Sur quoi repose l’excellence des systèmes scolaires asiatiques ?

ATTIRER ET RETENIR LES ENSEIGNANTS QUALIFIÉS

A. Lin Goodwin, professeure et vice-doyenne du Teachers College de l’université de Columbia (New York) estime que ce que l’on retient des pays asiatiques est que « l’enseignement est une profession de haute qualité », qu’il faut « attirer » les enseignants, « les retenir et favoriser leur qualité ». Cela passe par un salaire de base qui atteint ceux de professions comme les ingénieurs. « Aux États-Unis, il est difficile de faire ces comparaisons, les salaires sont fondés sur des éléments nationaux ». Elle met également en avant l’importance de la formation continue et note qu’à Singapour, « le développement professionnel des enseignants fait partie de leur carrière ».

Jose Weinstein, directeur des études doctorales en éducation à l’université Diego Portales (Chili), ancien sous secrétaire d’État à l’éducation au Chili (2000-2003) et ministre de la Culture de (2003-2006), estime également que « changer le statut social des enseignants en Amérique latine est la première tâche à accomplir »

FAVORISER LA CONTINUITÉ DANS LES POLITIQUES PUBLIQUES D’ÉDUCATION

Jose Weinstein, souligne aussi « la capacité qu’ont eu les pays d’Asie de passer, en 40 ans, de systèmes scolaires très pauvres au haut du classement ». Et selon lui, « ce sont des politiques d’État qui ont initié ces réformes, c’est l’action de politiques publiques, pas la culture. » Or, regrette-t-il, « en Amérique latine, les ministres de l’Éducation restent en poste un an et demi en moyenne, c’est absolument catastrophique ! Et c’est juste le contraire de l’Asie, dont les systèmes éducatifs sont basés sur la persévérance, la longue durée, la mobilisation de la société civile. Pour rappel, à Singapour, le même parti politique dirige la ville depuis plus de 50 ans, ce qui assure continuité à la politique éducative menée ».

« En Amérique latine, les ministres de l’Éducation restent en poste un an et demi en moyenne, c’est absolument catastrophique ! Et c’est juste le contraire de l’Asie »

Les pays asiatiques interrogent aussi sur la manière d’allier bien-être des élèves et hausse des performances. Il souhaite « regarder les stratégies précises qui ont permis d’y parvenir dans les salles de classe », tout en soulignant que la « passion de réussir » mène aussi à des « excès » : 14 heures de devoirs par semaine, ou encore des suicides d’élèves qui restent « tabous ».

INNOVER ET INVESTIR EN RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT

R. Govinda, vice-chancelier de l’université nationale d’administration et de planification en éducation de New Delhi (Inde), rappelle que « parler de l’Asie semble relever du paradoxe. Elle est le berceau d’anciennes civilisations, et aujourd’hui l’hôte d’économies très importantes ». Mais « le taux d’analphabétisme reste très important et le développement sur le plan humain n’est pas très bon ». Selon lui, pour « progresser », les pays de l’Asie doivent « s’engager à mettre en place des structures permettant d’innover », car ils ont « laissé de côté l’innovation et la créativité au profit de la généralisation ».

« À l’avenir, il faudra se concentrer sur la R & D », insiste-t-il, « faciliter les mobilités au sein même de l’Asie ». R. Govinda propose que soient créées des institutions trans-asiatiques » telles que des universités pour « développer les talents qui sont déjà là et faire tomber les barrières ». A. Lin Goodwin invite à « garder une vision à long terme » pour les systèmes éducatifs, « non pour le 21e siècle que les élèves vivent actuellement, mais pour le 31e siècle ».

Lire l’article sur le site de l’AEF (édition adonnés)

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