes et de leur estrade, à leur inculquer ces bases…

    On me répondra sans doute « programme » ou « réforme », je rétorquerai « liberté pédagogique ». Bref, mon credo restera toujours le même : celui de sa propre pratique, de sa propre responsabilité, au lieu de condamner les autres (les élèves et leurs familles, les politiques et leurs réformes, vos propres parents ou fraterie et mai 68, et bien entendu P. MEIRIEU).

    A tous les imbéciles et abrutis (au sens littéral du terme) qui affirment depuis 40 ans que le niveau baisse, reprenez, une fois de plus vos livres d’histoire : Socrate tenait déjà le même discours. C’était il y a 2500 ans…

    Pour autant, l’orthographe est effectivement la base de notre écriture. Et dois le rester. Là, nous sommes d’accord. Mais concrètement ?…

    Comment peux-t-on expliquer que l’orthographe ne soit pas acquise ? Le cas échéant, qui porte la responsabilité de cet échec : l’élève, ses parents, ses enseignants ? Comment y remédier, chacun à son niveau ?

    Plus largement, au delà de la caricature qui donnera toujours des arguments aux imbéciles, je ne suis pas sûr que le niveau d’instruction des enseignants, pas plus que l’agrégation d’ailleurs, détermine la qualité de son enseignement.

    Plus il est diplômé, plus il a été certifié qu’il a acquis des connaissances. Néanmoins, un expert en mécanique ne fera pas forcément un excellent professeur de mécanique. Reconnaissons-le… N’importe qui peut transmettre des savoirs à ceux qui sont en mesure de les comprendre, de les assimiler et de les réutiliser à bon escient. Mais c’est une autre paire de manche que d’instruire des élèves de maternelle, ou encore des collégiens de milieu défavorisé.

    Se mettre à la portée ne demande certainement pas d’être un incapable, bien au contraire. La difficulté de se mettre à la portée de ses élèves et de les faire progresser ; ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

    C’est ce que l’on appelle la pédagogie n’est-ce pas ? Ah… la pédagogie !

    Quant à propos des « outils » concrets pour assurer la discipline (moi, je parlerai de conquérir son autorité), ce n’est pas en M2 universitaire qu’ils seront donnés aux futurs professeurs…

    Un jour viendra où les IUFM de M. MEIRIEU seront regrettés 😉

    • A tous les imbéciles et abrutis (au sens littéral du terme) qui affirment depuis 40 ans que le niveau baisse, reprenez, une fois de plus vos livres d’histoire : Socrate tenait déjà le même discours.

      Deux choses :

      1) La Grèce a fini par être soumise à Philippe de Macédoine. Déclin il y eut.
      2) Le fait que l’humanité progresse en effet sur le temps long doit aussi être interprété comme le fait que la peur du déclin a « aiguillonné » le progrès.

    • L’IUFM, principalement celui de Créteil que j’ai (malheureusement) fréquenté, est un système dangereux, parasite, inefficace et coûteux.
      Le supprimer, même si c’est pour le remplacer par rien, serait une bonne chose, au moins d’un point de vue symbolique.

  3. A Eric Galland :

    Bravo pour votre talent. Vos BD sont toujours pleines d’humour et elles me font toujours sourire. Souvent, il faut bien le dire, pour toute la mauvaise foi dont il est fait preuve… Espérons seulement que vos lecteurs ont l’intelligence de ne pas le prendre au premier degré, tant la passion peut aveugler.

    A ce propos, il vous faudra rencontrer P. MEIRIEU pour constater qu’il n’a pas le ventre que vous lui prêtez 😉

    Quant à moi, faute de photo, vous pouvez m’imaginer en Don Quichotte, accompagnant Sancho Panza pour combattre les vilains moulins à vent sur le blog même de SOS Education !

  4. que ca fait plaisir de lire de telles conneries, on se sent d’un seul coup plus intelligents.
    On se demande encore comment les dinosaures avaient quitté notre espace.
    Ben parce qu’ils voulaient absolument que leurs enfants connaissent l’orhographe de tout ce qu’ils mangeaient.
    Hé les zoziaux, avez vous lu des cartes postales des années 1900 à 1970 :
    l »orthographe etait inconnue de la majorité des auteurs… et en tout cas moins appliquée que celle des enfants qui entrent en 6°, vous croyez quoi b

  5. autre petit point : il est fréquent dans une certaine catégorie d’individus qu’ils soient atteints de la maladie d’alzemher dés qu’ils quittent l’adolescence :
    ils ne se souviennent pas avoir des enfants , avoir tiré des sonnettes, denoncé de camarades, fait des fautes d’orthographe, s’etre battu dans la cour, avoir chahuté un prof, parfois meme avoir souhaité sa mort, avoir copié, triché dans un devoir ou un examen, avoir menti autant qu’il etait possible, s’etre trouvé toutes les bonnes raisons pour avoir seché un cours, ou pour expliqué une mauvaise note, avoir fauché au supermarché du coin, avoir eu envie de tuer le bon eleve, l’avoir traité de faux cul, avoir fait de la leche à un prof pour qu’il ne mette pas un zero,
    bref, ils ne se souviennent de rien et se mettent une auréole pour juger des enfants d’aujourd’hui.
    Dont au passage ils oublient qu’ils sont leurs parents.
    Devant tant de troubles de la mémoire il est necessaire qu’ils consultent rapidement.

    • Ah mais oui !
      Maintenant que vous le dites, je me rappelle avoir sauvagement frappé mon institutrice en la traitant de « sale p*** » quand j’étais en CM2.

      C’est fou la mémoire quand même !

      Merci pour le conseil, je vais consulter rapidement. Mais je n’y peux pas grand chose, remarquez : c’est la faute à la société.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 réflexions sur “Super Pédago recrute

  1. Eric Galland avec talent évoque ici un problème réel. Depuis quelques temps, je reçois des courriels avec des CV de la part de professeurs, titulaires ou non. J’avoue que le nombre de fautes d’orthographe me décourage souvent de donner suite. Les jeunes collègues ont très souvent (y compris chez certains professeurs de français!) des problèmes en orthographe. Cette tendance est bien évidemment issue de la création du collège unique (1975) que ces derniers ont fréquenté dans leur jeunesse. L’idéologie dominante post soixante-huitarde des années 1980 était d’affirmer que l’orthographe étant la « science des ânes », elle pénalisait trop les couches sociales défavorisées et se transformait en vecteur de reproduction des élites. Son enseignement fut donc quasiment abandonné avec la massification qu’entraînait le collège unique. Cet abandon allait de pair avec la modification en profondeur de l’école primaire : le par cœur et le travail à la maison disparaissait au profit de l’épanouissement exclusif de l’enfant qui devait construire lui-même son propre savoir, y compris par l’expérimentation de l’erreur. Ce qui explique pourquoi mes sixièmes, lorsqu’on leur pose une question dont la réponse nécessite soit la réflexion, soit un calcul mental simple lèvent le doigt massivement pour claironner une réponse presque toujours fausse. Ils ont « essayé » et « participé’ disent les modernes. Mais de façon totalement inefficace. La spontanéité remplace l’effort.
    Si l’on rajoute qu’il est admis en primaire que la maîtrise de l’écriture peut attendre le cours Moyen, on comprend tout de suite pourquoi les jeunes collégiens se retrouvent souvent en perdition.
    Enfin, pour ceux qui prétendent toujours que le niveau « monte », je viens d’apprendre avec stupeur qu’en deuxième année de licence de langues, à Jussieu, les étudiants ne connaissent pas le terme de « thème d’anglais » et en pratique n’ont traduit que quelques phrases simples. Et une de mes anciennes élèves m’a signalé qu’en une heure trente de cours hier, les étudiants de sa classe ont appris les différences entre la fonction et la nature des mots! Édifiant vous ne trouvez pas?

    • l’orthographe étant la “science des ânes”

      Deux citations sur l’orthographe :

      La première : « L’orthographe, disent ceux qui n’en ont pas, est la science des imbéciles. »

      La seconde : « [L]’orthographe est peut-être la science des ânes, mais d’ânes qui ont au moins celle-là et qui, s’astreignant à ses règles, respectent leurs lecteurs. »

  2. Oui, c’est édifiant que de si remarquables professeurs ne soient pas parvenus, du haut de leurs diplômes et de leur estrade, à leur inculquer ces bases…

    On me répondra sans doute « programme » ou « réforme », je rétorquerai « liberté pédagogique ». Bref, mon credo restera toujours le même : celui de sa propre pratique, de sa propre responsabilité, au lieu de condamner les autres (les élèves et leurs familles, les politiques et leurs réformes, vos propres parents ou fraterie et mai 68, et bien entendu P. MEIRIEU).

    A tous les imbéciles et abrutis (au sens littéral du terme) qui affirment depuis 40 ans que le niveau baisse, reprenez, une fois de plus vos livres d’histoire : Socrate tenait déjà le même discours. C’était il y a 2500 ans…

    Pour autant, l’orthographe est effectivement la base de notre écriture. Et dois le rester. Là, nous sommes d’accord. Mais concrètement ?…

    Comment peux-t-on expliquer que l’orthographe ne soit pas acquise ? Le cas échéant, qui porte la responsabilité de cet échec : l’élève, ses parents, ses enseignants ? Comment y remédier, chacun à son niveau ?

    Plus largement, au delà de la caricature qui donnera toujours des arguments aux imbéciles, je ne suis pas sûr que le niveau d’instruction des enseignants, pas plus que l’agrégation d’ailleurs, détermine la qualité de son enseignement.

    Plus il est diplômé, plus il a été certifié qu’il a acquis des connaissances. Néanmoins, un expert en mécanique ne fera pas forcément un excellent professeur de mécanique. Reconnaissons-le… N’importe qui peut transmettre des savoirs à ceux qui sont en mesure de les comprendre, de les assimiler et de les réutiliser à bon escient. Mais c’est une autre paire de manche que d’instruire des élèves de maternelle, ou encore des collégiens de milieu défavorisé.

    Se mettre à la portée ne demande certainement pas d’être un incapable, bien au contraire. La difficulté de se mettre à la portée de ses élèves et de les faire progresser ; ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

    C’est ce que l’on appelle la pédagogie n’est-ce pas ? Ah… la pédagogie !

    Quant à propos des « outils » concrets pour assurer la discipline (moi, je parlerai de conquérir son autorité), ce n’est pas en M2 universitaire qu’ils seront donnés aux futurs professeurs…

    Un jour viendra où les IUFM de M. MEIRIEU seront regrettés 😉

    • A tous les imbéciles et abrutis (au sens littéral du terme) qui affirment depuis 40 ans que le niveau baisse, reprenez, une fois de plus vos livres d’histoire : Socrate tenait déjà le même discours.

      Deux choses :

      1) La Grèce a fini par être soumise à Philippe de Macédoine. Déclin il y eut.
      2) Le fait que l’humanité progresse en effet sur le temps long doit aussi être interprété comme le fait que la peur du déclin a « aiguillonné » le progrès.

    • L’IUFM, principalement celui de Créteil que j’ai (malheureusement) fréquenté, est un système dangereux, parasite, inefficace et coûteux.
      Le supprimer, même si c’est pour le remplacer par rien, serait une bonne chose, au moins d’un point de vue symbolique.

  3. A Eric Galland :

    Bravo pour votre talent. Vos BD sont toujours pleines d’humour et elles me font toujours sourire. Souvent, il faut bien le dire, pour toute la mauvaise foi dont il est fait preuve… Espérons seulement que vos lecteurs ont l’intelligence de ne pas le prendre au premier degré, tant la passion peut aveugler.

    A ce propos, il vous faudra rencontrer P. MEIRIEU pour constater qu’il n’a pas le ventre que vous lui prêtez 😉

    Quant à moi, faute de photo, vous pouvez m’imaginer en Don Quichotte, accompagnant Sancho Panza pour combattre les vilains moulins à vent sur le blog même de SOS Education !

  4. que ca fait plaisir de lire de telles conneries, on se sent d’un seul coup plus intelligents.
    On se demande encore comment les dinosaures avaient quitté notre espace.
    Ben parce qu’ils voulaient absolument que leurs enfants connaissent l’orhographe de tout ce qu’ils mangeaient.
    Hé les zoziaux, avez vous lu des cartes postales des années 1900 à 1970 :
    l »orthographe etait inconnue de la majorité des auteurs… et en tout cas moins appliquée que celle des enfants qui entrent en 6°, vous croyez quoi b

  5. autre petit point : il est fréquent dans une certaine catégorie d’individus qu’ils soient atteints de la maladie d’alzemher dés qu’ils quittent l’adolescence :
    ils ne se souviennent pas avoir des enfants , avoir tiré des sonnettes, denoncé de camarades, fait des fautes d’orthographe, s’etre battu dans la cour, avoir chahuté un prof, parfois meme avoir souhaité sa mort, avoir copié, triché dans un devoir ou un examen, avoir menti autant qu’il etait possible, s’etre trouvé toutes les bonnes raisons pour avoir seché un cours, ou pour expliqué une mauvaise note, avoir fauché au supermarché du coin, avoir eu envie de tuer le bon eleve, l’avoir traité de faux cul, avoir fait de la leche à un prof pour qu’il ne mette pas un zero,
    bref, ils ne se souviennent de rien et se mettent une auréole pour juger des enfants d’aujourd’hui.
    Dont au passage ils oublient qu’ils sont leurs parents.
    Devant tant de troubles de la mémoire il est necessaire qu’ils consultent rapidement.

    • Ah mais oui !
      Maintenant que vous le dites, je me rappelle avoir sauvagement frappé mon institutrice en la traitant de « sale p*** » quand j’étais en CM2.

      C’est fou la mémoire quand même !

      Merci pour le conseil, je vais consulter rapidement. Mais je n’y peux pas grand chose, remarquez : c’est la faute à la société.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *