« Vos élèves lisent beaucoup trop »

Cette semaine, une professeure de lettres d’un collège de banlieue parisienne a été si dépitée par une conversation avec la principale de son lycée qu’elle l’a en partie reproduite sur Facebook.

Contactée par téléphone, la professeure en question, agrégée de lettres, explique atterrée que non seulement ces propos n’ont pas été exagérés pour amuser ses camarades sur Facebook, mais qu’elle les avait, au contraire, édulcorés. Parce qu’il s’agissait d’un avertissement autoritaire lui demandant d’adhérer à des objectifs «plus scolaires» et d’arrêter de proposer autant de lectures à ses élèves pourtant enthousiastes, selon l’enseignante.

Bien sûr que la pratique de la lecture est une pratique culturelle plus bourgeoise que populaire, les travaux sur la question le montrent. Mais élitiste?

Comme le rappelait Daniel Pennac dans Comme un roman (1992), on peut lire sans finir les livres, en sautant des pages, en s’arrêtant avant la fin… On peut lire, comme la chercheuse Marielle Macé (Façons de lire, manière d’être), en pensant à son père boulanger, on peut lire comme si l’acte de lire était un geste artisanal. On peut lire aussi de manière passionnée; je me souviens du magnifique essai de Judith Lyon-Caen, La lecture et la vie, les usages du roman au temps de Balzac qui évoque les rapports des lecteurs de l’époque aux œuvres de Sue et Balzac. Ils envoyaient des lettres enflammées aux auteurs, s’identifiant aux personnages, parlant d’eux-mêmes dans un incroyable rapport de proximité.

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2 réflexions sur “« Vos élèves lisent beaucoup trop »

  1. Dans mon collège à la population peu favorisée, je me suis vu reprocher, il y a trois ans, par ma principale, de trop faire écrire les élèves: je mettais les plus faibles en difficulté. Impossible de faire entendre qu’entraîner tous les jours à l’écriture, de plus en plus longue, c’est faire tomber progressivement une difficulté, donner aux élèves le sentiment qu’ils ont surmonté un obstacle, qu’ils étaient donc capables de beaucoup plus qu’ils ne pensaient. Au bout de quelques mois , ils prennent confiance en eux, certains finissent même par aimer écrire, et on peut alors passer à ce qui est vraiment intéressant: les aider à formuler par écrit une pensée réfléchie et construite, LEUR pensée.
    Pour en arriver là, il faut maintenant se battre contre l’Institution, qui organise l’échec au nom des bons sentiments. Cette Institution qui oublie que la confiance en soi passe par l’effort, sans lequel aucune réussite n’est possible. Les bons sentiments ne sont qu’une forme de mépris à l’égard de tous ces élèves que l’on empêche ainsi de sortir de leurs difficultés.

    N. BAYSSELANCE, professeur de lettres récemment retraitée.

  2. Je ne suis pas surpris car dans l’ Éducation Nationale ça fait déjà au moins plus de deux décennies que l’école du mérite est finie. Tout est vu exclusivement à l’aune du social et du psychologique . Certes il faut savoir intégrer cette dimension humaine mais Transmettre des connaissances et surtout apprendre à construire des raisonnements est parfois devenu t anti démocratique (sic) !!!!!!, car l’effort que cela demande est antidémocratique ? Le délire mentale de certaines idéologies devant la réalité des choses naturelles est sans limite. On caricature des processus d’enseignement qui certainement ne sont pas parfaites mais qui ont pourtant prouvé une plus grande efficacité que les « expériences » parfois « à la mord moi les doigt » tentées depuis plus de vingt ans. Pour ces caricaturistes les notes ne sont que des sanctions, les cours sont toujours magistraux, un niveau idéal est une barrière, le redoublement une brimade, etc . On est arrivé à un tel point de nullité que l’enjeu est de savoir s’il faut corriger en rouge ou en vert ou s’il faut des notes ou des smileys ! ! ! Il n’y a plus que les enfants nés au bon endroit qui s’en sortiront. Bien sûr c’était déjà un peu ça autrefois mais aujourd’hui c’est PIRE . L’ascenseur social qui avait assez bien fonctionné pour les générations précédente (dont moi) est définitivement mort . Bah il reste dans le monde qui vient la « célébrité » que peut offrir la télé ! Quel leurre !!!!!!!

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