Tirage au sort à l’entrée de l’université : SOS Éducation ne lâche rien !

Tirage au sort à l’entrée de l’université : SOS Éducation ne lâche rien !

Après notre action près le Conseil d’État contre le ministère de l’enseignement supérieur, nous saisissons le défenseur des droits Jacques Toubon sur le scandale des étudiants recalés par tirage au sort.

Coignard – Tirage au sort à l’université : une génération sacrifiée

Après le refus du Conseil d’État de statuer en urgence pour la rentrée, un avocat saisit le Défenseur des droits. Le gouvernement promet des progrès… pour 2018.

Par Sophie Coignard
Publié le 21/06/2017 à 09:19 | Le Point.fr

Ils étaient 3 500 l’an dernier. Combien seront-ils cette année ? Forcément beaucoup plus, car la tension entre le nombre de nouveaux bacheliers et les places offertes dans certaines disciplines universitaires ne cesse de croître. Mais ce chiffre noir ne sera connu qu’au moment où il sera trop tard pour les sacrifiés, quand, fin juillet ou début août, ces bacheliers découvriront qu’ils n’étaient pas en « liste d’attente », comme le mentionne, non sans fourberie, le site Admission post-bac (APB), mais refusés dans la filière universitaire qu’ils avaient choisie. Parce qu’ils ne remplissaient pas les critères nécessaires pour poursuivre les études auxquelles ils prétendaient? Non, simplement parce qu’ils n’ont pas eu de chance. Ils n’ont pas été tirés au sort.
Certains voient certains camarades de classe aux résultats médiocres acceptés tandis qu’eux, qui ont cru aux vertus du mérite, devront renoncer à leur vocation. Une situation ubuesque dénoncée par les deux derniers ministres qui en ont eu la charge : Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche dans le gouvernement sortant, avait reconnu qu’il « n’existe pas de moyen de sélection plus stupide » ; Frédérique Vidal, qui lui a succédé avec un ministère à part entière, a déclaré vouloir mettre un terme à ce système, « le plus injuste qui soit », pour… 2018. Tant pis pour ceux qui ont la malchance de passer leur bac cette année !

Discriminations multiples

Me Henri de Beauregard, avocat de l’association SOS Education, a tenté de faire annuler en référé par le Conseil d’Etat la circulaire signée par Najat Vallaud-Belkacem juste avant sa départ de la rue de Grenelle pour donner une base légale au tirage au sort. Mais la haute juridiction a refusé de se saisir en urgence, au motif que les autorités académiques seraient alors débordées. L’avocat a donc décidé de se tourner vers le Défenseur des droits, Jacques Toubon, en raison des discriminations multiples engendrées par ce système absurde.
Cette situation résulte des lâchetés successives de plusieurs gouvernements, qui depuis un quart de siècle refusent de voir qu’il est impossible d’augmenter le nombre de bacheliers sans instaurer une sélection à l’université ou sans accroître spectaculairement les moyens dévolus à l’enseignement supérieur. L’Etat l’a laissée prospérer, il doit aujourd’hui en assumer les conséquences : « A défaut de solution rapide, il faudra à tout le moins prévoir un système d’indemnisation de ceux dont l’on aura ainsi sacrifié une vocation professionnelle ou une année universitaire sur l’autel de l’impréparation face à une question démographique parfaitement prévisible », écrit Me de Beauregard. Mais que vaut une indemnisation financière face à un destin professionnel brisé par le sort? « Que nul ne puisse se plaindre d’avoir été écarté », écrivait Condorcet en 1791. Pour 2017, c’est raté!

 

2 réflexions sur “Tirage au sort à l’entrée de l’université : SOS Éducation ne lâche rien !

  1. Ne serait il pas BIEN MIEUX de revoir le « niveau d’exigence  » du baccalauréat qui devient un examen tellement facile que bientôt tout le monde sera d’accord pour le supprimer ?
    Quand je corrigeais , en physique , nous avions un barème de 27 ou 28 points / 20 chaque année ! !

  2. Je pense que le tirage au sort est contraire au principe démocratique
    Voir notre constitution
    Allons nous revenir à la tradition de cet ALEATOIRE qui réglait le recrutement des soldats sous l’ancien régime?

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